Albert Bandura

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Albert Bandura, O.C.
Portrait de Albert Bandura, O.C.
Albert Bandura (2005)
Biographie
Naissance (92 ans)
à MundareVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité Canada
États-UnisVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université de la Colombie-Britannique et université de l'IowaVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Psychologue et professeur d'université (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université StanfordVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Bourse Guggenheim, prix Grawemeyer (), National Medal of Science (), prix E. L. Thorndike (en), officier de l'ordre du Canada (d) (), William James Fellow Award (en) (), James McKeen Cattell Fellow Award (en) (), APA Award for Lifetime Contributions to Psychology (en) () et prix APA pour une contribution scientifique remarquable à la psychologie (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Académie américaine des arts et des sciences et Association américaine de psychologieVoir et modifier les données sur Wikidata

Professeur émérite à l'Université Stanford et psychologue canadien, Albert Bandura, O.C. (né le ) est considéré comme l'un des chercheurs en psychologie les plus influents dans le monde (selon l'étude officielle Review of General Psychology publié en 2002).

Précurseur du courant de la psychologie sociale en Amérique du Nord, il est connu pour sa théorie de l'apprentissage social, qu'il a renommée théorie sociale cognitive en 1986, et les concepts relatifs à cette théorie en particulier le concept d'auto-efficacité (self-efficacy).

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Albert Bandura grandit à Mundare au nord de l’Alberta à 80 km à l’est d’Edmonton, dans un hameau d’environ 400 habitants[1]. Issu d'une famille modeste, il est le plus jeune enfant et le seul garçon de parents qui avaient tous deux émigré au Canada quand ils étaient adolescents : son père d’origine polonaise travaillait pour la pose de la voie de chemin de fer transcanadien et sa mère d’origine ukrainienne était employée dans un magasin de la ville[2].

Malgré la précarité de sa situation sociale, la famille Bandura attache une importance particulière à l’éducation, en encouragent leur fils à vivre des expériences sociales nouvelles et à explorer son environnement. De plus, le jeune Albert effectue sa scolarité dans des conditions sous-équipées et sous-encadrées des écoles de campagne de l’époque [3]. Ces premières expériences laissent présager des prémisses de ses futures réflexions qui consiste à développer son autonomie dans l'apprentissage, en limitant le savoir magistral qui, selon ses propres termes, « le contenu de la plupart des livres de classe est périssable, mais les ressources de l’autodirection sont utiles tout au long de la vie »[4]

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Après l’obtention de son diplôme de high school (lycée), il entreprend des études universitaires en Colombie britannique où il choisit la psychologie comme matière principale. En 1949, il décroche son Bachelor’s degree et se voit décerner par la faculté de psychologie le prix Bolocan pour l’excellence académique [5]. En 1953, il obtient son doctorat en psychologie et commença à enseigner à l'université Stanford.

Influence[modifier | modifier le code]

Après avoir été influencé par le courant béhavioriste, il s'en est détourné, en soulignant l'importance des facteurs cognitifs et sociaux dans ses recherches. L'évolution de ses pensées théoriques l'amène à fonder le courant sociocognitif par la publication de son modèle du déterminisme réciproque considérant trois facteurs en interaction : personne, comportement, milieu.

Théorie du sentiment d’efficacité personnelle[modifier | modifier le code]

A partir des années 80, Albert Bandura s'intéresse et introduit le concept du sentiment d’efficacité personnelle. Par la suite, sa théorie sociale cognitive est à la base de plusieurs modèles d'autorégulation et de motivation.

Le noyau épistémologique de son œuvre place l’individu au cœur d’une triade d’interactions entre facteurs cognitifs, comportementaux et contextuels. Les sujets sociaux apparaissent ainsi à la fois comme les producteurs et les produits de leur environnement. Dans ce cadre théorique, la notion d’auto-efficacité devient centrale. En désignant les croyances qu’un individu a dans ses propres capacités d’action, quelles que soient ses aptitudes objectives, elle pose le sentiment d’efficacité personnelle comme base de la motivation, de la persévérance et d’une grande partie des accomplissements humains.

Issue de la psychologie positive, il résume sa théorie résolument optimiste "(...) si les gens ne croient pas qu'ils peuvent obtenir les résultats qu'ils désirent grâce à leurs actes, ils ont bien peu de raison d'agir ou de persévérer face aux difficultés (...)."[6]

Distinction honorifique[modifier | modifier le code]

Parmi les multiples distinctions honorifiques qu'il a reçu durant toute sa carrière académique, il a reçu, en 2016, la Médaille Nationale de la Science (National Medals of Science) honoré par le président Obama[7].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Bandura, A., & Walters, R. H., Adolescent aggression, New York: Ronald Press, 1959.
  • Bandura, A., & Walters, R. H., Social learning and personality development, New York: Holt, Rinehart & Winston, 1963.
  • Bandura, A. Principles of behavior modification, New York: Holt, Rinehart & Winston, 1969.
  • Bandura, A. (dir), Psychological modeling: Conflicting theories, Chicago: Aldine-Atherton Press, 1971.
  • Bandura, A., Aggression: social learning analysis, Englewood Cliffs, N.J.: Prentice-Hall, 1973.
  • Bandura, A., Social learning theory, Englewood Cliffs, N.J.: Prentice-Hall, 1977.
  • Bandura, A., Social foundations of thought and action: A social cognitive theory, Englewood Cliffs, N.J.: Prentice-Hall, 1986.
  • Bandura, A., (dir), Self-efficacy in changing societies, New York: Cambridge University Press, 1995.
  • Bandura, A., Self-efficacy: The exercise of control, New York: Freeman, 1997.
    • Nouvelle édition en 2002
  • Bandura, A., (trad. Jacques Lecomte), Auto-efficacité : Le sentiment d'efficacité personnelle [« Self-efficacy »], Paris, De Boeck, 2007, 2e éd. (1re éd. 2003) (ISBN 9782804155049).
  • Bandura, A., Polydoro, R., Azzi, R. (dir), Teoria social cognitiva: Conceitor básicos (Social cognitive theory: Basic concepts), Porta Allegre, Brasil: ARTMED Editors S/A, 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Bandura : une psychologie pour le XXIe siècle ? », sur https://www.cairn.info,
  2. « Albert Bandura et son œuvre », sur https://www.cairn.info,
  3. « Rencontre avec Albert Bandura : l’homme et le scientifique », sur Revues.org, (consulté le 13 août 2017)
  4. Carré, P., Bandura : une psychologie pour le XXIe siècle ?, Savoirs-Hors Série
  5. « Rencontre avec Albert Bandura : l’homme et le scientifique », sur https://osp.revues.org,
  6. Philippe Carré, « Les Grands Dossiers des Sciences Humaines », 4 nos par an,‎ , p. 68
  7. « Qui est le psychologue Albert Bandura ayant reçu une « médaille nationale de la science » américaine ? », sur http://www.psychomedia.qc.ca,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Carré « Bandura : une psychologie pour le XXIe siècle ? », Savoirs 5/2004 (hors série), p. 9-50.
  • Brigitte Guerrin, « Albert Bandura et son œuvre », Recherche en soins infirmiers, no 108,‎ , p. 106–116 (ISSN 0297-2964, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]