Raymond Cattell

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Raymond Cattell
Raymond Cattell.jpg

Portrait de Raymond Cattell

Biographie
Naissance
Décès
(à 92 ans)
HonoluluVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Raymond Bernard CattellVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Directeur de thèse
Francis Aveling (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées
Questionnaire 16PF (d), Culture Fair Intelligence Test (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Raymond Bernard Cattell, né le et décédé le est un psychologue britannique et américain. Il a été un auteur très prolifique et a travaillé sur plusieurs thèmes allant de la personnalité à la cognition et l'intelligence.

Dans le domaine de l'étude de l'intelligence, s'appuyant sur des techniques d'analyses factorielles, il a théorisé l'existence de deux formes d'intelligence à la base des capacités cognitives humaines : l'intelligence fluide et l'intelligence cristallisée.

Son impact sur la compréhension de l'intelligence a été important et salué par la communauté scientifique, mais ses positions sur le darwinisme social ont été fortement décriées par cette même communauté et ont fait l'objet de polémiques, notamment lorsque l'APA a voulu lui remettre un titre honorifique pour saluer l'ensemble de sa carrière scientifique en 1997.

Biographie[modifier | modifier le code]

Raymond Cattell est né à Hilltop, Birmingham en Angleterre[1]. Il a étudié à l'université de Londres, où il a obtenu un baccalauréat en sciences en 1924. Au départ étudiant en chimie, il s'est ensuite tourné vers la psychologie. Il a voyagé aux États-Unis pour faire des recherches à l'université Columbia.

Il s'est marié deux fois et a eu cinq enfants et sept petits-enfants.

Il est décédé en 1998 à Honolulu, Hawaii.

Contributions scientifiques[modifier | modifier le code]

Auteur ou coauteur de 55 ouvrages et de 500 articles[réf. nécessaire].

Intelligence fluide et intelligence cristallisée[modifier | modifier le code]

En 1941, Cattell a mis en évidence une différence entre l'intelligence dite fluide, le facteur g fluide (indépendante de la connaissance, mesurée par exemple par les Matrices progressives de Raven) et l'intelligence dite cristallisée ou facteur g cristallisé (qui correspond aux connaissances)[2],[3]. Tout comme Jensen, il considère que l'intelligence fluide est un investissement (investment en anglais), permettant les processus d'apprentissage qui résultent en de nombreuses habiletés cognitives, le vocabulaire et l'information mais aussi tout ce qui résulte de la pensée et est acquis lors de la scolarisation et dans la vie. En cela son idée est proche de celle de Jensen qui voyait le facteur g comme une source d'énergie irremplaçable[2].

Cette idée sera remise en cause par la suite, les deux types d'intelligence étant vus plutôt comme deux fonctions relativement dépendante l'une de l'autre, ou en interaction, et non pas comme l'une (fluide) fournissant l'énergie à l'autre (cristallisée)[2].

Évolution de la théorie de Cattell[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Modèle de Cattell-Horn-Carroll.

Des analyses factorielles de John Horn (1965) et John Carroll (1993) ont permis de valider les facteurs trouvés par Cattell et de développer son modèle qui a évolué pour devenir une théorie de l'intelligence représentée par trois niveaux: théorie de l'intelligence en trois strates (en) de Carroll. La combinaison des deux théories (de Cattell et de Carroll) donne le modèle de Cattell-Horn-Carroll (CHC). Elle a continué à être développée par McGrew (2005), Schneider et McGrew (2012), Flanagan (2013)[2]. La théorie CHC est la plus utilisée par les spécialistes en intelligence humaine s'appuyant sur les découvertes de la psychométrie.

Contributions en psychologie de la personnalité[modifier | modifier le code]

Ses travaux l'ont conduit à dénombrer seize traits de personnalité (personality factors) mesurables. Il a mis au point un questionnaire de personnalité mesurant ces 16 traits (16PF Questionnaire)[4],[5].

Critiques[modifier | modifier le code]

Cattell a été critiqué pour l'intérêt qu'il portait à l'eugénisme de Francis Galton et au Pioneer Fund, une association raciste américaine qui a publié plusieurs de ses textes dans la revue Mankind Quarterly. En 1997, l'Association américaine de psychologie, qui voulait remettre à Cattell une médaille d'or pour l'ensemble de son œuvre dans le domaine de la psychologie, a conduit une enquête pour vérifier l'exactitude des reproches faits à Cattell. Avant que ces démarches n'aboutissent, ce dernier a publiquement déclaré qu'il abhorrait le racisme[6] et a, par avance, refusé le prix. Il est décédé peu après.

Le professeur William H. Tucker a publié un ouvrage[7] dans lequel il accuse Cattell d'avoir (en 1937) tenu en grande sympathie la politique raciale nazie. Les accusations de racisme et d'affinités avec l'eugénisme nazi contre Cattell génèrent de grandes polémiques.

En 2016, Flynn indique que Cattell doit être lu « sélectivement ». Bien que ses recherches sur l'intelligence aient eu un grand impact sur la psychologie, ses positions religieuses l'amènent à fonder une religion basée sur le darwinisme social. Il suggère que les américains noirs devraient être placés dans des réserves et traités avec gentillesse s'ils sont d'accord pour contribuer à leur extinction, ce qu'il appelle la « genthanasia »[2].

Ouvrages (sélection)[modifier | modifier le code]

  • (en) Psychology and social progress : Mankind and destiny from the standpoint of a scientist, Londres, C. W. Daniel, .
  • (en) The fight for our national intelligence, Londres, P. S. King, .
  • (en) The scientific analysis of personality, Harmondsworth, Penguin, .
  • (en) A new morality from science : Beyondism, New York, Pergamon, .
  • (en) Beyondism : Religion from science, New York, Praeger, .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Horn, J. (2001). Raymond Bernard Cattell (1905–1998). American Psychologist, 56(1), 71–72. doi:http://bf4dv7zn3u.search.serialssolutions.com.myaccess.library.utoronto.ca/?ctx_ver=Z39.88-2004&ctx_enc=info%3Aofi%2Fenc%3AUTF-8&rfr_id=info:sid/summon.serialssolutions.com&rft_val_fmt=info:ofi/fmt:kev:mtx:journal&rft.genre=article&rft.atitle=Raymond+Bernard+Cattell+%281905-1998%29+-+Obituary&rft.jtitle=AMERICAN+PSYCHOLOGIST&rft.au=Horn%2C+J&rft.date=2001-01-01&rft.pub=AMER+PSYCHOLOGICAL+ASSOC&rft.issn=0003-066X&rft.volume=56&rft.issue=1&rft.spage=71&rft.epage=72&rft.externalDBID=n%2Fa&rft.externalDocID=000170458700008
  2. a, b, c, d et e (en) James R. Flynn, Does your family make you smarter? Nature, Nurture and Human Autonomy, Cambridge University Press, , 258 p. (ISBN 978-1-316-60446-5), pp. 131-132.
  3. (en) Cattell, Raymond B., « Some theoretical issues in adult intelligence testing », Psychological Bulletin, série 38.592: 10.,‎
  4. Cattell, Raymond Bernard, Herbert W. Eber, and Maurice M. Tatsuoka. Handbook for the sixteen personality factor questionnaire (16 PF): In clinical, educational, industrial, and research psychology, for use with all forms of the test. Institute for Personality and Ability Testing, 1970.
  5. (en) « The scientific analysis of personality and motivation. », APA PsycNET,‎ (lire en ligne)
  6. « I abhor racism and discrimination based on race. Any other belief would be antithetical to my life’s work » [1]
  7. Tucker, W. H., The science and politics of racial research, 1994, Urbana, University of Illinois Press.[2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]