Narsès

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Homme traditionnellement identifié comme Narsès, sur une mosaique de la basilique de Saint-Vital à Ravenne représentant Justinien et son entourage

Narsès (arménien: Նարսես; grec: Ναρσής) (v. 478- v. 573) est un célèbre général, eunuque, de l'empereur Justinien Ier.

Biographie [modifier]

Narsès est probablement d'origine arménienne, né vers 478. Sa volonté de surmonter sa condition humiliante, son intelligence lui permettent de devenir rapidement, mais à un âge tardif — presque 50 ans —, le chambellan de l'empereur Justinien (au pouvoir en 527) et le favori de l'impératrice Théodora.

Son premier rôle politique connu est les négociations qu'il entame, avec succès, avec les rebelles de la faction bleue dont il achète les chefs, lors de la sédition Nika. Devenu l'homme de confiance de Justinien il est envoyé en Italie afin de seconder et surveiller Bélisaire dont l'empereur se méfie. Les deux hommes s'entendent si mal, avec des ordres contradictoires donnés aux officiers subalternes qui ne savent plus qui commande réellement, qu'en 539 la ville de Milan tombe aux mains des Ostrogoths. Justinien rappelle alors Narsès.

Cette semi-disgrâce dure jusqu'en 552 quand Narsès est chargé, à 74 ans, du commandement des armées byzantines (armées en réalité souvent composées d'éléments barbares et même perses) en Italie. Il donne libre cours à son talent et détruit en trois ans (552-555) la puissance des Ostrogoths. Le roi Totila est tué en 552 au nord de Rome sur la voie flaminienne (lors de la bataille de Taginae), et son successeur Teias au pied du Vésuve (bataille du mont Lactarius). Une dernière armée barbare (Francs et Alamans) est anéantie à la bataille de Casilinum (sur le Vulturne) vers 555. Narsès est alors nommé gouverneur de l'Italie où il exerce le pouvoir d'un véritable proconsul. Pendant 13 ans, il préserve l'Italie des invasions et donnera asile à Gondovald, fils naturel et non reconnu de Clotaire Ier. Mais son administration sévère, sa pression fiscale le rendent impopulaire.
En 565 la mort de Justinien marque la fin de cette brillante, quoique tardive, carrière. La femme du nouvel empereur Justin II, Sophie, lui fait envoyer une quenouille et un fuseau ce qui est une façon méprisante de lui indiquer qu'il doit rentrer à Constantinople pour « filer la laine ». Cette insulte rend Narsès furieux. Il quitte son poste mais pas l'Italie et réside près de Naples. Il semble (le fait est cependant contesté) qu'il ouvre lui-même, lors de tractations secrètes, la frontière italienne aux Lombards vers 567. Il meurt vers 573 en entrant dans Rome afin de répondre aux suppliques du pape Jean III pour défendre la ville face au péril qu'il avait lui-même provoqué.

Anecdote [modifier]

Narsès apparait dans la série Kaamelott (saison 1 épisode 75), où il rend visite au roi Arthur.

Il meurt à un âge très avancé à l'époque, en 573, à peut-être 95 ans, un âge exceptionnel à l'époque, ou l'espérance de vie, en Italie, était sans doute de l'ordre de 40 ans, et ou les temps étaient troubles (invasions Barbares).

Certains historiens doutent d'un tel âge, à une telle époque, ou les conditions d'hygiène et de vies étaient rudes et difficiles, et certains ont comparés les deux visages des généraux de justinien, présents sur la mosaïque de Saint-Vital à Ravenne, ou Bélisaire et Narsés sont présents. Mais la mosaïque ne donne que très peux d'informations, et il est probable que les concepteurs de la fresque n'ont jamais rencontré l'empereur Justinien,l'impératrice, et encore moins les généraux Narsés et Bélisaire qui ne s'entendaient pas, encore que, il faudrait attester qu'ils figurent bien sur la fresque, ce qui est à caution. Il est sans doute probable que Narsés avait quelques années de plus que Bélisaire, né vers 500, mais il est possible qu'il soit mort à 95 ans, sauf preuves du contraire, car les informations manquent.

Bibliographie [modifier]

  • L. H. Fauber, Narses, Hammer of the Goths: The Life and Times of Narses the Eunuch, St Martins Pr (1991) ISBN 0-312-04126-8
  • Philip Rance, Narses and the Battle of Taginae (Busta Gallorum) 552: Procopius and sixth century warfare, Historia 54 (2005), 424–472.