Claude Gauvreau

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Claude Gauvreau

Naissance
Montréal, Québec
Décès (à 45 ans)
Montréal, Québec
Activité principale
Auteur
Mouvement Automatiste
Genres

Claude Gauvreau, né le et décédé le à Montréal, est un poète, dramaturge, peintre et un critique d'art libertaire[1],[2] québécois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait des études classiques au Collège Sainte-Marie de Montréal et obtient un baccalauréat en philosophie de l'Université de Montréal.

Il découvre les arts modernes par son frère Pierre, qui fréquentait l'École des beaux-arts de Montréal, et rencontre le peintre Paul-Émile Borduas. Il devient alors un avocat inconditionnel du mouvement Automatiste. Il est le seul poète, donc théoricien, du groupe automatiste et est aussi un des signataires du manifeste Refus global paru en août 1948 alors que Claude a à peine 23 ans.

C'est entre 19 et 21 ans qu'il rédige Les entrailles, une série de 26 objets dramatiques en lesquels apparaissent déjà des esquisses de ce qui deviendra bientôt le signe particulier de son écriture, l'exploréen. L'objet "Fatigue et réalité sans soupçon" est un exemple d'automatisme surrationnel que le poète développe plus tard dans ses pièces d'envergure.

En 1947, il présente sa première pièce, Bien-être, avec l'actrice Muriel Guilbault, la muse incomparable dont il est profondément amoureux, bien que ce soit un amour à sens unique.

Après le décès par suicide de Muriel survenu le 2 janvier 1952, Claude Gauvreau entreprend d'écrire le roman Beauté baroque dans lequel il relate sa relation avec la comédienne. Après cet exercice éprouvant, il souffre d'amnésie[3]. C'est quelques années plus tard, en fin novembre 1954, que Gauvreau fait un premier séjour à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu où il est traité par les soins du psychiatre Lorenzo Morin[4]. À partir de ce moment, la vie poète alternera entre séjours et congés en clinique où il aura l'occasion d'y rencontrer parfois le médecin et homme de lettres Jacques Ferron qui est en charge de l'aile des femmes vers la fin des années soixante et début soixante-dix.

Le groupe automatiste se dissout peu à peu et, dans un fantasme d'agression, il croit que le groupe se rebelle contre lui ou du moins, contre leur propre union. Jean-Paul Riopelle nie son art abstrait et réussit à en vivre décemment par la suite. Il joint aussi le groupe surréaliste ce qui est contraire à leur pensée puisque, selon eux, ils les ont surpassés. Marcelle Ferron fait de l'art alimentaire; elle est engagée par le gouvernement pour une œuvre au palais de justice de Granby. Jean-Paul Mousseau, lui, est acheté par le clergé. Or, ce groupe était opposé au clergé et à l'État.

Anarchiste et révolutionnaire, Claude Gauvreau admire Bakounine, Makhno, Juan García Oliver et Ravachol[5].

Il participe à la Nuit de la poésie du .

En 1971, il travaille jusqu'à tard le soir avec Jean-Pierre Ronfard, metteur en scène de Les oranges sont vertes. Gauvreau refuse l'idée de Ronfard de continuer le lendemain, jour où débuteront les premières répétitions, et ils s'efforcent de tout finir cette nuit-là. Le lendemain, Gauvreau est retrouvé mort - près d'un immeuble de Montréal - empalé par une clôture. Il se serait défenestré. Une autre thèse soutient toutefois qu'il serait accidentellement tombé du toit où il faisait des réparations.

En 1974, il était le sujet d'un long métrage documentaire Claude Gauvreau - Poète, réalisé par Jean-Claude Labrecque et produit par l'Office national du film du Canada[6].

Le fonds d'archives de Claude Gauvreau est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les entrailles (1944-1946)[modifier | modifier le code]

L'une des phrases préférées de Claude Gauvreau sur le fragment d'une œuvre de l'artiste Michel Goulet

Un langage « exploréen »[modifier | modifier le code]

Il y a chez Claude Gauvreau une façon de dire qui tend vers l'inconnu. Fils de militaire, Gauvreau exprime ses secrets et son désir de provocation au moyen d'un langage mystérieux à mi-chemin entre le langage parlé et l'onomatopée (ou ce que la dactylo permet)... En fait, comme Gauvreau faisait partie du mouvement automatiste, il décide de décomposer les mots pour retourner à leur nature propre: les phonèmes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

OCLC: Titres trouvés

  • André Beaudet, "Parler en langue(s)" dans Littérature l'imposture, Montréal, Les Herbes rouges, Montréal, 1984, (p.49-70).
  • Claude Gauvreau, Œuvres créatrices complètes, Ottawa, Parti pris, 1971 et 1977. (OCLC 3770470)
  • Claude Gauvreau, Lettres à Paul-Émile Borduas, édition critique par Gilles Lapointe, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, coll. « Bibliothèque du Nouveau Monde », 2002, 459 p.
  • Claude Gauvreau, Écrits sur l'art, édition préparée par Gilles Lapointe, Montréal, L'Hexagone, coll. « œuvres de Claude Gauvreau », 1996, 410 p.
  • Claude Gauvreau et Jean-Claude Dussault, Correspondance 1949-1950, Montréal, L'Hexagone, coll. « œuvres de Claude Gauvreau », 1993, 458 p.
  • Claude Gauvreau, Lettre à André Breton. Le 7 janvier 1961, édition critique par Gilles Lapointe, Montréal, Le temps volé éditeur, 2011, 103 p.
  • Claude Gauvreau, The Charge of the Expormidable Moose. La charge de l'orignal épormyable, Ray Ellenwood trad., Toronto, Exile Éditions, 1996, 160 p.
  • Claude Gauvreau, Trois lettres, Montréal, Éditions d'Orphée, 1991, 36 p.
  • Claude Gauvreau, Bellezza barocca. Romanzo monista, 1952, Fabiola Baldo trad., Torino, L'Harmattan Italia, 2003, 147 p.
  • Jacques Marchand, Claude Gauvreau, poète et mythocrate, Montréal, VLB éditeur, 1979, 438 p.
  • Gertrude Millaire, Une Vie, un Poète - Claude Gauvreau (1925-1971), Francopolis, novembre 2012, texte intégral.
  • Yohann Rose, Le défi "Gauvreau" : le procès éditorial ou la naissance d'un peuple sous la pierre tombale des Occ : un mémoire pour l'oubli en forme d'écran paranoïaque : un silence-manifeste, Précis de dépense improductive tome I, Montréal, 2007, ISBN 978-2-923588-00-1.
  • Janou Saint-Denis, Claude Gauvreau, le cygne, Montréal : Presses de l'Université du Québec, sl, Éditions du Noroît, 1978, 295 p.
  • Francis Dupuis-Déri, Pistes pour une histoire de l’anarchisme au Québec, Bulletin d'histoire politique, Association québécoise d'histoire politique, volume 16, n°2, texte intégral.
  • Marc-André Cyr, Claude Gauvreau, écrivain de l'anarchie, Rupture, n°7, printemps 2007, texte intégral.
  • Michel Nestor, Sur les traces de l’anarchisme au Québec : les années 1940, Ruptures, n°5, printemps 2005, texte intégral.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Lapointe, Une découverte étonnante, Journal L'UQAM, vol. XXXVIII, n°4, 17 octobre 2011, texte intégral.
  2. Gilles Lapointe, Lettre de Claude Gauvreau à André Breton, le 7 janvier 1961, Études françaises, Volume 48, n°1, 2012, p. 66-118, texte intégral.
  3. Claude Gauvreau, Lettres à Paul-Émiles Borduas, Montréal, PUM,‎ , 461 p. (ISBN 2-7606-1814-5), p. Chronologie (p64). On consultera la lettre du 6 août 1954 en laquelle le poète s'explique sur ses difficultés d'écriture, (p132sq.).
  4. « Encyclopédie sur la mort. La mort et la mort volontaire à travers les pays et les âges. »
  5. Claude Gauvreau, Écrits sur l’art, Montréal, L’Hexagone, 1996, p.360-361.
  6. « Claude Gauvreau - Poète », sur ONF.ca,‎ (consulté le 1 septembre 2011)
  7. Fonds Claude Gauvreau (MSS466) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Liens externes[modifier | modifier le code]