Béhaviorisme

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Le béhaviorisme, behaviorisme ou comportementalisme est une branche de la psychologie qui étudie le comportement observable[1] et l'analyse comme un processus au sein de l'environnement et comme l'histoire des interactions de l'individu avec son milieu[2]. Le behaviorisme s'appuie sur l'expérimentation et la mesure scientifique. Il vise à établir une relation statistiquement significative entre des variables de l'environnement et le comportement étudié sans faire appel au psychisme comme explication des actes ou du comportement.

Il trouve son application aujourd'hui dans l'analyse appliquée du comportement ou ABA (Applied Behavioral Analysis). Ses applications s'étendent à l'aide aux personnes atteintes de troubles envahissants du développement (TED)[3], dont l'autisme[4], la sécurité industrielle[5] entre autres. En octobre 2015, la Société américaine de pédiatrie (American Academy of Pediatrics, AAP) a recommandé des approches dont l'efficacité a été démontrée pour les interventions précoces dans les TED des enfants de moins de 3 ans[6]. Ces recommandations mettent l'accent à la fois sur la nécessaire implication de l'entourage dans le développement et sur l'importance des méthodes béhavioristes à mettre en œuvre.

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) ont intégré des éléments opérationnels béhavioristes malgré des fondements théoriques différents.

Étymologie[modifier | modifier le code]

« Béhaviorisme » provient du mot anglais « behavior » (orthographe américaine) ou « behaviour » qui signifie « comportement ».

Histoire du béhaviorisme[modifier | modifier le code]

Travaux théoriques et expérimentaux[modifier | modifier le code]

Le béhaviorisme Stimulus-Réponse de Watson[modifier | modifier le code]

John Broadus Watson à Hopkins

Historiquement, le béhaviorisme est apparu au début du 20e siècle, en réaction aux approches dites « mentalistes » faisant de la psychologie une branche de la philosophie[7]. Aux États-Unis, le concept de conscience était de plus en plus remis en cause. L'article de William James de 1904 "Does consciousness exist?" (La conscience existe t-elle ?)[8] posa le problème de manière explicite.

En 1913, John Broadus Watson établit les principes de base du béhaviorisme, dont il invente le nom, en affirmant, dans un article intitulé « La psychologie telle que le béhavioriste la voit »[9] :

La psychologie telle que le behavioriste la voit est une branche purement objective de la science naturelle. Son but théorique est la prédiction et le contrôle du comportement. L'introspection constitue une partie non essentielle de ses méthodes, pas plus que la validité scientifique de ses données n'est dépendante de la facilité avec laquelle elles se prêtent à l'interprétation à la conscience.[9]

Watson considérait que la psychologie devait faire des comportements son sujet d'étude et non pas les états mentaux. Si la psychologie veut être perçue comme une science naturelle, elle doit se limiter aux événements observables et mesurables en se débarrassant, sur le plan théorique, de toutes les interprétations qui font appel à des notions telles que la conscience et en condamnant, sur le plan méthodologique, l'usage de l'introspection « aussi peu utile à la psychologie qu'elle l'est à la chimie ou la physique ».

L'objectif de la science du comportement est pour Watson d'étudier les relations entre les stimuli (S) de l'environnement et les comportements réponses (R) qu'ils provoquent. Cette position de principe défendue par Watson correspond à ce qu'on a appelé par la suite le « béhaviorisme méthodologique » pour le différencier des autres courants auxquels il donnera naissance.

Il fait de l'apprentissage un objet central pour l'étude du comportement, qui doit être approché uniquement sous l'angle des comportements mesurables produits en réponse à des stimuli de l'environnement. Watson était persuadé que son nouveau béhaviorisme permettrait à terme la prédiction et le contrôle du comportement. Certaines de ses affirmations extrêmes en la matière[10] ont été utilisées pour discréditer Watson et le béhaviorisme moderne par extension, même si ce dernier est fondamentalement différent du paradigme S-R de Watson.

Le modèle Stimulus-Réponse-Conséquence ou comportement opérant[modifier | modifier le code]

Burrhus Skinner à Harvard en 1950

La branche expérimentale du behaviorisme naît formellement en 1938 avec la publication de l'ouvrage de Burrhus F. Skinner : « The behavior of organisms »[11] (Le comportement des organismes). L'ouvrage résume les travaux menés en laboratoire entre 1930 et 1937. Il met en perspective deux types de comportements : le comportement répondant et le comportement opérant ou conditionnement opérant sur la base des observations qu'il effectue sur les animaux placés dans des dispositifs expérimentaux appelés boîtes de Skinner, au cours desquels ils apprennent par essai-erreur les actions à effectuer pour obtenir le résultat souhaité.

Le premier ensemble de données présentées par Skinner dans « Le comportement des organismes »[11] était un graphe qui présentait la mesure d'un changement de comportement lorsque de la nourriture était donnée à un rat lorsqu'il pressait un levier. Skinner nota que les trois premières fois que la nourriture arrivait en lien avec le comportement, aucun effet ne fut observé, mais que la quatrième fut suivie d'une augmentation appréciable du taux d'actionnement du levier jusqu'à atteindre un maximum[12].

Ivan Pavlov avait mis en évidence les comportements répondants qui sont suscités par le stimulus qui les précède immédiatement. Le stimulus antécédent (la lumière vive par exemple) et le comportement qu'il suscite (la contraction de la pupille) forment une unité fonctionnelle appelée réflexe. Les comportements répondants sont essentiellement involontaires et apparaissent dès que le stimulus de déclenchement est présenté.

Comme beaucoup d'autres psychologues de l'époque, Skinner considérait que ni le comportement répondant de Pavlov, ni le paradigme S-R de Watson ne permettaient d'expliquer la majorité des comportements, en particulier les comportements pour lesquels il n'y avait pas de causes antérieures apparentes dans l'environnement. En comparaison du comportement réflexe, la plupart des comportements des organismes apparaissaient spontanés ou volontaires. Skinner chercha dans l'environnement plus large les déterminants de comportements qui n'avaient pas de causes antérieures apparentes. Au travers d'expériences avec des animaux, il accumula la preuve, contre-intuitive, que le comportement est moins changé par ce qui le précède que par ce qui le suit. La formulation de ce modèle est S-R-C (Stimulus - Réponse - Conséquence), aujourd'hui plus connu sous le terme de comportement opérant tandis que le modèle S-R de Pavlov et Watson est généralement appelé comportement répondant.

Contrairement à Watson qui la rejetait, Skinner s'appuie sur la loi de l'effet de Thorndike qui établit que le comportement est fonction de ses conséquences, pour développer les notions de renforcement, de façonnement, d'apprentissage programmé. Ces principes marquent une divergence profonde avec le béhaviorisme méthodologique de Watson en acceptant l'idée que des variables internes à l'individu puissent intervenir dans l'analyse du comportement.

Ce modèle de comportement opérant ne remplace pas le modèle du comportement répondant puisque le réflexe est une réalité physiologique. Il permet de mieux rendre compte de la façon dont l'environnement influe sur le comportement.

Le behaviorisme radical de Skinner[modifier | modifier le code]

En parallèle de ses travaux expérimentaux, Skinner écrivit de nombreux ouvrages sur la philosophie et l'épistémologie du behaviorisme. En 1948, Skinner publia « Walden 2 »[13]", une fiction explorant un monde utopique appliquant les principes du behaviorisme. Cet ouvrage fut suivi de « Science et comportement humain »[14] (1953) considéré comme l'un des textes principaux de Skinner, dans lequel il réfléchit sur une possible application des principes du comportement à des domaines complexes tels que l'éducation, la psychothérapie.

L'ouvrage de Skinner « About behaviorism » (1974) s'ouvre sur ces mots : « Le béhaviorisme n'est pas la science du comportement humain ; il est la philosophie de cette science. »[15]

Les questions théoriques sous-jacentes de la pensée de Skinner sont[15] :

  1. Une science du comportement est-elle possible ?
  2. Peut-elle rendre compte de tous les aspects du comportement humain ?
  3. Quelles peuvent être ses méthodes ?
  4. Ses lois sont-elles aussi valides que les lois de la physique et la biologie ?
  5. Sur quelles techniques peut-elle déboucher ?

En incorporant les processus internes, comme les pensées ou les émotions, sous la qualification d'« événements privés ». Skinner fait trois hypothèses concernant les événements privés :

  1. les pensées et sentiments sont des comportements
  2. le comportement qui a lieu sous la peau d'un organisme se distingue d'un événement public uniquement par son inaccessibilité
  3. l'événement privé est influencé les mêmes types de variables que les événements publics

Dans cette conception du behaviorisme, les principes de la psychologie opérante peuvent s'appliquer à tout ce qui concerne l'humain, ce qui revient à dire « tout est du comportement », y compris les événements mentaux, d'où le terme de « béhaviorisme radical »[16].

Behaviorisme verbal ou Comportement verbal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Verbal Behavior.

En 1957 Skinner publia « Verbal Behavior », dans lequel il analyse le langage comme un comportement[17]. Celui-ci obéit selon lui aux mêmes règles que les autres comportements mais s'en distingue cependant par le fait qu'il ne peut être renforcé par l'environnement physique, mais seulement indirectement par le comportement des autres personnes.

Le langage est un comportement social. Il peut être renforcé ou éteint par les interlocuteurs comme tout autre comportement.

Le comportement verbal est mis en forme et conservé par un environnement verbal - par des personnes qui répondent au comportement de certaines manières en raison des pratiques du groupe dont ils font partie. Ces pratiques et l'interaction qui en résulte, entre celui qui parle et celui qui écoute, génèrent les phénomènes qui sont considérés ici sous la rubrique du comportement verbal. [17]p.226

L'originalité de l'approche et son efficacité thérapeutique viennent de son approche fonctionnelle et non pas formelle du langage. La linguistique et la psycholinguistique s'intéressent à la structure du langage, son vocabulaire, sa grammaire et ses liens avec la structure du psychisme. Dans l'approche du comportement verbal au contraire, le langage est considéré comme un moyen d'obtenir ou d'éviter une conséquence à l'instar des autres comportements et également de modifier l'environnement. Si initialement l'ouvrage fut ignoré par la communauté scientifique, y compris béhavioriste, cette position a progressivement changé au cours des années 1980 et 1990[18].

Les théories développées dans cet ouvrage ont été largement incorporées aux techniques ABA pour aider les personnes atteintes de TED à substituer le langage à des comportements non verbaux pour interagir avec les autres personnes[19],[20].

Applications du béhaviorisme[modifier | modifier le code]

Applied Behavioural Analysis (ABA)[modifier | modifier le code]

L'Analyse appliquée du comportement ou ABA a relancé l'intérêt et la recherche dans le domaine du behaviorisme. Elle en est la continuation contemporaine et sa mise en œuvre pratique. Les travaux de Skinner sont parfois qualifiés de EBA pour « Experimental Behavioral analysis » (Analyse expérimentales du comportement) pour les distinguer de ceux de l'ABA.

Durant les années 1950, et au début des années 1960 les chercheurs béhavioristes appliquèrent à des humains leurs méthodes d'analyse et modification expérimentale du comportement, jusque-là uniquement testées en laboratoire sur des animaux (essentiellement des pigeons et des rongeurs). L'objectif était de déterminer si les principes du béhaviorisme s'appliquaient[21] également aux êtres humains et s'il était possible de modifier des comportements problématiques de manière durable en dehors du cadre du laboratoire. Sid Bijou étudia les renforcements chez des jeunes enfants[22],[23] et Ogden Lindsley chez des patients d’hôpitaux psychiatriques[24].

Dans une large mesure, la méthode ABA fut créée en tant qu'alternative à la psychanalyse alors méthode psycho-thérapeutique prédominante dans le monde médical, y compris aux États-Unis[25].

En 1968 fut créé le « Journal of Applied Behavior Analysis »[26].Dans le premier numéro de la revue, fut publié un article fondateur de la discipline de Baer, Wolf et Risley : « Some current dimensions of Applied Behavior Analysis »[27] (« Quelques dimensions actuelles de l'Analyse appliquée du comportement »).

La méthode ABA se définit comme la science dans laquelle les techniques dérivées des principes du comportement sont appliquées systématiquement afin d'améliorer des comportements socialement significatifs, et dans laquelle l'expérimentation est utilisée pour identifier les variables explicatives du comportement[28].

Ces méthodes d'analyse et de modification du comportement ont montré leur efficacité dans de nombreux domaines, notamment dans l'éducation des enfants atteints de troubles envahissants du développement (TED), et particulièrement l'autisme[3],[29] mais pas uniquement. L'ABA est utilisé dans de nombreux domaines comme la prévention du SIDA[30], l'éducation[31],[32], l'acquisition du langage[19] et la gestion des salles de classe pour favoriser les comportements collaboratifs et l'implication scolaire des élèves[33].

Thérapies cognitives et comportementales (TCC)[modifier | modifier le code]

À partir des années 1970, le behaviorisme radical défendu par Skinner a perdu de son influence au profit du cognitivisme. Des auteurs comme Brett Easton Ellis, Martin E. P. Seligman, Joseph Wolpe ou Steven Beck ont développé les thérapies cognitives et comportementales (ou TCC) en psychothérapie qui repose essentiellement sur les théories cognitivistes mais utilisent les techniques behavioristes.

Même si et à la différence du cognitivisme, le behaviorisme ne rend pas compte ou très peu des cognitions ni du traitement de l'information, le behaviorisme offre un éventail de techniques et outils qui permettent à une personne de volontairement modifier un comportement problématique et agir indirectement sur les cognitions sous-jacentes. Ces techniques en constituent une des dimensions fondamentales.

Même si les approches comportementales ont démontré leur efficacité pour certaines pathologies ou troubles, notamment ceux du comportement et de la socialisation, c'est très souvent la combinaison avec des théories et approches cognitivistes autant que développementales qui expliquent leur succès [34]. Une personne souffrant d'anxiété sociale évite généralement de rencontrer d'autres personnes pour éviter d'activer son anxiété. Les approches cognitives permettent au patient d'identifier la croyance, cognition problématique, souvent irrationnelle et définir des cognitions alternatives non anxiogènes. Les personnes anxieuses socialement croient qu'ils sont « nuls », « n'intéressent personne », etc. L'approche béhavioriste demande au patient de volontairement adopter un comportement anxiogène, ici rencontrer des gens, afin de vérifier si la croyance se vérifie. La confrontation de la croyance à la réalité permet au patient de prendre conscience que sa cognition n'est pas fondée et ainsi progressivement la modifier. Les TCC sont d'une certaine façon la synthèse du cognitivisme et du béhaviorisme en psychothérapie. Les TCC ne sont plus considérées aujourd'hui comme du béhaviorisme strict.

Cette combinaison d'approches a permis à la psychologie contemporaine de traiter un large éventail de problèmes tels les troubles anxieux, les troubles obsessionnels compulsifs, le stress post-traumatiques et la dépression[35],[36].

Base de la théorie béhavioriste[modifier | modifier le code]

Comportement répondant[modifier | modifier le code]

La théorie behavioriste distingue trois phases dans le processus qui met en œuvre le comportement : l'environnement qui stimule, l'individu qui est stimulé et le comportement ou la réponse de l'individu par suite de la stimulation.

Le schéma classique est donc :

S = le stimulus provenant de l'environnement (des stimuli)

I = l'individu

R = le comportement ou réponse de l'individu par suite de la stimulation

Sans nier la réalité de l'individu (I) et de son fonctionnement interne, les behavioristes classiques ne s'en préoccupent pas directement. En effet, leur objectif est de spécifier les conditions et les processus par lesquels l'environnement (S) contrôle le comportement (R), sans faire référence à des variables internes considérées comme non observables et hypothétiques. Le schéma selon lequel ils travaillent met ainsi entre parenthèses l'individu (I) qu'ils considèrent comme une « boîte noire ». Toutes les questions relatives à la conscience sont ainsi écartées de leurs champs d'étude.

D'où le schéma :

considéré comme le schéma linéaire classique behavioriste.

Ce schéma, pouvant être assimilé au schéma du conditionnement classique pavlovien, a été modifié par B.F. Skinner, car le conditionnement pavlovien n'explique que les apprentissages liés à des stimulis dits inconditionnels c'est-à-dire des stimulis provoquant des réponses inconditionnelles liées à la phylogénèse de l'espèce.

Comportement opérant[modifier | modifier le code]

La conséquence du comportement comme élément explicatif[modifier | modifier le code]

Le deuxième schéma classique est celui du conditionnement opérant. Le terme « comportement opérant » est aujourd'hui de plus en plus préféré à celui de « conditionnement opérant » dans la littérature scientifique. Ce schéma introduit une nouvelle étape dans le processus : les conséquences sur l'organisme pouvant être positives ou négatives.

D'où le schéma :

S = le stimulus provenant de l'environnement (des stimuli)

R = la réponse de l'individu au stimulus

C= les conséquences pour l'individu de son comportement

Ce schéma est souvent appelé ABC pour Antécédent-Behaviour-Consequence.

Le stimulus est antérieur au comportement mais il ne le contrôle pas, à la différence de la conséquence qui est postérieure au comportement.

Ce schéma n'est plus uni-directionnel car ce n'est pas un stimulus qui déclenche une réponse, c'est un stimulus qui l'évoque. La réponse ou comportement étant sélectionné par les conséquences sur l'organisme et sur l'environnement, conséquences qui sont propres à chaque organisme, c'est pour cela que l'étude et la classification des stimuli et des réponses ne peut s'effectuer qu'a posteriori.

La différence fondamentale entre le conditionnement répondant et le conditionnement opérant est que le conditionnement opérant présuppose un être actif dans son environnement. L'individu anticipe les conséquences de son comportement suite au stimulus. L'individu peut modifier son comportement et l'adapter afin d'obtenir ou d'éviter les conséquences à son comportement. Il y a une boucle de rétro action, dans laquelle la réponse de l'individu va se modifier à mesure qu'il identifie, même inconsciemment, le processus S-R-C. Pour cette raison. Le conditionnement opérant est à la base des apprentissages et explique les comportements appris lors de l'ontogénèse de l'organisme.

Renforcement et punition[37][modifier | modifier le code]

Diagramme montrant l'effet des différents types de fréquence de renforcements. Chaque trait indique l'activation du renforcement.

Les conséquences sont classées selon leur effet sur la fréquence d'apparition future du comportement. Une conséquence est un renforcement si elle augmente la probabilité d’occurrence du comportement qui le précède, ou est une punition si elle diminue la probabilité d'occurrence des comportements qui le précèdent. Les conséquences ne peuvent modifier que les comportements futurs de l'individu d'où le lien entre béhaviorisme et apprentissage.

Par ailleurs, les conséquences peuvent être positives s'il y a un ajout ou augmentation d'intensité d'un stimulus ou négative s'il y a retrait ou diminution d'intensité d'un stimulus l'environnement.

Ainsi par exemple :

Renforcement positif :

Stimulus (antécédent) « Donne le nom d'une encyclopédie gratuite en ligne »
Réponse (comportement) « Wikipedia»
Renforcement positif (conséquence) : « Bonne réponse ! Bravo ! "
  • Augmentation de la probabilité d'apparition du comportement : "répondre à la question"

Renforcement négatif :

Stimulus (antécédent) « La poubelle dégage une mauvaise odeur dans la cuisine."
Réponse (comportement) « La poubelle est mise à l'extérieur»
Renforcement négatif (conséquence) « Il n'y a plus de mauvaise odeur dans la cuisine » (= retrait)
  • Augmentation de la probabilité d'apparition du comportement : "sortir la poubelle"

Punition positive :

Stimulus (antécédent) « La route est verglacée.»
Réponse (comportement) « Le conducteur roule à vitesse normale »
Punition positive (conséquence) « la voiture percute celle qui la précède» (= ajout)
  • Diminution de la probabilité d'apparition du comportement : "conduire à vitesse normale lorsque la route est verglacée."

Punition négative :

Stimulus (antécédent) « L'ordinateur demande "confirmer la suppression des messages ?" »
Réponse (comportement) « L'utilisateur clique sur Non»
Punition négative (conséquence) « Des messages importants ont été supprimés » (= retrait)
  • Diminution de la probabilité d'apparition du comportement : "ne pas confirmer la suppression des messages"

Critiques du behaviorisme[modifier | modifier le code]

L'essentiel des critiques du behaviorisme portent sur son parti-pris théorique d'ignorer l'activité mentale ou facteurs internes (les connaissances préalables du sujet par exemple)[34]. Le cognitivisme est né dans les années 1950 en réponse au behaviorisme qui ne prenait pas en compte et ne fournissait pas un cadre théorique explicatif des cognitions. En particulier, la critique faite par Chomsky en 1959[38] de l'ouvrage « Verbal behaviour » de Skinner eut un impact significatif sur la communauté scientifique des psychologues[39] et marqua la fin de l'hégémonie intellectuelle du béhaviorisme.

Les punitions corporelles ou souffrances physiques infligées étaient initialement considérées comme acceptables comme punitions ou renforcements pour modifier des comportements d'automutilation ou de troubles autistiques lourds notamment. Au début des années 1980, la communauté des psychologues a pris position sur un plan éthique afin de donner des indications et un cadre d'intervention, et ont finalement proscrit tout recours à une méthode violente physiquement ou utilisant la souffrance physique (fessée, chocs électriques, etc.)[40],[41]. Ces punitions corporelles ont été remplacées par l'extinction ou d'autres formes de punition non violentes par les béhavioristes.

A la fin des années 1980, l'approche ABA des TED a été critiquée par le Mouvement pour les droits des personnes autistes principalement aux États-Unis qui revendiquent que l'autisme soit reconnu comme une différence et non comme une maladie. Ces revendications font l'objet de critiques issues d'horizons variés, principalement de parents d'enfants autistes, mais aussi d'autres militants et de professionnels de santé. Ils soulignent des dérives communautaristes, le comportement de militants qui nourrissent un sentiment de supériorité, des sur-diagnostics ou auto-diagnostics d'autisme, et la nécessité du « soin » pour le bien-être et l'avenir des enfants autistes plus lourdement handicapés. Les problèmes médicaux et sociaux lourds posés par les formes sévères d'autisme peuvent être occultés ou minimisés par ce mouvement.

Les théoriciens behavioristes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. Le behaviorisme, ou comportementalisme : définition Sur le site cours-de-psychologie.fr
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  4. Florence Bouy et Sandrine Biesse, « L'analyse appliquée du comportement : de la théorie à la pratique de l'intervention intensive précoce », Contraste, no 34-35,‎ , p. 297–329 (ISSN 1254-7689, lire en ligne)
  5. D K Fox, B L Hopkins et W K Anger, « The long-term effects of a token economy on safety performance in open-pit mining. », Journal of Applied Behavior Analysis, vol. 20,‎ , p. 215–224 (ISSN 0021-8855, DOI 10.1901/jaba.1987.20-215, lire en ligne)
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  40. J.M Johnston, Richard M Foxx, John W Jacobson et Gina Green, « Positive Behavior Support and Applied Behavior Analysis », The Behavior Analyst, vol. 29, no 1,‎ , p. 51–74 (ISSN 0738-6729, PMID 22478452, PMCID PMC2223172, lire en ligne)
  41. « Policies and Positions - Association for Behavior Analysis International », sur www.abainternational.org (consulté le 9 mars 2017)

Informations complémentaires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

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  • (en) Ferster, C. B., et Skinner, B. F. (1957). Schedules of reinforcement. New York: Appleton-Century-Crofts.
  • (en) Lattal, K.A et Chase, P.N. (2003) Behavior Theory and Philosophy. Plenum
  • (en) Plotnik, Rod. (2005) Introduction to Psychology. Thomson-Wadsworth (ISBN 0-534-63407-9)
  • (en) Rachlin, H. (1991) Introduction to modern behaviorism. (3rd edition.) New York: Freeman.
  • (en) Watson, J. B. (1913). Psychology as the behaviorist views it. Psychological Review, 20, 158-177. (version anglaise disponible en ligne)
  • (en) Watson, J. B. (1919). Psychology from the Standpoint of a Behaviorist
  • (en) Watson, J. B. (1924). Behaviorism
  • (en) Skinner, B. F., Beyond Freedom & Dignity, Hackett Publishing Co, Inc 2002
  • (en) Skinner, B. F. (1938). The behavior of organisms. New York: Appleton-Century-Crofts.
  • (en) Skinner, B. F. (1953). Science and Human Behavior (ISBN 0-02-929040-6) version anglaise disponible en ligne [PDF]
  • (fr)Skinner, B.F. (2011). Science et comportement humain (ISBN 978-2-8483-5207-7) traduction de l'ouvrage précédent
  • (fr)Skinner, B.F. (2012). Walden 2, communauté expérimentale (ISBN 978-2848352299)
  • (en) Skinner, B. F. (1957). Verbal behavior. Englewood Cliffs, NJ: Prentice-Hall.
  • (en) Skinner, B. F. (1969). Contingencies of reinforcement: a theoretical analysis. New York: Appleton-Century-Crofts
  • (en) Staddon, J. (2001) The new behaviorism: Mind, mechanism and society. Philadelphia, PA: Psychology Press. Pp. xiii, 1-211.
  • Demers, Bernard (1984). «Behaviorisme; principes et bases.» Décarie Éditeur.
  • (en) Carlson, Neil R. and Heth, C. Donald (2010) Psychology the Science of Behaviour Ontario, CA: Pearson Education Canada. p. 20-22.
  • (en) John O. Cooper, Timothy E. Heron, William L. Heward (2007) Applied Behaviour Analysis, Pearson International Edition

Revues[modifier | modifier le code]

Autres articles[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]