Personnalité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Personnalité (homonymie).

Une personnalité est une combinaison de caractéristiques émotionnelles, d'attitude et de comportement d'un individu. Elle a suivi tout un parcours déterminé par les idées des siècles qu'elle traversait et encore aujourd'hui il serait difficile de trouver un concept plus solidaire des écoles et des attitudes des auteurs qui en font usage. Il existe au moins deux approches différentes de la personnalité : les théories du type et du trait.

La personnalité hier et aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'étymologie permet de mieux en appréhender le sens : Persona, terme latin dérivé de l'étrusque ou le grec ancien προσοπων, désigne le masque de théâtre antique grec, qui était l'interface entre l'acteur, son rôle, et le public. Artifice d'un théâtre d'effigie il présentait les trois particularités suivantes :

  • Grâce au masque le public devait pouvoir prédire l'action du comédien.
  • Il y avait un nombre défini de masques possibles.
  • Chaque acteur n'avait le droit d'utiliser qu'un seul masque par représentation

Sens général contemporain[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui l'idée générale qui ressort des différentes visions de la personnalité est qu'elle est l'ensemble des comportements qui constituent l'individualité d'une personne. Elle rend compte de ce qui qualifie l'individu : permanence et continuité des modes d'action et de réaction, originalité et spécificité de sa manière d'être. C'est le noyau relativement stable de l'individu, sorte de synthèse complexe et évolutive des données innées (gènes) et des éléments disponibles dans le milieu social et l'environnement en général. Judith Rich Harris énonce que d'après les études, la personnalité provient à 50% de la génétique, 10% de l'environnement partagé avec les parents dont les parents eux-mêmes et 40% de facteurs inexpliqués[1].

La connaissance de la personnalité est souvent un enjeu important en ce qu'elle permet de prévoir avec une marge d'erreur limitée le comportement de la personne dans des situations ordinaires, par exemple professionnelles. Elle est aussi l'objectif de la connaissance de soi.

Les techniques modernes d'évaluation personnelle en ligne permettent maintenant des analyses plus globales qu'autrefois. La théorie sous-jacente est celle de l'interprétation intelligente et immédiate.

Tempérament, caractère et personnalité[modifier | modifier le code]

Il peut être utile de distinguer tempérament, caractère et personnalité.

La notion délicate de personnalité est parfois mise en rapport avec celle de caractère. Ce dernier désigne habituellement les façons d'agir et les attitudes qui sont propres à un individu et qui permettent de le distinguer des autres. Cette distinction est particulièrement utilisée par la caractérologie. Longtemps synonyme de personnalité, le terme de caractère n'est plus guère utilisé en psychologie et par les auteurs car il est associé à des connotations morales, et fait référence à un jugement de valeur souvent négatif : « mauvais caractère », « caractère de cochon ».

Il faut tout de même signaler que, dans son modèle de la personnalité, Cloninger intègre la dimension de caractère. Alors opposé au tempérament, le caractère correspondrait aux « dimensions de la personnalité déterminées par l'apprentissage social et l'apprentissage cognitif » : il ne serait donc pas influencé par des facteurs héréditaires. Le tempérament fait référence aux correspondances physiologiques du caractère plus directement lié à la tradition morphopsychologique antique (théorie des humeurs) ou constitutionnelle moderne.

Théorie du type[modifier | modifier le code]

La notion de personnalité dans la psychologie analytique[modifier | modifier le code]

  • intuitif / factuel et
  • intellectuel / affectif.

Les préférences d'une personne pour un des deux pôles, sur ces trois axes, fondent le type psychologique. Des questionnaires peuvent contribuer à la détermination du type (MBTI, GOLDEN...).

Les découvertes de Carl Gustav Jung et des travaux de Mmes Myers, Briggs, sont des apports récents : 1921 pour « Les types de personnalités » et 1942 pour la première version du Myers Briggs Type Indicator. En dehors de ces travaux, la théorie du type est intuitive, de nombreuses traditions se sont développées sur ce modèle dans les civilisations les plus anciennes et les plus diverses : horoscopes, numérologie, ennéagramme, etc.

Théorie du trait[modifier | modifier le code]

La notion de personnalité dans la psychologie sociale[modifier | modifier le code]

Dans les théories de psychologie sociale (Osgood, par exemple), un trait de personnalité est un adjectif qui décrit un comportement, des états affectifs, mais aussi des formulations sur la valeur des individus.

Pour chaque trait, des outils psychométriques peuvent être élaborés, qui permettent de situer un individu par rapport au reste de la population de référence. La plupart des tests de personnalités utilisés se fondent sur la théorie du trait.

Ainsi dans la théorie dite des 2D (Osgood, 1962), les traits de personnalité sont répartis en deux groupes :

  • les traits appartenant à la notion de la sociabilité (exemples: Sympathique; malhonnêtes…),
  • les traits appartenant à la notion d'évaluation des compétences (exemples: compétent; dynamique…).

Dans la théorie dite des 5D (ou Big Five (psychologie)[2]), les traits de personnalités sont regroupés en cinq groupes : l’extraversion, l’amabilité, l’application, la stabilité émotionnelle et l’ouverture à l’expérience. Ces catégories proviennent des corrélations fortes observées entre les différents traits de différents tests.

L'approche de la personnalité selon les grands courants[modifier | modifier le code]

Psychanalytique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychanalyse.
Article détaillé : Structure en psychopathologie.

Behavioriste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Béhaviorisme.

La personnalité est une somme de comportements réductibles aux rapports entre stimuli et réponses. L'approche behavioriste refuse l'idée d'unité, et dans sa forme la plus extrême réduit l'individu à des centaines d'habitudes indépendantes et spécifiques.

Cognitiviste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cognitive.

La construction, de la personnalité, débute par la catégorisation de l'élément vu en rapport à des éléments déjà mémorisés, puis l'élément est classé à proximité des données présentant les mêmes attributs. Suit alors l'amorçage qui consiste à faciliter le traitement d'une information par une sorte de préparation qui entraîne la formation de concept trait, qui lie entre eux les différents contenus mémoriels, permettant de créer des raccourcis mentaux.

Le concept de schéma, autre concept cognitiviste important, se rapporte à un concept de catégorisation sociale s'articulant entre 3 domaines, la vision de soi, des autres, du monde et du temps. Ces trois domaines constituent la triade de Beck. Les schémas se référant aux expériences précoces du sujet, aux traumatismes, aux valeurs et préjugés de son milieu socio-éducatif et culturel. Ils sont latents et inaccessibles spontanément, et constituent des hypothèses de la réalité à confirmer ou infirmer.

Humaniste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Humanisme.

Dimensionnel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Big five (psychologie).

Tentative de quantification de la personnalité.

Psychobiologique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Judith RICH HARRIS, Pourquoi nos enfants deviennent ce qu'ils sont, Robert Laffont, collection Réponses, 1999
  2. Mc Crae et Costa, 1997

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cattell (Raymond B.), La personnalité, P.U.F., Paris, 1956 ; traduit du titre anglais Personality.
  • (it) Foschi R. (2003). L’indagine sulla personalità alle origini della psicologia scientifica francese (1870-1885). Physis, Rivista internazionale di storia della scienza, vol. 40 (1-2); p. 63-105, ISSN: 0031-9414
  • (en) Handbook of Personality, Third Edition: Theory and Research" by Oliver P. John PhD, Richard W. Robins PhD, and Lawrence A. Pervin PhD, The Guilford Press, New York, 2008
  • Lévy-Leboyer (Claude), La personnalité - Un facteur essentiel de réussite dans le monde du travail, Éditions d'organisation, Paris, 2005
  • (en) Lombardo, G.P., Foschi R. (2002). The european origins of personality psychology. European psychologist, 7, 134-145, DOI:10.1027//1016-9040.7.2.134
  • (en) Lombardo G.P, Foschi R. (2003). The Concept of Personality between 19th Century France and 20th Century American Psychology. History of Psychology, vol. 6; p. 133-142, ISSN: 1093-4510, DOI:10.1037/1093-4510.6.2.123
  • Simon (Suzanne), Sellier (Jean-Louis), La découverte de la personnalité, Retz-C.E.P.L., Paris, 1974
  • Hansenne (Michel), Psychologie de la personnalité, de boeck 2006
  • Jean Bergeret: La personnalité normale et pathologique, Éd: Dunod, 2003, 3e édition, ISBN 2100030078
  • Jacques Lacan, De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité, éd. du Seuil, Paris, 1975 (Sa thèse de doctorat en médecine, éditée une première fois en octobre 1932)