Sac de Rome (455)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le sac de la Rome antique par les Vandales. Pour une liste des autres sacs, voir sac de Rome.
Genséric saccageant Rome

Le sac de Rome de 455, est le second des trois pillages que subit la Rome antique au moment des invasions barbares ; après les Wisigoths en 410 et avant les Ostrogoths en 546, le sac de 455 est l’œuvre des Vandales de Genséric, alors en guerre contre l’usurpateur Pétrone Maxime.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Dans les années 440, le roi Genséric et l’empereur Valentinien III avaient fiancé leurs enfants, Hunéric et Eudocie, afin de renforcer leur alliance, conclue en 442 avec un traité de paix.

En 455, Valentinien est tué et Pétrone Maxime monte sur le trône. Pétrone épouse de force la veuve de Valentinien, Licinia Eudoxia, et marie son fils Palladius avec Galla Palladia, cherchant par là à renforcer ses liens avec la dynastie théodosienne. Pour se venger à son tour, Eudoxie appelle en Italie, Genséric, roi des Vandales, qui traverse la Méditerranée en 455.

L'invasion vandale[modifier | modifier le code]

Au débarquement des Vandales à Ostie, selon le chroniqueur Prosper d’Aquitaine, le pape Léon Ier émet le souhait que Genséric ne détruise pas la ville ni ne porte atteinte à l’intégrité de ses habitants : les troupes de Genséric, surtout berbères, sont autorisés à 15 jours de pillage, du 2 juin au 16 juin 455 mais doivent limiter au maximum les massacres, viols, vandalismes et autres persécutions envers les chrétiens, pillages et destructions d'églises, incendies, etc. Genséric acquiesce et les portes de la ville de Rome lui sont ouvertes. Maxime, qui avait fui plutôt que d’affronter les Vandales, est tué par la foule en colère hors de la ville, probablement avec son fils Palladius.

Genséric récupère une grande quantité d'or comme des vases liturgiques, de nombreux objets précieux appartenant à l'empereur, entre autres le trésor que Titus, dont la Menorah pillée à Jérusalem. Les Vandales dépouillent le temple de Jupiter Capitolin de la moitié de sa toiture en bronze recouverte d'or[1]. Le butin est rassemblé méthodiquement dans chaque quartier de la ville, explorés un à un. Les objets de valeurs qui avaient alors échappé aux Goths lors du sac de 410 se retrouvent sur les navires vandales stationnés dans le port d'Ostie prêts à repartir pour Carthage.

Conséquences du sac de Rome[modifier | modifier le code]

Il est admis que Genséric retire d’importants trésors du pillage de la cité et prend également un nombre important d'otages[2] comme l'impératrice Licinia Eudoxia et ses filles et Gaudentius, fils d'Aetius[3]. Eudocie épousera par la suite Hunéric.

Genséric utilise sa belle-fille pour tourmenter les empereurs romains d'Orient et trouver des prétextes de guerre. Il accuse Léon Ier d'avoir confisqué les biens de Licinia Eudoxia revenant de droit à Eudocia et donc à Hunéric[4]; il réclame la dot de sa belle-fille et les rançons de sa mère et de sa sœur ainsi que les biens d'Aetius dont le fils Gaudentius est son captif. Au bout de sept ans, il libère Licinia Eudoxia et Galla Placidia contre le paiement de leurs rançons[5][6].

Un pillage respectueux?[modifier | modifier le code]

La gravité du sac vandale est cependant remise en cause aujourd’hui ; le sac de 455 est généralement considéré par les historiens comme plus sévère que le sac de Rome par les Wisigoths en 410, car les Vandales passèrent quatorze jours à piller Rome là où les Wisigoths n’étaient pas restés plus de trois jours.

La plus grande cause de débat, toutefois, est la prétention selon laquelle le sac aurait été relativement « respectueux » dans la mesure où le nombre de meurtres et le niveau général de la violence aurait été contenu, les Vandales ne brûlant notamment pas la ville. Cette interprétation semble découler de l’affirmation que fait Prosper du fait que le pape aurait convaincu Genséric de réfréner ses hommes. Cependant Victor de Vita nous livre le compte des cargaisons de captifs emmenés de Rome en Afrique, dans le but d’y être vendus comme esclaves. De la même façon, l’historien byzantin Procope de Césarée rapporte comment au moins une église aurait été incendiée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sack of Rome (455) » (voir la liste des auteurs)

  1. Procope de Césarée, Histoire des Guerres, III, 5, 1-6.
  2. Victor de Vita, Histoire de la persécution de la province d'Afrique, I, 8, 24-27.
  3. « Revue des Deux Mondes - 1857 - tome 10 »
  4. « Histoire du Bas-Empire. Nouv. ed. - Paris, Didot 1824-1836 Par Charles Le-Beau »
  5. La fin du monde antique, p. 48
  6. Procope, BV, I, 9, 5

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Procope, Histoire de la guerre des Vandales
  • S. Muhlberger, The Fifth Century Chroniclers : Prosper, Hydatius and the Gallic Chronicler of 452 (Leeds, 1990) — pour le portrait hagiographique que Prosper peint de Léon Ier.
  • Victor of Vita, History of the Vandal Persecution, trans. J. Moorhead (Liverpool, 1992).
  • B. Ward-Perkins, The Fall of Rome and the End of Civilisation (Oxford, 2005) pp. 17 et 189.
  • André Chastagnol, La fin du monde antique, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1976.