Hans Eysenck

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Hans Eysenck

Hans Jürgen Eysenck, né à Berlin le et mort à Londres le , est un psychologue britannique d'origine allemande, connu pour son travail sur la personnalité, l'héritabilité de l'intelligence, les thérapies comportementales et pour ses critiques de la psychanalyse. Au moment de sa mort, Eysenck était le psychologue vivant le plus souvent cité dans les revues scientifiques anglophones.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hans Eysenck est né à Berlin, en Allemagne ; sa mère était une actrice de films (Helga Molander) et son père un animateur de discothèque. Eysenck a été élevé par sa grand-mère, qui était une fervente catholique, bien que d'ascendance juive. Un déménagement initial en Angleterre dans les années 1930 devint permanent en raison de son opposition au parti nazi. « Ma haine de Hitler et des nazis, et de tout ce qu'ils représentaient, était si écrasante qu'aucun argument ne pouvait s'y opposer. » En raison de sa nationalité allemande, il est incapable de trouver un emploi, et est presque interné pendant la guerre. Il obtient son doctorat en 1940 à l'University College de Londres (UCL) ; travaille dans le Département de psychologie sous la supervision du Professeur Sir Cyril Burt, avec qui il entretiendra de tumultueuses relations professionnelles tout au long de sa vie professionnelle.

Eysenck a été professeur de psychologie à l'Institut de Psychiatrie — Institute of Psychiatry, King's College — (un collège constituant de l'Université fédérale de Londres), de 1955 à 1983. Il fut un contributeur majeur à la théorie scientifique moderne de la personnalité et un brillant professeur qui a aidé à découvrir des traitements de maladies mentales. Il fut le rédacteur en chef du journal Personality and Individual Differences, et est l'auteur d'environ 80 livres et de plus 1600 articles de revues. Son fils Michael Eysenck est également un professeur de psychologie reconnu. Hans Eysenck est décédé d'une tumeur du cerveau dans un hospice de Londres en 1997.

Théories[modifier | modifier le code]

Son modèle de la personnalité est fondé sur trois dimensions : le névrosisme (stabilité/instabilité émotionnelle), l'introversion–extraversion (extériorisation, non-inhibition, tendances impulsives et sociales) et le psychotisme (sujets froids, impersonnels, hostiles, non émotifs, peu enclins à aider autrui).

Ses recherches sur l'efficacité des psychothérapies[modifier | modifier le code]

Son travail sur l'effet des psychothérapies repose sur une méta-analyse de 19 travaux réalisée en 1952[réf. insuffisante][1] portant sur trois groupes de patients :

  • un groupe de patients hospitalisés en psychiatrie (sans psychothérapie) ;
  • un groupe ayant « reçu » une psychothérapie « éclectique » ;
  • un dernier groupe de patients ayant été traités dans l'approche psychanalytique.

La conclusion est que les patients hospitalisés ont été améliorés à 72 % des cas, ceux de la psychothérapie « éclectique » améliorés à 64 % et ceux d'un traitement psychanalytique à 44 %.

La méthodologie et les partis pris ont été controversés[2]. Comparer des patients hospitalisés à des patients névrotiques n'est, selon R.Kellner, pas convenable, les questions des indications n'avaient pas été prises en compte et les diagnostics étaient sujets à caution. Le seul mérite de cette étude selon Paul Hermann[3], était qu'Eysenck avait mis en évidence le rôle des guérisons spontanées. Malgré ses nombreux défauts, cette étude reste souvent citée comme un exemple du genre.

Autres travaux[modifier | modifier le code]

C'est aussi l'un des signataires de la tribune Mainstream Science on Intelligence qui affirme le rôle du quotient intellectuel dans la vie humaine et l'existence de différences intellectuelles entre groupes humains qui ne découlent pas exclusivement de différences environnementales.

D'une manière générale, les travaux de Hans Eysenck sont très critiques envers la psychanalyse: « rien de ce qui est nouveau dans la psychanalyse n’est vrai, rien de ce qui est vrai dans la psychanalyse n’est nouveau ». Ils susciteront de nombreux commentaires et controverses chez les partisans de cette technique psychothérapeutique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. B. Gibson, Hans Eysenck: The Man and His Work, Peter Owen, Londres, 1981.
  • Sohan Modgil, Celia Modgil et Hans Jürgen Eysenck (dir.), Hans Eysenck: Consensus and Controversy, Routledge, 1986.

Article[modifier | modifier le code]

  • Abord statistique et expérimental du problème typologique de la personnalité névrotique, psychotique et normale. Évolution psychiatrique, 1954, p. 377 à 404

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Rebel with a Cause: The Autobiography of Hans Eysenck, Transaction Publishers, 1997.
  • (fr) L'Inégalité de l'Homme, éd. Copernic, 1977.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eysenck, 1952
  2. notamment R. Kellner, « Eysenck: the effects of psychoptherapy », Int. Journal psychiatry, 1973, p. 322-328
  3. Confrontation psychiatrique, nº 26, 1986

Liens externes[modifier | modifier le code]