Slam (poésie)
Le terme slam peut aussi bien désigner le genre qui est avant tout un art oratoire, que la manifestation à laquelle ce mot fait habituellement et historiquement référence. Le slam sert à s'exprimer de manière libre et sans contrainte.
De fait, le terme slam représente le plus souvent un slam de poésie, qui est un concours de déclamation de textes poétiques. Né d'une idée du poète américain Marc Smith en 1986 dans le but de rendre les lectures de poèmes à la fois moins élitistes et moins ennuyeuses[1], le slam prévoit des règles minimales, laissant une grande liberté au participant. La discipline repose sur les talents d'orateur, et tend parfois vers le sketch humoristique ou le stand-up. Par extension, une soirée slam est une soirée de lectures de poèmes avec le principe de la scène ouverte, ou « open mic », c'est-à-dire que quiconque peut réciter un texte s'il le souhaite. On considère que le slam est un mouvement artistique porteur de valeurs telles que l'ouverture d'esprit, le partage, la liberté d'expression et le dépassement des barrières sociales.
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Histoire [modifier]
Aux USA [modifier]
Le slam naît d’une idée du poète Marc Kelly Smith en 1986. Écrivain issu de la working class de Chicago, Smith animait (outre des spectacles de théâtre et d’humour) des soirées de lecture de poèmes. Il jugeait celles-ci trop ennuyeuses et souhaitait les redynamiser, tout en nourrissant une vision non-élitiste de la poésie[1]. Invité à organiser des lectures au Green Mill Cocktail Lounge de Chicago (l’ancien repaire d’Al Capone[1],[2]), il créa un spectacle intitulé « Uptown Poetry Slam ». Dans cet événement, la scène était ouverte à toute personne souhaitant lire un poème (appris par cœur ou non), et l’exercice était évalué par un jury de personnes choisies au hasard dans le public. Les textes devaient être dits sans décor ou costume ni musique de fond, et limités à trois minutes par intervenant. Le premier «Uptown Poetry Slam» eut lieu le 25 juillet 1986. Le terme de slam a été choisi par Smith parce qu’il signifie « tournoi »[3],[4] (Grand Slam ou Shelem), mais connote à la fois le sens de « claquer » ou « balancer »[5]. Les évènements du dimanche soir gagnèrent rapidement un public qu’il faut considérer comme inhabituel pour des lectures de poèmes : il est issu de la classe laborieuse ou habitué à fréquenter celle-ci, frustré du monopole académique à l’endroit de la poésie, et il alimente une atmosphère de contre-culture[6].
Le slam apparaît ensuite à New York par le truchement du poète Bob Holman. En 1988, ce dernier publie un article sur le slam dans le New York Times. Au fameux Nuyorican Poets Cafe, il initie lui-même les slams hebdomadaires « Nuyorican Friday Night Poetry Slam ». Marc Smith voit cette initiative comme rivale : Aptowicz[7] parle de « culture war » entre slam new-yorkais et chicagoan. Si le but de Smith est de permettre à une poésie de meilleure qualité d’émerger, Holman développe au contraire un style libre et dérégulé, sans limite de temps pour les slameurs, où l’intervention des jurés tient plus de la farce que de la critique[7]. On notera que Bob Holman est bien inséré dans les milieux littéraire-poétiques new-yorkais (mieux que Marc Smith à Chicago). Il dirige notamment la maison d’édition Nuyorican Café Press, et il publiera les textes des artistes de sa Poetry Slam : on mentionnera Big Bank take Little Bank (février 1991, Nuyorican Café Press) avec des textes de Paul Beatty, et l’anthologie Aloud : Voices frome the Nuyorican Poets Cafe (août 1995, Holt Paperbacks).
Les villes de San Francisco (par l’initiative de Gary Mex Glazner, dans divers lieux), puis Boston (par l’initiative de Michael Brown et Patricia Smith, au T.T. Bears), Ann Arbor, Detroit et même Fairbanks (en Alaska) verront s’organiser des soirées slam dans le genre de celles de Marc Smith. En 1990, Gary Mex Glazner, l’organisateur principal des soirées slam de San Francisco, suggère l’idée d’un tournoi de slam intervilles. Il organise le premier National Poetry Slam (NPS) la même année dans le cadre du National Poetry Festival de San Francisco. À l’époque, seules San Francisco, Chicago et New-York participent. La compétition compte neuf slameurs en lice. New York n’envoie qu’un seul slameur, Paul Beatty. Pour la deuxième édition du National Poetry Slam, la ville de Boston rejoint le concours. Le tournoi compte une catégorie individuelle et une catégorie par équipe. Le vainqueur par équipe remporte un prix de 2 000 dollars[8].
La pratique du slam s’étend alors rapidement aux États-Unis. À New York en particulier, l’intérêt pour le slam – que l’on désigne à l’époque toujours par les termes « poetry slam » - grandit avec force. Bob Holman ayant permis à Paul Beatty de publier ses textes par l’ouvrage Big Bank take Little Bank (février 1991, Nuyorican Café Press), de nombreux auteurs gravitent autour du Nuyorican Poets Café dans l’espoir d’être remarqués par Holman[9]. Du fait de son succès, le Nuyorican Friday Night Poetry Slam se divise en deux soirées : une le mercredi (présélections), l’autre le vendredi (compétition). Deux autres rendez-vous de slam sont instiués à New York : « NYC-Urbana » dès 1997 et « louderARTS » dès 1998.
En août 1996, à Portland, les slameurs organisateurs du National Poetry Slam fondent l’association sans but lucratif Poetry Slam, Inc.. Elle propose des règlements de tournois et fédère les organisateurs ; sa Charte est adoptée en août 1997.
Lors de l’édition 1996 du National Poetry Slam, se déroulant à Portland, 26 villes américaines sont en compétition. Ce tournoi joue un rôle non négligeable dans l’histoire du slam puisque le réalisateur Paul Devlin entreprendra de le filmer pour en tirer un documentaire, intitulé Slam Nation. Diffusé en Amérique du Nord, ce film présente des interviews de Marc Smith, et met en valeur les slameurs Taylor Mali et Saul Williams, futurs stars de la discipline. Il contribuera à attirer l’attention sur le slam.
L’étape suivante de médiatisation du slam est le film Slam, sorti en 1998, écrit et réalisé par Marc Levin. Cette fiction raconte l’histoire de Ray Joshua, un jeune noir arrêté pour trafic de drogue qui développera son don pour la poésie orale durant son séjour en prison. Ray est interprété par Saul Williams (vedette émergente du slam, déjà la figure centrale du film Slam Nation), qui y récite ses propres textes. Le film remporte le Grand Prix du festival de Sundance ainsi que la Caméra d’or (meilleur premier film) de Cannes. Il jouera un rôle de taille dans la notoriété du slam en Europe.
Le slam fait son apparition à la télévision avec les séries Def Poetry (dès 2002) produite par HBO, ainsi que MTV Spoken Word Unplugged. Ces deux émissions diffusent l’équivalent de soirées slam non-compétitives, avec les « stars » du slam, mais aussi du rap.
On notera que ce que l’on peut nommer, de par la vitesse de sa propagation, le « mouvement slam » apparaît conjointement à une crise dans le monde de la poésie traditionnelle. En 1988, l’écrivain Joseph Epstein publia un éditorial dans la revue Commentary intitulé « Who Killed Poetry ? ». Il y déplore le fait que la poésie a déserté le grand public, en incriminant le système universitaire des études littéraires aux USA. Pareillement, en 1989, Donald Hall publia dans Harper’s « Death to the Death of Poetry », où il accuse les poètes de nombrilisme. La même année, 101 auteurs répondirent à Epstein dans un dossier du Writer’s Chronicle. La critique littéraire Diana Gioia publia sa réponse à Epstein, « Can Poetry Matter ? », dans la revue Atlantic d’avril 1991, où elle regrette le manque de public pour la poésie, les écrivains préférant les cursus universitaires élitaires à la vie de bohème.
En Europe [modifier]
Les premiers évènements de slam européens apparaissent en 1993 en Finlande, en Suède et en Angleterre.
En Allemagne [modifier]
En 1992, l'auteur autrichien Norbert Gstrein résidait dans une pension partagée par Alan Kaufman, un vétéran des poètes Nuyorican Café qui était venu à San Francisco pour vérifier la scène au célèbre Café Babar. Gstrein entendu Kaufman réaliser et arrangé pour lui d'être invité à effectuer Slam de style spoken word au Festival littéraire international de Munich, organisé par Mona Winters. Quand on lui dit qu'il ne pouvait inviter un deuxième auteur américain, Kaufman a invité son ancien collègue, Bob Holman, à se joindre à lui. Il s'agissait de la toute première apparition sur le continent européen de Slam-poésie parlée Parole de style. Ensemble, Kaufman et Holman ont pris d'assaut à travers l'Allemagne et l'Autriche, d'une Maison de la littérature à l'autre, y compris Munich, Francfort, Hambourg et Salzberg, électrisant les médias et le public. Seulement Kaufman, cependant, a été invité à Berlin, pour effectuer, en solo, à la Literaturawerkstatt Berlin où son comportement avant l'avant-garde Berlin et médias littéraires a fait une telle impression que Kaufman a été demandé, et à condition, poèmes par ses contemporains pour la traduction et inclusion dans AM LIT: Neu Literatur aus den USA, une importante anthologie historique de la littérature américaine. Parmi les œuvres Kaufman a été invité à revenir l'année prochaine par Dr.Thomas Wohlfahrt, directeur de Literaturwerkstatt Berlin, et a demandé d'apporter cinq autres poètes avec lui à travers le Kaufman américain revient en 1993 avec Paul Beatty, Patricia Smith, Luis Rodriguez, Neeli Cherkovski et Dominique Lowell. Ils ont joué dans Literaturahaus », les institutions, les universités et les boîtes de nuit à travers l'Allemagne, l'Autriche et la Hollande et la poésie ont été traduits et rassemblés dans un volume historique intitulé: slam, Heftigue Dichtung aus den USA!. Ce livre était de prouver un catalyseur majeur dans le développement et la propagation de Slam à travers l'Allemagne et l'Autriche est le premier volume de poésie Slam jamais être traduit et publié dans une nation européenne.
En France [modifier]
En France, l’apparition du slam est un peu plus tardive même si on évoque dès 1995 la réunion d’un noyau dur (Nada, Joël Baratzer, MC Clean, Pilote le Hot) mêlant poètes, performers et rappeurs dans un bar de Pigalle, le Club Club. Les règles et même le terme « slam » n’étant pas encore connus des pratiquants, le cadre se cherche encore dans des expérimentations sur fonds musicaux la plupart du temps, ou sous la forme de simples scènes ouvertes poétiques.
En 1998, l’exposition médiatique du film Slam de Marc Levin coïncide avec la découverte du mouvement dans l’hexagone et plus particulièrement dans la capitale où se créé un premier cercle d’initiés. Suite à la fermeture du Club Club, ce n’est plus un lieu qui unit les « activistes » mais bien une nouvelle forme artistique qui constitue un nouveau terrain de jeu pour partager leurs textes en public. Le plus actif du noyau du début, Pilote le Hot est le premier à mettre sur pied des « scènes slam » dans l’est parisien.
Le mouvement slam se développe donc en France sous la forme originelle des tournois mais également sous la forme de scène ouvertes (sans tournois). Mais à l’entrée dans le XXIe siècle, le mouvement slam se limite encore surtout à Paris et à sa banlieue : prenant appui sur un tissu associatif local, le modèle parisien commence tout juste à se délocaliser ; il s’étendra toutefois très rapidement à la province dans des villes culturellement dynamiques (Reims, Nantes, Lille, Rennes, Tours, Poitiers…). Dès 2004 d’importantes rencontres slam, à un niveau interrégional, sont organisées un peu partout en France : Grand Slam National (Nantes et Bobigny), Slam United (Paris), Bouchazoreill’Slam (Paris), Nuit du Slam (Reims, Creil, Lyon et Dijon), Slam Fever (Rennes), Slam l’homme Géant (Lyon), Slam So What (Paris), Slam N’ Co (Nantes), Super Slam (Tours), Grand Slam de Panam (Paris), Festival Paroles (Colmar, Sélestat, Ostwald et Mulhouse), Le Mans cité Chanson (Le Mans) etc…
En 2006, le premier album spoken-word de Grand Corps Malade, slameur plusieurs fois vainqueur des tournois Bouchazoreill’slam, porte un coup de projecteur supplémentaire au mouvement français.
En 2009, se constitue La Ligue Slam de France sous l’impulsion de différentes associations françaises qui souhaitent resserrer les liens entre tous les acteurs du slam français. En 2010, le mouvement français se met en réseau autour de la Ligue slam de France. À partir de 2011, le réseau se met en mouvement avec l'annuelle Coupe de la Ligue Slam de France, le 1er festival 100 % slam créé et dirigé par Mr Zurg et Yopo co-fondateurs de la Ligue Slam et directeurs artistiques de la Coupe.
Le slam français est très dynamique et en constante évolution, de très nombreux acteurs le font vivre aux quatre coins de l’hexagone, les rencontres, tournois ou non, se multiplient et le mouvement est en continuelle expansion.
En Belgique [modifier]
Les premières scènes slam apparaissent en 2001 à Bruxelles, quelques années après l'arrivée du slam à Paris, introduit entre autres par l'asbl Léz'arts Urbains. Liège a suivi le mouvement dès 2005 grâce à Dominique Massaut, aussi bien à l'Aquilone qu'au Centre de Jeunes La Zone (Liège). Depuis 2007, les scènes slam permanentes se sont développées à Mons (Maison Folie), et en 2008, à Namur. On commence seulement à voir s'ouvrir des scènes slam un peu partout, y compris en Flandre du côté de Gand. En 2007, un Championnat de Slam fut organisé à Bruxelles, mêlant les langues officielles, avec traduction des textes. En effet, dans le contexte actuel du conflit linguistique belge, le slam démontre plus que jamais ses valeurs dépourvues de frontières. On peut y trouver des scènes slam bilingues (exemple : Bru Slam) et des échanges Nord-Sud fréquents.
En avril 2008, La Zone de Liège organisa les 24H du Mot, réalisant la plus longue scène slam d'Europe et sans doute du monde : 24 heures de scène ouverte sans aucune interruption. Elle a ainsi réuni des acteurs de la scène slam belge, française et suisse. La seconde édition de l'événement s'est déroulée les 26 et 27 septembre 2009 avec autant de succès.
En Suisse romande [modifier]
En Suisse romande, le slam apparaît pour la première fois le 13 septembre 2002 dans une soirée au Chat Noir de Genève, animée par La Camarilla, le Cercle des poètes apparus, et la Section Lyonnaise des Amasseurs de Mots (S.L.A.M.). La philosophie est « Un texte dit, un verre offert ». Soutenu par le film Slam de Marc Levin, projeté en avril 2004 en clôture du festival Black Movie, le trend se répand, et les jeunes rappeurs qui s’expriment sans musique de fond commencent à se référer au « slam ». Des ateliers de slam ont lieu à la maison de quartier de la Jonction. Une slam mensuelle est instaurée au Chat noir, sous la houlette du rappeur Basengo. Le slam vient aussi directement aux Suisses romands, alors que la compagnie parisienne de Pilote le Hot fait tournée à Genève, Lausanne et Fribourg en juin 2004. Le slam se perpétue à Genève grâce au collectif À fleur de Mots.
À Lausanne, le Centre d'Animation de la Cité a mis sur pied en 2004 un projet slam[10] comme outil d'intégration dans un quartier populaire de la ville : Le Vallon. Il prend la forme de soirées mensuelles au Théâtre 2.21, situé également dans le quartier du Vallon. Le théâtre devient alors partenaire des soirées slam au niveau de la promotion et de l’accueil au bar.
En 2006, sous l'impulsion d'une animatrice du Centre d'Animation de la Cité, Liliane Hodel, est fondée la SLAAM[11] (Société Lausannoise des Amatrices et Amateurs de Mots). Cette association a pour but de promouvoir le slam dans la région lausannoise et de représenter le slam romand à l'étranger. Elle organise mensuellement des soirées slam (scène ouverte, et rarement des tournois), au Théâtre 2.21 (jusqu’en 2009), puis au Bourg Café Théâtre. Elle détache plusieurs fois par an des groupes de quatre ou cinq slameurs pour participer à des tournois européens (Paris, Liège, Lyon). Dès 2009, elle met sur pied le Lausanne Slam | Festival International de Slam de Lausanne. La SLAAM organise également des ateliers d'écriture de slam poésie. En dehors des scènes slam, les slameurs genevois et lausannois s’adonnent aussi à des « Tram Slam » ou « Slam Sauvage », soit des déclamations à l’improviste dans les transports publics.
On notera qu’une scène slam existe à Fribourg, au Centre Fries, depuis mai 2001, en langue suisse-allemande principalement. Depuis mai 2011, sous l’impulsion du poète Renato Kaiser, elle se veut bilingue. À notre connaissance, c’est l’unique scène slam bilingue au monde - bien que chacun est libre de slamer dans la langue de son choix à Lausanne. Le 26 septembre déjà, l’État de Fribourg parrainait une compétition de slam bilingue.
Au Québec [modifier]
Au Québec, la scène slam trouve ses racines dans la riche tradition de lectures publiques de poésie qui remonte au moins à la fin du XIXe siècle avec l'École littéraire de Montréal, mais dont on peut plus raisonnablement situer les origines modernes aux nombreux événements de poésie qui ont eu lieu dès le début des années 1970 et dont le film La Nuit de la poésie 27 mars 1970 constitue un témoignage remarquable. Ces lectures-performances rassemblaient alors autant des poètes de différents courants littéraires comme Denis Vanier, Gaston Miron, Claude Gauvreau, Gilbert Langevin et Michèle Lalonde que des rockeurs-poètes comme Raoul Duguay (souvent accompagné par l'Infonie et le Jazz Libre du Québec) ou Lucien Francoeur (flanqué de son groupe pop-rock Aut'Chose). Ces événements se poursuivirent tout au long des années 1970 et 1990 à la Casa Pedro sous l'égide du mécène Pedro Rubio et de l'animateur-écrivain Pierrot-le-Fou-Léger et plus tard, lors des soirées Place aux Poètes animées par la poétesse Janou St-Denis. À ce courant, il faudrait ajouter l'influence, dans les années 1990, de la scène anglophone montréalaise de spoken word.
Ce n'est qu'en 2006 que la scène slam, proprement dite, est née, sous l'initiative de Bertrand Laverdure, Catherine Cormier-Larose, Jonathan Lafleur et d'Ivy[12]. Ils ont d'abord initiés les 4 premières soirées Slamontréal, soirées mensuelles reprenant les règles du jeu telles que balisées par Marc Smith. Depuis 2007, Ivy continue de présenter les soirées Slamontréal à l'O Patro Vys. Ensuite, Ivy fonde la Ligue québécoise de slam (LIQS), afin d'encourager la formation d'équipe ailleurs dans la province. Le premier Grand Slam comportait l'équipe de Québec et de Montréal et fut présenté dans le cadre du Festival International de la Littérature au Lion d'or à Montréal. Marc Smith était l'invité d'honneur. On compte en 2009 une équipe de slam poésie à Montréal ,à Québec, à Trois-Rivières, à Gatineau, à /*Rimouski*/, à Sherbrooke et dans Lanaudière.[réf. nécessaire]
Dans l'océan Indien [modifier]
Le slam a été introduit dans l'océan Indien, en septembre 2002, par le poète et slammaster, Stefan Hart de Keating, alias Stef H2k[13], d'abord à l'île Maurice, d'où il est originaire, puis à La Réunion, Madagascar, Mayotte et Rodrigues. Les slams se font dans ces îles autant en français que dans la langue natale du slameur.
Des tournois nationaux, scolaires et internationaux s'y déroulent chaque année sous la houlette de slammasters et d'associations, avec le concours de ministères, de centres culturels, de l'Alliance française, de médiathèques, de restaurants et de bars.
Considérations critiques et sociales [modifier]
Le slam est une forme de poésie sonore considérée comme un mouvement d'expression populaire, initialement en marge des circuits artistiques traditionnels, aujourd'hui largement reconnu et médiatisé. C'est un art du spectacle oral et scénique, focalisé sur le verbe et l'expression brute avec une grande économie de moyens, un lien entre écriture et performance.
Si des poètes, en particulier issus de la mouvance hip-hop, le revendiquent comme issu de la rue ainsi que le rap à ses débuts, il est néanmoins pratiqué par des poètes de tous styles, de tous milieux sociaux, en ville comme à la campagne.
« Marc Smith n'aura eu qu'à modifier le concept de départ pratiqué par les poètes-beat, en l'adaptant à son époque, aux goûts et désirs d'un public moins disposé à la spontanéité : il aura su saisir une opportunité circonstancielle, s'approprier une formule existante en l'ajustant aux nécessités contextuelles de l'heure et du lieu, et donner à une nouvelle génération le privilège de la prise de parole mais, ici encadrée et limitée dans la durée de la prestation (3 minutes!), se plaçant ainsi à l'opposé des aspects déflagrateur et iconoclaste, (voire libertaire et anarchique), intrinsèques aux manifestations scéniques propres à la Beat generation et à la contre-culture québécoise des années 1970… Marc Smith aura relancé la prise de parole poétique sur la place publique et à l'échelle planétaire. Il incombe désormais à chacun d'avoir les mots pour se dire ! »
— Lucien Francoeur
Films [modifier]
Le documentaire Slam Nation de Paul Devlin (1998) traite du National Slam Poetry de Portland en 1996, où l'équipe de Providence (Rhode Island), menée par Taylor Mali, affronte en finale l'équipe du Nuyorican Poets Cafe (New York), menée par Saul Williams. La rivalité entre les figures inaugurales du slam Marc Smith et Bob Holman est aussi mise en avant, avec des interviews de ces derniers.
Le film Slam (1998) est une fiction mettant en scène Saul Williams récitant ses propres textes. Ce film a remporté le Grand Prix du Jury au festival Sundance et la Caméra d'or au Festival de Cannes en 1998. Il a joué un rôle important dans la popularisation du slam.
En français, on mentionnera ces quatre documentaires (non distribués au cinéma) :
- Slam, applaudissez les poètes (2006) de Deina Galey, Christophe Jarosz et Frédéric Moreau. Diffusions : RTBF2 / Planète choc
- Slam, ce qui nous brûle (2007) de Pascal Tessaud.
- Histoire de dires (2008) de Yann Francès et Matthieu Chevallier.
- Slameurs (2008) de Deïna Galey et Frédéric Moreau - Production séquence SDP - Because Music
Et ce documentaire commercialisé avec l'album BOUCHAZOREILL' « SLAM EXPERIENCE » (BECAUSE)
- Bouchazoreill'Slam DVD (2007) de Deïna Galey et Frédéric Moreau pour Because Music
Règles habituelles du slam [modifier]
Même si le slam de poésie est souvent décrit comme un moyen de liberté d'expression, le spectacle est structuré par des règles qui sont généralement les suivantes :
- Inscriptions ouvertes à toutes et tous auprès du présentateur
- On peut passer seul, en duo, en trio… pas de nombre maximal imposé, si ce n'est la limite technique (possibilité de poème collectif)
- Pas de décorations sonores, lumineuses ou vestimentaires
- Pas d'accessoires (si le slameur ne connait pas son texte, il peut le lire sur scène)
- Temps de parole de trois minutes maximum
- Un texte par passage sur scène
- Texte issu de sa propre création
- Un texte dit = un verre offert (est l'exception culturelle francophone)
Ces règles sont variables selon les scènes. Par exemple, certaines ne seront pas contre un ensemble de plusieurs petits textes lu en un même passage, autoriseront jusque cinq minutes voire supprimeront la limite de temps, d'autres ne donneront qu'un verre par slameur même s'il passe plusieurs fois, d'autres encore imposent un prix d'entrée modique, ou n'interdisent pas la lecture de texte écrit par quelqu'un d'autre, pourvu qu'il cite sa source et l'interprète à sa façon. Quoi qu'il en soit, on peut autant dire, lire, chanter, murmurer, que rapper ou gazouiller son slam. On peut même faire un mime. C'est l'occupation de la scène et le partage oral/corporel qui compte.
En cas de tournoi, voici comment sont établies les règles de notation :
- Un jury, choisi au hasard dans la salle, note les poètes ou équipes de poètes. Son rôle est de donner des notes, allant de zéro à dix, à chaque passage. Comme le jury n'est pas expert en la matière, il s'agit d'un jugement relativement subjectif et sur des bases différentes d'une notation de type scolaire. Les points sont donnés selon le texte et la performance. Mais il est important de rappeler que le rôle des poètes est de faire de la poésie, et non de gagner à un tournoi.
Les scènes slam pratiquant ces règles de jeu incluent : à Paris le Grand Slam de Paname, le Grand Slam National, le Slam United, le Slam So What, la Maison Folie de Mons et divers slams sessions et grands ateliers en France principalement dans les grandes villes du nord : Reims, Troyes et Chaumont en Champagne, Rennes et Nantes en Bretagne et Tours dans le Centre… Cette approche, inventée par Marc Smith pour ramener du public et rendre les scènes slam plus populaires, est également pratiquée au niveau international : IWPS (individual world poetry slam), German International Poetry Slam, Harlem Poetry Slam (Hollande)…
Un petit nombre de scènes font voter toute la salle avec des cartons colorés comme dans les matchs d'improvisation ou au moyen d'un applaudimètre, comme le tournoi européen de slam de Berlin.
Notes et références [modifier]
- (en) Cristin O'Keefe Aptowicz, Words in your face : a guided tour through twenty years of the New York City poetry slam, Soft Skull Press (New York) 2007, p. 36 (ISBN 978-1-9333-6882-5)
- (en) Susan B.A. Somers-Willett, « Can slam poetry matter », Rattle, no 27, été 2007 [lire en ligne]
- Aptowicz, 2007, p. 36
- Au delà des mots - Anne-Laure Favereaux, et extrait de l’émission Metropolis diffusée le 15 octobre 2011
- Vous prendrez bien un petit vers ? - Yann Perreau, Libération, 28 avril 2001
- (en) Susan B. A. Somers-Willett, The cultural politics of slam poetry, University of Michigan Press, 2009, p. 4 (ISBN 978-0-4720-5059-8)
- Aptowicz, 2007, p. 39
- Aptowicz 2007, p. 57
- Aptowicz 2007, p. 62
- Interview Liliane Hodel | Terra Cognita 10/2007
- SLAAM Site officiel
- Aire de jeux, Slam ta soirée, Site vert, L’enfance de l’art, Et le désert avance… - Voir.ca, 9 novembre 2010
- Stef H2k : pionnier du slam à Maurice [1]
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Déclamation
- Poésie
- Spoken word
- Slam, ce qui nous brûle, film documentaire (2008)
Liens externes [modifier]
- Arte.tv - Dossier slam sur Arte
- Ligue Slam de France