Approche humaniste

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L'Approche humaniste est un modèle psychothérapeutique cherchant à développer chez la personne qui consulte (le patient) la capacité de faire des choix personnels (choisir, c'est devenir autonome).

Appelée « la troisième force dans la psychologie » (Third Force Psychology), cette psychologie humaniste (Humanistic Psychology) s'est formée en 1957-1958 aux États-Unis, surtout sous l'impulsion d'Abraham Maslow. Pour Abraham Maslow, la première psychologie était la psychologie du comportement (le behaviorisme) de John B. Watson ou Skinner, la deuxième la psychanalyse de Freud, la troisième la psychologie humaniste (et existentielle)[1], et la quatrième la psychologie transpersonnelle.

Historique[modifier | modifier le code]

Les prémisses de cette vision de l'être humain et de la relation psychothérapeutique sont posées dès 1923 par Jacob Levy Moreno, proche du philosophe Martin Buber. Le grand dessein de Moreno est de donner libre cours à la créativité spontanée de l'homme (Le théâtre improvisé). Il inventa le psychodrame (1946) et le sociodrame.

En 1943, Abraham Maslow, humaniste en ce sens qu'il était intéressé par le développement de soi, met au point une théorie de la motivation et du besoin (la fameuse pyramide des besoins)[2].

La voie pleine et entière de l'approche humaniste est ouverte par Carl Rogers, créateur en 1954 de l'Approche Centrée sur la Personne -ACP (psychothérapie non directive). La non directivité utilisée vise à libérer les tendances positives de l'homme chez qui existent de puissantes forces de changement.

Stanislav Grof relève aussi de la psychologie humaniste dans la mesure où, dès 1956, en étudiant des expériences de LSD, il s'intéresse à des potentialités humaines supérieures, positives, où il veut élargir la conscience humaine.

« Les psychothérapies humanistes se fondent sur l'hypothèse que l'humanité est aujourd'hui trop intellectuelle, dépendante de la technologie et qu'elle s'est coupée des sentiments et des émotions… Elles visent la croissance individuelle ou l'auto-actualisation plutôt que l'ajustement… Les approches humanistes représentent un pas important vers une compréhension holistique de la nature humaine… Un aspect important de la psychothérapie humaniste est le déplacement de l'orientation ‘intrapshysique’ ou ‘intra-organique’ vers la reconnaissance des relations interpersonnelles, de l'interaction familiale, des réseaux sociaux et des influences socioculturelles et vers l'introduction de considérations économiques, écologiques et politiques. » (Psychologie transpersonnelle (Beyond the Brain), 1983, trad., Rocher, 1984, p. 110).

Lorsqu'elle est utilisée pour aller au-delà de la simple détente, la relaxation, qui permet à la personne de vivre une relation de confiance avec un psychothérapeute, en même temps qu'elle apprend à se prendre en charge (savoir se relaxer seule, mais aussi entendre ce qui, de ses difficultés, lui parle d'elle), entre dans la famille des thérapies d'approche humaniste. Citons parmi les grandes méthodes : le training autogène de J. H. Schultz (1932), la « relaxation progressive » de Edmund Jacobson (1938), la rééducation psychotonique de Julian de Ajuriaguerra (1972), la relaxation dynamique de Alfonso Caycedo (1965), la relaxation psychosensorielle de Roger Vittoz (1911), développée par Suzanne Dedet, la relaxation analytique de Jarreau et Klotz, la « relaxation chez l'enfant » de Henry Wintrebert (1970), ou "la relaxation thérapeutique chez l'enfant" de Jean Bergès et Marika Bounes. Citons également l'importance de l'eutonie de Gerda Alexander (1943), même si elle n'est pas pratiquée par des psychothérapeutes, et la « relaxation psychanalytique » de Michel Sapir (1960), pratiquée le plus souvent par des psychanalystes.

Principe[modifier | modifier le code]

La psychologie humaniste - autre appellation utilisée - s'appuie sur l'expérience consciente du patient et introduit le postulat de l'autodétermination : il s'agit de développer chez la personne qui consulte la capacité de faire des choix personnels.

Pour Carl Rogers et ses successeurs, l'être humain est fondamentalement bon, dans le sens où il évoluera toujours positivement s'il suit son instinct, son expérience. La violence et la prédation ne sont que les fruits de la désespérance et en aucun cas un choix de comportement dicté par la rentabilité, la facilité ou le principe du plaisir : en cela, la psychologie humaniste rejoint la sociologie humaniste et aussi l'humanisme religieux.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Si ce courant n'est pas homogène, on peut citer certaines caractéristiques communes.

Tout d'abord, une conception de l'être humain qui s'exprime par les notions de respect de la personne, de responsabilité, de liberté, d'authenticité, d'expérience, de rencontre ou relation existentielle ou alliance thérapeutique (c'est-à-dire, une relation de personne à personne et non de thérapeute à patient).

Ensuite, nous retrouvons souvent les caractéristiques suivantes :

  • utilisation fréquente de technique de groupes ;
  • accent mis sur l'expérience présente (Ici et maintenant) ;
  • place importante aux approches corporelles ;
  • suppression ou atténuation de la dichotomie entre maladie et santé ;
  • objectifs de développement, de croissance, d'épanouissement personnel ;
  • importance de l'expression émotionnelle et de la communication non verbale.

C'est dans ce cadre que se sont développées les thérapies de conscience psychocorporelles utilisant la relaxation et l'amélioration ou restructuration du schéma corporel.

Les différents courants et appellations[modifier | modifier le code]

  • approche humaniste (Humanistic Movement)
  • psychologie humaniste
  • psychothérapie non directive
  • psychothérapie existentielle
  • psychothérapie existentielle-humaniste (existential-humanistic psychotherapy)
  • thérapie expérientielle
  • sophia-analyse
  • mouvement du potentiel humain
  • approche centrée sur la personne
  • thérapie centrée sur le client (client-centered therapy)
  • troisième force (the third force psychology)…
  • analyse transactionnelle
  • soutien mutuel (co-council)
  • la Relaxation Thérapeutique chez l'enfant Méthode BERGES(Jean Bergès et Marika Bounes ed Masson 1974)...
  • la Relaxation Thérapeutique chez l'enfant Méthode BERGES(Marika Bergès Bounes, Christine Bonnet, Geneviève Ginoux, Anne Marie Pecarelo, Corine Bernardeau,ed Masson Elsevier 2008)

Quelques représentants[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Abraham Maslow, Motivation and Personality (1954, réédité 1970). Trad. : Devenir le meilleur de soi-même : besoins fondamentaux, motivation et personnalité, Eyrolles, coll. « Éditions d'Organisation », 2008, 383 p.
  • (en) Carl Rogers, On Becoming a Person: A Therapist's View of Psychotherapy (1961). Trad. : Le développement de la personne, Dunod, 2005, 270 p.
  • (en) Thomas Gordon, Good Relationships: What Makes Them, What Breaks Them (en collaboration avec Noel Burch). Trad. : Relations efficaces : comment construire et maintenir de bonnes relations, Marabout, 2011, 224 p.
  • (en) Willard B. Frick, Humanistic psychology. Conversations with Abraham Maslow, Gardner Murphy, Carl Rogers, Bristol (Ind.), Wyndham Hall Press, 1989, XII-186 p.
  • La Relaxation Thérapeutique chez l'enfant Méthode BERGES( Marika Bergès Bounes, Christine Bonnet,Geneviève Ginoux, Anne Marie Pecarelo,Corine Bernardeau,ed Masson Elsevier 2008)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)A. Maslow, Toward a psychology of being, New York, 2e  éd., 1968, p. III.
  2. (en) Abraham Maslow, A theory of human motivation, Psychological Review, 50 (1943), p. 370-396.