Caenina

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Latium vetus avec les cités de Caenina, d'Antemnae, de Crustumerium, de Medullum, de Fidènes et de Véies, premières rivales de la Rome de Romulus.

Caenina est une ville antique située dans le Latium. Suite à l'épisode de l'enlèvement des Sabines, elle entre en guerre contre Rome, mais est battue par Romulus à la bataille du lac Curzio, qui signe ainsi son premier exploit militaire[1]. Ses habitants sont appelés Ceninensins. Son emplacement n'est pas connu.

Localisation possible[modifier | modifier le code]

Il est possible que la cité se situe sur la rive gauche de la rivière Aniene, 10 km avant sa jonction avec le Tibre, et à 3 km du mont Sacré, et six miles sur la via Collatina, ce qui correspond aujourd'hui à la zone du Ponte Mammolo dans la région métropolitaine de Rome[réf. nécessaire], mais ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres (La Rustica (it), Castel Giubileo, près de Fidènes, etc.).

Strabon la mentionne comme une cité faisant partie du Latium, mais qui avait disparu à son époque. Les auteurs classiques ne sont pas d'accord sur le fait qu'il s'agisse d'une cité sabine ou latine, ou bien encore d'une colonie d'Albe la Longue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il existe deux mythes sur Caenina, rapporté par Plutarque et Denys d'Halicarnasse, il se réfère à la plus ancienne collection de mythes romains réalisés par Fabius Pictor.

Dans le premier mythe, Romulus et Remus à l'âge de 18 ans en conflit avec des bergers de Numitor pour des pâturages, Remus est capturé dans une embuscade alors que Romulus se rend à Caenina pour effectuer un sacrifice rituel.

Dominique Ingres, Romulus, vainqueur d'Acron, porte les dépouilles opimes au temple de Jupiter Férétrien, 1812, École des Beaux Arts, Paris

Le principal mythe est basé sur l'enlèvement des Sabines[2]. Quatre mois après la fondation de Rome, en août, à l'emplacement du cirque Maximus, Romulus fit construire une statue du dieu Consus et organise une fête en l'honneur du dieu (Consualia). Les invités sont les habitants de Caenina, d'Antemnae, Crustumerium et tous les Sabins. Pendant la fête, une bagarre éclate et toutes les femmes étrangères furent enlevées par les Romains. Pour venger l'offense subit, ces trois cités s'allièrent avec les Sabins contre les Romains. Impatient, Acron, roi de Caenina affronta les Romains tout seul et dans un duel avec Romulus, il fut tué par ce dernier.

Alors Romulus, en robe de pourpre sur un char, porte en triomphe la dépouille d'Acron sur la colline du Capitole et il l'accrocha sur le chêne sacré de Jupiter Feretrius auquel il dédia un temple. La procession organisée par Romulus à consacrer les bras d'Acron, cette célébration est le triomphe de la Rome antique[3]. La dédicace des dépouilles optimes n'a été réalisé qu'à trois reprises: Romulus le vainqueur d'Acron, Aulus Cornelius Cossus vainqueur de l'Étrusque Lars Tolumnius, roi de Véies et Marcus Claudius Marcellus qui tua le roi du peuple gaulois des Gésates: Viridomaros.

Après avoir vaincu tous les ennemis de l'alliance, le Sénat romain décida que les habitants des cités de Caenina et d'Antemnae devaient être transférés à Rome et que les deux cités seraient transformées en colonies. À Caenina, trois cents colons romains s'établirent, et son territoire fut annexé à l'Ager Romanus et attribué à la tribu rustique Menenia.

Sacerdotes Caeninenses[modifier | modifier le code]

Plusieurs inscriptions d'époque impériale mentionnent l'existence de sacerdotes Caeninenses à Rome. On peut penser que les Romains, après avoir vaincu Caenina, ont voulu assurer à leur profit la continuité des sacra de cette cité, ce qui n'est pas un cas isolé[4].

Sources anciennes[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Francois Hinard (dir.), Histoire romaine, tome I, Des origines à Auguste, Fayard, Paris, 2000, ch. 1.
  2. Tite-Live, Histoire romaine: livre I, paragraphe 9.
  3. Tite-Live, Histoire romaine: livre I, paragraphe 10.
  4. Jacques Poucet, ouvrage cité en bibliographie, p. 98.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Marius Martin, L’idée de royauté à Rome (coll. « Miroir des Civilisations antiques », 1), tome I, De la Rome royale au consensus républicain, préface de Raymond Bloch, Clermont-Ferrand, Adosa, 1982, p. 147-150.
  • Jacques Poucet, Les origines de Rome : tradition et histoire, Bruxelles, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 1985, p. 97-98.