Dynamique de groupe

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L'expression dynamique de groupe désigne généralement l'ensemble des phénomènes, mécanismes et processus psychiques et sociologiques qui émergent et se développent dans les petits groupes sociaux appelés aussi groupes restreints, de 4 à environ 20 individus durant leur activité en commun.

Plus précisément, cette expression renvoie aux pratiques suivantes :

  • l'étude (description et analyse) des mécanismes et processus spécifiques aux groupes restreints.
  • l'intervention au sein de groupes dans le but de faciliter la compréhension des processus qui s'y développent, et ce afin de générer un changement qui aura des effets sur le groupe ou ses membres.
  • la formation spécifique en groupes permettant de découvrir et de comprendre ce qui se passe dans les relations interpersonnelles au sein d'un groupe ou d'une assemblée de personnes. Une telle formation permet ainsi de se familiariser avec la compréhension des phénomènes et processus de groupe.

Elle ne se confond ni avec la « psychanalyse de groupe » ni avec les « psychothérapies de groupe » qui ont leur dynamique et des visées différentes et ceci même si elle s'en inspire parfois.

Caractéristiques et applications de la dynamique de groupe[modifier | modifier le code]

La dynamique de groupe est, à l'intérieur des sciences sociales, le domaine qui s'intéresse à la nature, au fonctionnement des petits groupes et aux effets qui en résultent. Dans cette perspective, on considère par exemple que l'appartenance ou la référence à un groupe peuvent favoriser certaines attitudes, croyances ou opinions. Cette influence du groupe peut devenir significative, influençant les représentations et actions individuelles (Voir les travaux de Kurt Lewin ou Leon Festinger).

La "dynamique d'un groupe" peut donc faciliter des changements dans les comportements et/ou les attitudes d'une personne ou d'un groupe (Cf. les expériences de Kurt Lewin - après la Seconde guerre mondiale - visant à faire évoluer les attitudes des ménagères américaines à l'égard de certains aliments réputés peu appétissants).

La dynamique de groupe constitue un des outils de la thérapie de groupe.

Les hommes politiques et les entreprises peuvent aussi être tentés d'essayer d'utiliser les acquis de la dynamique de groupe pour des objectifs personnels. La dynamique de groupe provoque un regain d'intérêt actuel du fait de l'amplification de certains types de relations inter-personnelles voire groupales induites par l'utilisation massive des nouvelles technologies (internet et internet mobile avec leurs applications de types SMS, MMS, emails, chat, visiophonie, blogs, wiki, réseaux sociaux...). Ces techniques de communication, très utilisées aujourd'hui, permettent d'accélérer et d'amplifier les phénomènes de groupe, de regroupement, de diffusion d'informations ou de rumeurs...[réf. souhaitée]

Cependant, on ne peut parler de "dynamique de groupe", au sens scientifique et "historique" de cette expression, que s'il y a réellement présence d'une assemblée de personnes "ici et maintenant" avec activité, intérêts et/ou objectifs communs (voir les écrits historiques de Le Bon, S. Freud, K. Lewin, W. Bion, Foulkes, Festinger, J-P Sartre, JB Pontalis, Didier Anzieu, E. Enriquez, J-P Rouchy, René Kaës).

Le travail en groupe et ses bénéfices[modifier | modifier le code]

De très nombreuses études scientifiques ont démontré que pour un élève moyen, l'apprentissage est meilleur lorsqu'il s'opère en groupe. Les gains du travail en groupe par rapport au travail individuel sont les suivants[1]

  • amélioration légère de l'apprentissage disciplinaire
  • meilleure mémorisation à long terme
  • motivation intrinsèque
  • attitude plus positive envers la matière étudiée
  • développement d'objectifs de haut niveau de la taxonomie de Bloom

Exemples d'applications pratiques[modifier | modifier le code]

Le modèle à 4 étages proposé par Bruce Tuckman (1965) appelé Tuckman's Stages affirme que le processus de décision idéal d'un petit groupe se produit en 4 étapes :

  1. Formation : aller vers les autres ;
  2. Lancement : abaissement des barrières de la politesse et tentative d'aller dans le vif du sujet même si cela engendre quelques altercations ;
  3. Régularisation : s'habituer à chacun, et développer la confiance et la productivité ;
  4. Exécution : travailler dans un groupe avec un but commun sur une base hautement efficace et coopérative.

Ce modèle se réfère au modèle d'ensemble du groupe, mais évidemment les individus à l'intérieur d'un groupe travaillent de différentes manières. Si la méfiance persiste, un groupe peut ne jamais arriver au stade de régularisation.

D'une façon plus prosaïque, dans les milieux professionnels, il est possible de faciliter la vie d'un groupe et l'expression de sa "dynamique" en développant la convivialité nécessaire aux échanges : secrétariat, machine à café, salle de réunion. On parle d'espace de travail partagé.

Wilfred Bion a étudié et pratiqué la "psychanalyse de groupes" en la référant au modèle psychanalytique. Ses considérations théoriques et pratiques sur les groupes ont été publiées dans un ouvrage intitulé Recherches sur les petits groupes, Paris, PUF, 1965. Le Tavistock Institute a développé et appliqué ultérieurement la théorie et les pratiques développées par Bion. En France, cette approche clinique et psychanalytique de la dynamique des groupes a suscité depuis les années soixante une abondance de travaux citons, entre autres, quelques "chefs de file" qui ont poursuivi les travaux de Freud, Bion, Foulkes : D. Anzieu, R. Kaës, E. Enriquez, J-P Rouchy.

L'étude de la dynamique de groupe permet par exemple de comprendre le rôle des meneurs ou celui des boucs émissaires. Mieux élucider l'émergence de tels rôles mais aussi les phénomènes de blocage et de découragement ou au contraire les sentiments d'euphorie et de toute-puissance, les difficultés à se centrer sur le problème à traiter, les expressions de rejet ou d'agressivité ou au contraire de sympathie voire d'attachement, l'émergence de sous-groupes ou de couples au sein d'un groupe, tout ce vécu et sa compréhension est important pour la pratique des professionnels de l'éducation, des acteurs sociaux en général... car si, par définition, le groupe n'existe que parce qu'il y a plusieurs personnes, inversement la personne (l'individu) n'existe et ne se développe que grâce aux différents "groupes" de son histoire : l'homme n'existe que dans une interdépendance, précisément parce qu'il vit, qu'il le veuille ou non, dans des groupes, en société.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Johnson, D. W., Johnson, R. T., Johnson-Holubec, E. et Roy, P. (1984). Circles of Learning. Cooperation in the Classroom.Association for Supervision and Curriculum Development

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.-C. Abric, Psychologie de la communication, Paris, éd. Armand Colin, 1996
  • D. Anzieu, Le Groupe et l'Inconscient, Paris, éd. Dunod, 1981
  • D. Anzieu et J.-Y. Martin, La Dynamique des groupes restreints, Paris, PUF, 1994
  • W. R. Bion, Recherches sur les petits groupes, Paris, PUF, 1965
  • (en)W. R. Bion, Experiences in groups : and other papers, Routledge, 1991, trade paperback, 148 pages (ISBN 0-415-04020-5)
  • F. Flahault, Le Paradoxe de Robinson, Paris, éd. Mille et une nuits, 2006
  • R. Kaës, Les Théories psychanalytiques du groupe, Paris, éd. PUF, coll. Que sais-je ?, 1999
  • Roger Mucchielli, La Dynamique des groupes, ESF, 2006 (15e édition) (ISBN 2-7101-1794-0)
  • Anzieu Didier, Martin Jean-Yves, La dynamique des groupes restreints, Paris, PUF, 1968