Temple de Vespasien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Temple de Vespasien et Titus
Détail de l'entablement du temple de Vespasien et de Titus.
Détail de l'entablement du temple de Vespasien et de Titus.

Lieu de construction Forum Romanum
Ordonné par Titus puis Domitien
Type de bâtiment Temple romain
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Temple de Vespasien et Titus
Localisation du temple dans la Rome antique (en rouge)
Coordonnées 41° 53′ 34″ N 12° 29′ 02″ E / 41.892727, 12.483891 / 41.892727; 12.48389141° 53′ 34″ Nord 12° 29′ 02″ Est / 41.892727, 12.483891 / 41.892727; 12.483891  
Liste des monuments de la Rome antique
Colonnes du temple de Vespasien.

Le temple de Vespasien et Titus (latin : templum Divus Vespasianus ou templum Vespasiani et Titi[1]) est un temple romain situé sur le Forum Romanum et dédié au culte impérial commémorant les empereurs Vespasien et Titus, déifiés par le Sénat peu après leur mort.

Sommaire

Histoire[modifier]

Antiquité[modifier]

La construction du temple est commencée sous Titus peu après la mort de Vespasien survenue le 23 juin 79. À la mort de Titus, il semble que le temple ne soit pas achevé, seuls les fondations et le podium sont terminés[2]. Domitien poursuit les travaux[1], achevés avant 87, date à laquelle le temple est mentionné pour la première fois dans les sources antiques. Dans un premier temps, le temple n'est dédié qu'au culte de Vespasien qui a été déifié par le Sénat, comme le suggère le fait que seul son nom apparaît sur l'inscription d'origine. Après la mort de Titus, le 13 septembre 81, Domitien, son successeur, le fait déifier et dédie le temple aux cultes de son père et de son frère.

Entre 200 et 205, le temple est restauré par Septime Sévère et Caracalla[3] qui complètent l'inscription sur l'architrave par :

« IMPP • CAESS • SEVERVS • ET • ANTONINVS • PII • FELIC • AVGG • RESTITVER ».

La restauration ne semble pas de grande importance puisque de nombreux éléments de l'époque flavienne restent en place.

Moyen Âge[modifier]

Le temple est gravement endommagé durant le Moyen Âge, en particulier au début du XIVe siècle puis durant le XVe siècle, quand le pape Nicolas V fait réaménager le temple en petite forteresse[2].

Époque moderne[modifier]

Au XIXe siècle, le temple se retrouve semi-enterré, la terre ayant presque atteint les chapiteaux des colonnes. En 1811, des fouilles archéologiques menées par Valadier dégagent l'édifice et mettent au jour des fragments de l'entablement qui sont aujourd'hui exposés dans une galerie du Tabularium, à laquelle on accède depuis le Musée du Capitole. Le podium et l'escalier permettant d'accéder au temple sont reconstruits à cette occasion[3].

Influence[modifier]

Le tempietto de l'église de San Pietro in Montorio sur le Janicule, construit par Bramante, possède une frise dorique dont les métopes sont décorées avec des objets liturgiques chrétiens, inspirée de la décoration de la frise du temple de Vespasien.

À Vienne, Johann Ferdinand Hetzendorf von Hohenberg construit en 1778 une ruine décorative dans les jardins du château de Schönbrunn qui ressemble aux ruines du temple de Vespasien telles que représentées sur une gravure de Piranèse.

Brongniart s'est inspiré du temple pour la construction du Palais Brongniart, la Bourse de Paris jusqu'en 1998.

Vestiges[modifier]

Aujourd'hui, seuls le centre du podium, une petite partie de la cella et trois colonnes du coin sud-est sont encore visibles.

Description[modifier]

Localisation[modifier]

Le temple occupe l'extrémité nord du côté occidentale du Forum Romanum. Il est construit dans un espace exigu le long d'une rue en pente qui monte vers le Capitole (le clivus Capitolinus), entre le temple de Saturne, le portique des Dieux Conseillers, le Tabularium dont il bloque un accès et le temple de la Concorde.

A gauche le temple de Saturne, à droite le temple de Vespasien. Entre les deux, le portique des Dieux Conseillers avec le clivus Capitolinus qui le longe. Derrière les colonnes du temple de Vespasien, on aperçoit les vestiges du Tabularium, intégrés dans la façade d'un édifice plus récent.

Architecture[modifier]

Le temple fait 33 mètres de long pour 22 mètres de large. Il est prostyle et hexastyle d'ordre corinthien. C'est-à-dire que la cella est précédée d'un pronaos avec six colonnes corinthiennes en façade et flanqué de deux colonnes latérales[3] qui font 15,20 mètres de haut pour un diamètre de 1,57 mètres[3].

La cella, presque carrée, est spacieuse et richement décorée. Les murs en travertin et les colonnes à l'intérieur sont recouverts de marbres colorés provenant des provinces orientales de l'Empire[2]. Deux statues colossales de Vespasien et Titus en marbre se dressent sur un podium contre le mur du fond[1] (seuls les têtes des statues ont été retrouvées et sont aujourd'hui conservées au Museo Nazionale de Naples).

L'architrave du temple porte la dédicace suivante, relevée au VIIIe siècle alors que le temple est encore intact[3],[n 1] :

DIVO • VESPASIANO • AVGVSTO • SPQR • IMPP • CAESS • SEVERVS • ET • ANTONINVS
PII • FELIC • AVGG • RESTITVER
« Au divin Vespasien Auguste, le Sénat et le Peuple romain. Les empereurs César Sévère et Antonin
Pieux et bienheureux Augustes, ont restauré [ce temple]. »

Au-dessus, la frise de l'entablement est ornée d'instruments utilisés lors des cérémonies de sacrifices[3] et qui servent de symboles aux différents collèges religieux de Rome[2].

Le podium et l'escalier permettant d'accéder au pronaos sont construits de façon inhabituelle[1], un côté étant plus haut que l'autre. Cette différence de niveau est dû à la pente du clivus Capitolinus qui n'a pas pu être aplanie à cause de l’exiguïté de l'espace situé entre le temple de la Concorde et le portique des Dieux Conseillers.

Notes et références[modifier]

Notes[modifier]

  1. L'inscription est recopiée par un pèlerin lors de sa visite à Rome et retrouvée dans un document appelé Itinéraire d'Einsiedeln.

Références[modifier]

  1. a, b, c et d Samuel Ball Platner & Thomas Ashby, A topographical dictionary of Ancient Rome, Oxford University Press, 1929, p. 556.
  2. a, b, c et d J.H. Middleton, The remains of Ancient Rome, Vol. 1, Adam & Charles Black, Londres et Edimbourg, 1892, pp. 339-389.
  3. a, b, c, d, e et f Filippo Coarelli, Rome and environs, an archaelogical guide, University of California Press, Londres, 2007, p. 66.