Temple de Portunus

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Temple de Portunus
Faces nord et ouest
Faces nord et ouest

Lieu de construction Forum Boarium
Date de construction Avant le Ier siècle
Type de bâtiment Temple romain
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Temple de Portunus

Localisation du temple dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 21″ N 12° 28′ 51″ E / 41.889256, 12.48086941° 53′ 21″ Nord 12° 28′ 51″ Est / 41.889256, 12.480869  
Liste des monuments de la Rome antique
Vue générale du jardin public sur l'ancien site du Forum Boarium. On y voit de gauche à droite : le temple d'Hercule Victor, le temple de Portunus et la fontaine.

Le temple de Portunus est un petit temple ionique qui se trouve sur le Forum Boarium, à Rome. Il est intégré dans un jardin public où se trouve également le temple d'Hercule Vainqueur.

Fonction[modifier | modifier le code]

Le temple a été attribué par le passé à deux divinités : dès la Renaissance, on le nomme temple de la Fortune Virile. Plus tard, au XIXe siècle, l'attribution à Mater Matuta apparaît. Ces deux attributions se sont révélées fausses par la découverte d'un temple double au nord-est du temple de Portunus, dont les deux cellæ sont dédiées[réf. nécessaire] d'une part à Fortuna (l'adjectif virilis n'apparaît dans aucune source et peut donc être abandonnée) et à Mater Matuta. De plus, l'attribution du temple ionique à Portunus n'a rien d'étonnant : c'est le dieu des fleuves et du port. Or le forum boarium est le port fluvial de Rome, reliant la Ville à Ostie. D'autres chercheurs avancent que Portunus est le dieu de la porte : or, près du temple passe le mur servien, percé à cet endroit d'une porte.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La date de la fondation du temple de Portunus peut être établie grâce aux résultats de sessions de fouilles : les archéologues[évasif] ont trouvé de nombreux tessons, dont un, retrouvé dans le sol de la cella, daté entre 70 et 80.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le temple de Portunus, après sa déchéance au VIe siècle, réapparaît sous la forme d’une église dédiée à la Vierge en 842 mais il faut attendre trois siècles et demi pour trouver une mention claire de l’église comme Santa Maria in Gradelis. Ce nom vient, selon les hypothèses, des escaliers du temple ou de ceux tout proches qui descendent vers le Tibre. L’église change de nom au XIVe siècle et devient Santa Maria Egiziaca (« Sainte-Marie l’Égyptienne ») en référence cette fois aux peintures datant de la première mention de l’église.

Fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

Durant l’époque contemporaine, le temple est fouillé plusieurs fois, mais deux sessions de fouilles sont réellement importantes.

La première a lieu en 1921 : elle consiste essentiellement en un dégagement et une restauration du temple. Les archéologues détruisent les bâtiments attenants, dégagent le porche en détruisant les entrecolonnements latéraux et de manière générale restaurent tous les murs de la cella. Durant cette fouille est mis au jour un podium plus ancien en tuf de Grotta Oscura, ainsi que l’amorce de magasins voûtés sur le côté ouest du temple, situés sous le temple actuel et datant tous deux de l'époque médio-républicaine.

La seconde session a lieu en 1948. Les archéologues ont opéré une série de sondages tout autour du temple, permettant la mise en évidence de magasins du côté est, contemporains du temple actuel, ainsi que des structures périphériques comme les murs du péribole ou la chaussée d’accès.

Description[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un temple pseudo-périptère ionique sur podium. Sa façade est tétrastyle et il compte sept colonnes sur les façades latérales. Il est constitué de travertin pour le parement du podium, la crépis, le stylobate et les parties qui supportent le plus de poids (les colonnes d’angle de la cella et les colonnes du porche). Il est également fait de tuf de l’Aniene, essentiellement pour les structures moins portantes : les murs et l’intérieur du podium. Le béton romain (Opus caementicium) est aussi utilisé, notamment pour l’intérieur du podium. Les cannelures des colonnes et les décors architectoniques sont en stuc. Les restaurateurs du XXe siècle ont utilisé le béton (parfois sans aucun souci de camouflage – voir façade sud), la brique (escalier de façade) et le stuc (pour la restauration des cannelures des colonnes).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jean-Pierre Adam, Le Temple de Portunus au forum Boarium, Rome, École française de Rome, coll. « collection de l'École française de Rome » (no 199),‎ 1994, 108 p. (ISBN 2-7283-0324-X et 978-2-7283-0324-3, OCLC 464208792, notice BnF no FRBNF35767583, LCCN 96115554)
  • (fr) Jacqueline Lafontaine-Dosogne, Peintures médiévales dans le temple de la Fortune Virile à Rome, Bruxelles-Rome, Institut Historique Belge de Rome,‎ 1959, 82 p.
  • (it) Antonio Muñoz, Il restauro del tempio della Fortuna Virile, Rome, Società editrice d'arte illustrata,‎ 1925
  • (it) E. Lissi Caronna, « Tempio c.d. della Fortuna Virile. Scavi e restauri », Acc. Naz. dei Lincei, 8e série, vol. XXXI,‎ 1977, p. 299-325

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Articles connexes[modifier | modifier le code]