Julia Kristeva

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Julia Kristeva
Julia Kristeva à Paris en 2008.jpg

2008

Naissance
(75 ans)
Sliven
Nationalité
Langue maternelle
Formation
Principaux intérêts
Œuvres principales
Semeiotikê
La Révolution du langage poétique
Le Génie féminin
Distinctions

Julia Kristeva (en bulgare : Юлия Кръстева), née le à Sliven, est une philologue, psychanalyste et écrivaine française d'origine bulgare. Elle est professeur émérite de l'université Paris-Diderot.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle réside à Paris (France) depuis 1966. Elle fait une carrière universitaire, devenant professeur à l'université Paris-Diderot et fondatrice du centre Roland Barthes. Elle est membre honoraire de l'Institut universitaire de France. Elle a donné des enseignements en sémiologie à l'université d'État de New York.

Elle est psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris depuis 1987, puis membre titulaire depuis 1997.

Engagements institutionnels et associatifs[modifier | modifier le code]

Julia Kristeva fait partie, depuis plusieurs années, du Conseil national handicap, qui a pour but de sensibiliser, former et informer la population sur les différents handicaps et leurs prises en charge[1].

En 2008, elle a créé à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir, le prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes, récompensant l’œuvre et l’action de personnes contribuent à promouvoir la liberté des femmes dans le monde.

En 2011, Julia Kristeva est invitée par le pape Benoît XVI à la Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde, à Assise, le 27 octobre 2011[2].

Activités de recherche et littéraires[modifier | modifier le code]

Julia Kristeva a publié plus d’une trentaine d’ouvrages, notamment sur les femmes écrivains et aux intellectuelles. Son œuvre a une influence sur le féminisme international contemporain [3].

Elle participe à la revue d'avant-garde Tel Quel fondée par Philippe Sollers en collaborant dans ce groupe avec Michel Foucault, Roland Barthes, Jacques Derrida, Jean-Louis Baudry, Jean-Pierre Faye, Marcelin Pleynet, Jean Ricardou, Jacqueline Risset, Denis Roche, Umberto Eco, Pierre Rottenberg, Jean Thibaudeau et Philippe Sollers.

Dès son premier livre, Sèméiôtikè. Recherches pour une sémanalyse (1969), Julia Kristeva s'interroge sur le surgissement du texte littéraire ou poétique à l'intérieur du champ historique et social, c'est-à-dire aussi à l'intérieur du langage, mais travaillant contre lui, voulant le transformer. Structuralisme, matérialisme historique, psychanalyse : autant d'épistèmès jusque-là restées ignorantes les unes des autres et au carrefour desquelles Julia Kristeva situe, dans les années 1960-1970, sa réflexion théorique sur le langage et l'écriture. Dans ce contexte, Kristeva invente, en 1966, la notion d'intertextualité. Déplaçant les savoirs linguistiques et sémiologiques dans un nouvel espace de référence, Sèméiôtiké (1969) pose les concepts fondamentaux de cette théorie, lesquels seront repris, précisés et complétés dans la première partie de La Révolution du langage poétique (1974) et mis à l'épreuve de l'analyse littéraire dans la seconde partie de ce livre, consacrée aux écritures de Lautréamont et Mallarmé. S'inspirant du dialogisme bakhtinien, Kristeva conçoit l'analyse du texte à la lumière de son intertexte. Le texte redistribue la langue, il est le champ même de cette redistribution.

En 2014, elle est la rédactrice en chef d'un jour du quotidien L'Humanité, à l'occasion de la journée internationale des femmes[4].

Julia Kristeva est la présidente du Prix du livre politique[5].

Controverses[modifier | modifier le code]

En 1974, elle se rend en Chine avec Philippe Sollers. Son compte-rendu de voyage publié sous le titre Des Chinoises est élogieux au sujet de Mao Zedong qui « a libéré les femmes» et « résolu la question éternelle des sexes ». Alors que prend fin la Révolution culturelle, elle affirme n'avoir « constaté aucune violence »[6]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée avec Philippe Sollers[7].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Essais linguistique et littérature[modifier | modifier le code]

  • Le Langage, cet inconnu. Une initiation à la linguistique, SGPP, 1969 (publié sous le nom Julia Joyaux ; rééd. Seuil, Points no 125, 1981).
  • Semeiotikê. Recherches pour une sémanalyse, Seuil, 1969.
  • Le Texte du roman. Approche sémiologique d’une structure discursive transformationnelle, La Haye, Mouton, 1970.
  • La Traversée des signes (ouvrage collectif), Seuil, 1975.
  • Polylogue, Seuil, 1977.
  • La Révolution du langage poétique. L'avant-garde à la fin du XIXe siècle, Lautréamont et Mallarmé, 1985.
  • Le Temps sensible. Proust et l'expérience littéraire, Gallimard, 1994, Folio Essais, 2000.

Autres essais[modifier | modifier le code]

  • Des Chinoises, Des Femmes, 1974 ; rééd. Pauvert, 2001.
  • Folle Vérité (ouvrage collectif), 1979.
  • Pouvoirs de l'horreur. Essai sur l'abjection, Seuil, 1980.
  • Histoires d'amour, Denoël, 1983.
  • Au commencement était l'amour. Psychanalyse et foi, Textes du XXe siècle, Hachette, 1985.
  • Soleil noir. Dépression et mélancolie, Gallimard, 1987.
  • Le Génie féminin, Paris, rééd. Gallimard, coll. « Folio essais »
    • 1. Hannah Arendt, 1999 ;
    • 2. Melanie Klein, 2000 (ISBN 2-07-042739-0) ;
    • 3. Colette, 2002.
  • Au risque de la pensée, Éditions de l'Aube, 2001.
  • Cet incroyable besoin de croire, Paris, Bayard, 2007.
  • Du mariage considéré comme un des beaux-arts, avec Philippe Sollers, Fayard, 2015.
  • Je me voyage. Mémoires, entretiens avec Samuel Dock, Paris, Fayard, 2016
  • Beauvoir présente, Fayard, 2016. (ISBN 978-2-8185-0419-2)

Romans[modifier | modifier le code]

  • Les Samouraïs, 1990.
  • Le Vieil Homme et les loups, 1991.
  • Possessions, 1996.
  • Meurtre à Byzance, 2004.
  • Thérèse mon amour, récit, Fayard, 2008.
  • L'Horloge enchantée, Fayard, 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur le site États généraux du handicap.
  2. Voir sur le site zenit.org.
  3. Voir Kelly Oliver, Reading Kristeva: Unraveling the Double-Bind, Indiana University Press (1993) (ISBN 978-0253207616) et Cecilia Sjoholm, Kristeva and the Political, Routledge Publisher (2005) (ISBN 978-0415213653).
  4. Julia Kristeva rédactrice en chef d'un jour de l'Humanité, article du site Internet du quotidien de présentation du numéro de l'Humanité du 7, 8 et 9 mars 2014. http://www.humanite.fr/medias/julia-kristeva-redactrice-en-chef-dun-jour-de-lhum-560559
  5. Palmarès du Prix du livre Politique La lettre du libraire, 9 février 2015
  6. Mao ou l'étrange fascination française pour le sado-marxisme, par Guy Sorman, lefigaro.fr, 15 octobre 2007
  7. « La vie à deux Julia Kristeva et Philippe Sollers. Tête-à-tête », dans Libération du 5 août 1996.
  8. Site du prix Holberg
  9. a et b Décret du 13 mai 2011 portant promotion et nomination.
  10. Prix Hannah Arendt.
  11. a et b [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Crownfield, Body/Text in Julia Kristeva: Religion, Women, and Psychoanalysis, State University of New York Press, 1992.
  • Kelly Oliver, Ethics, Politics, and Difference in Julia Kristeva's Writing, Routledge Édition, 1993.
  • Anna Smith, Julia Kristeva: Readings of Exile and Estrangement, Palgrave Macmillan, 1996.
  • Jennifer Radden, The Nature of Melancholy: From Aristotle to Kristeva, Oxford University Press, 2000.
  • Sara Beardsworth, Julia Kristeva, Psychoanalysis and Modernity, Suny Press, 2004 (Goethe Award de recherches en psychanalytiques).
  • Megan Becker-Leckrone, Julia Kristeva And Literary Theory, Palgrave Macmillan, 2005.
  • John Lechte, Maria Margaroni, Julia Kristeva: Live Theory, Continuum International Publishing Group Ltd, 2005.
  • Kelly Ives, Julia Kristeva: Art, Love, Melancholy, Philosophy, Semiotics and Psychoanalysis, Crescent Moon Publishing Édition, 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :