Temple de Jupiter capitolin

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec le Capitolium Vetus, le premier temple de Rome dédié à la triade capitoline, situé sur le Quirinal.
Temple de Jupiter capitolin
Maquette du temple de Jupiter capitolin
Maquette du temple de Jupiter capitolin

Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Temple de Jupiter capitolin
Situation du temple de Jupiter dans la Rome antique (en rouge)
Coordonnées 41° 53′ 32″ N 12° 28′ 54″ E / 41.892175, 12.481689 ()41° 53′ 32″ Nord 12° 28′ 54″ Est / 41.892175, 12.481689 ()  
Liste des monuments de la Rome antique

Première résidence du premier des dieux romains, le temple de Jupiter capitolin est situé sur le sommet du Capitolium, colline au pied de laquelle, selon la mythologie, Romulus décida de bâtir Rome. Ce temple romain, appelé le temple de Jupiter Très Bon et Très Grand, était dédié à la triade de Jupiter, Junon et Minerve, mais appelé, par abréviation, « temple de Jupiter » ou « temple de Jupiter Capitolin »

En 179 av. J.-C., ses murs et ses colonnes furent à nouveau couverts de stuc[1] et une copie de l'inscription dédicatoire du temple des Lares Permarini, de Lucius Aemilius Regillus, fut placée sur sa porte[2]. Peu de temps après, sa cella fut carrelée de mosaïque[3]. En 142 av. J.-C., son plafond fut doré[4].

Les flamines de Jupiter[modifier | modifier le code]

Le temple de Jupiter sur le Capitole sous la République romaine (illustration de Friedrich Polack, 1896)

Les Flamen Dialis (prêtres chargés du culte de Jupiter) y célèbrent le culte de « Jupiter Optimus Maximus » : littéralement « Jupiter, le meilleur et le plus grand ». En effet, on distingue plusieurs formes du pouvoir de Jupiter, notamment le tonnerre et la foudre ; dans le cas du temple de Jupiter Capitolin, c'est le souverain des dieux, le plus grand des héliopolitains qu'on célèbre, le sommet de la triade capitoline (comportant aussi Junon et Minerve). C'est pour cette raison, que ce temple fut toujours l'objet d'une particulière attention du pouvoir Romain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plan de l'édifice

Le temple primitif aurait été construit par Tarquin l'Ancien et terminé par Tarquin le Superbe, mais selon Tite-Live il fut consacré seulement en 509 av. J.-C., lors de la première année de la République romaine.

Incendié à plusieurs reprises (dont une fois avec les livres sibyllins offerts à Tarquin le Superbe par la sibylle de Cumes), il fut à chaque fois reconstruit toujours plus somptueux.

La construction[modifier | modifier le code]

Selon la tradition, Tarquin l'Ancien aurait émis le vœu de construire le temple en combattant les Sabins et aurait même débuté ses fondations. Mais la majeure partie de sa construction aurait été faite par Tarquin le Superbe, qui l'aurait presque achevé.

Le temple fut construit sur un site comportant des lieux consacrés à d'autres dignités, dont certains furent incorporés dans le nouveau temple[5],[6],[7],[8],[9],[10]. La dédicace du temple, le 13 septembre, était daté de 509 av. J.-C., la première année de la République romaine, et attribuée à Marcus Horatius Pulvillus[11],[12],[9],[13],[14].

Le premier incendie (83 av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Le premier temple brûla le 6 juillet 83 av. J.-C.[15],[16],[9],[17],[18],[19],[20], avec la statue de Jupiter[21],[22] et les livres Sibyllins qui avaient été offerts à Tarquin le Superbe par la sibylle de Cumes et été gardés dans un coffre en pierre[23], mais le trésor du temple fut mis en sécurité à Préneste par Marius le Jeune[24].

La première reconstruction (83-69 av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

La reconstruction fut conduite par Sylla[25],[9] qui apporta à Rome les colonnes corinthiennes de marbre blanc de l'Olympieion d'Athènes[26]. Ces colonnes ne semblent pas avoir été utilisées, des pièces de monnaie datées de 43 av. J.-C. représentant le temple avec des colonnes doriques. La majeure partie de la reconstruction incomba à Q. Lutatius Catulus, assigné à cet effet par le Sénat[27],[28],[29],[30]. Le nouveau temple fut consacré par Catulus en 69 av. J.-C.[31],[32],[33],[34]. Le nom de Catulus était inscrit au-dessus de l'entrée et y resta jusqu'en 69 ap. J.-C., date à laquelle une décision du Sénat fit effacer son nom pour y placer celui de César, après la mort du dictateur[35]. Ce dernier nom ne fut finalement pas placé, l'enseigne resta sans nom.

Dommages et restaurations (69 av. J.-C. - 69 ap. J.-C.)[modifier | modifier le code]

La foudre, qui frappait fréquemment sur le Capitole, endommagea probablement le temple lui-même[36],[37],[38].

Auguste le restaura à grands frais, probablement vers 26 av. J.-C, mais sans y inscrire son propre nom[39]. Les Actes des Jeux séculaires de 17 av. J.-C. en font trois fois mention[40].

De nouvelles blessures par la foudre furent enregistrées en 9 av. J.-C.[41] et en 56 ap. J.-C.[42].

Le deuxième incendie (69 ap. J.-C.)[modifier | modifier le code]

En 69 ap. J.-C., le deuxième temple brûla lorsque le Capitole, sur lequel Titus Flavius Sabinus, préfet de la Ville et frère aîné de Vespasien, s'était réfugié, fut pris d'assaut par les partisans de Vitellius[43],[44],[45],[46],[47].

Le troisième incendie (80 ap. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Le deuxième temple brûla entièrement en 80 ap. J.-C.[48]. Un nouveau temple fut construit par Domitien[49],[32],[50],[51], bien que les travaux semblent avoir débuté dès 80 ap. J.-C. Sa dédicace eut probablement lieu en 82 ap. J.-C. Il surpassait le temple précédent par sa magnificience. C'était un hexastyle aux colonnes corinthiennes de marbre pentélique blanc, un matériaux utilisé pour nul autre bâtiment romain[32]. Ses portes étaient plaquées d'or[52] ; et son toit, de tuiles dorées[53]. Les quatre colonnes de bronze faites des rostres des bateaux capturés à Antium, que Domitian installa in Capitolio[54], se dressaient peut-être dans ce temple. Son fronton a été orné de bas-reliefs ; son apex et ses pignons, de statues, comme dans les temples précédents.

La destruction[modifier | modifier le code]

La destruction du temple débuta au Ve s., lorsque Stilicon ordonna d’arracher les lames d’or qui en ornaient les portes[55]. Genséric lui ôta la moitié de ses tuiles dorées[56]. En 571, Narsès en aurait dérobé les statues ou la majorité d'entre elles[57]. Aux XVIe s., les Caffarelli construisirent leur palais sur ses ruines.

Le temple était construit selon une architecture étrusque, avec trois cellæ parce que consacré à la triade capitoline. Les parois et les colonnes étaient en tuf, et il était recouvert de bois et revêtu de plaques de terre cuite. Lors de la reconstruction de Domitien, les colonnes furent construites en marbre du Pentélique, le toit recouvert de tuiles en bronze doré et les portes de lames en or. Des restes du stylobate et des fragments des colonnes sont conservés dans l'actuel Palais des Conservateurs.

Une partie des fonds destinés à la restauration et à l'entretien du temple provenait de la communauté juive de l'Empire, obligée de payer un impôt spécifique, le fiscus judaicus.

Les statues[modifier | modifier le code]

La première statue de Jupiter, œuvre de l'artiste étrusque Vulca de Véies, trônait dans la cella centrale. La statue de Jupiter était vêtue d'étoffes précieuses et le visage était peint en rouge, le symbole de la foudre était tenu dans la main droite. Une statue chryséléphantine, comme celle de Zeus à Olympie, fut élevée sous Domitien.

Dans les cellæ latérales étaient placées les statues de Junon et de Minerve.

Sur le toit du temple se trouvait un groupe initialement en terre cuite, représentant Jupiter victorieux sur son quadrige. Ce groupe pourrait être aussi l'œuvre de Vulca de Véies (selon Pline l'Ancien). Au-dessus du fronton étaient incorporés des acrotères qui soutenaient au centre le quadrige de Jupiter en bronze. Sur les côtés étaient placés ceux de Minerve et de Mars.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Tite-Live, Histoire romaine, XL, 51, 3.
  2. Tite-Live, Histoire romaine, XL, 52.
  3. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXVI, 185.
  4. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXIII, 57.
  5. Cicéron, République, II, 36.
  6. Tite-Live, Histoire romaine, I, 38, 7 ; I, 38, 55 ; et I, 38, 56.
  7. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, III, 70.
  8. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, III, 69 ; et IV, 61.
  9. a, b, c et d Tacite, Histoires, III, 72.
  10. Plutarque, Vie de Publicola, 13‑14.
  11. Tite-Live, Histoire romaine, II, 8 ; et VII, 3, 8.
  12. Polybe, Histoires, III, 22.
  13. Plutarque, Vie de Publicola, 14.
  14. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXIII, 19.
  15. Cicéron, Catilinaires, III, 9.
  16. Salluste, Conjuration de Catilina, 47, 2.
  17. Appien, Guerres civiles, I, 83, 86.
  18. Julius Obsequens, Prodiges, 57.
  19. Plutarque, Vie de Sylla, 27.
  20. Cassiodore, ad a., 671.
  21. Plutarque, Isis et Osiris, 71.
  22. Ovide, Fastes, I, 201.
  23. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, IV, 62.
  24. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXIII, 16.
  25. Valère Maxime, Faits et dits mémorables, IX, 3, 8.
  26. Pline, Histoire naturelle, XXXVI, 45.
  27. Cicéron, Verr., IV, 69.
  28. Varron, ap. Gell., II, 10.
  29. Lactant., de ira dei, 22, 6.
  30. Suétone, Caes., 15.
  31. Tite-Live, ep. 98.
  32. a, b et c Plutarque, Popl., 15.
  33. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, VII, 138 ; et XIX, 23.
  34. Suétone, Aug., 94.
  35. Dion Cassius, XLIII, 14 ; XXXVII, 44.
  36. Cicéron, Catilinaires, III, 19.
  37. Cicéron, de Div., I, 20 ; et II, 45.
  38. Dion Cassius, XLI, 14 ; XLII, 26 ; XLV, 17 ; et XLVII, 10.
  39. Mon., Anc., IV, 9.
  40. Corpus inscriptionum Latinarum (CIL), VI, 32323-9, -29 et -70.
  41. Dion Cassius, LV, 1.
  42. Tacite, Annales, XIII, 24.
  43. Tacite, Histoires, III, 71.
  44. Suétone, Vit., 15.
  45. Dio,n Cassius, LXIV, 17.
  46. Stat., Silv., V, 3, 195-200.
  47. Hier., a. Abr., 2089.)
  48. Dion Cassius, LXVI, 24.
  49. Suétone, Dom., 5.
  50. Eutrope, VII, 23.
  51. Chron., 146.
  52. Zos., V, 38.
  53. Procop., b. Vand., I, 5.
  54. Serv., Georg., III, 29.
  55. Zosisme, V, 38.
  56. Procop. b. Vand., I, 5.
  57. Chron. Min., I, 336 (571), p. c. Iustini Aug. IIII anno : « De Neapolim egressus Narsis ingressus Romam et deposuit palatii eius statuam et Capitolium ».

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