Béhaviorisme

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Le béhaviorisme, behaviorisme ou comportementalisme est une théorie psychologique qui étudie le comportement observable[1] et l'analyse comme un processus au sein de l'environnement et comme l'histoire des interactions de l'individu avec son milieu[2]. Le behaviorisme s'appuie sur l'expérimentation et la mesure scientifique. Il vise à établir une relation statistiquement significative entre des variables de l'environnement et le comportement étudié.

Il trouve son application aujourd'hui dans le béhaviorisme appliqué et l'ABA (Applied Behavioral Analysis) principalement. Ces applications s'étendent de l'aide aux personnes atteintes de Troubles Envahissant du Développement (TED)[3] dont l'autisme, la sécurité industrielle[4] entre autres. En octobre 2015, la Société Américaine de Pédiatrie (American Academy of Pediatrics, AAP) a recommandé des approches dont l'efficacité a été démontrée pour les interventions précoces dans les TED des enfants de moins de 3 ans[5]. Ces recommandations mettent l'accent à la fois sur la nécessaire implication de l'entourage dans le développement et sur l'importance des méthodes béhavioristes à mettre en œuvre.

Les Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC) ont intégré des éléments opérationnels béhavioristes malgré des fondements théoriques différents.

Étymologie[modifier | modifier le code]

« Béhaviorisme » provient du mot anglais « behavior » (orthographe américaine) ou "behaviour" qui signifie « comportement ».

Histoire du béhaviorisme[modifier | modifier le code]

Le béhaviorisme Stimulus-Réponse de Watson[modifier | modifier le code]

Historiquement, le béhaviorisme est apparu au début du 20e siècle en réaction aux approches dites « mentalistes » qui, voyant dans le mental la cause de toute action, défendaient l'introspection en tant que méthode d'accès à la compréhension de l'esprit. Suivant l'impact de Sigmund Freud et ses théories structuralistes, la psychologie s'est partagée entre les Européens et les Américains, qui ont poursuivi la perception, et le béhaviorisme respectivement (Carlson et Heth, 2010).

En 1913, John Broadus Watson établit les principes de base du béhaviorisme (dont il invente le nom) en affirmant, dans un article intitulé La psychologie telle que le béhavioriste la voit[6] :

La psychologie telle que le behavioriste la voit est une branche purement objective de la science naturelle. Son but théorique est la prédiction et le contrôle du comportement. L'introspection constitue une partie non essentielle de ses méthodes, pas plus que la validité scientifique de ses données n'est dépendante de la facilité avec laquelle elles se prêtent à l'interprétation à la conscience.[6]

Watson considérait que la psychologie devait faire des comportements son sujet d'étude et non pas les états mentaux. Si la psychologie veut être perçue comme une science naturelle, elle doit se limiter aux événements observables et mesurables en se débarrassant, sur le plan théorique, de toutes les interprétations qui font appel à des notions telles que la conscience et en condamnant, sur le plan méthodologique, l'usage de l'introspection « aussi peu utile à la psychologie qu'elle l'est à la chimie ou la physique ».

L'objectif de la science du comportement est pour Watson d'étudier les relations entre les Stimuli (S) de l'environnement et les comportements réponses (R) qu'ils provoquent. Cette position de principe défendue par Watson correspond à ce qu'on a appelé par la suite le « béhaviorisme méthodologique » pour le différencier des autres courants auxquels il donnera naissance.

Il fait de l'apprentissage un objet central pour l'étude du comportement, qui doit être approché uniquement sous l'angle des comportements mesurables produits en réponse à des stimuli de l'environnement. Watson était persuadé que son nouveau béhaviorisme permettrait à terme la prédiction et le contrôle du comportement. Certaines de ses affirmations extrêmes en la matière[7] ont été utilisées pour discréditer Watson et le béhaviorisme moderne par extension, même si ce dernier est fondamentalement différent du paradigme S-R de Watson.

Le modèle Stimulus-Réponse-Conséquence ou comportement opérant[modifier | modifier le code]

Burrhus Skinner à Harvard en 1950

La branche expérimentale du behaviorisme naît formellement en 1938 avec la publication de l'ouvrage de Burrhus F. Skinner : "The behavior of organisms"[8] (Le comportement des organismes). L'ouvrage résume les travaux menés en laboratoire entre 1930 et 1937. Il met en perspective deux types de comportements : le comportement répondant et le comportement opérant ou conditionnement opérant sur la base des observations qu'il effectue sur les animaux placés dans des paradigmes opérationnels au cours desquels ils apprennent par essai-erreur les actions à effectuer pour obtenir le résultat souhaité.

Le premier ensemble de données présentées par Skinner dans "Le comportement des organismes"[8] était un graphe qui présentait la mesure d'un changement de comportement lorsque de la nourriture était donnée à un rat lorsqu'il pressait un levier. Skinner nota que les 3 premières fois que la nourriture suivait le comportement, aucun effet ne fut observé, mais que la quatrième fut suivi d'une augmentation appréciable du taux d'actionnement du levier jusqu'à atteindre un maximum[9].

Ivan Pavlov avait mis en évidence les comportements répondants qui sont suscités par le stimulus qui les précèdent immédiatement. Le stimulus antécédent (la lumière vive par exemple) et le comportement qu'ils suscitent (la contraction de la pupille) forment un une unité fonctionnelle appelée réflexe. Les comportements répondants sont essentiellement involontaires et apparaissent dès que le stimulus de déclenchement est présenté.

Comme beaucoup d'autres psychologues de l'époque, Skinner considérait que ni le comportement répondant de Pavlov, ni le paradigme S-R de Watson ne permettaient d'expliquer la majorité des comportements, en particulier les comportements pour lesquels il n'y avait pas de causes antérieures apparentes dans l'environnement. En comparaison du comportement réflexe, la plupart des comportements des organismes apparaissaient spontanés ou volontaires. Skinner chercha dans l'environnement plus large les déterminants de comportements qui n'avaient pas de causes antérieures apparentes. Au travers d'expériences avec des animaux, il accumula la preuve, contre-intuitive, que le comportement est moins changé par ce qui le précède que par ce qui le suit. La formulation de ce modèle est S-R-C (Stimulus - Réponse - Conséquence), aujourd'hui plus connu sous le terme de comportement opérant tandis que le modèle S-R de Pavlov et Watson est généralement appelé comportement répondant.

Alors que Watson la rejetait, Skinner s'appuie sur la loi de l'effet de Thorndike qui établit que le comportement est fonction de ses conséquences, pour développer les notions de renforcement, de façonnement, d'apprentissage programmé. Ces principes marquent une divergence profonde avec le béhaviorisme méthodologique de Watson en acceptant l'idée que des variables internes à l'individu puissent intervenir dans l'analyse du comportement.

Ce modèle de comportement opérant ne remplace pas le modèle du comportement répondant puisque le réflexe est une réalité physiologique. Il permet de mieux rendre compte de la façon dont l'environnement influe sur le comportement.

Le behaviorisme radical de Skinner[modifier | modifier le code]

En parallèle de ses travaux expérimentaux, Skinner écrivit de nombreux ouvrages sur la philosophie et l'épistémologie du behaviorisme. En 1948, Skinner publia "Walden 2[10]", une fiction explorant un monde utopique appliquant les principes du behaviorisme. Cet ouvrage fut suivi de "Science et comportement humain[11]" (1953) considéré comme l'un des textes principaux de Skinner, dans lequel il réfléchit sur une possible application des principes du comportement à des domaines complexes tels que l'éducation, la psychothérapie. Pour Skinner, le behaviorisme n'était pas la science du comportement humaine mais sa philosophie

Les questions théoriques sous jacentes de la pensée de Skinner sont[12] :

  1. Une science du comportement est elle possible ?
  2. Peut elle rendre compte de tous les aspects du comportement humaine ?
  3. Quelles peuvent être ses méthodes ?
  4. Ses lois sont elles aussi valides que les lois de la physique et la biologie ?
  5. Sur quelles techniques peut elle déboucher?

En incorporant les processus internes, comme les pensées ou les émotions, sous la qualification d'« événements privés ». Skinner fait trois hypothèses concernant les événements privés :

  1. les pensées et sentiments sont des comportements
  2. le comportement qui a lieu sous la peau d'un organisme se distingue d'un événément public uniquement par son inaccessibilité
  3. l'événement privé est influencé les mêmes types de variables que les événements publics

Dans cette conception du behaviorisme, les principes de la psychologie opérante peuvent s'appliquer à tout ce qui concerne l'humain, ce qui revient à dire « tout est du comportement », y compris les événements mentaux, d'où le terme de "béhaviorisme radical"[13].

Behaviorisme verbal ou Comportement Verbal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Verbal Behavior.

En 1957 Skinner publie Verbal Behaviour dans lequel il analyse le langage comme un comportement[14]. Celui-ci obéit aux mêmes règles que les autres comportements mais s'en distingue cependant par le fait qu'il ne peut être renforcé par l'environnement physique, mais seulement indirectement par le comportement des autres personnes.

Les théories développées dans cet ouvrage ont été largement incorporées aux techniques ABA pour aider les personnes atteintes de TED à substituer le langage à des comportements non verbaux pour interagir avec les autres personnes[15],[16].

Applied Behavioural Analysis (ABA)[modifier | modifier le code]

L' ABA (ou Analyse du Comportement Appliquée) a relancé l'intérêt et la recherche dans le domaine du behaviorisme. Elle en est la continuation contemporaine.

Durant les années 1950, et au début des années 1960 les chercheurs béhavioristes appliquèrent à des humains leurs méthodes d'analyse expérimentale du comportement, testées en laboratoire sur des animaux (essentiellement pigeons et rongeurs). L'objectif était de déterminer si les principes du béhaviorisme s'appliquaient[17] également aux êtres humains. Sid Bijou étudia les renforcements chez des jeunes enfants[18],[19] et Ogden Lindsley chez des patients d’hôpitaux psychiatriques[20].

En 1968 fut créé le Journal of Applied Behavior Analysis[21].Dans le premier numéro de la revue, fut publié un article fondateur de la discipline de Baer, Wolf et Risley : "Some current dimensions of Applied Behavior Analysis"[22].

L'ABA se définit comme la science dans laquelle les techniques dérivées des principes du comportement sont appliquées systématiquement afin d'améliorer des comportements socialement significatifs et dans laquelle l'expérimentation est utilisée pour identifier les variables explicatives du comportement[23].

Ces méthodes d'analyse du comportement ont montré leur efficacité dans de nombreux domaines : l'aide aux enfants atteints de Troubles Envahissant du Développement (TED) dont l'autisme en particulier[3],[24], prévention du SIDA[25], l'éducation[26],[27], l'acquisition du langage[15] et la gestion des salles de classe pour favoriser les comportements collaboratifs et l'implication scolaire des élèves[28].

Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC)[modifier | modifier le code]

À partir des années 1970, le behaviorisme radical défendu par Skinner a perdu de son influence. Le cognitivisme est né dans les années 1950 en réponse au behaviorisme qui ne prenait pas en compte et ne fournissait pas un cadre théorique explicatif des cognitions. En particulier, la critique faite par Chomsky en 1959 de l'ouvrage Verbal behaviour de Skinner eut un impact significatif sur la communauté scientifique des psychologues[29] et marqua la fin de l'hégémonie intellectuelle du béhaviorisme.

Des auteurs comme Ellis, Seligman, Wolpe ou Beck ont développé les thérapies comportementales (ou thérapies comportementales et cognitives ou TCC) en psychothérapie qui intègre des éléments behavioristes. Même si et à la différence du cognitivisme, le behaviorisme ne rend pas compte ou très peu des cognitions ni du traitement de l'information, le behaviorisme offre un éventail de techniques et outils qui permettent à une personne de volontairement modifier un comportement problématique et agir indirectement sur les cognitions sous jacentes. Ces techniques ont été intégrées aux thérapies comportementales et en constituent une des dimensions fondamentales. Les TCC sont d'une certaine façon la synthèse du cognitivisme et du béhaviorisme.

Cette approche a permis à la psychologie contemporaine de traiter un large éventail de problèmes tels les troubles anxieux, les Troubles Obsessionels Compulsifs, le stress post traumatiques et la dépression[30],[31].

Base de la théorie béhavioriste[modifier | modifier le code]

Comportement répondant[modifier | modifier le code]

La théorie behavioriste distingue 3 phases dans le processus qui met en œuvre le comportement : l'environnement qui stimule, l'individu qui est stimulé et le comportement ou la réponse de l'individu par suite de la stimulation.

Le schéma classique est donc :

S = le stimulus provenant de l'environnement (des stimuli)

I = l'individu

R = le comportement ou réponse de l'individu par suite de la stimulation

Sans nier la réalité de l'individu (I) et de son fonctionnement interne, les behavioristes classiques ne s'en occupent pas directement. En effet, leur objectif est de spécifier les conditions et les processus par lesquels l'environnement (S) contrôle le comportement (R), sans faire référence à des variables internes considérées comme non observables et hypothétiques. Le schéma selon lequel ils travaillent met ainsi entre parenthèses l'individu (I) qu'ils considèrent comme une « boîte noire ». Toutes les questions relatives à la conscience sont ainsi écartées de leurs champs d'étude.

D'où le schéma :

considéré comme le schéma linéaire classique behavioriste.

Ce schéma, pouvant être assimilé au schéma du conditionnement classique pavlovien, a été modifié par B.F. Skinner, car le conditionnement pavlovien n'explique que les apprentissages liés à des stimulis dits inconditionnels c'est-à-dire des stimulis provoquant des réponses inconditionnelles liées à la phylogénèse de l'espèce.

Comportement opérant[modifier | modifier le code]

La conséquence du comportement comme élément explicatif[modifier | modifier le code]

Le deuxième schéma classique est celui du conditionnement opérant. Le terme ""comportement opérant" est aujourd'hui de plus en plus préféré à celui de " conditionnement opérant" dans la littérature scientifique. Ce schéma introduit une nouvelle étape dans le processus : les conséquences sur l'organisme pouvant être positives ou négatives.

D'où le schéma :

S = le stimulus provenant de l'environnement (des stimuli)

R = la réponse de l'individu au stimulus

C= les conséquences pour l'individu de son comportement

Ce schéma n'est plus linéaire car ce n'est pas un stimulus qui déclenche une réponse, c'est un stimulus qui l'évoque. La réponse ou comportement étant sélectionné par les conséquences sur l'organisme et sur l'environnement, conséquences qui sont propres à chaque organisme, c'est pour cela que l'étude et la classification des stimuli et des réponses ne peut s'effectuer qu'a posteriori.

La différence fondamentale entre le conditionnement répondant et le conditionnement opérant est que le conditionnement opérant présuppose un être actif dans son environnement. L'individu anticipe les conséquences de son comportement suite au stimulus. L'individu peut modifier son comportement et l'adapter afin d'obtenir ou d'éviter les conséquences à son comportement. Il y a une boucle de rétro action, dans laquelle la réponse de l'individu va se modifier à mesure qu'il identifie, même inconsciemment, le processus S-R-C. Pour cette raison. Le conditionnement opérant est à la base des apprentissages et explique les comportements appris lors de l'ontogénèse de l'organisme.

Renforcement et punition[modifier | modifier le code]

Les conséquences sont classées selon leur effet sur la fréquence d'apparition du comportement. Une conséquence est un renforcement si elle augmente la probabilité d’occurrence du comportement qui le précède, ou est une punition si elle diminue la probabilité d'occurrence des comportements qui le précèdent. Par ailleurs, les conséquences peuvent être positives s'il y a un ajout ou augmentation d'un élément dans l'environnement ou négative s'il y a retrait ou diminution d'un élément dans l'environnement.

Ainsi par exemple :

Renforcement positif :

Stimulus « Le rat est dans la cage »
Réponse (comportement) « Le rat appuie sur le levier »
Renforcement positif « Il obtient de la nourriture » (= ajout)
  • Augmentation de la probabilité d'apparition du comportement : "appuyer sur le levier"

Renforcement négatif :

Stimulus « Le rat est dans la cage, il reçoit des chocs électriques (plancher)
Réponse (comportement) « Le rat appuie sur le levier »
Renforcement négatif « Les chocs électriques s'arrêtent » (= retrait)
  • Augmentation de la probabilité d'apparition du comportement : "appuyer sur le levier"

Punition positive :

Stimulus « Le rat est dans la cage »
Réponse (comportement) « Le rat appuie sur le levier »
Punition positive « Il reçoit une décharge électrique » (= ajout)
  • Diminution de la probabilité d'apparition du comportement : "appuyer sur le levier"

Punition négative :

Stimulus « Le rat est dans la cage, il a de la nourriture »
Réponse (comportement) « Le rat appuie sur le levier »
Punition négative « La nourriture disparait » (= retrait)
  • Diminution de la probabilité d'apparition du comportement : "appuyer sur le levier"

Principes du béhaviorisme et apprentissage[modifier | modifier le code]

Selon Carol Tavris et Carole Wade, les auteurs du livre collégial Introduction à la psychologie - Les grandes perspectives, les principes élémentaires se trouvent au centre de l'apprentissage des réponses acquises par le conditionnement opérant. Tavris et Wade ajoutent que ces principes élémentaires « sont les mêmes pour toutes les espèces, que ce soit le ver de terre ou l'Homo sapiens ». De plus, les auteurs du livre collégial Introduction à la psychologie - Les grandes perspectives ajoutent que parmi les principes les plus importants, il y a l'extinction, la récupération spontanée, la généralisation et la discrimination du stimulus ainsi que le conditionnement d'ordre supérieur.

L'extinction[modifier | modifier le code]

Les réponses conditionnelles peuvent ne durer que pendant un certain temps. Si, à la suite d'un conditionnement, on présente à plusieurs reprises le stimulus conditionnel sans le faire suivre du stimulus inconditionnel, la réponse conditionnelle finit par s'estomper. En gros, cela nous amène à dire que l'extinction illustre une diminution puis la disparition d'une réponse apprise ; dans le conditionnement répondant, l'extinction se produit lorsque le stimulus conditionnel cesse d'être mis en association avec le stimulus inconditionnel.

Exemple
[…] Marc a reçu un ballon en pleine figure (stimulus inconditionnel) à sa première journée à la garderie, et il a ainsi appris à craindre (réponse conditionnelle) l'enfant (stimulus conditionnel) qui l'a lancé. Marc en viendra progressivement à ne plus craindre son compagnon de jeu si, en le voyant, il ne l'associe plus au [stimulus inconditionnel] (le ballon). La réaction de crainte (réponse conditionnelle) aura alors été éteinte[32].
La récupération spontanée[modifier | modifier le code]

La réapparition de la réponse conditionnelle après la mise en place d'une procédure d'extinction réussie est une récupération spontanée. En gros, nous pouvons affirmer, dans certains cas, qu'une habitude pourra faire une nouvelle apparition après son extinction apparente.

Exemple
Par exemple, si Marc devait s'absenter de la garderie quelques jours, il est possible qu'à son retour il réagisse de nouveau par une réponse de peur en voyant son compagnon de jeu. C'est pourquoi il faut habituellement plusieurs séances d'extinction pour supprimer une réponse conditionnelle[32].
La généralisation du stimulus[modifier | modifier le code]

Lorsqu'un stimulus est devenu un stimulus conditionnel, entraînant une réponse conditionnelle donnée, on observe que des stimuli du même type sont susceptibles de déclencher eux aussi la même réponse conditionnelle; nous donnons à ce processus le nom de généralisation du stimulus. En d'autres termes, une personne appliquant le principe de la généralisation du stimulus déploie un comportement spécifique sur des stimuli qui ont une similarité très proche avec un stimulus très spécifique.

Exemple
Par exemple, Marc pourra déployer la même réponse conditionnelle de peur en présence d'autres enfants qui ressemblent physiquement à son compagnon de jeu. Le proverbe « Chat échaudé craint l'eau froide » décrit bien le processus de généralisation du stimulus[32].
Discrimination du stimulus[modifier | modifier le code]

Contrairement au principe de généralisation d'un stimulus qui consiste à déployer un comportement spécifique sur des stimuli qui ont une similarité très proche avec un stimulus spécifique qui se trouve à la source d'un comportement, la discrimination du stimulus, qui est l'image inversée de la généralisation d'un stimulus, consiste à réagir de façon différente à des stimuli ressemblant par certains aspects au stimulus conditionnel. La discrimination du stimulus survient lorsque des stimuli qui s'apparentent au stimulus conditionnel ne sont pas associés au stimulus inconditionnel à l'origine de la réponse conditionnelle.

Exemple
Ainsi, si Marc apprend à ne déployer la réponse conditionnelle de peur qu'en présence de l'enfant qui lui a lancé le ballon en plein visage, c'est qu'il a appris à discriminer le stimulus[32].

Critiques du behaviorisme[modifier | modifier le code]

Critique de la théorie behavioriste[modifier | modifier le code]

Dès ses débuts, le parti-pris anti-psychique, et donc anti-constructiviste de la psychologie behavioriste a été critiqué[33]. Jean Piaget a démontré[réf. souhaitée] qu'on ne pouvait pas résumer l'intelligence à des phénomènes d'apprentissage et d'imitation sur le modèle de l'éthologie animale sans tenir compte de la manière dont la connaissance se construit chez un sujet et un groupe. Or par définition, la connaissance n'étant pas un phénomène observable, le behaviorisme ne s'est pas engagé dans la problématique de l'épistémologie[réf. souhaitée].

La boîte-noire d'autre part, est vue par les psychanalystes comme un argument rhétorique pour évacuer la question de l'inconscient et celle du sujet. L'adaptation au sens étroit est postulée comme le seul moteur, l'alpha et l'omega, de toutes les conduites humaines[réf. souhaitée]. Par ailleurs, pour la théorie behavioriste, ne peut être objet de science que ce qui est observable par un individu extérieur sans référence au contenu psychique d'un sujet pensant, en contradiction évidente avec la perspective analytique. Les critiques de l'approche behavioriste ont ainsi utilisé la métaphore de l'iceberg : selon eux, les behavioristes ne s'intéressent qu'à la partie émergée (le comportement observable, i.e., le symptôme) délaissant la partie immergée (le psychisme). La théorie freudienne repose en effet sur le fait que le symptôme n'est que l'expression de la partie inconsciente de la vie mentale (et notamment de conflits internes au sujet, comme dans la conversion hystérique) ce qui, en soi, n'est pas incompatible avec la position théorique behavioriste qui n'émet simplement pas d'hypothèse sur le contenu du psychisme. Par contre, les divergences entre ces deux approches peuvent paraître cruciales s'agissant de la thérapeutique : une psychothérapie d'inspiration behavioriste cherchera à faire disparaître le symptôme sans se préoccuper de sa signification, tandis que la cure psychanalytique visera une modification des processus psychiques s'exprimant dans la symptomatologie clinique.

Le cognitivisme est un courant en psychologie qui est né en prolongation du behaviorisme[réf. souhaitée]. La thématique du langage a joué un rôle important en canalisant la critique sur la conception behavioriste du langage comme un ensemble d'« habitudes » apprises par observation et conditionnement. Au contraire, la linguistique cognitive défendue par Noam Chomsky se fonde sur l'hypothèse d'une grammaire mentale constituée de règles que l'on peut décrire formellement et qui serait contenue dans l'héritage phylogénétique de chacun des êtres humains. La critique chomskyenne repose notamment sur l'argument de la pauvreté du stimulus qui considère qu'une telle grammaire universelle est indispensable aux enfants pour acquérir une telle compétence langagière alors qu'ils sont loin d'avoir été confrontés à toutes les structures grammaticales possibles. Plus généralement, la psychologie cognitive se fonde sur l'idée que la pensée est décomposable en processus mentaux distincts qu'il convient de modéliser comme des entités relativement autonomes. Les caractéristiques de ces processus mentaux sont alors indirectement accessibles au moyen d'expériences dans lesquelles le comportement reste la principale variable expérimentale.

Critique de l'épistémologie béhavioriste[modifier | modifier le code]

Le parti pris anti-mentaliste des béhavioristes a aussi une prétention épistémologique puisqu'en refusant de faire appel à des éléments internes à la vie mentale et donc indémontrables aux yeux d'un observateur extérieur, la théorie behavioriste se veut plus scientifique car fondée sur l'objectivité des phénomènes qu'elle cherche à expliquer. La critique que l'on peut alors faire tient à la nature des explications proposées dans ce cadre. En effet, des phénomènes comme la dépression ou l'anxiété peuvent effectivement se définir par un certain nombre de symptômes mais les réduire à cela peut sembler insatisfaisant.

Néanmoins les béhavioristes ne nient pas que des structures internes à la vie mentale puissent exister seulement elles sont indémontrables, et de plus même si elles existent elles subissent les mêmes lois que les comportements observables. Par exemple, la pensée est un comportement qui est aussi dépendant de ses conséquences, l'action ne naît pas de la pensée, la pensée est de l'action.

Les behavioristes célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. «Béhaviorisme : Approche qui met l'accent sur l'étude du comportement observable et du rôle de l'environnement en tant que déterminant du comportement. » Carol Tavris et Carole Wade. Introduction à la psychologie - Les grandes perspectives, Saint-Laurent, Erpi, 1999, p. 182.
  2. Le behaviorisme, ou comportementalisme : définition Sur le site cours-de-psychologie.fr
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  4. D K Fox, B L Hopkins et W K Anger, « The long-term effects of a token economy on safety performance in open-pit mining. », Journal of Applied Behavior Analysis, vol. 20,‎ , p. 215–224 (ISSN 0021-8855, DOI 10.1901/jaba.1987.20-215, lire en ligne)
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Informations complémentaires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

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  • (en) Ferster, C. B., et Skinner, B. F. (1957). Schedules of reinforcement. New York: Appleton-Century-Crofts.
  • (en) Lattal, K.A et Chase, P.N. (2003) Behavior Theory and Philosophy. Plenum
  • (en) Plotnik, Rod. (2005) Introduction to Psychology. Thomson-Wadsworth (ISBN 0-534-63407-9)
  • (en) Rachlin, H. (1991) Introduction to modern behaviorism. (3rd edition.) New York: Freeman.
  • (en) Skinner, B. F., Beyond Freedom & Dignity, Hackett Publishing Co, Inc 2002
  • (en) Skinner, B. F. (1938). The behavior of organisms. New York: Appleton-Century-Crofts.
  • (en) Skinner, B. F. (1953). Science and Human Behavior (ISBN 0-02-929040-6) version anglaise disponible en ligne [PDF]
  • (en) Skinner, B. F. (1957). Verbal behavior. Englewood Cliffs, NJ: Prentice-Hall.
  • (en) Skinner, B. F. (1969). Contingencies of reinforcement: a theoretical analysis. New York: Appleton-Century-Crofts
  • (en) Staddon, J. (2001) The new behaviorism: Mind, mechanism and society. Philadelphia, PA: Psychology Press. Pp. xiii, 1-211.
  • (en) Watson, J. B. (1913). Psychology as the behaviorist views it. Psychological Review, 20, 158-177. (version anglaise disponible en ligne)
  • (en) Watson, J. B. (1919). Psychology from the Standpoint of a Behaviorist
  • (en) Watson, J. B. (1924). Behaviorism
  • Demers, Bernard (1984). «Behaviorisme; principes et bases.» Décarie Éditeur.
  • (en) Carlson, Neil R. and Heth, C. Donald (2010) Psychology the Science of Behaviour Ontario, CA: Pearson Education Canada. p. 20-22.
  • (en) John O. Cooper, Timothy E. Heron, William L. Heward (2007) Applied Behaviour Analysis, Pearson International Edition

Revues[modifier | modifier le code]

  • Journal of Applied Behavior Analysis
  • Journal of the Experimental Analysis of Behavior

Autres articles[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]