Véies

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Véies
Parc régional de Véies
Localisation de la ville de Véies dans la ligue étrusques.
Localisation de la ville de Véies dans la ligue étrusques.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Latium
Province Rome
Commune Rome
Coordonnées 42° 01′ 26″ N 12° 24′ 05″ E / 42.02389, 12.4013942° 01′ 26″ Nord 12° 24′ 05″ Est / 42.02389, 12.40139  

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
City locator 4.svg
Véies
Internet
Site web officiel http://www.parcodiveio.it/

Véies (en étrusque Veis, en latin Veii ou Veius; et en italien Veio), était une puissante cité étrusque située à la frontière sud de l'Étrurie, à 16 km au nord de Rome sur le territoire de la commune de Formello. C'est l'une des douze cités étrusques réunies dans une dodécapole. Aujourd'hui, son site se trouve sur le territoire d'Isola Farnese, un village du Municipio Roma XV, une subdivision administrative de la commune de Rome, dans la province de Rome. Beaucoup de sites associés à Véies, qui se situaient dans la cité-état de Véies, se trouvent également aujourd'hui dans Formello, une autre commune de la province de Rome, (au nord de Rome). Formello tient son nom des canaux de drainage qui furent d'abord créés par les habitants de Véies.

Elle était considérée comme la plus riche des villes de la Ligue étrusque, à la frontière sud de l'Étrurie. La cité a alterné entre la guerre et des alliances avec Rome sur plus de trois cents ans. Elle tombe finalement aux mains du général romain Camille en -396. Passée sous contrôle romain, elle est appelée « Véies romaine » par opposition à «Véies étrusque» dans la littérature scientifique. La cité ne s'est jamais remise de la conquête romaine, que ce soit au niveau de sa richesse ou de sa population. La cité a été abandonnée après l'Antiquité, jusqu'à sa redécouverte au XVIIe siècle par Raffaello Fabretti.

Véies est célèbre pour ses statues, notamment celle de l’Apollon de Véies qui est conservé au musée national étrusque de la villa Giulia ainsi que celle de l'empereur Tibère (désormais au Vatican), qui date de l'époque de la Véies romaine.

Dans le Parco di Veio à côté d'Isola Farnese, il y a des restes d'un temple apparent. Des tumulus et des tombes y ont été découverts taillés dans la roche. La plus célèbre est la Tombe Campana, découverte en 1843. Il y a de plus de longs tunnels conduisant sous la ville, ce qui peut corroborer la version de Tite-Live sur la victoire romaine à la bataille de Véies.

Le site[modifier | modifier le code]

La ville fortifiée de Véies[modifier | modifier le code]

Fossé datant de l'époque de Véies (aujourd'hui Formello)

Le site de Véies a depuis longtemps été identifié à une élévation de tuf de 190 ha à Isola Farnese (isola venant de l'élévation, et Farnese du palais de Farnese appartenant à la Maison Farnèse), en bordure du village moderne au nord, entre deux cours d'eau, le Fosso Piordo à l'ouest et au sud, et le Fosso Valchetta (anciennement Crémère) au nord et à l'est[1]. Ce dernier rejoint le Tibre sur le côté sud de Labaro le long de la Via Flaminia. Le territoire dominé par la ville était limité au sud par la mer Tyrrhénienne, à l'ouest par l'Arrone (qui le séparait du territoire de Cerveteri), au nord par le territoire falisque et à l'est par la rive droite du Tibre, où se trouvaient les septem pagi, au contact direct de Rome.

Le site est actuellement occupé principalement par des champs, à l'exception des fouilles et des tombeaux visibles sur les collines tout près. L'aspect agraire, cependant, est quelque peu trompeur. Le plateau entier est couvert de sites d'implantation et de sites de cimetières, comme le montrent de manière visible les décolorations du sol vues depuis des photos aériennes ou de satellites, ou encore avec les affleurements visibles des murs de bâtiments ou des dômes de tombeaux. Ces sites visibles ont reçu leurs propres noms. Dans la partie la plus urbaine, les remparts de Véies, dont il reste de petites sections, bordaient par endroit les deux cours d'eau et le fossé utilisait le lit de la rivière[2].

Dans l'Antiquité, le plateau était un emplacement facilement défendable car situé entre deux cours d'eau, et amplement fourni en eau. La proximité de la cité avec le Tibre et la route commerciale qui passait par Véies (elle deviendra la Via Flaminia) augmentèrent la prospérité de la cité-état, mais aussi la placèrent en concurrence avec la ville de Rome pour la domination du Latium.

La Piazza d'Armi[modifier | modifier le code]

Chaque cité étrusque était construite sur une élévation et Véies ne fait en aucun cas une exception. Son arx, ou sa citadelle, était placée sur un promontoire couvrant 6,9 ha[3], délimité par des falaises dans l'angle de confluence de deux cours d'eau, séparé de la crête principale par un ravin traversé par une route, construite à l'époque romaine. Cette partie du site archéologique, appelée aujourd'hui la Piazza d'Armi (la place d'arme), possédait ses propres remparts, antérieurs à l'enceinte urbaine, d'une longueur d'environ 1 km. Une version alternative qui est rejetée aujourd'hui fait mention dans les textes anciens de l'affleurement sur lequel la citadelle est localisée, à l'extérieur de la cité et une certaine distance des murs et de l'élévation inférieure.

L'ager Veientanus[modifier | modifier le code]

Le Latium vetus avec les cités de Caenina, d'Antemnae, de Crustumerium, de Medullum, de Fidènes et de Véies, premières rivales de la Rome de Romulus.

Le territoire d'une cité n'importe où dans le territoire romain était, dans la terminologie légale romaine, appelé ager; comme: ager Romanus. La loi faisait en outre un certain nombre de distinctions subtiles, mais par ager était principalement entendu ager publicus ("le territoire public"), c'est-à-dire la terre appartenant à l'état, et qui à la période antique était principalement agricole (ager signifiant à l'origine "domaine")[4]. L'ager Veientanus, comme les Romains appelèrent le territoire de Véies, couvrait la région entière située entre la rive droite du Tibre et la côte; c'est-à-dire toute l'Étrurie du sud. La frontière nord-ouest allait probablement jusqu'aux Monts Sabatins et au lac de Bracciano[5]. Les Romains construisirent de riches villas dans la région après l'abandon de Véies. À l'époque étrusque, l'ager Veiantanus était partagé dans la campagne avec la Silva Ciminia, qui était le vestige d'une forêt ancienne, qui faisait l'objet de la part des Romains d'une crainte superstitieuse. L'ager Veiantanus est resté, lors de la plupart du temps postérieur à l'Antiquité, un domaine globalement agricole jusqu'à ce qu'après la Seconde Guerre mondiale, la ville de Rome s'étende dans ce secteur et y développe une banlieue. À ce moment, les nouvelles méthodes de labour retournant le sol sur environ un mètre de profondeur, détruisirent malheureusement un très grand nombre de données archéologiques potentielles près de la surface et même des ruines en surface. John Bryan Ward-Perkins, alors directeur de la British School at Rome, lança le South Etruria Survey (1954-1968), qui permit de cataloguer toutes les antiquités visibles dans le Veientanus ager. Ses travaux ont été publiés en 1968[6].

Près de trente ans plus tard, en 1997, le gouvernement italien proposa de protéger une partie de cette zone avec la création du Parc Naturel Régional de Véies de 14 984 hectares (37 030 acres) entre la Via Cassia, à l'ouest et la Via Flaminia, à l'est, la Via Campagnanese au nord et la ville de Rome au sud[7]. Les communes qui se situent dans le parc sont les suivantes: Campagnano di Roma, Castelnuovo di Porto, Formello, Magliano Romano, Mazzano Romano, Morlupo, Riano, Sacrofano et le municipio XV de la ville de Rome.

Histoire[modifier | modifier le code]

La croissance de la ville à l'époque protohistorique[modifier | modifier le code]

Carte du site de Véies et de ses environs immédiats

On peut suivre le peuplement et la croissance de la ville par synœcisme [1] grâce à l'analyse démographique des cimetières et des établissements situés sur et autour du plateau. Les plus anciennes traces d'occupation datent du Xe siècle av. J.-C. pendant l'âge du bronze. Des petits établissements se trouvaient éparpillés sur une vaste zone du plateau. Au IXe siècle av. J.-C., au début de l'âge du fer (Culture de Villanova), les découvertes restent localisées au plateau, mais avec une majorité d'implantations indépendantes, avec chacune son propre cimetière. L'occupation s'intensifia progressivement au VIIIe siècle av. J.-C. et au VIIe siècle av. J.-C., lorsque le site commenca à prendre une apparence urbaine et qu'il s'organisa avec un modèle de réseau autour d'une place centrale pourvue d'un réservoir d'eau. Ceci suggère que la cité de Véies a pris sa forme classique dès le VIIe siècle av. J.-C. avec une population, probablement étrusque, qui avait commencé à s'installer dès le Xe siècle av. J.-C..

La population du début de Véies pratiquait à la fois l'inhumation et la crémation dans la même famille. La proportion étant de 50 % au IXe siècle av. J.-C., après une prédominance de l'incinération (90 %) dans les siècles précédents. L'inhumation passe au VIIIe siècle av. J.-C. à 70 %, évolution qui peut être attribuable à une influence du Latium, où l'inhumation prévalait dès le IXe siècle av. J.-C..

Au cours du IXe siècle av. J.-C. et au VIIIe siècle av. J.-C., la densité de population et d'objets funéraires est en hausse: les objets funéraires sont de plus en plus riches, mais une disparité des richesses apparaît également, ce qui a pour conséquence la montée d'une classe riche. Au VIIIe siècle av. J.-C., le tour de potier et l'écriture sont introduits en provenance de Grèce. Pendant toute la période, des colonies se développèrent autour du plateau, mais une communauté (Casale del Fosso) a maintenu un cimetière au nord du plateau de manière continue de la fin du IXe siècle av. J.-C. au début du VIe siècle av. J.-C..

Les conflits avec Rome[modifier | modifier le code]

Rome et ses voisins au Ve siècle av. J.-C.

L'histoire légendaire de Véies commence au VIIIe siècle av. J.-C., c'est-à-dire au même siècle que Rome et des relations de Véies avec cette dernière.

Au VIIIe siècle av. J.-C., sous le règne du premier roi de Rome, Romulus, les Fidénates et les habitants de Véies furent vaincus dans une guerre contre Rome[8].

Fidènes et Véies sont de nouveau battus par Rome au VIIe siècle av. J.-C. sous le règne du troisième roi de Rome Tullus Hostilius.

Au VIe siècle av. J.-C., le sixième roi de Rome Servius Tullius déclare la guerre contre Véies (après l'expiration d'une trêve) et contre les Étrusques. Peu de choses sont connues de cette guerre, sauf sur le roi de Rome qui se fait remarquer par son courage et sa bonne fortune, quand il mit en déroute une grande armée des Étrusques et des habitants de Véies. Cette guerre aida Servius Tullius à consolider sa position à Rome, alors qu'il était récemment devenu roi[9].

La chute[modifier | modifier le code]

Giuseppe Cesari, La Victoire de Tullus Hostilius sur les forces de Veies et de Fidènes, 1596-1597, peinture sur bois (70 × 99 cm)
Article détaillé : Bataille de Véies (-396).

En 396 av. J.-C., Rome resserre le siège de Véies, qui sur la durée correspond à celui du siège de Troie et se termine sous le commandement de Furius Camillus cette année-là avec la conquête de la ville et le déplacement à Rome du culte de Junon Reine de l'arx de Véies. La distribution des terres de la ville conquise se fait entre la plèbe romaine et les déserteurs de Véies, de Faléries et de Capena Veteres, permet de trouver une solution au vieux conflit entre les patriciens et les plébéiens; Véies, en particulier dans les années suivant le sac de Rome en 390 av. J.-C. par les Gaulois de Brennus, devient le centre du débat sur le transfert éventuel sur ses terres des terres détruites de Rome.

Conséquences à Rome[modifier | modifier le code]

La guerre de Rome contre Véies provoque plusieurs contestations graves :

  • C'est la première fois que les Romains ne rentrent pas dans leurs foyers à l'automne (normalement la saison de la guerre prend fin en octobre) : pour compenser le sacrifice demandé aux soldats qu'on maintient sous les enseignes pendant la mauvaise saison, le gouvernement romain crée la solde. La solde est payée grâce à un impôt que versent les civils romains qui ne participent pas au siège, ce qui les mécontente. Les soldats sont mécontents aussi de toute façon : ils ne peuvent rentrer dans leurs foyers pour participer aux élections qui doivent avoir lieu à Rome même (pas de vote par correspondance).
  • Deuxième sujet de discorde : le butin fait sur la ville est considérable ; son partage suscite, avant la victoire même, des querelles très vives: on autorise les civils à se joindre aux soldats à la fin du siège: ils ont versé l'argent de la solde et ils exigent leur part de butin, c'est une décision étrange qui ne plaît pas à tout le monde.
  • Troisième sujet de querelle : les patriciens veulent que le butin soit vendu et que l'argent soit versé dans le trésor public ; les plébéiens veulent que chacun soit propriétaire de ce qu'il a conquis par l'épée, selon l'usage ancien. C'est à cette formule rétrograde qu'on se résigne.
  • Quatrième sujet de mécontentement: les patriciens craignent que l'énormité du butin (Véies est une ville étrusque très riche) n'aboutisse à bouleverser la hiérarchie sociale. Ils se rappellent, un peu tard, que le général romain, Camille, a promis d'offrir au dieu Apollon la dîme du butin. Mais le butin a déjà été distribué. On demande donc aux bénéficiaires du butin d'en restituer le dixième pour l'offrande à Apollon : les citoyens sommés de reverser cette part s'exécutent de très mauvais gré et trichent tant qu'ils peuvent...

La ville étrusque[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Statue de Dionysos

À l'extérieur des murs de la ville, sur un replat dominant un petit cours d'eau, le Piordo, subsistent les vestiges du sanctuaire de Portonaccio lié à la présence d'une source. Le temple, dont il ne reste que des vestiges des fondations, a été bâti vers le milieu du VIe siècle av. J.-C.. Il a livré, au cours des fouilles de 1916, la célèbre statue en terre cuite de l'Apollon de Véies, exposée au musée de la villa Giulia, à Rome.

Nécropoles[modifier | modifier le code]

Des tumuli et des tombes ont été retrouvés, creusés dans la roche, notamment la Tombe Campana, chambre funéraire découverte en 1843. La tombe des Canards (tomba delle anatre), découverte en 1958 est remarquable par son ancienneté, vers 680/670 av. J.-C.. Elle doit son nom à la fresque située sur la paroi du fond de la chambre funéraire.

La tombe des Lions Rugissants: Le 31 mai 2006 a été découverte non loin du site de Véies, à Grotta Gramiccia, la plus ancienne tombe étrusque peinte connue à ce jour. Les experts la datent du VIIe siècle av. J.-C., vers 680/670 av. J.-C.. Un petit corridor mène à une pièce basse de forme carrée qui présente sur ses murs deux niveaux de fresques murales caractérisées par des oiseaux aquatiques ou migrateurs au registre supérieur et des félins ou des lions, la gueule grande ouverte et à l'attitude menaçante, au registre inférieur, d'où le surnom donné à la tombe de tombe des lions rugissants. La tombe est certainement celle d'un prince ou d'un personnage d'un rang social élevé qui avait été incinéré et dont les cendres avaient été disposées là. Malgré la visite des pilleurs de tombes, elle a fourni un mobilier encore intéressant dont des céramiques, des fibules, des bijoux, une épée et, situé dans le couloir d'accès de la tombe, les vestiges d'un char de guerre à deux roues présentant des motifs décoratifs.

Ouvrages hydrauliques[modifier | modifier le code]

Les Étrusques étaient de remarquables hydrauliciens. Les Véiens ont creusé un important réseau de canaux de drainage et de galeries souterraines appelées cuniculi, dont le plus remarquable est le ponte Sodo (le «pont solide»), situé au nord de la ville, qui n'est pas un pont mais un tunnel de quelque 70 m[10], qui devait détourner les eaux de la Valchetta. De longs tunnels mènent jusqu'à un tertre de la ville, ce qui corrobore le récit de la bataille de Véies de Tite-Live.

La ville romaine[modifier | modifier le code]

Colonnes de Véies utilisées pour le portique du palais Wedekind à la Piazza Colonna à Rome, par le pape Grégoire XVI.

Après sa prise par les Romains, le site de Véies ne fut pas abandonné mais perdit de son importance. Sur son emplacement Auguste fonda un municipe, le Municipium Augustum Veiens. Cette Véies romaine n'occupait que 20 ha[11] au centre du plateau, une superficie bien inférieure aux 190 ha de la cité étrusque. Quelques vers du poète Properce témoignent de ce déclin du site : «...aujourd'hui la flûte monotone du berger retentit seule dans ses murs, et le laboureur moissonne sur ses tombeaux.»[12]. L'historien Florus ne dit pas autre chose : « ...qui se rappelle aujourd'hui qu'elle ait existé? quels débris en reste-t-il? quel vestige? Il faut toute l'autorité des annales pour nous persuader qu'il y eut une ville de Véies.»[13]. Des édifices de l'époque augustéenne il ne subsiste pratiquement rien : ses monuments ont servi de carrière de marbre. On peut cependant mentionner les «Bagni della Regina», des thermes situés au nord de la ville sur le Valchetta. À la même époque Livie possédait une villa (Villa Livia) à Prima Porta, sur le territoire de Véies. La construction de la forteresse d'Isola Farnese au début du XIe siècle marqua l'abandon total du site.

Le site de Véies aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En 1997, la région du Latium a créé le Parc Naturel Régional de Véies[14] (15 000 ha de territoire protégé), délimité à l'est et à l'ouest par les anciennes voies consulaires et caractérisé par des plateaux (altipiano) en tuf volcanique, par des canaux d'irrigation (canaux della Crescenza, della Valchetta, della Torraccia, qui se jettent dans le Tibre), et par des pentes recouvertes de bois touffus conservés encore aujourd'hui à l'état naturel, des éléments qui sont tous caractéristiques de la structure géomorphologique de l'Étrurie méridionale.

Art[modifier | modifier le code]

Apollon de Véies, terre cuite étrusque
Articles détaillés : Art étrusque et Apollon de Véies.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • IXe siècle av. J.-C. : Âge du fer, premières traces de la ville de Véies. Apparition de la civilisation étrusque.
  • VIIIe siècle av. J.-C. : Les tombes à puits évoluent vers de véritables tombes à fosses dans lesquelles on inhume le défunt entre des dalles de pierres formant un sarcophage rudimentaire. Des urnes-cabanes en bronze laminé s’ajoutent aux urnes d’argiles. Les objets en bronze se diversifient et la céramique d’impasto, le plus souvent faite au tour, adopte les formes grecques. La décoration des armes et des boucles de ceinture s’enrichit de motifs géométriques plus raffinés, dominés par les courbes (style orientalisant). À Véies, les maisons de pierre commencent à remplacer les huttes de bois et de terre.
  • VIIe siècle av. J.-C. : Guerre de Rome, dirigée par Tullus Hostilius, contre Véies.
  • 578-534 av. J.-C.: Guerre de Rome, dirigée par Servius Tullius, contre Véies.
  • 525 av. J.-C. : Le roi romain Tarquin le Superbe fait construire sur le Capitole un temple de Jupiter décoré de terre cuite fabriquées par des artistes de Véies.
  • 482 av. J.-C. : Début de la guerre contre Rome. Alliance de Rome et de Caere contre Véies.
  • 477 av. J.-C. : La famille romaine des Fabii qui tentait d’élargir sa puissance au nord est décimée près de Véies, sur les bords de la Crémère. Ces trois cent six Fabii sont en réalité une des dix-sept tribus rustiques de Rome (unités territoriales), portant un nom gentilice. Les Véiens exploitent leur victoire par l’occupation du Janicule. Une armée romaine les en expulsera.
  • 474 av. J.-C. : Trêve de quarante ans conclue avec Rome.
  • 438 av. J.-C. : Fidènes, ancienne ville étrusque devenue colonie romaine, se soulève contre Rome et chasse les colons. Véies intervient en sa faveur.
  • 428 av. J.-C. : Guerre entre Rome et Véies dont le roi Lars Tolumnius est tué.
  • 425 av. J.-C. : Rome reconquiert Fidènes, tête de pont de Véies sur le Tibre. Trêve de vingt ans entre Rome et Véies.
  • 406 av. J.-C. : Début du siège de la ville étrusque de Véies par le dictateur romain Camille, qui désire s’emparer de ses salines. La ville est abandonnée à son sort par la ligue étrusque dont l’aristocratie même se montre favorable aux Romains.
  • 396 av. J.-C. : Prise de Véies par les Romains.
  • 390 av. J.-C. : Premier affrontement entre Celtes et Romains.
    • Les Gaulois Sénons se présentent devant la ville étrusque de Clusium (Chiusi), qui est dans la sphère d’influence romaine. Rome envoie une ambassade, chargée d’offrir sa médiation. Mais les ambassadeurs violent la neutralité en intervenant les armes à la main contre les Gaulois, qui demandent réparation à Rome. Devant son refus, les Gaulois marchent sur la ville. L’armée romaine se porte à leur rencontre et prend position, en avant de Véies, près du ruisseau de l’Allia (en). Il n’y a pas de combat. Effrayées par les cris des Gaulois et déconcertées par leur impétuosité, les troupes romaines se débandent et cherchent précipitamment un abri à Rome ou dans les villes voisines.
  • 388 av. J.-C. : Prise et sac de Rome par le Gaulois Brennus.
    • Marcus Manlius Capitolinus, alerté par les oies, sauve la citadelle du Capitole où se sont réfugié les débris de l’armée, les magistrats et une partie de la population. Pressés par la famine, les Romains capitulent. Le tribun Sulpicius offre mille livres d’or à Brennus en échange de son retrait. Les poids apportés par les Gaulois sont pipés, et comme le tribun les refuse, Brennus, rejetant toutes discussions, ajoute son épée sur la balance (Vae victis !). Au cours de la retraite, quelques-unes des bandes gauloises, attaquées par les garnisons de Caere et de Véies (Camille), subissent de lourdes pertes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Alessandra Bernardinetti, Anna de Santis et Luciana Drago, "Burials as Evidence for Proto-Urban Development in Southern Etruria: the Case of Veii", Urbanization in the Mediterranean in the 9th to 6th centuries BC, p. 317-342.
  2. Mario Torelli, The Etruscan City-State, A comparative study of thirty city-state cultures, p. 195.
  3. Paul Fontaine, Mélanges de l'École française de Rome, 1993, vol. 105, no 105-1, p. 221
  4. William Smith, Ager, A Dictionary of Greek and Roman Antiquities.
  5. John Rich et Andrew Wallace-Hadrill, City and country in the ancient world, p. 198.
  6. Anne Kahane, Leslie Murray Threipland, John Bryan Ward-Perkins, The Ager Veientanus, North and East of Rome.
  7. Parc naturel régional de Véies Les parcs et les aires protégées dans la région du Latium. Consulté le 15 juin 2009.
  8. Tite-Live, Histoire romaine: livre I, paragraphe 14-15.
  9. Tite-Live, Histoire romaine: livre I, paragraphe 42.
  10. Briquel 1993, p. 94
  11. Cataldi, Pasquinucci et Boitani 1975, p. 231
  12. Properce, Élégies, IV, 10
  13. Florus, Abrégé de l'histoire romaine, I, 12
  14. Site officiel : http://www.parcodiveio.it/

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Alessandra Bernardinetti, Anna de Santis et Luciana Drago, "Burials as Evidence for Proto-Urban Development in Southern Etruria: the Case of Veii", Urbanization in the Mediterranean in the 9th to 6th centuries BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press,‎ 1997 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Anne Kahane, Leslie Murray Threipland, John Bryan Ward-Perkins, The Ager Veientanus, North and East of Rome, Rome, The British School at Rome,‎ 1968 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) John Rich et Andrew Wallace-Hadrill, City and country in the ancient world, Routledge,‎ 1992 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Mario Torelli, "The Etruscan City-State", A comparative study of thirty city-state cultures, Copenhague, Kongelige Danske Videnskabernes Selskab,‎ 2000 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Maria Cataldi, Marinella Pasquinucci et Francesca Boitani, Les cités étrusques, Elsevier Sequoia,‎ 1975 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dominique Briquel, Les Etrusques. Peuple de la différence, Armand Colin,‎ 1993 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]