Âge d'or de Spirou

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L'âge d'or du journal Spirou est une période allant approximativement de 1946 à 1968[réf. nécessaire] et qui a vu la création de très nombreuses séries devenues des classiques du « neuvième art ».

L’ère Jean Doisy[modifier | modifier le code]

La transmission de Jijé[modifier | modifier le code]

On situe traditionnellement[Qui ?] les débuts de l'âge d'or du journal Spirou à l'année 1946. Cette année commence par l'augmentation du nombre de pages qui passe ainsi à seize pages dès le premier numéro de l'année. Le 10 janvier 1946, la numérotation du journal change, l'ancien système (une numérotation allant de 1 à 53 qui recommence à zéro chaque année) est abandonné au profil d'un système de numérotation en continu. Le deuxième numéro de l'année est donc le no 404 qui correspond au nombre de semaines écoulées depuis la création du journal en 1938, en réalité le journal ayant dû à plusieurs reprises arrêter sa publication pendant la guerre compte moins de 403 numéros quand il est décidé d'adopter ce système de numérotation. Le journal est alors intitulé Le Journal de Spirou avec pour titre un Spirou faisant un salut dans le « S » du titre, le slogan « Champion de la bonne humeur » finit de compléter le titre. Le reste de la couverture est complété par l'aventure de la série Spirou, sauf dans de rares cas où une autre série fait la couverture[1]. Le contenu du journal est composé de séries américaines (Superman, Red Ryder, Brick Bradford ou encore Tarzan)[2] et de production locale apparu avant ou pendant la guerre (Tif et Tondu par Fernand Dineur, Spirou et Jean Valhardi par Jijé ou encore L'Épervier bleu par Sirius)[3]. Si l'année commence classiquement, elle va être bouleversée par le départ de Jijé pour les États-Unis[4] et par le projet d'une biographie de Don Bosco et d'Emmanuel en bande dessinée[5]. Pilier principal du journal depuis 1939, il est l'homme qui aide la rédaction dès le moindre problème graphique. Pendant la guerre, il lui est même arrivé de dessiner des numéros du journal à lui tout seul. De plus il est l'auteur de Spirou la série vedette du journal depuis 1940, de nombreuses autres séries vedettes et dessine plusieurs animations du journal[4]. Toutefois son départ est préparé, depuis plusieurs années il a pris des jeunes assistants dans son studio de Bruxelles qui l'aident dans ses différents travaux et qu'il forme en contrepartie. Tout naturellement il distribue ses séries à ses jeunes assistants[3]. André Franquin reprend la série vedette Spirou en plein milieu de l'histoire La Maison préfabriquée dans le no 423 du 23 mai 1946[6], Eddy Paape reprend la série Jean Valhardi dans le no 429 avec l'histoire Les Rubens sur scénario du rédacteur en chef du journal, Jean Doisy[1].

Présent au sommaire du journal depuis 1942, Sirius termine cette année du no 404 (10 janvier 1946) au no 437 (29 août 1946) l'histoire Caramel et Romulus[7] une histoire humoristique, poétique et extravagante commencée en 1944[8]. Du no 1/46 (3 janvier 1946) au no 501 (20 novembre 1947)[1], il publie une reconstitution historique complète du chevalier Godefroid de Bouillon, au cours de laquelle son graphisme évolue au fur et à mesure de la publication[8]. En fin d'année, il publie une nouvelle histoire de son héros fétiche L'Épervier bleu intitulée Le Pharaon des cavernes du no 452 (12 décembre 1946) au no 474 (15 avril 1947), une période faste puisqu'il publie aussi deux roman à suivre, Planète hostile et Aile rouge[9], ce dernier est coécrit avec Yves Legros (pseudonyme de Xavier Snoeck)[10]. Autre publication dans la série Spirou, L'Agence Fantasio et les fantômes de Jijé publiée du no 412 (7 mars 1946) au no 423 (23 mai 1946) avant qu'il ne délaisse la série, André Franquin reprend la série et publie seul les histoires La Vieille dame du no 444 (17 octobre 1946) au no 447 (7 novembre 1946), La Visite de Saint-Nicolas du no 448 (14 novembre 1946) au no 452 (12 décembre 1946) et L'Héritage du no 453 (19 décembre 1946) au no 491 (11 septembre 1947)[11]. Du no 439 (12 septembre 1946) au no 454 (26 décembre 1946)[12], Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon publie une histoire d'aviation pendant la guerre du pacifique intitulée L'Agonie du Bismarck qui préfigure la série Buck Danny créée l'année suivante[13]. La publication de la biographie de Don Bosco par Jijé commence dans le no 439 (12 septembre 1946) et se termine deux ans plus tard dans le no 536 (22 juillet 1948)[14]. Cette même année les bandes dessinées américaines publiées sont Superman, Little Annie Rooney, Red Ryder, Brick Bradford et Tarzan. Comme l'ensemble du matériel d'outre-Atlantique, ces séries sont vendues à bas coût par des agences de replacement[2]. Avant d'être publiées, les séries américaines sont retouchées pour aplanir les poitrines et allonger les robes des personnages féminins. C'est un jeune employé des éditions Dupuis, Yvan Delporte, engagé à la fin de l'année 1945, qui s'occupe de ces opérations[3].

À la fin de l'année 1946, sort un numéro spécial de 128 pages intitulé Almanach 1947, afin de combler le faible nombre de pages des numéros réguliers (seize pages à cette époque), mais aussi pour finir de lancer une nouvelle équipe d'auteurs pour le journal composé des élèves de Jijé. Au sommaire, les débuts de Morris avec sa série de western humoristique Lucky Luke[3] qui publie une première histoire complète intitulée Arizona 1880[15]. Des débuts fortement influencés par les studios Disney puisque les personnages sont dessinés dans un trait rond et ont quatre doigts à chaque main[16]. Présente aussi dans cet almanach, l'histoire Le tank de la série Spirou par André Franquin, une histoire de Jean Valhardi par Eddy Paape[3] intitulée Sur le rail[17], une histoire de Tif et Tondu par Fernand Dineur intitulée Z.Z.[18] dont le graphisme est de plus en plus démodé[3], ainsi que de nombreux rédactionnels et des romans. Malgré ce sommaire, les éditions Dupuis durent attendre plusieurs années avant d'écouler l'ensemble des stocks[19].

L'arrivée de la World Press[modifier | modifier le code]

En 1946, Georges Troisfontaines, un jeune rédacteur qui anime plusieurs rubriques dans le journal Spirou, fonde une agence de presse, qu'il nomme la World Press et qui a tout d'abord comme but de fournir des rubriques rédactionnelles au journal. Passionné d'aviation, il a l'idée de lancer une série réaliste sur un pilote d'avion américain qu'il intitule Les Aventures de Buck Danny[3]. Le dessin est confié à Victor Hubinon qui écrit le scénario des onze premières planches avec Georges Troisfontaines, mais ce dernier écrit des histoires qui tiennent sur une planche, c'est donc Jean-Michel Charlier qui reprend la suite du scénario ainsi que le dessin des éléments techniques (avion, bateau)[20]. Cette première histoire intitulée Les Japs attaquent est publiée dans Spirou du no 455 (2 janvier 1947) au no 505 (18 décembre 1947)[21] entraîne Buck Danny et ses compagnons dans les guerres du Pacifique juste après l'attaque de Pearl Harbor[20]. La même année est publiée l'histoire Les Mystères de Midway du no 506 (25 décembre 1947) au no 548 (14 octobre 1948)[21]. L'année 1947 est faste pour Victor Hubinon qui publie une série à gags intitulée Rik Junior (sous le pseudonyme de Victor Hughes) à partir du no 455 (2 janvier 1947)[22], une série qui n'ira pas loin puisqu'elle arrête sa publication après vingt-six apparitions dès le no 477 (5 juin 1947)[23]. Il va surtout récupérer une série majeure de Jijé, intitulée Blondin et Cirage, créée avant la guerre dans le journal belge, Petits Belges. Le droits de cette série sont cédés gratuitement à la World Press par Jijé qui ensuite vend les histoires au journal Spirou[24]. La première histoire publiée dans le journal a simplement pour titre Blondin et Cirage et paraît du no 502 (27 novembre 1947) au no 564 (3 février 1949)[25].

L'année 1947 voit un remaniement du journal qui passe à vingt planches. Le bandeau-titre de la couverture est modifié à partir du no 455 (2 janvier 1947), le nom devient simplement « Spirou » avec à côté une grande tête de Spirou dessinée par André Franquin. Le slogan « Champion de la bonne humeur » disparaît lors du no 461 (13 février 1947)[22]. Fernand Dineur signe le retour de Tif et Tondu dans les numéros hebdomadaires avec l'histoire L'Idole rouge publiée du no 464 (6 mars 1947) au no 527 (20 mai 1948). La série Lucky Luke fait sa première apparition dans les numéros hebdomadaires avec l'histoire La Mine d'or de Dick Digger publiée du no 478 (12 juin 1947) au no 502 (27 novembre 1947) et l'histoire Le Sosie de Lucky Luke du no 505 (18 décembre 1947) au no 527 (20 mai 1948)[15]. Les histoires désormais classiques du journal sont encore au sommaire cette année-là, à commencer par le héros du journal Spirou avec les histoires Spirou à la plage du no 492 (18 septembre 1947) au no 495 (9 octobre 1947) et Le Robot du no 496 (16 octobre 1947) au no 540 (18 août 1948)[11], Jean Valhardi avec l'histoire Valhardi et Jacquot détectives du no 489 (28 août 1947) au no 574 (14 avril 1949)[17], L'Epervier bleu dans L'Île aux perles du no 501 (20 novembre 1947) au no 564 (3 février 1949)[26]. Les bandes dessinées américaines sont en voie de régression, Little Annie Rooney dans le no 490 (4 septembre 1947), Brick Bradford dans le no 500 (13 novembre 1947) disparaissent du journal en 1947. Quant à la série Superman, elle est en régression constante avant de disparaître dans le no 528 (27 mai 1948)[22].

L'année 1948 reste dans la même veine que la précédente. La série Spirou est publiée par l'intermédiaire de l'histoire Spirou sur le ring du no 541 (26 août 1948) au no 566 (17 février 1949)[11]. Lucky Luke avec l'histoire Grand rodéo du no 528 (27 avril 1948) au no 545 (23 septembre 1948) et Desperado-City du no 546 (30 septembre 1948) au no 566 (17 février 1949)[15]. Buck Danny avec l'histoire La Revanche des Fils du Ciel publiée du no 548 (14 octobre 1948) au no 604 (10 novembre 1949)[21]. Au rayon des nouveautés, une série anglaise Les Aventures de Sam par un auteur inconnu à partir du no 528 (27 mai 1948). À partir du no 549 (21 octobre 1948), Jijé publie depuis les États-Unis et le Mexique, une grande biographie de Baden-Powell, le fondateur du scoutisme. Une bande dessinée historique où il va enfin pourvoir exprimer sa liberté graphique et scénaristique après une biographie d'Emmanuel dans laquelle il avait dû suivre strictement les consignes de l'abbé Henri Balthasar[27]. La publication prend plusieurs années et se termine dans le no 636 (22 juin 1950)[14]. Du côté des bandes dessinée américaines, le journal accueille Jo Lumière et La Patrouille des aigles à partir respectivement du no 528 (27 mai 1948) et du no 537 (29 juillet 1948), deux séries de Frank Godwin[28]. L'événement est le départ de la série Tif et Tondu de Fernand Dineur, dont la dernière publication a lieu dans le no 527 (20 mai 1948)[29]. La série est pourtant présente depuis le premier numéro du journal en 1938, mais le dessin de l'auteur ne fait plus le poids face au dessin de la jeune équipe du journal. Après quelques épisodes dans le journal concurrent Héroïc-Albums, les éditions Dupuis décident de racheter les droits de ces personnages et de confier la réalisation à un jeune auteur élève de Jijé qui ne possède pas encore de série à dessiner, Will[30].

La censure française[modifier | modifier le code]

Le 16 juillet 1949, la France adopte la loi 49956 qui créée la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence. La commission a notamment le pouvoir de bloquer l'importation de bandes dessinées étrangères avant même leurs mise en vente dans le commerce[Note 1]. Le but est d’empêcher la prolifération de bande dessinée américaines destinées avant tout aux adultes. La première série visée est Tarzan pour sa nudité. Elle quitte le journal lors du mois de février 1949 pour être replacée dans Le Moustique, une autre revue des éditions Dupuis non diffusée en France. Les éditeurs vont épurer les séries étrangères pour ne garder que les plus « gentilles » comme Bugs Bunny, Red Ryder ou encore Perceval[31].

Lors du no 605 (17 novembre 1949), le journal passe à vingt-quatre pages dont 60 % en couleur. Le bandeau-titre change avec un nouveau visage de Spirou dessiné par André Franquin. L'événement de l'année est la rachat des droits de la série Tif et Tondu, une série présente depuis le premier numéro de 1938, par les éditions Dupuis. La réalisation graphique est confiée à Will, le plus jeune élève de Jijé qui ne possède pas encore de série à dessiner et qui jusqu'à présent se contentait de réaliser des illustrations pour Spirou. La reprise a lieu dans le no 588 (21 juillet 1949) avec l'histoire La Cité des rubis scénarisée par le créateur de la série, Fernand Dineur[32]. La publication de cette histoire se termine dans le no 617 (9 février 1950)[18]. Autre retour, le Spirou de Jijé avec l'histoire Comme une mouche au plafond publiée du no 575 (21 avril 1949) au no 588 (21 juillet 1949)[33]. Une courte période qui vit André Franquin un peu fatigué par le héros du journal et une envie de Jijé de réaliser un épisode de la série[34]. Dessinateur officiel de la série, André Franquin reprend rapidement le dessin du héros et signe l'histoire Spirou chez les Pygmées qui paraît du no 589 (28 juillet 1949) au no 616 (2 février 1950). Avant cela il y avait eu l'histoire Spirou fait du cheval d'André Franquin publiée du no 567 (24 février 1949) au no 574 (14 avril 1949)[11].

Au rayon des nouveautés, une adaptation du roman L'Île au trésor par Jackson qui paraît à partir du no 565 (10 février 1949). Une biographie du corsaire français Robert Surcouf par les poulains de la World Press Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier intitulée Surcouf, Roi des Corsaires et qui paraît du no 605 (17 novembre 1949) au no 738 (5 juin 1952)[33]. Les séries anciennes sont aussi présentes, L'Épervier bleu dans Les Pirates de la stratosphère du no 565 (10 février 1949) au no 600 (13 octobre 1949) et dans L’Ennemi sous la mer du no 601 (20 octobre 1949) au no 648 (14 septembre 1950)[26]. Lucky Luke dans Ruée vers l’or du no 567 (24 février 1949) au no 584 (23 juin 1949), dans Lucky Luke contre Cigarette Cæsar du no 585 (30 juin 1949) au no 601 (20 octobre 1949) et dans Le Retour de Joe la Gachette du no 602 (27 octobre 1949) au no 618 (16 février 1950)[15]. Jean Valhardi dans Le Roc du diable du no 575 (21 avril 1949) au no 600 (13 octobre 1949) et A la poursuite de Max Clair du no 601 (20 octobre 1949) au no 612 (5 janvier 1950)[17]. Buck Danny dans Les tigres volants du no 605 (17 novembre 1949) au no 635 (15 juin 1950)[21].

André Franquin renouvelle la série Spirou et Fantasio[modifier | modifier le code]

Dans le no 653 (19 octobre 1950), commence la publication de l'histoire Il y a un sorcier à Champignac de la série vedette Spirou et Fantasio par André Franquin. Il s'agit d'un véritable tournant puisqu'André Franquin renouvelle l'ensemble de l'univers de la série. L'idée de base de l'histoire est fournie par Henri Gillain (qui utilise pour l'occasion le pseudonyme de Jean Darc) et le frère de Jijé. Ce dernier va donner un énorme scénario à André Franquin qui va alors piocher à sa guise dedans pour en tirer une histoire complète. C'est avec cette histoire que pour la première fois des personnages secondaires acquièrent une véritable personnalité et vont devenir récurrents, alors que dans les précédentes histoires ils n’apparaissaient qu'une fois et les seuls personnages récurrents étaient alors le trio Spirou, Fantasio et Spip. Graphiquement, le style d'André Franquin évolue aussi, désormais le cadrage est plus réussi et les paysages aérés. Le village de Champignac-en-Cambrousse est créé pour l'occasion, ainsi que ses habitants dont Gustave Labarbe, le maire et Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, comte de Champignac. L'histoire termine sa publication dans le no 685 (31 mai 1951)[35]. La publication de cette histoire comme la majorité des histoires à suivre passe à deux planches par numéro, ce nouveau rythme de parution fait que certaines séries sont interrompues plus ou moins longtemps, selon le rythme de travail des auteurs ou leur état de santé[30]. Avant l'histoire Il y a un sorcier à Champignac, André Franquin publie deux autres histoires de Spirou et Fantasio, Les Chapeaux noirs du no 617 (9 février 1950) au no 635 (15 juin 1950) et Mystère à la frontière du no 636 (22 juin 1950) au no 652 (12 octobre 1950)[11]. Cette dernière histoire, par son évolution graphique et son scénario désormais élaboré, préfigure la futur tournant que va prendre la série[36].

Les séries classiques sont présentes, Jean Valhardi dans l'histoire Chez les Êtres de la forêt sur scénario d'Yvan Delporte, qui prend de plus en plus d'importance au sein de la rédaction[30], publiée du no 613 (12 janvier 1950) au no 671 (22 février 1951)[17]. Le duo Fernand Dineur et Will est très actif avec la publication de trois histoire cette année. La Revanche d'Arsène Rupin publiée du no 618 (16 février 1950) au no 647 (7 septembre 1950), San Salvador du no 648 (14 septembre 1950) au no 662 (21 décembre 1950) et Le Fantôme des lagunes du no 663 (28 décembre 1950) au no 682 (10 avril 1951)[18]. Lucky Luke vit deux aventures, avec l'histoire Jours de round–up publiée du no 619 (23 février 1950) au no 629 (4 mai 1950) et l'histoire Le Grand Combat du no 630 (11 mai 1950) au no 646 (31 août 1950)[15]. Même rythme pour Buck Danny avec l'histoire Dans les griffes du dragon noir publiée du no 636 (22 juin 1950) au no 659 (30 novembre 1950) et l'histoire Attaque en Birmanie du no 660 (7 décembre 1950) au no 683 (17 mai 1951)[21]. L'Epervier bleu dans l'histoire La Vallée interdite publiée du no 649 (21 septembre 1950) au no 690 (5 juillet 1951)[26]. Le lapin Bugs Bunny va être publiée sous forme de gag d'une planche à partir du no 637 (20 juin 1950)[37]. Il ne restera pas longtemps dans les pages du journal, juste le temps de remplacer les séries étrangères censurées[31]. Pour les mêmes raisons la série italienne La Légende de Perceval fut publiée dans le journal à partir du no 647 (7 septembre 1950). Enfin le western américain Red Ryder échappe à la purge et continue d'être publié dans Spirou. Grande première pour le no 662 de Noël (21 décembre 1950) avec le remplacement de la traditionnelle couverture où est présente l'aventure de Spirou et Fantasio de la semaine par une illustration pleine page d'André Franquin sur le thème de Noël[38].

L'Oncle Paul et la bande dessinée éducative[modifier | modifier le code]

En 1951, dans la lignée de biographie du corsaire Robert Surcouf publiée dans Spirou depuis 1949 et de la série Buck Danny complété avec des cases instructives sur la guerre du Pacifique. La World Press lance une série éducative intitulée Les Belles Histoires de l'oncle Paul. Le principe de la série est simple, un sympathique bonhomme, caricature de Paul Dupuis, raconte en quatre planches un fait ou la vie d'un personnage historique. Le premier récit est publié dans le no 668 (1er février 1951), s'intitule Cap plein sud. Il raconte la conquête du pôle Sud avec des dessins d'Eddy Paape sur un scénario de Jean-Michel Charlier[39]. Tout d'abord publié un numéro sur deux, la série devient hebdomadaire à partir du no 694 (2 août 1951) et permet à la bande dessinée de passer à 70 % du contenu du journal[40], elle permet à plusieurs débutant de faire leur premier pas dans le journal cette année, comme Dino Attanasio, René Follet, Jean Graton, Mitacq et surtout le scénariste Octave Joly qui va devenir le scénariste le plus prolifique de cette série[41].

Cette même année Jijé reprend la série Blondin et Cirage qu'il avait créée et publie l'histoire Blondin et Cirage au Mexique du no 665 (11 janvier 1951) au no 686 (7 juin 1951), ainsi que l'histoire Le Nègre blanc du no 687 (14 juin 1951) au no 708 (8 novembre 1951)[25]. Ce même Jijé produit une dernière histoire de la série vedette du journal avec l'histoire Les Hommes-grenouilles du no 686 (7 juin 1951) au no 692 (19 juillet 1951)[11]. André Franquin ne délaisse pas pour autant la série Spirou et Fantasio et publie du no 693 (26 juillet 1951) au no 726 (13 mars 1952) l'histoire Les Héritiers où apparaît pour la première fois le cousin maléfique Zantafio[42]. Tif et Tondu sont présents avec l'histoire La Villa « sans souci » publiée du no 685 (31 mai 1951) au no 730 (10 avril 1952)[18]. Il s'agit de la dernière histoire scénarisée par Fernand Dineur qui quitte définitivement la série qu'il a créée en 1938[40]. Buck Danny est présent deux fois avec l'histoire Les Trafiquants de la mer rouge publiée du no 685 (31 mai 1951) au no 709 (15 novembre 1951) et l'histoire Les Pirates du désert du no 710 (22 novembre 1951) au no 730 (10 avril 1951)[21]. Même rythme pour la série Lucky Luke avec l'histoire Nettoyage à Red-City du no 685 (31 mai 1951) au no 697 (23 août 1951) et surtout l'histoire Hors-la-loi du no 701 (20 septembre 1951) au no 731 (14 avril 1952)[15], c'est dans cette histoire qu'apparaissent pour la première fois les véritables Dalton qui sont tués à la fin de l'histoire[43]. L'Epervier bleu est publié par l’intermédiaire de l'histoire La Planète silencieuse du no 695 (9 août 1951) au no 769 (8 janvier 1953)[26], une histoire qui va être censurée par les institutions françaises[30]. La série Jean Valhardi est aussi présent avec l'histoire Jean Valhardi contre le monstre du no 704 (11 octobre 1951) au no 745 (24 juillet 1951)[17]. Les séries étrangères présentes sont Red Ryder, Jo Lumière et une nouvelle bande dessinée italienne Pippo de Benito Jacovitti[40].

Peyo le conteur[modifier | modifier le code]

Dans le no 752 (11 septembre 1952), apparaît pour la première fois dans le journal Spirou, la série Johan de Peyo qui conte les aventures d'un jeune page du Moyen Âge. Il s'agit d'un personnage créé dans le quotidien belge La Dernière Heure en 1947, puis publiée dans Le Soir entre 1951 et 1952. En 1952, après plusieurs années de vaines tentatives, Peyo parvient à entrer chez Spirou par l'intermédiaire d'André Franquin. Tous deux se sont connus pendant la guerre dans le studio de dessin animé CBA et se sont retrouvés peu de temps auparavant, après des années sans s'être donnés de nouvelles[44]. Pour cette première histoire intitulée Le Châtiment de Basenhau, le dessinateur reprend donc son personnage de Johan qu'il fait passer du blond au brun. Peyo change aussi son style narratif et graphique pour l'adapter à des récits de quarante-quatre planches, contrairement aux publications faites dans les quotidiens, qui n'étaient que des courtes histoires de quelques planches[45]. La publication de cette première histoire se termine dans le no 794 (2 juillet 1953)[46].

Autre nouveauté, cette fois dans Spirou et Fantasio, la série vedette du journal. Dans le no 720 (31 janvier 1952), André Franquin fait apparaître dans son histoire Les Héritiers un animal fabuleux qu'il nomme le Marsupilami, né d'une conversation avec Will et Morris quelques années auparavant[47]. Des séries arrivent dans Spirou, d'autres s'en vont ; présent depuis 1942, L'Épervier bleu est censuré par les autorités françaises pour une séquence de l'histoire La Planète silencieuse montrant des champignons sur la lune, ce que ne peut admettre la censure française. Sirius doit finir son histoire en trois semaines sinon le journal Spirou sera interdit de parution en France[48]. La série est donc définitivement abandonnée dans le no 769 (8 janvier 1953)[26]. Autre censure cette même année, Le Châtiment de Basenhau de Johan, dès la planche dix pour une scène de torture avec un bourreau qui fait boire plusieurs litres d'eau à sa victime, avec un entonnoir. Cette scène est jugée trop impressionnante pour les enfants par les autorités françaises[49].

À partir du no 752 (11 septembre 1952), le journal est composé de vingt-quatre pages (vingt en quadrichromie et quatre en bichromie) dont 75 % de bande dessinée. En décembre, la couverture change lors d'une courte période, elle est séparée en deux avec une demi-planche de l'histoire Spirou et Fantasio de la semaine dans la moitié basse et une illustration présentant la série de la semaine ainsi qu'une tête de Spirou dans la moitié haute. André-Paul Duchâteau, Tenas et Rali sont publiés pour la première fois dans Spirou avec l'histoire Le Triangle de feu une éphémère série de corsaire[50]. À la fin de l'histoire Les Héritiers, Franquin publie Les Voleurs du Marsupilami du no 729 (3 avril 1952) au no 761 (13 novembre 1952) et La Turbotraction du no 764 (4 décembre 1952) au no 787 (15 mai 1952)[11]. Le Trésor d'Alaric, la première histoire de Tif et Tondu sans son créateur Fernand Dineur est publiée du no 752 (11 septembre 1952) au no 795 (9 juillet 1953)[18] sur scénario d'Henri Gillain (qui utilise le pseudonyme Luc Bermar[51]) et toujours sur dessin de Will. Octave Joly est le plus prolifique scénariste de la série Oncle Paul cette année, l'autre scénariste Jean-Michel Charlier étant débordé. Quant aux dessinateurs de l'année il y a Jean Graton, Mitacq, René Follet, Dino Attanasio, Pierre Dupuis et Eddy Paape. Pour son histoire Kamiliola de la série Blondin et Cirage publiée du no 723 (21 février 1952) au no 744 (17 juillet 1952), Jijé reprend un scénario non achevé d'avant-guerre et l'adapte pour cette série[50]. Lucky Luke est publié à trois reprises avec les histoires Tumulte à Tumbleweed du no 735 (15 avril 1952) au no 754 (25 septembre 1952), Le Retour des frères Dalton du no 755 (2 octobre 1952) au no 764 (4 décembre 1952) et L'Élixir du Docteur Doxey du no 765 (11 décembre 1952) au no 786 (7 avril 1953)[15]. Buck Danny paraît deux fois avec l'histoire Les Gangsters du pétrole publiée du no 736 (22 mai 1952) au no 757 (16 octobre 1952) au et l'histoire Pilotes d'essai du no 758 (23 octobre 1952) au no 780 (26 mars 1953)[21]. Le Rayon de la mort de la série Jean Valhardi est publié du no 752 (11 septembre 1952) au no 797 (23 juillet 1953)[17]. La série américaine Red Ryder disparaît cette année-là, car Paul Dupuis souhaite un western plus percutant[31]. Jo Lumière est la seule série étrangère paru en 1952. Le no 765 (11 décembre 1952) est un spéciale Noël de quarante-quatre pages avec pour la première fois trois contes de Noël[50].

Un journal 100 % européen[modifier | modifier le code]

Dans le no 797 (23 juillet 1953) a lieu un mini-événement avec la fin de la publication de la troisième histoire publiée dans le journal Spirou de la série Jo Lumière. C'est la dernière fois qu'une série américaines est reprise dans le journal ; désormais, l'ensemble des séries publiées sont des séries d'auteurs européens. Pour combler les vides laissés par les séries américaines, les éditions Dupuis vont progressivement intégrer de nouvelle séries dans les pages de Spirou[52]. À commencer par le remplacement de la série L'Épervier bleu censurée par les autorités française en tout début d'année. Son auteur Sirius lance dans le no 813 (12 novembre 1953) une séries intitulée Les Timour inspirée de Xavier Snoeck qui a publiée précédemment aux éditions Dupuis une grande fresque de l'histoire des hommes intitulée Grands combats de Cor[53]. Elle raconte l'histoire d'une famille à travers les âges. Chaque épisode suit un membre dans une époque différente. Cette première histoire a pour titre La Horde de Timour et termine sa publication dans le no 828 (25 février 1954)[54]. Autre nouveauté, une biographie du journaliste et explorateur britannique Henry Morton Stanley par Victor Hubinon au dessin et Octave Joly au scénario dont la publication a lieu du no 770 (15 janvier 1953) au no 812 (5 novembre 1953), une autre aventure de Stanley intitulée À la recherche de l’homme perdu est publiée du no 813 (12 novembre 1953) au no 853 (19 août 1954). Une seconde biographie est publiée, celle du saint François Xavier intitulée Xavier, raconté par le Ménestrel par le père Pierre Defoux du no 774 (12 février 1953) au no 815 (26 novembre 1953)[52]. Raymond Reding publie une histoire titrée Les œufs durs s’en vont en guerre du no 796 (16 juillet 1953) au no 803 (3 septembre 1953) qui n'aura pas de suite[55]. Dernière nouveauté de l'année, la série réaliste Kim Devil de Gérald Forton sur scénario de Jean-Michel Charlier dont la première histoire La Cité perdue débute sa publication dans le no 820 (31 décembre 1953), dernier de l'année, et se termine dans le no 849 (22 juillet 1954)[56].

Les séries habituelles du journal sont toutes présentes cette année. Buck Danny à deux reprises avec les histoires Ciel de Corée publiée du no 783 (16 avril 1953) au no 805 (17 septembre 1953) et Avions sans pilotes publiée du no 806 (24 septembre 1953) au no 828 (25 février 1954)[21]. Lucky Luke est présent avec l'histoire Chasse à l'homme publiée du no 787 (14 mai 1953) au no 808 (8 octobre 1953)[15]. La série Spirou et Fantasio avec l'histoire La Corne de rhinocéros publiée du no 788 (21 mai 1953) au no 797 (23 juillet 1953) et l'histoire Le Dictateur et le Champignon publiée du no 801 (20 août 1953) au no 838 (5 mai 1954)[11]. Jean Valhardi dans La Machine à conquérir le monde publiée du no 798 (30 juillet 1953) au no 840 (20 mai 1954)[17]. L'histoire Silence, on tourne de la série Blondin et Cirage est publiée du no 798 (30 juillet 1953) au no 819 (24 décembre 1953). Peyo publie sa deuxième histoire de Johan intitulée Le Maître de Roucybeuf du no 804 (10 septembre 1953) au no 831 (18 mars 1954)[46]. Will livre un nouveau récit de Tif et Tondu sur scénario de Ben (pseudonyme d'Albert Desprechins), publié du no 809 (15 octobre 1953) au no 840 (20 mai 1954) il s’intitule Oscar et ses mystères[18]. La série Oncle Paul gagne deux nouveaux auteurs, en l’occurrence Funcken et Dehon. La couverture de l'hebdomadaire change à partir du no 791 (11 juin 1953). Désormais, la bande dessinée de la semaine en occupe les trois quarts (la série Spirou et Fantasio la grande majorité du temps), le quart restant est occupé par un dessin gag d'André Franquin qui annonce l'une des séries du journal, ou, plus rarement, par une publicité pour un album Dupuis. Le no 816 est un spécial mois de décembre (office de numéro Noël), il compte quarante pages et comporte une couverture pleine page dessinée par André Franquin[52].

L'année 1954 voit arriver beaucoup de nouveauté dans Spirou. Première dans le no 829 (4 mars 1954) avec la série Jerry Spring de Jijé, un western humaniste que souhaite Paul Dupuis depuis la fin de la parution de la série américaine Red Ryder en 1952. Pour les décors Jijé se base sur ses voyages dans l'Amérique du Nord, le scénario se distingue des autres western par la défense des faibles contre le fort et son antiracisme, ainsi dès les premières planches de cette première histoire intitulée simplement Jerry Spring, le héros sauve le Mexicain Pancho accusé à tort d'un vol de chevaux à cause de sa nationalité[57]. Cette première aventures termine sa publications dans le no 844 (17 juin 1954), elle est suivie par une seconde intitulée Le Splendide cavalier publiée du no 850 (29 juillet 1954) au no 867 (25 novembre 1954)[58]. Dans ce même numéro parait pour la première fois la série La Patrouille des Castors dessiné par Mitacq sur scénario de Jean-Michel Charlier. Employé depuis plusieurs années par la World Press ou il dessine des Oncle Paul, Mitacq se bat pour publier une série sur le scoutisme dans Spirou. Scénariste prolifique, Jean-Michel Charlier est préféré à Jean-Jacques Schellens pour écrire le scénario de la série. Ce dernier était pourtant de l'aventure lors de la présentation du projet aux éditions Dupuis, mais Georges Troisfontaines lui préfère finalement un scénariste confirmé plutôt qu'un débutant[59]. Ce premier récit intitulée Le Mystère de Grosbois termine sa publication dans le no 885 (31 mars 1955)[60]. Un événement a lieu dans le no 847 (8 juillet 1954) dans la troisième histoires de la série Johan intitulée Le Lutin du Bois aux Roches, le page Johan rencontre le lutin Pirlouit qui va désormais l'accompagner dans l'aventure devenant le faire-valoir comique du héros Johan équilibrant ainsi la série[61]. Cette histoire est publiée du no 845 (24 juin 1954) au no 858 (23 septembre 1954)[46]. Série éphémère Cady publiée du no 830 (11 mars 1954) au no 849 (22 juillet 1954) avec l'histoire Le temple aux tigres permet à un jeune débutant du nom de Greg (qui signe ici avec le pseudonyme de Denys) de débuter comme auteur de bande dessinée. Elle est suivi par l'histoire d'une série tout aussi éphémère intitulée Doppy dont l'histoire Grande Corrida est publiée du no 859 (30 septembre 1954) au no 870 (16 décembre 1954)[62].

Les séries désormais classiques du journal sont présente en 1954 à l'exception de Lucky Luke pour cause de voyage aux États-Unis de son auteur et de Jean Valhardi car Jijé est occupé à sa nouvelle série. Chaque série est publiée sur deux pages par semaine (voir trois ou quatre pour Jijé, Greg, Mitacq ou Gérard Forton) ce qui entraîne de longue absence entre chaque histoire, hormis pour Spirou et Fantasio présent chaque semaine[62]. Deux récits de Buck Danny cette année, Un avion n'est pas rentré publié du no 832 (25 mars 1954) au no 854 (26 août 1954) et Patrouille à l'aube du no 863 (28 octobre 1954) au no 885 (31 mars 1954)[21]. Pareil pour la série vedette avec l'histoire La Mauvaise tête publiée du no 840 (20 mai 1954) au no 869 (9 décembre 1954) et Le repaire de la murène publiée du no 871 (23 décembre 1954) au no 904 (11 août 1954)[11]. Série créée l'année précédente, Les Timour publie sa deuxième histoires Le Grand feu de Timour du no 845 (24 juin 1954) au no 860 (7 octobre 1954)[54]. Kim Devil est présent avec l'histoire Le Peuple en dehors du temps qui parait du no 858 (23 septembre 1954) au no 872 (30 décembre 1954)[56]. Jijé publie la dernière grande histoire de la série Blondin et Cirage intitulée Soucoupes volantes du no 871 (23 décembre 1954) au no 881 (3 mars 1955)[25] pour l'occasion il parodie le Marsupilami en dessinant son cousin africain glouton et sans queue, car Jijé trouvait l'animal trop parfait et il l'énervait, ce clin d’œil amuse néanmoins beaucoup André Franquin[63]. Jijé abandonne ensuite cette série pour se consacrer à ses autres œuvres réalistes[64]. Hidalgo, Pierre Le Goff et surtout Albert Uderzo rejoignent l'équipe de l'Oncle Paul[62].

La fin de l’ère Jean Doisy[modifier | modifier le code]

En 1955, le rédacteur en chef depuis la création de l'hebdomadaire Jean Doisy malade quitte son poste. Il décédera peu de temps après. Charles Dupuis laisse le poste vacant, ce qui favorise la promotion de Maurice Rosy, un auteur qui occupe depuis deux ans un poste nommé « d'honneur d'idées » et qui fournit des scénarios à des auteurs du journal. À la fin de l'année 1955, Yvan Delporte fait office de rédacteur en chef[65], il sera engagé officiellement en 1956[66]. La même année la rédaction quitte son berceau de Marcinelle pour des locaux plus grands à Bruxelles afin de lancer un nouveau journal de bande dessinée intitulé Risque-Tout en coopération avec la World Press[65]. Ce nouvel hebdomadaire lancé en novembre 1955, va voir la plupart des grandes séries de Spirou dans ses pages avec de courtes histoires. Ainsi que quelques nouveautés comme Marc Jaguar de Maurice Tillieux[67]. Il permet surtout la création d'un embryon de studio graphique dirigé par Maurice Rosy[68]. Après cinquante numéros le journal disparaît par manque de succès (6 000 exemplaires vendus par semaine) au contraire de Spirou dont les ventes ne font que grimper (108 000 exemplaires en France et 80 000 en Belgique)[67]. Nombreux changements cette année dans le journal, au no 886 (24 avril 1955) un papier de meilleure qualité est utilisé, mais si le journal compte toujours vingt-quatre pages les deux-tiers sont en couleur quadrichromie, en moyenne dix-sept pages de bande dessinée sont publiées à chaque numéro. À partir du no 914 (20 octobre 1955) le journal passe provisoirement à trente-deux pages et lance un supplément intitulé Club des Amis de l'Aventure qui est rapidement transféré à Risque-Tout avant de disparaître. Au no 919 (24 novembre 1955), le journal est stabilisé à vingt-huit pages pour le lancement de son petit frère. Il comprend alors seize pages en couleur quadrichromie et douze en noir et blanc dont vingt en bande dessinée[69]. Le premier référendum est lancé dans le no 920 (1er décembre 1955), publiée de manière occasionnelle dans le journal il permet au lecteur de voter pour ses séries préférées et ainsi permettre à la rédaction de modifier la ligne du journal selon les résultats. Les résultats sont publiés l'année suivante[70].

Aucune nouveauté cette année, mais des renouvellements dans deux séries habituelles du journal. René Goscinny devient le scénariste de la série Lucky Luke avec l'histoire Des Rails sur la prairie publiée du no 906 (25 août 1955) au no 929 (2 février 1956) et Maurice Rosy celui de Tif et Tondu avec l'histoire Tif et Tondu contre la main blanche où il crée notamment le personnage de Monsieur Choc. Le récit est publié du no 873 (6 janvier 1955) au no 894 (2 juin 1955) s’enchaîne ensuite Le Retour de Choc du no 913 (13 octobre 1955) au no 933 (1er mars 1955). Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier restent dans le domaine de l'aviation avec l'histoire Mermoz, chevalier du ciel publiée du no 876 (27 janvier 1955) au no 930 (9 février 1956), ainsi que deux histoires de Buck Danny intitulées « NC-22654 » ne répond plus publiée du no 887 (14 avril 1955) au no 907 (1er septembre 1955) et Menace au Nord publiée du no 909 (15 septembre 1955) au no 929 (2 février 1956). Jijé produit trois histoires de Jerry Spring intitulée Le Visage pâle publiée du no 879 (17 février 1955) au no 897 (23 juin 1955), La Révolution mexicaine publiée du no 899 (7 juillet 1955) au no 919 (24 novembre 1955) et La Passe des Indiens publiée du no 922 (15 décembre 1955) au no 943 (10 mai 1956). La même année Sirius réalise deux histoires de sa série historique Les Timour avec Le Talisman publiée du no 882 (10 mars 1955) au no 901 (21 juillet 1955) et Le Glaive de bronze du no 916 (3 novembre 1955) au no 935 (15 mars 1956). Johan et Pirlouit de Peyo sont présents avec deux histoires La Pierre de lune publiée du no 891 (12 mai 1955) au no 912 (6 octobre 1955) et Le Serment des vikings du no 920 (1er décembre 1955) au no 941 (26 avril 1956). Jean-Michel Charlier très productif scénarise une nouvelle histoire de la série Kim Devil sur dessin de Gérald Forton et intitulée Le Monde disparu publiée du no 895 (9 juin 1955) au no 915 (27 octobre 1955). La Patrouille des Castors de Mitacq avec le récit Le Disparu de Ker-Aven du no 902 (28 juillet 1955) au no 925 (5 janvier 1956). Quant à la série vedette du journal réalisé par André Franquin elle est présente à deux reprises avec La Quick super du no 907 (1er septembre 1955) au no 915 (27 octobre 1955) et Les Pirates du silence du no 916 (3 novembre 1955) au no 940 (19 avril 1956). Le no 923 (22 décembre 1955) est un spécial Noël avec une couverture d'André Franquin[69].

L’ère Yvan Delporte[modifier | modifier le code]

Les débuts d'Yvan Delporte[modifier | modifier le code]

Dès son arrivée Yvan Delporte souhaite faire débuter de nouveaux auteurs dans les pages de Spirou. Marcel Remacle crée le chien Bobosse sous forme de gag d'une planche dans le no 931 (16 février 1956), puis l'adapte sous forme d'histoire à suivre intitulée La Forêt silencieuse publiée du no 959 (30 août 1959) au no 979 (17 janvier 1957)[71]. Auteur déjà aguerri, Maurice Tillieux fait son retour dans Spirou lui qui réalisait des illustrations pour le journal dans les années 1940. Au début de l'année il réalise la série Marc Jaguar dans l'éphémère journal Risque-Tout, à la disparition de celui-ci il rejoint l'équipe de Spirou ou il crée Gil Jourdan une série policière largement inspiré de Félix l'une de ses précédente création. Félix est une série publiée dans le journal Héroïc-Albums qui vient de disparaître, souhaitant transféré Félix dans Spirou il est obligé par l'éditeur de créer une nouvelle série. Maurice Tillieux se contente alors de recycler Félix pour créer Gil Jourdan en modifiant le nom et le physique des personnages[72]. Gil Jourdan est lancée dans le no 962 (20 septembre 1956) avec l'histoire Libellule s'évade dont la publication se termine dans le no 988 (21 mars 1957)[73]. Salvérius débute dans le journal en produisant des illustrations et Carlos Laffond des histoires complètes[74]. Quelques séries italiennes sont publiées pour boucher les trous entre deux publications des séries vedettes, Loup blanc du no 930 (9 février 1956) au no 951 (5 juillet 1956), Le Grand Apache du no 932 (23 février 1956) au no 950 (28 juin 1956), Le Fils de l'aigle du no 954 (26 juillet 1956) au no 969 (8 novembre 1956) et Sur la piste des éléphants du no 968 (1er novembre 1956) au no 979 (17 janvier 1957)[75]. André Franquin reprend le dessin de la chronique auto intitulée Starter à partir du no 954 (26 juillet 1956)[76]. Les résultats du premier référendum sont publiées dans le no 928 (26 janvier 1956), le podium est dans l'ordre, Spirou et Fantasio, Les Aventures de Buck Danny et l'Oncle Paul[70]. En plus du spécial Noël (no 975), Yvan Delporte lance un numéro spécial pour Pâques (no 936)[66] afin de permettre de tester de nouveaux auteurs par leurs nombres de pages plus importants (44 pages chacun)[77].

André Franquin entame l'un de ses chef d'œuvre, Le film de l'année : Le Nid des Marsupilamis publié du no 969 (8 novembre 1956) au no 991 (11 avril 1957). Il s'agit d'une histoire poétique qui raconte la vie d'une famille de Marsupilami dans la forêt de Palombie, de la rencontre du couple, à l'apprentissage de la vie par les trois petits, en passant à la construction du nid et la naissance des petits[78]. Avant cela, il produit une autre histoire de la série vedette du journal avec Le Gorille a mauvaise mine publiée du no 944 (17 mai 1956) au no 966 (18 octobre 1956)[11]. Dans le no 947 (7 juin 1956), parait pour la dernière fois la série Kim Devil de Gérald Forton et Jean-Michel Charlier avec l'histoire Le Mystère du Dieu blanc commencé dans le no 927 (19 janvier 1956)[56]. Les séries vedettes sont publiées au rythme de deux pages par semaine, Les Aventures de Buck Danny avec Buck Danny contre Lady X du no 931 (16 février 1956) au no 954 (26 juillet 1956) et Alerte en Malaisie du no 957 (9 août 1956) au no 977 (3 janvier 1957)[21]. La Patrouille des Castors avec L'Inconnu de la Villa Mystère du no 934 (8 mars 1956) au no 961 (13 septembre 1956) et Sur la piste de Mowgli du no 970 (15 novembre 1956) au no 992 (18 avril 1957)[60]. Lucky Luke dans Alerte aux Pieds-Bleus du no 938 (5 avril 1956) au no 957 (16 août 1956) et Lucky Luke contre la bande de Joss Jamon du no 966 (18 octobre 1956) au no 989 (28 mars 1956)[15]. Tif et Tondu avec Passez muscade du no 942 (3 mai 1956) au no 963 (27 septembre 1956)[18]. Jerry Spring avec La Piste du Grand Nord du no 944 (17 mai 1956) au no 955 (2 août 1956), L'Or du vieux Lender du no 956 (9 août 1956) au no 965 (11 octobre 1956) et Le Ranch de la malchance du no 973 (6 décembre 1956) au no 980 (24 janvier 1956)[58]. Les Timour avec Le Captif de Carthage du no 947 (7 juin 1956) au no 966 (18 octobre 1956) et Le Fils du centurion du no 971 (22 novembre 1956) au no 995 (9 mai 1957)[54]. Johan et Pirlouit avec La Source des dieux du no 951 (5 juillet 1956) au no 971 (22 novembre 1956)[46]. Jean Valhardi avec Valhardi contre le Soleil Noir du no 967 (25 octobre 1956) au no 988 (21 mars 1957)[17].

Un gaffeur pour animateur[modifier | modifier le code]

Dans le no 985 (28 février 1957), est publié un petit dessin sans titre d'André Franquin entre deux publicités et entouré de traces de pas noires représentant un personnage en costume devant une poste « Spirou rédaction ». Gaston Lagaffe est né, il réapparaît mystérieusement toujours sous forme de dessin dans les numéros suivant avant qu'une note de Fantasio dans les pages du journal éclaircisse le lecteur sur le personnage. Avec la complicité du rédacteur en chef, Yvan Delporte, André Franquin a alors l'idée de créer un personnage sans-emploi qui n'aurait rien à faire et commettrait des gaffes qui désorganiserait le journal[79]. Avec ce personnage, il n'hésite pas à saboter Spirou, en faisant exploser une chronique avec une expérience de « chimie amusante » ou en mettant sa tête devant un texte en expliquant que Gaston Lagaffe s'est glissé devant l'objectif lors de sa prise de photographie[80]. Dans le no 1026 (12 décembre 1957), estimant avoir fait le tour du personnage, André Franquin se décide à le placer dans une véritable bande dessinée qui occupe deux bandes en bas de page[81]. Paradoxalement, dans ce no 985 c'est une autre nouvelle série qui est annoncée sur la couverture[75]. Elle s'intitule Guy Pingaut et va passer relativement inaperçu avec deux histoires à suivre courtes de Gérald Forton (Guy Pingaut et le monstre du no 985 au no 986 et Guy Pingaut et l’inventeur du no 987 et no 988[Note 2])[82]. Arrivée l'an dernier dans les pages du journal, Maurice Tillieux crée une nouvelle série intitulée César dans le no 1004 (11 juillet 1957)[75], la même année il publie la suite de la première histoire de Gil Jourdan du no 990 (4 avril 1957) au no 1031 (16 janvier 1958)[73]. Tom et Nelly, une série publiée dans Risque-Tout[75] rejoint les pages du journal lors du no 995 (9 mai 1957) avec l'histoire Soleil levant contre aigle noir qui termine sa publication dans le no 1019 (24 octobre 1957)[83]. Les auteurs sont Octave Joly au scénario et Bielsa au dessin qui succède à Albert Uderzo[75]. Elle est suivie par une seconde histoire intitulée Terreur à San Francisco publiée du no 1028 (26 décembre 1957) au no 1066 (18 septembre 1958)[83]. Nouvelle série de science-fiction avec Alain Cardan de Gérald Forton (dessin) et Yvan Delporte (scénario), dont deux histoires sont publiées en 1958, une histoire au titre éponyme du no 996 (16 mai 1957) au no 1006 (25 juillet 1957) et Citoyen de l'espace du no 1013 (12 septembre 1957) au no 1039 (13 mars 1958)[84]. Jean-Michel Charlier scénarise une nouvelle série sur le Moyen Âge dessinée par l'Espagnol Carlos Laffond, intitulée Thierry le chevalier dont la première histoire, Le Chevalier sans nom, est publiée du no 989 (28 mars 1957) au no 1017 (10 octobre 1957)[85].

Événement cette année avec la parution du no 1000 (13 juin 1957). Pour l'occasion, André Franquin dessine une couverture double représentant 999 têtes de Spirou et une de Gaston Lagaffe. Ce dernier a le droit pour la première fois à une bande dessinée [Note 3]. En plus des séries habituelles, ce numéro possède deux suppléments. Le premier est composé d'une reproduction de la couverture du no 1 redessinée par un auteur anonyme (bien qu'elle soit signée Rob-Vel l'auteur de la véritable couverture du no 1) et de textes (signés André Franquin, Morris, Eddy Paape, etc…) expliquant le fonctionnement de Spirou depuis 1 000 numéros. Le deuxième supplément est un ancêtre du mini-récit comportant des histoires parodiques des séries vedettes du journal imaginant le futur[86]. Deux autres numéros spéciaux paraissent dans l'année, le no 1004 (11 juillet 1957) est un spécial vacances de quarante-huit pages et le no 1027 (19 décembre 1957) un spécial Noël de quarante-quatre pages. Autre événement, le passage à trente-deux pages tout en couleurs, dont vingt-trois de bande dessinée à partir du no 989 (28 mars 1957). Dans ce même numéro, début d'une nouvelle rubrique informative intitulée Les Nouvelles du monde entier[75]. À partir du no 999 (6 juin 1957), André Franquin confie l'illustration de la rubrique Starter à son assistant Jidéhem[76]. Début d'une animation dans le no 1019 (24 octobre 1957), avec la grève de Fantasio, mécontent de son rôle joué dans la dernière aventure[75] intitulée Le Voyageur du Mésozoïque publiée du no 992 (18 avril 1957) au no 1018 (17 octobre 1957)[11]. Il arrête cette grève quatre semaines plus tard pour le début de la publication de l'histoire Vacances sans histoires dans le no 1023 (21 novembre 1957)[75], une publication qui se termine dans le no 1033 (30 janvier 1058)[11].

Au cours de l'année, paraissent aussi les séries Johan et Pirlouit avec La Flèche noire publiée du no 977 (3 janvier 1957) au no 998 (30 mai 1957) et Le Sire de Montrésor du no 1004 (11 juillet 1957) au no 1044 (17 avril 1958)[46]. Jerry Spring avec Enquête à San Juan du no 981 (31 janvier 1957) au no 991 (11 avril 1957), Le Testament de l'oncle Tom du no 992 (18 avril 1957) au no 995 (9 mai 1957) et Les Trois Barbus de Sonoyta du no 1012 (5 septembre 1957) au no 1032 (23 janvier 1958)[58]. Les Aventures de Buck Danny avec Le Tigre de Malaisie du no 982 (7 février 1957) au no 1003 (4 juillet 1957) et S.O.S. Soucoupes volantes du no 1005 (18 juillet 1957) au no 1026 (12 décembre 1957)[21]. Tif et Tondu avec Plein Gaz du no 988 (21 mars 1957) au no 1029 (2 janvier 1957)[18]. Jean Valhardi avec Le Gang du diamant du no 989 (28 mars 1957) au no 1012 (5 septembre 1957) et L'Affaire Barnes no 1015 (26 septembre 1957) au no 1035 (13 février 1958)[17]. Lucky Luke dans Les Cousins Dalton publiée du no 992 (18 avril 1957) au no 1013 (12 septembre 1957)[15], c'est dans cette histoire qu’apparaissent pour la première fois les frères Dalton (Joe, Jack, William et Averell) les cousins des véritables Dalton morts dans une histoire précédente[43]. Autre histoire de la série, Le Juge qui met en scène une des figures de l'ouest, Roy Bean[87]. Elle est publiée du no 1021 (7 novembre 1957) au no 1042 (3 avril 1958)[15]. La Patrouille des Castors est présente avec l'histoire La Bouteille à la mer publiée du no 999 (6 juin 1957) au no 1025 (5 décembre 1957)[60] et enfin Les Timour avec Le Gladiateur masqué du no 1001 (20 juin 1957) au no 1023 (21 novembre 1957)[54].

Petits personnages bleus et autres créations[modifier | modifier le code]

Dans le no 1071 (23 octobre 1958) apparaissent, dans l'histoire La Flûte à six schtroumpfs de Johan et Pirlouit, de tout petits personnages bleus au langage incompréhensible appelés Schtroumpfs[88]. Depuis plusieurs semaines les lecteurs sont préparés à leur arrivée par l'auteur, ainsi dans les numéros précédents de Spirou. Des yeux cachés dans les feuillages, apparition de bras bleus sans voir le personnage en entier ou encore une phrase en langage schtroumpfs sont autant d'éléments qui donnent du mystère autour de ces personnages avant leur apparition par l’intermédiaire de l'enchanteur Homnibus[89]. La légende veut que le nom et le langage schtroumpfs soient nés lors d'un dîner entre les familles Peyo et André Franquin. Peyo qui demande la salière à André Franquin a alors un trou de mémoire et remplace le mot par un autre totalement imaginaire « schtroumpf ». Amusé, André Franquin lui donne la salière en répondant « Tiens, voilà ton schtroumpf ! » et toute la soirée les deux auteurs vont parler ce drôle de langage[90]. Plusieurs mois plus tard, Peyo se rappelle son drôle de repas quand il faudra donner un nom aux trolls de son récit. La couleur bleue est trouvée par sa femme Nine qui est aussi sa coloriste. Le bleu s'impose de lui-même après élimination des autres couleurs (avec le vert ils ne ressortiraient pas dans la nature, trop voyants avec le rouge, etc)[91]. Second rôle dans cette histoire de Johan et Pirlouit publiée du no 1047 (8 mai 1958) au no 1086 (5 février 1959), Peyo est alors persuadé que les trolls bleus ne sont qu'une invention éphémère que les lecteurs auront vite oublié[92].

Autre création de l'année, Saki[Note 4] une série sur la préhistoire de René Hausman et Yvan Delporte publiée du no 1031 (16 janvier 1958) au no 1047 (8 mai 1958) avec une histoire à suivre sans titre, une seconde histoire du no 1048 (15 mai 1958) au no 1058 (24 juillet 1958) et enfin une troisième histoire intitulée Les Pillards du no 1071 (23 octobre 1958) au no 1081 (1er janvier 1959)[93]. Marcel Remacle créé la série Le Vieux Nick, en même temps il abandonne prématurément sa série Bobosse sur demande de Maurice Rosy pour s'occuper à plein temps de cette nouvelle série sur les pirates[94]. Cette première histoire intitulée Pavillons noirs est publiée du no 1039 (6 mars 1958) au no 1059 (31 juillet 19858), enchaînée dans la même année par une deuxième histoire Le Vaisseau du Diable du no 1075 (20 novembre 1958) au no 1103 (4 juin 1959)[95]. Jean-Michel Charlier et Eddy Paape signe une biographie de Winston Churchill du no 1051 (5 juin 1958) au no 1086 (5 février 1959). Dans le no 1041 (27 mars 1958), Jo-El Azara publie une histoire courte intitulée Opération Ciseaux d'une série qui deviendra quelques années plus tard La Ribambelle[96]. Pour la World Press[74], Eddy Paape et Jean-Michel Charlier lance la série Marc Dacier qui raconte les aventures d'un journaliste autour du globe. La première histoire intitulée simplement Marc Dacier est publiée du no 1059 (31 juillet 1958) au no 1081 (1 er janvier 1959)[97]. Le jeune Roba rejoint l'équipe des Oncle Paul. Sur la couverture, la série de la semaine mis en avant est présenté par Gaston Lagaffe à qui il arrive un problème et qui répète « C'est la dernière fois que je présente une première page !… »[96]. Plusieurs numéro spéciaux dans l'année, le no 1042 (3 avril 1958) spécial printemps pour l'occasion le journal est imprimé avec de l'encre parfumée ce qui provoque plusieurs malaises parmi les ouvriers de l'atelier de brochage[98]. Le no 1055 (3 juillet 1958) est un spécial Exposition universelle de 1958 qui a lieu cette année à Bruxelles, il voit notamment les débuts de Paul Deliège avec le récit complet Félicien fait du camping[99]. Le spéciale Noël est le no 1078 (11 décembre 1958) qui contient un Oncle Paul de Jean-Claude Mézières[96].

Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier publie Un prototype a disparu, Top secret ! et Mission vers la vallée perdue de la série Les Aventures de Buck Danny publiés respectivement dans les no 1030 (9 janvier 1958) au no 1051 (5 juin 1958), no 1054 (26 juin 1958) au no 1075 (20 novembre 1958) et no 1078 (11 décembre 1958) au no 1099 (7 mai 1959)[21]. Les auteurs vont avoir des ennuis avec la défense nationale, car Jean-Michel Charlier a obtenu auprès d'aviateurs militaires des documents sur un nouveau modèle de viseur de mitraillette qu'il intègre à son histoire. Quelques semaines plus tard, deux messieurs viennent à la rédaction du journal demandent des renseignement sur l'obtention de ces documents encore classifiés, suivi la semaine suivante par des membres des services secrets demandant le signalement des deux messieurs précédents qui étaient des espions[98]. Tif et Tondu avec Le Fantôme du samouraï publiée du no 1033 (30 janvier 1958) au no 1044 (17 avril 1958). Il s'agit de la dernière histoire dessiné par Will qui part chez le concurrent Tintin pour occuper la fonction de directeur artistique[18]. C'est André Franquin, qui a cette époque livre la série Modeste et Pompon à Tintin qui souffle som nom à Raymond Leblanc. Will, qui dans le même temps en a un peu assez de la bande dessinée accepte la proposition[100]. Sirius produit deux histoires des Timour intitulée Le Fléau de Dieu du no 1033 (30 janvier 1958) au no 1053 (19 juin 1958) et Le Cachot sous la Seine du no 1064 (4 septembre 1958) au no 1085 (29 janvier 1959)[54]. Mitacq livre Le Trophée de Rochecombe de La Patrouille des Castors du no 1036 (20 février 1958) au no 1077 (4 décembre 1958)[60]. Pour Dieu et pour le Roi histoire de la série Thierry le chevalier publiée du no 1038 (6 mars 1958) au no 1074 (13 novembre 1958)[101]. Jijé et son fils Philip publie une histoire de Jean Valhardi titrée Le Mauvais Œil du no 1043 (10 avril 1958) au no 1063 (28 août 1958)[17] et une histoire de Jerry Spring titrée Fort Red Stone du no 1069 (9 octobre 1958) au no 1090 (5 mars 1990)[58]. Morris et René Goscinny publie deux histoires de Lucky Luke, Ruée sur l'Oklahoma du no 1046 (1er mai 1958) au no 1070 (16 octobre 1958) et L'Évasion des Dalton du no 1076 (27 novembre 1958) au no 1102 (28 avril 1959)[15]. La série Alain Cardan est présente avec l'histoire Allo…ici Vénus publiée du no 1046 (1er mai 1958) au no 1068 (2 octobre 1958)[84]. Maurice Tillieux publie La Voiture immergée de la série Gil Jourdan du no 1067 (25 septembre 1958) au no 1089 (26 février 1959)[73]. La série vedette est présente avec les histoires, La Foire aux gangsters du no 1034 (6 février 1958) au no 1045 (24 avril 1958) et Le Prisonnier du Bouddha du no 1048 (15 mai 1958) au no 1082 (8 janvier 1959) sur scénario de Greg[11]. Les histoires à suivre compose pratiquement l'ensemble du journal et crée un déséquilibre et un manque envers les histoires complètes[96].

Mini-récit(s) pour grande histoire[modifier | modifier le code]

En cette année 1959, le manque de place dans le journal se fait sentir surtout avec le grand nombre de jeunes auteurs qui attendent d'être publiés dans le Spirou. Pour y remédier le journal passe à quarante pages à partir du no 1111 (30 juillet 1959)[74]. Surtout le rédacteur en chef Yvan Delporte reprend l'idée des mini-récits créés dans le no 1000 (13 juin 1957). Il occupe trois pages du journal, mais qui une fois montés fait découvrir au lecteur un véritable petit album complet de quarante-huit pages[102]. Pour le premier mini-récit qui parait dans le no 1107 spécial vacances sont réutilisés pour la première fois les petits trolls bleus créés par Peyo l'année précédente dans La flute a six trous. L'histoire Les Schtroumpfs noirs[Note 5] est leurs premières indépendantes de la série Johan et Pirlouit. Ils permettent aux jeunes et aux auteurs confirmés de publier des histoires qui normalement n'auraient pas pu être publiées dans Spirou. Gérald Forton publie Le Garage bleu, Eddy Ryssack Le Conscrit 1127, Eddy Paape Plein d'suie, Salvérius La Loi du Scalp, une nouvelle histoire des Schtroumpfs intitulée Le Voleur de Schtroumpfs dans le no 1130 (10 décembre 1959). Dans le no 1131 (17 décembre 1959), André Franquin fait vivre à Petit Noël sa plus longue aventure avec Noël et l'Elaoin et son assistant Jidéhem publie La Révolte des autos dans le dernier numéro de l'année. L'un des mini-récit les plus marquant est publié dans le no 1132 (24 décembre 1959), Roba, sur scénario de Maurice Rosy, y publie Boule contre les mini-requins première histoire de la série Boule et Bill[103].

Autre création majeure dans la série vedette du journal, le personnage de Zorglub dans l'histoire Z comme Zorglub du no 1096 (16 avril 1959) au no 1136 (21 janvier 1960)[11]. Il s'agit d'un savant loufoque et mégalomane créé par le duo André Franquin-Greg. Avec lui sont créées de nombreuses inventions, les zorglhommes des êtres humains hypnotisés au service du savant, la zorglonde un rayon qui paralyse, la zorglangue une langue dérivé du français avec les mots à l'envers[104], ou encore la zorglumobile et le zorgléoptère qui montre encore une fois la passion du dessinateur pour les créations mécaniques[105]. Avant cette histoire il y eut l'histoire courte La Peur au bout du fil publiée du no 1086 (5 février 1959) au no 1092 (19 mars 1959)[11]. Dans les séries qui démarrent dans les pages régulières du journal on trouve Sandy de Lambil avec l'histoire Une aventure en Australie publiée du no 1083 (15 janvier 1959) au no 1117 (10 septembre 1959)[106]. Une série se déroulant en Australie, qui conte les aventures de Sandy Reynolds et son kangourou Hoppy que l'auteur ébauche depuis ses quinze ans et que Dupuis à déjà refusé auparavant[107]. Jijé publie une biographie de Charles de Foucauld du no 1095 (9 avril 1959) au no 1117 (10 septembre 1959). Alors que le Cirque Spirou tourne sur les cotes françaises, Crill et Paul Dubar lancent la série Les Aventures du Cirque Spirou[103] avec une première histoire intitulée Rapt au cirque Spirou publiée du no 1101 (21 mai 1959) au no 1122 (15 octobre 1959)[108]. Sous le pseudonyme « Ley Kip », André Franquin, Jidéhem, Marcel Denis et Roba publie une histoire fantaisiste intitulée L'Île au Boumptéryx du no 1092 (19 mars 1959) au no 1095 (9 avril 1959)[109]. L'année est aussi marquée par trois numéros spéciaux, le no 1092 (19 mars 1959) spécial printemps avec un jeu de cartes Spirou offert, le no 1107 (2 juillet 1959) spécial vacances et le no 1131 (17 décembre 1959)[103].

La grande majorité des série habituelles sont présentes cette année. La Patrouille des Castors avec Le Secret des Monts Tabou publiée du no 1082 (8 janvier 1959) au no 1116 (3 septembre 1959) et Le Hameau englouti publiée du no 1117 (10 septembre 1959) au no 1144 (17 mars 1960)[60]. Saki et Zunie avec Les Hommes des steppes du no 1082 (8 janvier 1959) au no 1092 (19 mars 1959) et La Grande forêt du no 1118 (17 septembre 1959) au no 1131 (17 décembre 1959)[93]. Une histoire de Thierry le chevalier intitulée Le Roi captif publiée du no 1084 (22 janvier 1959) au no 1115 (27 août 1959)[101]. A la poursuite du soleil ! et Au-delà du Pacifique sont deux histoires de la série Marc Dacier publiées respectivement du no 1085 (29 janvier 1959) au no 1116 (3 septembre 1959) et du no 1118 (17 septembre 1959) au no 1140 (18 février 1960)[97]. La série Les Timour est présente avec deux histoires, Le Cavalier sans visage du no 1093 (26 mars 1959) au no 1119 (24 septembre 1959) et La Francisque et le cimeterre du no 1124 (29 octobre 1959) au no 1145 (24 mars 1960)[54]. Johan et Pirlouit avec Les Sept fontaines du no 1094 (2 avril 1959) au no 1139 (11 février 1959)[46]. Les Aventures de Buck Danny avec Prototype FX-13 publiée du no 1104 (11 juin 1959) au no 1125 (5 novembre 1959) et Escadrille ZZ publiée du no 1127 (19 novembre 1959) au no 1148 (14 avril 1960)[21]. En remontant le Mississippi de Lucky Luke est publiée du no 1111 (30 juillet 1959) au no 1132 (24 décembre 1959)[15]. Les Mangeurs de citrons histoire de la série Le Vieux Nick publiée du no 1112 (6 août 1959) au no 1141 (25 février 1960)[95]. Les Cargos du crépuscule de Gil Jourdan publiée du no 1113 (13 août 1959) au no 1137 (28 janvier 1960)[73]. Jean Valhardi dans l'histoire Le Secret de Neptune du no 1116 (3 septembre 1959) au no 1137 (28 janvier 1960)[17]. Dernière apparition de la série Alain Cardan avec L'Exode de la Croix Ansée publiée du no 1121 (8 octobre 1959) au no 1142 (3 mars 1960)[84].

La vache, le super-héros et les nouveautés[modifier | modifier le code]

L'année 1960, voit peu de changement dans le journal, le seul notable est le lancement d'une nouvelle formule à partir du no 1184 (22 décembre 1960) avec une nouvelle couverture animée par Roba. Dans cette nouvelle formule, chaque numéro est divisé en trois, une partie bande dessinées, une partie mini-récit et une partie rédactionnelle[110]. Une animation est mis en place dans le journal à partir du no 1175 (20 octobre 1960), pour une campagne de promotion du lait en Belgique, la rédaction fait croire aux lecteurs qu'il y a une vache dans les locaux du journal introduite par Gaston Lagaffe[111]. Pendant plusieurs semaines, cette vache est le sujet des gags de la série et de dessin humoristique dans l'hebdomadaire, puis dans le no 1183 (15 décembre 1960), Gaston Lagaffe est mis à la porte par monsieur Dupuis, tombé nez à nez avec la vache dans la salle de rédaction. Après une mobilisation des lecteurs, Gaston Lagaffe est réembauché et peut continuer ses gaffes dans le journal comme avant[112]. Après deux ans d'absence, la série Tif et Tondu est de retour dans les pages de l'hebdomadaire désormais dessiné par Marcel Denis. La première histoire de ce nouvelle auteur s'intitule Tif et Tondu à Hollywood et est publiée du no 1135 (14 janvier 1960) au no 1160 (7 juillet 1960)[110].

Plusieurs séries sont créées cette année, mais la plus marquante est Benoît Brisefer de Peyo. Cette série avait d'abord été créée pour le quotidien belge Le Soir afin de remplacer une autre série de Peyo nommée Poussy que monsieur Dupuis souhaitait rapatrié dans Spirou. Apprenant le projet de la nouvelle série, monsieur Dupuis oublie Poussy et veut absolument ce nouveau héros pour son journal[113]. La première histoire Les Taxis Rouges est publiée du no 1183 (15 décembre 1960) au no 1224 (28 septembre 1961)[114]. Autres créations, Simba Lee de Herbert et Jean-Michel Charlier avec l'histoire Safari vers Dialo publiée du no 1138 (4 février 1960) au no 1163 (28 juillet 1960)[115], Pegg de Pat Mallet avec l'histoire Pegg en Amazonie publiée du no 1141 (25 février 1960) au no 1161 (14 juillet 1960)[116], Patrick Lourpidon d'Eddy Ryssack et Finas avec l'histoire Le Voyage interplanétaire de Patrick Lourpidon publiée du no 1147 (7 avril 1960) au no 1189 (26 janvier 1961)[117] et Théophile et Philibert de Paul Deliège avec l'histoire Théophile et le Phosphopoil publiée du no 1172 (29 septembre 1960) au no 1193 (23 février 1960)[118]. Dans les séries déjà installé, première apparition du personnage de Barbe-Noire dans la série Le Vieux Nick dans l'histoire L'Île de la main ouverte publiée du no 1145 (24 mars 1960) au no 1166 (18 août 1960) qui par la suite va prendre tellement d'importance dans la série qu'elle sera renommée Le Vieux Nick et Barbe-noire[Note 6] et que le personnage de Vieux Nick n’apparaîtra plus dans certaine histoire courte[119], Les Mutinés de la Sémillante, autre histoire de la série, est publiée du no 1183 (15 décembre 1960) au no 1204 (11 mai 1961)[95]. Boule et Bill sort des mini-récit pour les pages régulières du journal dans le no 1146 (31 mars 1960) avec l'histoire complète de quatre planches intitulée Poisson vole, la série passe ensuite sous forme de gag quotidien à partir du no 1169 (8 septembre 1960). Trois numéros spéciaux cette année avec un dessin animé de Morris dans le spécial Pâques (no 1147 du 7 avril 1960) et un agenda dans le spécial Noël (no 1183 du 15 décembre 1960)[110].

Les histoires publiées dans l'année, Sur la piste des Dalton de Lucky Luke publiée du no 1138 (4 février 1960) au no 1159 (30 juin 1960) et À l'ombre des derricks publiée du no 1161 (14 juillet 1960) au no 1182 (8 décembre 1960)[15]. Le Maître de la Sierra de Jerry Spring publiée du no 1138 (4 février 1960) au no 1168 (1er septembre 1960)[58]. L'Ombre du Z de Spirou et Fantasio publiée du no 1140 (18 février 1960) au no 1183 (15 décembre 1960)[11]. Pascal contre les espions de la série Cirque Spirou publiée du no 1149 (21 avril 1960) au no 1169 (8 septembre 1960)[108]. Les Secrets de la mer de corail de Marc Dacier publiée du no 1151 (5 mai 1960) au no 1174 (13 octobre 1960) et Le péril guette sous la mer du no 1183 (15 décembre 1960) au no 1207 (1er juin 1961)[97]. Timour d'Armor de la série Les Timour publiée du no 1151 (5 mai 1960) au no 1171 (22 septembre 1960) et Mission à Byzance publiée du no 1175 (20 octobre 1960) au no 1196 (16 mars 1961)[54]. Le Retour des Tigres Volants de Buck Danny publiée du no 1160 (7 juillet 1960) au no 1181 (1er décembre 1960) et Les Tigres Volants à la rescousse ! publiée du no 1183 (15 décembre 1960) au no 1209 (15 juin 1961)[21]. Le Traître sans visage de La Patrouille des Castors publiée du no 1161 (14 juillet 1960) au no 1182 (8 décembre 1960)[60]. Poursuites sur la Murray de Sandy publiée du no 1164 (4 août 1960) au no 1185 (29 décembre 1960)[106]. L'Anneau des Castellac de Johan et Pirlouit publiée du no 1167 (25 août 1960) au no 1201 (20 avril 1961)[46]. L'Enfer de Xique-Xique de Gil Jourdan publiée du no 1170 (15 septembre 1960) au no 1191 (9 février 1961)[73]. La Couronne de fer de Thierry le Chevalier publiée le no 1183 (15 décembre 1960) au no 1226 (12 octobre 1961)[101].

Les mini-récits cartonnent[modifier | modifier le code]

Lancés depuis trois ans, les mini-récits permettent non seulement aux auteurs de débuter sérieusement pour les plus jeunes et s'amuser pour les plus anciens, mais aussi de tester des héros qui peuvent par la suite intégrer les pages régulière du journal[120]. Le mini-récit du no 1204 (11 avril 1961) a ainsi pour sujet un bagnard obsédé par l'idée de s'évader de sa prison. Appelée Bobo, cette série est imaginée par Maurice Rosy qui propose à Paul Deliège de la dessiner. À son grand étonnement, la série plaît à Charles Dupuis, alors que ce nouveau héros est à mille lieues des critères du héros idéal du grand patron de Spirou. La première histoire s'intitule Bobo s'évade[121]. Dans le no 1196 (23 mars 1961), les lecteurs découvrent le Flagada, un drôle d'animal rond et jaune avec une queue à hélice dessiné par Charles Degotte. Il vit sur une île paradisiaque, mais est troublé par l'arrivée du chasseur de fauves Alcide Citrix qui a pour mission de capturer un Flagada[Note 7]. Le premier récit publié s'intitule Prenez garde au Flagada ![122]. Noël Bissot lance une série avec deux Esquimaux, Youk et Yak dans le no 1201 (20 avril 1961)[123]. En dehors des mini-récits, Jidéhem lance le personnage de Starter, qui jusque-là animait la chronique auto du même nom, dans sa propre bande dessinée dont la première histoire intitulée Starter contre les casseurs est publiée du no 1208 (8 juin 1961) au no 1234 (7 décembre 1961)[124].

À partir du no 1192 (16 février 1961), la moitié des pages en noir et blanc passent en bichrome. La couverture change à partir du no 1188, la partie haute est occupée par une illustration de Roba sur la série vedette de la semaine et la partie basse par une demi-planche de Benoît Brisefer ou de Spirou et Fantasio[124]. Cette dernière série connaît une publication compliquée. L'histoire QRM sur Bretzelburg commence sa publication dans le no 1205 (18 mai 1961) avec le rythme normal de trois demi-planches par numéro (une demi-planche sur la couverture et deux autres sur la page suivante). Au no 1212 (6 juillet 1961), elle tombe à deux demi-planches en quatrième de couverture, puis à une demi-planche publiée en couverture à partir du no 1221 (7 septembre 1961). Cette baisse du rythme de publication est due à une dépression d'André Franquin qui va bientôt l'obliger à arrêter totalement la production de l'histoire pendant plus d'un an[125]. Trois numéros spéciaux paraissent dans l'année, un à Pâques (no 1198 du 30 mars 1961) qui contient soixante pages, un pour les vacances (no 1211 du 29 juin 1961) de cinquante-six pages et un supplément de cinquante timbres à l'effigie des héros du journal, et un pour Noël (no 1235 du 14 décembre 1961) de soixante pages et deux mini-récits dont La Faim des Schtroumpfs de Peyo et La Roue de Maurice Tillieux[124].

Cette année encore de nombreux ténors sont présents dans les pages de l'hebdomadaire, Lucky Luke dans Les Rivaux de Painful Gulch, histoire publiée du no 1186 (5 janvier 1961) au no 1207 (1er juin 1961), ainsi que dans Billy the Kid publiée du no 1210 (22 juin 1961) au no 1231 (16 novembre 1961) et Les Collines noires du no 1232 (23 novembre 1961) au no 1253 (19 avril 1962)[15]. Simba Lee dans La Réserve de Karapata publiée du no 1192 (16 février 1961) au no 1214 (20 juillet 1961), c'est la dernière apparition de cette série dans le journal[115]. Jerry Spring dans La Route de Coronado publiée du no 1192 (16 février 1961) au no 1213 (13 juillet 1961)[58]. Sandy dans Le Tigre de Tasmanie publiée du no 1195 (9 mars 1961) au no 1216 (3 août 1961) et Le Mystère de la grande barrière du no 1217 (10 août 1961) au no 1238 (4 janvier 1961)[106]. Tif et Tondu dans Ne tirez pas sur l'hippocampe publiée du no 1201 (20 avril 1961) au no 1236 (21 décembre 1961)[18]. La Patrouille des Castors dans Le Signe indien publiée du no 1205 (18 mai 1961) au no 1248 (15 mars 1962)[60]. Les Timour dans Le Drakkar rouge publiée du no 1208 (8 juin 1961) au no 1229 (2 novembre 1961) et Alerte sur le fleuve du no 1237 (28 décembre 1961) au no 1258 (24 mai 1962)[54]. Jean Valhardi dans Rendez-vous sur le Yukon publiée du no 1212 (6 juillet 1961) au no 1251 (5 avril 1962)[17]. Le Vieux Nick dans Dans la gueule du dragon publiée du no 1214 (20 juillet 1961) au no 1249 (22 mars 1962)[95]. Théophile et Philibert dans L'Étrange passe temps de Boleslas Kromitch publiée du no 1215 (27 juillet 1961) au no 1236 (21 décembre 1961)[118]. Buck Danny dans Tigres volants contre pirates publiée du no 1225 (5 octobre 1961) au no 1246 (1er mars 1962)[21]. Gil Jourdan dans Surboum pour quatre roues publiée du no 1225 (5 octobre 1961) au no 1248 (15 mars 1962)[73]. Pegg dans La Tiare de Chouboul-Toukroum publiée du no 1226 (12 octobre 1961) au no 1266 (19 juillet 1962)[116]. Marc Dacier dans Les Sept Cités de Cibola publiée du no 1230 (9 novembre 1961) au no 1251 (5 avril 1962)[97]. Johan et Pirlouit dans Le Pays maudit publiée du no 1235 (14 décembre 1961) au no 1276 (27 septembre 1962)[46].

André Franquin malade[modifier | modifier le code]

Dès le premier numéro de l'année (no 1238 du 4 janvier 1962), les lecteurs trouvent à la place de l'histoire QRM sur Bretzelburg de Spirou et Fantasio un édito d'Yvan Delporte (sous le pseudonyme de Spirou) qui explique que l'auteur de la série, André Franquin, est très malade et qu'il ne peut plus continuer au même rythme l'histoire de la série vedette du journal. Depuis déjà plusieurs semaines le rythme de parution de l'histoire avait baissé pour tomber à une demi-planche publiée chaque semaine[125]. André Franquin souffre en fait d'une dépression apparue quand son éditeur lui a refusé l'utilisation pour la troisième fois de suite du personnage de Zorglub[126]. Cette dépression va se doubler d'une hépatite virale qui va le terrasser pendant plusieurs mois[125]. Toutefois et contre l'avis de ses médecins, André Franquin va continuer à produire, avec l'aide de son assistant Jidéhem, sa planche hebdomadaire de Gaston pour le journal[127]. Comme la série vedette ne peut-être absente longtemps du journal, la rédaction en profite pour republier l'histoire Les Petits Formats du no 1273 (6 septembre 1962) au no 1302 (28 mars 1963), une histoire qui avait été publiée en 1958 dans le quotidien français Le Parisien libéré pour faire mieux connaître la série auprès du public français[128].

À partir du no 1265 (12 juillet 1962) le journal passe à quarante-huit pages avec en plus un mini-récit, la moitié des pages est en couleur et l'autre en bichromie. Le gag hebdomadaire de Gaston passe en couverture du journal[129]. Beaucoup de nouveauté et notamment La Ribambelle de Roba, une série inspirée d'une histoire de quatre planches, intitulée Opération ciseaux, publiée dans le no 1041 (27 mars 1958) par Jo-El Azara. Cette série raconte les aventures d'une bande enfant (Phil, Grenadine, Archibald, Dizzy et les jumeaux Atchi et Atcha) aux origines diverses. La première histoire intitulée La Ribambelle gagne du terrain est publiée du no 1247 (8 mars 1962) au no 1267 (26 juillet 1962), elle est suivi de La Ribambelle en Écosse publiée du no 1278 (11 octobre 1962) au no 1299 (7 mars 1963)[130]. Après une courte expérience comme directeur artistique du journal Tintin, Will revient dans les pages de Spirou trouvant le travail à Tintin trop administratif et pas assez créatif[131]. Pour son retour, il crée sur scénario de Vicq (qui signe Antoine Raymond), la série Éric et Artimon dont le premier récit est publiée du no 1252 (14 avril 1962) au no 1273 (6 septembre 1962) et s'intitule Le Tyran en acier chromé[132]. Herbert et Charles Jadoul lancent la série Diégo avec l'histoire Le Pays des quatre vents publiée du no 1287 (13 décembre 1962) au no 1308 (9 mai 1963)[133], Gérald Forton l'unique histoire de Capitaine Morgan du no 1279 (18 octobre 1962) au no 1300 (14 mars 1963)[134]. Paul Jamin (sous le pseudonyme Alfred Gérard) produit la seule histoire d'Ernest Lecrac intitulée Le Vol du Bourdon publiée du no 1252 (12 avril 1962) au no 1274 (13 septembre 1962)[135]. Sur scénario de Vicq, Paul Dubar dessine l'histoire La Graminée de la Colère publiée du no 1269 (9 août 1962) au no 1292 (17 janvier 1962)[136] et première grande histoire à suivre d'Arthur Piroton avec Le Grand Raid, puis Une tuyère pour Euridice de la série Michel et Thierry scénarisé par Charles Jadoul. La première est publiée du no 1239 (11 janvier 1962) au no 1260 (7 juin 1960) et la seconde du no 1261 (14 juin 1962) au no 1282 (8 novembre 1962)[137]. Jacques Devos et Hubuc signent Victor Sébastopol à partir du no 1288 (20 décembre 1962), une série composée d'histoire courte sur agent secret allemand[138]. C'est série vont avoir beaucoup de mal aux référendums du journal, étant en concurrence avec des séries déjà bien installée elles ne vont avoir le droit de ne produire qu'une seule ou deux histoires avant de disparaître définitivement des pages de Spirou[139]. Des nouveaux auteurs vont dessiner des mini-récits, Francis, Lucien De Gieter, Jacques Devos, Hubuc, Bob de Groot, Matagne, Verli. La série américaine Peanuts (avec le chien Snoopy) de Charles Monroe Schulz est publiée à quelques reprises dans les mini-récits[129].

Du côté des grosses séries sont publiées, du no 1249 (22 mars 1962) au no 1283 (15 novembre 1962) Opération Mercury de la série Buck Danny et du no 1284 (22 novembre 1962) au no 1310 (23 mai 1962) Les Voleurs de satellites de la même série[21]. Du no 1252 (12 avril 1962) au no 1273 (6 septembre 1962) El Zopilote de la série Jerry Spring[58]. Du no 1254 (26 avril 1962) au no 1275 (20 septembre 1962) Les Trafiquants du Bush et du no 1289 (27 décembre 1962) au no 1310 (23 mai 1962) Jack le vagabond. Deux histoires de la série Sandy et Hoppy[106]. Du no 1256 (10 mai 1962) au no 1277 (4 octobre 1962) Les Dalton dans le blizzard et du no 1281 (1er novembre 1962) au no 1302 (28 mars 1962) La Caravane. Des histoires de Lucky Luke[15]. Du no 1259 (31 mai 1962) au no 1280 (25 octobre 1962) Aux mains des Akwabons de la série Le Vieux Nick[95]. Du no 1264 (5 juillet 1962) au no 1285 (29 novembre 1962) Les Moines rouges de la série Gil Jourdan[73]. Du no 1267 (26 juillet 1962) au no 1288 (2 décembre 1962) L'Homme aux mains d'or de Théophile. Il s'agit de la dernière publication de cette série[118]. Du no 1275 (20 septembre 1962) au no 1296 (14 février 1963) Le Serment d'Hastings de la série Les Timour[54]. Du no 1276 (27 septembre 1962) au no 1297 (21 février 1963) Les Loups écarlates de la série La Patrouille des Castors[60]. Du no 1277 (4 octobre 1962) au no 1298 (28 février 1963) La Main noire de la série Marc Dacier[97]. Les numéros spéciaux de l'année 1962 sont le no 1252 (12 avril 1962) spécial Pâques avec un poster géant des frères Dalton. Le premier poster offert en supplément de Spirou. Le no 1264 (5 juillet 1962) spécial Vacances avec en supplément un dessin en relief et couleurs de Morris et le no 1287 (13 décembre 1962) spécial Noël avec deux fresques de un mètre vingt de long[129].

Courtes histoires complètes humoristiques[modifier | modifier le code]

Après les histoires réalistes de l'Oncle Paul et les mini-récits qui permettent de tester réellement les jeunes auteurs, le rédacteur en chef Yvan Delporte va lancer une troisième sorte d'histoire complète, cette fois pour les auteurs humoristique[140]. Hubuc et Jacques Devos lancent Victor Sébastopol à partir du no 1288[138], une série ironique ou un agent secret vaniteux raconte ses mémoires alors que les illustrations montrent la réalité beaucoup moins éblouissante. Autre série du duo, Histoire sans paroles dans le no 1318[141]. Le même Jacques Devos écrit des scénarios pour Salvérius et créé la série Whamoka (qui devient rapidement Whamoka et Whikilowat) qui raconte de façon humoristique la vie des amérindiens à partir du no 1320 (1er août 1963)[142]. Dans le no 1293 (24 janvier 1963), Paul Deliège lance Hercule et les autres qui compte les rencontres farfelus d'un personnage à la bonne humeur joviale[143]. Dans les mini-récits, le prolifique Jacques Devos créé la série Génial Olivier dans le no 1321 (8 août 1963), qui raconte les farces d'Olivier Delabranche qui a la particularité d'être à la fois un génie et un cancre à l'école au grand malheur de son instituteur Monsieur Rectitude[144], ainse que la série Superherman dans le no 1302 (28 mars 1963). Dans les pages régulières, le duo Maurice Rosy-Paul Deliège publie du no 1341 (26 décembre 1963) au no 1362 (21 mai 1964) une histoire humoristique intitulée Le Casque aux gants de planches. Malgré cette recrudescence de l'humour dans les derniers mois, le réalisme domine toujours avec environ 60 % des bandes dessinées qui paraissent dans le journal. Trois numéros spéciaux voient le jour en 1963, le no 1303 (4 avril 1963) fête les vingt-cinq ans d'hebdomadaire avec pas moins de cent trente-deux pages et sept récits complets. Plus classique est le no 1316 (4 juillet 1963) pour les vacances avec soixante-huit pages et un phénakistiscope, ainsi que le no 1339 (12 décembre 1963) spécial Noël de cent pages et neuf histoires complètes dont le retour de Blondin et Cirage avec Le Merveilleux Noël de Blondin et Cirage[145].

Les histoires de l'année sont, Pancho hors la loi et Les Broncos du Montana de Jerry Spring publiées respectivement du no 1290 (3 janvier 1963) au no 1311 (30 mai 1963) et du no 1322 (15 août 1963) au no 1343 (9 janvier 1963)[58]. Madame Adolphine de Benoît Brisefer publiée du no 1292 (17 janvier 1963) au no 1326 (12 septembre 1963)[114]. La Maison d'en face de Starter publiée du no 1297 au no 1318. Sa majesté se rebiffe de Le Vieux Nick publiée du no 1298 (28 février 1963) au no 1319 (25 juillet 1963)[95]. L'Abominable homme des Andes et L'Empire du soleil de Marc Dacier publiées respectivement du no 1299 (7 mars 1963) au no 1320 (1er août 1963) et du no 1323 (22 août 1963) au no 1344 (16 janvier 1963)[97]. Mystère en Camargue de La Patrouille des Castors publiée du no 1300 (14 mars 1963) au no 1321 (8 août 1963)[60]. La Pluie était sèche et Un royaume pour un puffin de Michel et Thierry publiée respectivement du no 1301 (21 mars 1963) au no 1322 (15 août 1963) et du no 1327 (19 septembre 1963) au no 1348 (13 février 1964)[137]. L'Ombre du Cid et La Galère pirate des Timour publiée respectivement du no 1303 (4 avril 1963) au no 1324 (29 août 1963) et du no 1334 (7 novembre 1963) au no 1355 (2 avril 1964)[54]. La suite de QRM sur Bretzelburg de Spirou et Fantasio est publiée du no 1303 (4 avril 1963) au no 1340 (19 décembre 1963)[11]. La Ville fantôme et Les Dalton se rachètent de Lucky Luke publiée respectivement du no 1306 (25 avril 1963) au no 1327 (19 septembre 1963) et du no 1331 (17 octobre 1963) au no 1352 (12 mars 1964)[15]. Toute la gomme de Éric et Artimon du no 1309 (16 mai 1963) au no 1330 (10 octobre 1963)[132]. Le Kangourou sacré et Au Pays du Kiwi de Sandy publiée respectivement du no 1311 (30 mai 1963) au no 1328 (26 septembre 1963) et du no 1329 (3 octobre 1963) au no 1350 (27 février 1964)[106]. Le Retour de Valhardi de Jean Valhardi publiée du no 1312 (6 juin 1963) au no 1333 (31 octobre 1963)[17]. Les Trois Taches de Gil Jourdan publiée du no 1319 (25 juillet 1963) au no 1340 (19 décembre 1963)[73]. X-15 de Buck Danny publiée du no 1320 (1er août 1963) au no 1342 (2 janvier 1964)[21]. La Ribambelle s'envole de La Ribambelle publiée du no 1325 (5 septembre 1963) au no 1355 (2 avril 1964)[130]. Les Assiégés de Matchu-Pitchu de Diégo publiée du no 1328 (26 septembre 1963) au no 1349 (20 février 1964)[133]. Après leurs succès dans les mini-récits, Les Schtroumpfs intègrent les pages régulières de l'hebdomadaire avec l'histoire Schtroumpfonie en ut publiée du no 1339 (12 décembre 1963) au no 1351 (5 mars 1964)[146]. Marine et Canale lancent une nouvelle série Roch Rafal avec l'histoire Le Faucon des tropiques publiée du no 1321 (8 août 1963) au no 1342 (2 janvier 1964)[147].

De Tintin à Spirou : Raymond Macherot[modifier | modifier le code]

En 1964, Raymond Macherot, l'un des piliers du journal Tintin, quitte les éditions Le Lombard pour les éditions Dupuis et le journal Spirou, la cause de ce départ est un différend avec l'éditeur et aussi pour des copains auteurs s'y trouvaient[148]. Auteur de plusieurs séries à succès comme Chlorophylle ou Clifton, il doit les abandonner et les céder aux Lombard pour passer chez la concurrence[149]. La première série de Raymond Macherot dans Spirou, s'intitule Chaminou et est publiée du no 1353 (19 mars 1964) au no 1381 (1er octobre 1964) avec l'histoire Chaminou et le Khrompire[150]. Cette série policière va être descendu aussi bien par les éditeurs que par les amis auteurs de Raymond Macherot qui lui reproche de faire une série trop « noir »[151], seul Charles Dupuis souhaite une seconde histoire de Chaminou, mais le fait que le public ne suivent pas non plus va décourager Raymond Macherot et lui faire abandonner ce héros après seulement une seule histoire[152]. L'année suivante, il lance la série Sibylline[153].

D'autres nouveautés arrivent dans le journal, Marcel Remacle et Marcel Denis créés Hultrasson, une série humoristique sur les vikings publiée pour la première fois du no 1351 (5 mars 1964) au no 1372 (30 juillet 1964) avec l'histoire Fais-moi peur Viking[154]. Série publiée à l'international sous forme de stips muet, Max l'explorateur de Guy Bara rejoint Spirou[155] avec l'histoire Histoire provisoirement sans titre publiée du no 1363 au no 1365, puis l'histoire Max et le triangle noir du no 1366 au no 1387, cette dernière est sur scénario de Maurice Rosy[156]. Pour l'occasion la série devient parlante[155]. Dans l'histoire L'Œuf de Karamazout de la série Starter publiée du no 1345 au no 1365[157] apparaît pour la première fois une petite fille nommé Sophie Karamazout. L'auteur, Jidéhem, souhaite depuis longtemps lancer une héroïne dans Spirou, mais il s'est toujours heurté au refus de l'éditeur qui a peur de la censure encore féroce à l'époque et qui ne voit pas l'utilité d'une héroïne dans un journal pour garçon. Néanmoins, Charles Dupuis, l'autorise à introduire une petite fille dans la série Starter. La réaction du public va être immédiate et positive, la série Starter va devenir Sophie au point que le personnage principal, Starter, va carrément disparaître de la série et que L'Œuf de Karamazout est publiée par la suite en album sous le titre Sophie[158]. Jijé, Herbert, Charles Jadoul lancent la série Docteur Gladstone avec les histoires Docteur Gladstone et Zone interdite publiées respectivement du no 1372 au no 1378 et du no 1388 au no 1402[159]. Will récupère la série Tif et Tondu abserte depuis trois ans des pages de l'hebdomadaire, parait Choc au Louvre du no 1350 (27 février 1964) au no 1370 (16 juillet 1964) et La Villa du Long-Cri du no 1373 (6 août 1964) au no 1394 (31 décembre 1964) sur scénario de Maurice Rosy[18]. Plusieurs créations éphémères, Cyril Sinclair avec L'Énigme de la formule JKO2 de Gérald Forton et Marine publiée du no 1366 (18 juin 1964) au no 1387 (12 novembre 1964). Finemouche et Fiasco avec Smog à gogo de Jean Mahaux et André Lange publiée du no 1380 (24 septembre 1964) au no 1401 (18 février 1965). Les Aventures de Marco Polo par Jean-Michel Charlier, Octave Joly et Paul Ramboux publiée du no 1367 (25 juin 1964) au no 1388 (19 novembre 1964)[160]. Début dans le no 1392 de la chronique Neuvième Art de Morris et Vankeer, qui a pour but de parler des auteurs et séries pionnières de la bande dessinée. C'est la première fois que la bande dessinée est qualifiée de neuvième art[161]. Trois numéros spéciaux, le no 1354 spécial Printemps de cent-douze pages, (1354, 112 pages), le no 1368 spécial Vacances de cent-quatre pages et six cartes postales ainsi que des décalcomanies) et le no 1392 spécial Noël de cent pages[160].

Les histoires à suivre publiées cette année sont, L'Or du « El Terrible » du Vieux Nick publiée du no 1343 (9 janvier 1964) au no 1366 (18 juin 1964)[95]. La Couronne cachée et Le Chaudron du Diable de La Patrouille des Castors publiées respectivement du no 1343 (9 janvier 1964) au no 1364 (4 juin 1964) et du no 1378 (10 septembre 1964) au no 1399 (4 février 1965)[60]. Le Grand Rush de Jean Valhardi du no 1344 (16 janvier 1964) au no 1365 (11 juin 1964)[17]. Labyrinthe de Alertogas du no 1346 (30 janvier 1964) au no 1353 (19 mars 1964)[162]. Les Négriers du ciel et Chasse à l'homme de Marc Dacier publiées respectivement du no 1349 (20 février 1964) au no 1370 (16 juillet 1964) et du no 1385 (29 octobre 1964) au no 1406 (25 mars 1965)[97]. Alerte à Cap Kennedy et Le Mystère des avions fantômes de Buck Danny publiées respectivement du no 1355 (2 avril 1964) au no 1376 (27 août 1964) et du no 1393 (24 décembre 1964) au no 1414 (20 mai 1965)[21]. Le 20e de cavalerie et L'Escorte de Lucky Luke publiées respectivement du no 1356 (9 avril 1964) au no 1377 (3 septembre 1964) et du no 1380 (24 septembre 1964) au no 1401 (18 février 1965)[15]. Destination Darwin et Le Docteur volant de Sandy publiées respectivement du no 1357 (16 avril 1964) au no 1378 (10 septembre 1964) et du no 1379 (17 septembre 1964) au no 1400 (11 février 1965)[106]. Les Saint-Bernard du toit du monde et Mylène et ses carats de Michel et Thierry publiées respectivement du no 1363 (28 mai 1964) au no 1373 (6 août 1964) et du no 1374 (13 août 1964) au no 1395 (7 janvier 1965)[137]. Mon ami Red Lover et Le Loup solitaire de Jerry Spring publiées respectivement du no 1365 au no 1377 et du no 1382 au no 1390[58]. Le Fils du croisé des Timour du no 1371 (23 juillet 1964) au no 1392 (17 décembre 1964)[54]. La Ribambelle engage du monde et La Ribambelle au bassin de La Ribambelle publiées respectivement du no 1377 (3 septembre 1964) au no 1384 (22 octobre 1964) et du no 1391 (10 décembre 1964) au no 1398 (28 janvier 1965)[130]. Le Schtroumpfissime des Schtroumpfs publiée du no 1378 (10 septembre 1964) au no 1414 (20 mai 1965)[146]. A pleines voiles vers l'aventure de Roch Rafal publiée du no 1388 (19 novembre 1964) au no 1398 (28 janvier 1965)[147]. Le Gant à trois doigts de Gil Jourdan publiée du no 1389 (26 novembre 1964) au no 1410 (22 avril 1965)[73]. La série Spirou et Fantasio est présente non pas avec une bande dessinée, mais un récit illustré par André Franquin et écrit par Yvan Delporte intitulé Les Robinsons du Rail[160] publiée du no 1354 (26 mars 1964) au no 1363 (28 avril 1964)[11].

L'Humour prend le pouvoir[modifier | modifier le code]

Au cours de l'année 1965, l'humour va dépasser les 50 % de la publication de Spirou[163]. Malgré le raté de Chaminou, Raymond Macherot ne se décourage pas et créé une nouvelle série intitulée Sibylline. Une série assez proche de Chlorophylle qu'il animait dans le journal Tintin. La série est plus « gentille », le méchant, Anathème, étant plus ridicule que méchant[153]. Kiko revisite Les Mille et Une Nuits avec la série Foufi qui va marquer par sa multitude de détails dans le dessin de l'Orient[164]. La première histoire, Foufi et l'héritage enchanté, est publiée du no 1413 (13 mai 1965) au no 1424 (29 juillet 1965). La seconde, Les Voleurs volants, l'est du no 1425 (5 août 1965) au no 1434 (7 octobre 1965)[165]. À partir du no 1438 (4 novembre 1965), sont publiés les gags de Poussy de Peyo. Paraissant auparavant dans Le Soir Jeunesse, ils sont mis en couleurs à l'occasion de la republication dans Spirou. Si Poussy fait son apparition dans le journal, c'est que Peyo, devenu auteur vedette, gardait une tendresse certaine pour cette série qui lui avait permis de débuter[166]. Dans les mini-récits, Paul Deliège crée Cabanon dans le no 1421 (8 juillet 1965)[167]. Retour de la série Spirou et Fantasio avec l'histoire Bravo les Brothers publiée du no 1435 (14 octobre 1965) au no 1455 (3 mars 1966), une histoire fortement inspirée de l'univers de la série Gaston, il s'agit de la seule histoire de sa production qui faisait rire André Franquin[168]. Changement dans des séries déjà installées, Le Vieux Nick devient définitivement Barbe-Noire et Starter est définitivement supplémenté par Sophie[163] à partir de l'histoire courte publiée dans le no 1408 (8 avril 1965)[169]. À partir du no 1436 (21 octobre 1965), Yvan Delporte crée une rubrique rédactionnelle, dessinée par André Franquin, qui mes en scène le personnage de Gaston Lagaffe. Elle s'intitule En direct de la rédaction et raconte des gaffes du héros-sans-emploi sous forme de textes illustrés[170]. Début de Derib avec des récits de l'Oncle Paul. À partir du no 1435 (14 octobre 1965), la couverture change, la demi-planche est remplacé par un dessin pleine page[163].

Pour l'année 1965 sont publiées les histoires, Dans le sillage des Argonautes de la série Alertogas du no 1395 (7 janvier 1965) au no 1412 (6 mai 1965)[162]. L'Oiseau flamboyant et Le Sceau du Templier des Timour publiées respectivement du no 1396 (14 janvier 1965) au no 1417 (10 juin 1965) et du no 1429 (2 septembre 1965) au no 1450 (27 janvier 1966)[54]. Les Flèches de nulle part et La Poupée ridicule de Tif et Tondu publiées respectivement du no 1399 (4 février 1965) au no 1420 (1er juillet 1965) et du no 1432 (23 septembre 1965) au no 1458 (24 mars 1966)[18]. Le Duel des idoles de Jean Valhardi du no 1399 (4 février 1965) au no 1420 (1er juillet 1965)[17]. Le Boutefeu et Les Otages du José-Antonio publiées respectivement du no 1400 (11 février 1965) au no 1421 (8 juillet 1965) et du no 1422 (15 juillet 1965) au no 1449 (20 janvier 1966)[137]. Le Trois-mâts fantôme du Vieux Nick du no 1401 (18 février 1965) au no 1422 (15 juillet 1965)[95]. Hultrasson chez les Scots d'Hultrasson du no 1402 (25 février 1965) au no 1423 (22 juillet 1965)[154]. Moïra et Les Nomades du désert de Sandy et Hoppy respectivement du no 1403 (4 mars 1965) au no 1424 (29 juillet 1965) et du no 1425 (5 août 1965) au no 1446 (30 décembre 1965)[106]. L'Orteil de Vichnou de Max l'explorateur du no 1407 (1er avril 1965) au no 1428 (26 août 1965)[156]. Des barbelés sur la prairie et Calamity Jane de Lucky Luke respectivement du no 1411 (29 avril 1965) au no 1432 (23 septembre 1965) et du no 1437 (28 octobre 1965) au no 1458 (24 mars 1966)[15]. Le Mystère de l'autobus hanté de la Patrouille des Castors du no 1415 (27 mai 1965) au no 1436 (21 octobre 1965) [60]. Les Vengeurs du Sonora de Jerry Spring du no 1417 (10 juin 1965) au no 1438 (4 novembre 1965)[58]. Refus d'assistance de Docteur Gladstone du no 1418 (17 juin 1965) au no 1442 (2 décembre 1965)[159]. L'Or du « Vent d'est » de Marc Dacier du no 1423 (22 juillet 1965) au no 1451 (3 février 1966)[97]. Alerte atomique de Buck Danny du no 1426 (12 août 1965) au no 1458 (24 mars 1966)[21].

Humour en tout genre[modifier | modifier le code]

L'année 1966 est dans la continuité de la précédente avec 60 % des pages du journal consacré à l'humour[171]. Avec Marc Lebut et son voisin, Maurice Tillieux écrit ses premiers scénarios pour un autre en la personne de Francis. Cette série humoristique publiée à partir du no 1452 du , plus connu sous le surnom de La Ford T, mes en scène le snob Marc Lebut, sa Ford T et son voisin Monsieur Goular, lui même inspiré d'un personnage nommé Monsieur Bulle que Francis dessine dans le journal Record[172]. Tout en travaillant pour Peyo, Lucien De Gieter créé Tôôôt et Puit dans le no 1456 du 10, une série d'humour bon enfant sur une sirène et un pêcheur de perles[173]. Dans le même genre, Alain Michaud et Jacques Lecamus lancent, dans le no 1475 du Les Pépés flingueurs, une série sur deux vieux chercheurs d'or qui s'affrontent[174] et des séries éphémères dans le même registre paraissent et disparaissent rapidement dans Spirou, Adolphe, Farfelu, Bigoudi, Sépadeffasson le Viking ou encore Sylvain Tripoté. Un humour plus « intellectuel » est aussi représenté avec Wilbur et Cie ou encore Monsieur Plume[171].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  142. Collectif, « Whamoka et Whikilowat dans le journal de Spirou », sur Bdoubliees.com (consulté le 31 octobre 2011)
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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les bande dessinées françaises sont, elles, sanctionnées après leurs publications.
  2. La série va connaître un bref retour en 1968 dans le no 1552 avec une histoire de quatre planches intitulée Guy Pingaut et le Kan–Dor.
  3. Gag non compté dans le décompte officiel de la série, les véritables débuts de la série en gag auront lieu en décembre.
  4. La série est ensuite appelée Saki et Zunie à partir du no 1071 (1959) puis de nouveau Saki dans le no 1434 (1965) et enfin Saki, Zunie et la nature dans le no 1549 (1967)
  5. Il s'agit d'une version en noir et blanc différente de la version publiée par la suite en album.
  6. Voir carrément Barbe-Noire pour plusieurs histoires publiées dans Spirou
  7. Par la suite, le Flagada et Alcide Citrix deviendront amis

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Thierry Martens, Le journal de Spirou 1938-1988 cinquante ans d'histoire(s), Fleurus, Dupuis, , 276 p. (ISBN 2-8001-1591-2)
  • Collectif, Histoire de la bande dessinée en France et en Belgique des origines à nos jours, Luçon, Glénat, , 158 p. (ISBN 2-7234-0137-5)
  • Thierry Martens, Tout Jijé : 1945-1947, Belgique, Dupuis, , 144 p. (ISBN 2-8001-2642-6)
  • Numa Sadoul, Et Franquin créa la gaffe : Entretien avec Nuna Sadoul, Bruxelles, Dargaud, , 208 p. (ISBN 2-87178-000-5)
  • José-Louis Boquet, Éric Verhoest, Franquin, chronologie d'une œuvre, Marsu Production, , 192 p. (ISBN 978-2-35426-010-1)
  • Hugues Dayez, Peyo l'enchanteur, Belgique, Niffle, , 189 p. (ISBN 2-87393-046-2)
  • Patrick Gaumer, Dictionnaire mondial de la bande dessinée, Tours, Larousse, , 880 p. (ISBN 2-03-505 162-2)
  • Jean-Michel Charlier et Mitacq, Tout Mitacq : Les castors : Face aux ombres mystérieuses, Dupuis
  • Aymar du Châtenet (dir.), Le Dictionnaire Goscinny, Milan, JC Lattès, , 1246 p. (ISBN 2-7096-2313-7)
  • François-Xavier Burdeyron, L'Âge d'or du journal Spirou, Marseille, Bédésup, , 128 p.
  • Hugues Dayez, Le Duel Tintin-Spirou, Bruxelles, Éditions Luc Pire, , 419 p. (ISBN 2-930088-49-4)
  • Martin Zeller, Bobo : 10 mini récits, Dupuis, , 368 p. (ISBN 978-2-8001-4647-8), p. 4 à 10 (dossier d'introduction)
  • André Franquin, Greg et Dugomier (étude), QRN sur Bretzelburg l'intégrale VO, Marsu Productions, coll. « Edition originale », , 116 p. (ISBN 978-2-35426-022-4)
  • Jean-François Douvry et Jean-Pierre Mercier, Macherot : Une Monographie, Saint-Étienne, Mosquito, , 127 p. (ISBN 2-908 551-16-0)
  • Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Sophie : De Starter à Sophie, Dupuis, , 195 p. (ISBN 978-2-8001-5061-1)
  • Philippe Brun, Histoire de Spirou et des publications Dupuis, Luçon, Glénat, (ISBN 2-7234-0212-6)

Périodique[modifier | modifier le code]

  • Schtroumpf - Les Cahiers de la bande dessinée, Morris, Glénat (no 43), , 50 p.
  • Collectif, « Dossier Tillieux », Dossier de la bande dessinée, no 10,‎ , p. 67
  • Collectif, « Les 100 ans du journal de Spirou », Spirou, no 3132,‎ , p. 100 (ISSN 0771-8071)
  • Huhues Dayez, « Le Boumptéryx ? Un drôle d'oiseau ! », Spirou, no 3726,‎ , p. 33