Harry Harlow

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Harry Harlow
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Biographie
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Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
TucsonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Harry Frederick HarlowVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Margaret Kuenne Harlow (en) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Distinctions

Harry Harlow (né à Fairfield (Iowa) le , mort le ) est un psychologue américain.

Il est connu pour ses expériences de mise en isolement social de jeunes macaques rhésus, qui ont démontré l'importance de l'accompagnement dans les premiers stades du développement des primates[1].

Ses méthodes ont été condamnées par de nombreux défenseurs de la cause animale[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Harry Harlow étudie à l'université Stanford, où il obtient un doctorat en 1930, puis enseigne à l'Université du Wisconsin-Madison. Il a travaillé un temps avec Abraham Maslow[3].

Expérience de privation maternelle[modifier | modifier le code]

Ces études cherchent à pousser les recherches entreprises par René Spitz qui avait montré les retards que peuvent provoquer des situations d'abandon sur les nourrissons[4].

Problème éthique[modifier | modifier le code]

Ces expériences n'ont pas manqué d'être dénoncées comme une torture par les mouvements de défense des animaux. Harlow lui-même était connu pour refuser les euphémismes pour nommer ses objets de torture, par exemple, les chambres d'isolation étaient nommées « puits du désespoir » (pits of despair)[5].

Il est probable que l'effet psychologique et l'agression affective que représentent ces expériences aient été souhaités par Harlow lui-même. On peut se poser la question du rôle des représentations des têtes des figures maternelles par exemple, de son choix de photos, ou simplement le citer[6] :

«  What I'd like to do, then, is leave a great big mess behind
Ce que je voudrais faire, après, c'est laisser un bon gros désordre derrière moi  »

Pour comprendre, il faut considérer la croyance assez répandue à l'époque que l'enfant avant 1, 2 ou 3 ans ne fait que 'pousser' et qu'il n'a besoin que de nourriture[réf. nécessaire]. Il n'y avait pas d'opposition scientifique à cette idée, y compris en médecine et en psychologie, et cela justifiait parfois certaines maltraitances, par exemple, dans les orphelinats.

Période de privation[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, il sépare des petits macaques de leurs mères à différentes périodes de leur développement, à la naissance ou à partir de 3, 6, 12 et jusqu'à 24 mois. Il les laisse en total isolement et hors de tout contact avec leurs semblables[7].

Bien que restant en parfaite santé physique à leur réinsertion auprès de leurs congénères, ils sont généralement en état de choc émotionnel, caractérisé par des attitudes autistiques[1] et un anéantissement de leurs interactions sociales (pas d'interaction, de jeu ni d'intérêt sexuel). Par contre, plus la période d'isolation avait lieu plus tardivement, moins elle avait d'effet sur leur comportement.

Cette première série d'expériences a démontré, chez le primate et par extension chez l'homme, l'importance des interactions entre l'enfant et la mère à une période déterminée et leur rôle sur le développement social ultérieur[8].

Substituts maternels[modifier | modifier le code]

Il tenta ensuite de proposer des alternatives pour tenter d'isoler le facteur déclenchant de cette désocialisation.

Le principe était de séparer les nouveau-nés de leurs mères et de les placer en présence de deux substituts maternels, l'un en grillage simple, mais fournissant du lait, l'autre recouvert d'un tissu et contenant une source de chaleur. Les petits préféraient se blottir contre le deuxième, quitte à aller brièvement pour se nourrir sur le premier[9].

Cette expérience s'est opposée à l'interprétation la plus courante de l'époque qui, sans renier le rôle du contact physique, donnait jusqu'alors une fonction primordiale à la fonction alimentaire[réf. nécessaire].

Ce fut donc le point de départ de la considération la plus courante aujourd'hui, à savoir que la tétée joue avant tout un rôle affectif, par la mise en contact sensorielle fréquente de l'enfant et de la mère[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) H F Harlow, R O Dodsworth et M K Harlow, « Total social isolation in monkeys. », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 54, no 1,‎ 1965-07-xx, p. 90–97 (ISSN 0027-8424, PMID 4955132, lire en ligne, consulté le 10 mai 2021)
  2. (en) Deborah Blum, Love at Goon Park: Harry Harlow and the Science of Affection, Perseus Publishing, (ISBN 978-0-470-85072-5), p. 225
  3. (en) Stephen J. Suomi, Frank C. P. van der Horst et René van der Veer, « Rigorous Experiments on Monkey Love: An Account of Harry F. Harlow’s Role in the History of Attachment Theory », Integrative Psychological and Behavioral Science, vol. 42, no 4,‎ , p. 354–369 (ISSN 1936-3567, DOI 10.1007/s12124-008-9072-9, lire en ligne, consulté le 10 mai 2021)
  4. (en) R. A. Spitz, « Anaclitic depression; an inquiry into the genesis of psychiatric conditions in early childhood », The Psychoanalytic Study of the Child, vol. 2,‎ , p. 313–342 (ISSN 0079-7308, PMID 20293638, lire en ligne, consulté le 10 mai 2021)
  5. (en) H. F. Harlow, M. K. Harlow et S. J. Suomi, « From thought to therapy: lessons from a primate laboratory », American Scientist, vol. 59, no 5,‎ 1971-09-xx, p. 538–549 (ISSN 0003-0996, PMID 5004085, lire en ligne, consulté le 10 mai 2021)
  6. (en) Deborah Blum, The Monkey Wars, Oxford University Press, , p. 96
  7. (en) Harry Harlow, Early social deprivation and later behavior in the monkey, New York, Harper, , p. 154-173
  8. (en) Tiffany Field, Philip M. McCabe, Neil Schneiderman et University of Miami Symposia on Stress and Coping, Stress and coping across development, Psychology Press, (ISBN 978-1-315-82548-9 et 1-315-82548-1, OCLC 897461597, lire en ligne)
  9. a et b (en) Stephen J. Suomi et Helen A. Leroy, « In memoriam: Harry F. Harlow (1905-1981) », American Journal of Primatology, vol. 2, no 4,‎ , p. 319–342 (ISSN 1098-2345, PMID 32188173, DOI 10.1002/ajp.1350020402, lire en ligne, consulté le 10 mai 2021)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]