Diégo (bande dessinée)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Diego.
Diégo
Série
Scénario Charles Jadoul
Dessin Herbert

Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Langue originale Français
Éditeur Dupuis
Première publication Spirou no 1287 (1962)

Diégo est une série de bande dessinée franco-belge créé en 1962 par Herbert et Charles Jadoul dans le no 1287 du journal Spirou. Elle se compose de deux histoires de 44 planches chacune.

Personnages[modifier | modifier le code]

Diego Montalban : Le héros de cette série. Il s'agit d'un jeune homme, encore adolescent, chevaleresque et fortuné puisqu'il monte l'expédition sur ses propres deniers.

Esteban : Son cousin, plus âgé, est un guerrier, il disparaît une bonne moitié du premier épisode car présumé noyé.

Iago : Un prêtre espagnol au ventre rebondi. C'est le personnage comique de la série.

Capanqui : Un jeune indien qui cherche à retourner vers son village. Il servira de guide à l'expédition. N'est pas présent dans la deuxième histoire.

Juan, Pablo et Manolo : Personnages secondaires qui font partie de la troupe. Tour à tour, ils passeront pour traitres ou amis.

Histoire[modifier | modifier le code]

Nous sommes en 1515; Diego Montalban est un adolescent qui compte se rendre dans ce pays fabuleux qu’on nomme Birou. Capanqui, un jeune indien, qu’il a sauvé lui servira de guide. Son cousin, Esteban, officier dans l’armée du roi l’accompagne, ainsi qu’un prêtre, frère Iago, et une bande de tire-laine qui leur serviront d’escorte.

L’expédition part de la ville de Nombre de Dios dans l’actuel Panama et se dirige vers Cuzco. Cette première aventure est surtout le prétexte d’évoquer la civilisation inca par de nombreux aspects de la vie quotidienne. C’est en quelque sorte un prolongement incasique des histoires de l’oncle Paul. D’une manière générale, Jadoul qui est responsable du scénario s’en tire plutôt très bien dans la mesure où non seulement ces anecdotes sont vraies mais elles s’intègrent harmonieusement dans l’histoire. Il sait jouer de l’étonnement des voyageurs occidentaux découvrant d’autres mœurs, d’autres animaux tels que lamas et iguanes ou encore d’autres moyens de locomotion tels que les balses, immenses radeaux très stables, parfaitement adaptés aux conditions locales.

Certains spécialistes tiqueront sur quelques erreurs. A titre d’exemple, il est dit que Pizarre a fondé Nombre de Dios, c’est en fait Diego de Nicuesa.

En revanche, Jadoul est beaucoup moins efficace dans sa partie romanesque, ses péripéties étant souvent assez naïves.

Le second épisode démarre en 1516 à Cuzco où l’un des fils (fictif) de l’Inca tente un coup d’état imparfaitement réussi dans la mesure où le souverain part se réfugier au Machu Pichu, orthographié ici Matchu-Pitchu. Après quelques mésaventures nos héros rejoignent le refuge de l’Inca et vont devoir faire face aux armées ennemies.

Il va de soi qu’on est ici dans la plus grande fantaisie historique, aucun européen n’y ayant alors jamais mis les pieds jusqu’à sa découverte par Hiram Bingham en 1911. De même lui donner un statut de forteresse est assez discutable dans la mesure où les spécialistes pensent aujourd’hui qu’il s’agissait très vraisemblablement d’un lieu de culte. A la décharge de Jadoul, faire de l’endroit une citadelle était à l’époque de sa rédaction une hypothèse plausible.

Quoi qu’il en soit, Diego et une bonne partie de ses compagnons s’enfuient puisque l’empereur leur demande de connaitre les secrets de la poudre à canon.

C’est le prétexte pour l’auteur de faire redescendre ses personnages par l’Amazone, leur faire justement rencontrer des amazones. Sauvés in extremis par un navire espagnol, il était question dans la dernière planche de trouver un éventuel passage entre l’Atlantique et le Pacifique, appelé à l’époque Mer du Sud. Rappelons que c’est Magellan qui trouvera ce passage quatre ans plus tard.

Intérêt de la série[modifier | modifier le code]

Plus que les péripéties elles mêmes, assez conventionnelles, c'est l'aspect documentaire qui fait tout l'intérêt de cette bande. Si pour des raisons romanesques Jadoul s'écarte de la vérité historique, les détails qu'il donne sur la civilisation inca sont en revanche historiques. Il y a parfois des doutes. Ainsi, Iago va consommer du chocolat qu'il trouve fort bon. Or le chocolat était connu des Mayas et des Aztèques mais a priori pas des populations incas. L'anecdote, se déroulant aux confins du Panama, reste plausible. En revanche, tous les contemporains européens trouvaient la boisson amère. Ce n'est qu'avec l'adjonction du sucre que la mode du chocolat prit réellement son essor.

Quoi qu'il en soit, Jadoul essaie d'inculquer de vraies connaissances à ses lecteurs et présente l'empire inca sous son véritable nom, Tahuantinsuyu, qui veut dire en quecha « quatre en un » mais qui peut aussi se traduire par « quatre régions » ou encore parfois « le pays des quatre vents » et qui donne ici le titre de la première histoire.

Publication[modifier | modifier le code]

Spirou[modifier | modifier le code]

Certaines pages sont en couleurs d’autres en bichromie, comme il était fréquent à l’époque.

# 1287-1308 (1962-63) 1. Le pays des quatre vents – 44 planches

# 1328-1349 (1963-64) 2. Les assiégés du Matchu-Pitchu – 44 planches

Album[modifier | modifier le code]

Le pays des quatre vents – Edition de l’Age d’Or -2005

La couverture est de René Follet et les pages sont en noir et blanc.

Liens externes[modifier | modifier le code]

http://www.bdoubliees.com/journalspirou/series2/diego.htm

http://www.bdparadisio.com/scripts/ForItems.cfm?IdSubject=0529154504