Wilhelmus van Nassouwe

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Wilhelmus van Nassouwe (nl)

Guillaume de Nassau

Partition de l'hymne Wilhelmus van Nassouwe
Partition de l'hymne Wilhelmus van Nassouwe

Hymne national des Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Autre(s) nom(s) Het Wilhelmus (nl)
Le Guillaume
Paroles Philippe de Marnix / Balthasar Houwaert (présumé)
Musique Mélodie par un inconnu (soldat français ?) / Arrangement : Adrianus Valerius
Adopté en 1932
Fichiers audio
Het Wilhelmus (Instrumental)
Het Wilhelmus (Orgues et choeur)
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Wilhelmus van Nassouwe (Guillaume de Nassau) est l'hymne national des Pays-Bas. Chanté depuis 1574, il s'agit du plus ancien hymne national au monde.

Historique[modifier | modifier le code]

Portait de Guillaume de Nassau par Adriaen Thomasz Key.
Manuscrit de la plus ancienne version écrite du Wilhelmus (vers 1570 ; coll. de la Bibliothèque royale de Belgique).

Le titre est souvent abrégé en Het Wilhelmus (le Guillaume). Il existe aussi une version française, réalisée par le poète tournaisien Gabriel Fourmennois, et qui est populaire dans certains cercles orangistes en Belgique et au Luxembourg.

Le Wilhelmus tire son nom du premier mot de la chanson. Les premières lettres de chaque couplet forment un acrostiche : Willem van Nazzov. Le texte et mélodie de la chanson sont remarquablement paisibles pour un hymne national. l'introduction initiale de la chanson, telle que reprise dans le recueil de chants des gueux (Geuzenliedboek) la qualifie de « nouveau chant chrétien ».

Parmi les auteurs à qui on a attribué les paroles, deux Bruxellois de naissance : Philippe de Marnix, baron de Sainte-Aldegonde et Balthasar Houwaert.

Paroles[modifier | modifier le code]

Wilhelmus van Nassouwe
Hymne national des Pays-Bas
Paroles officielles en néerlandais Paroles traduites en français Paroles traduites en français
(source de 1582 ; avec acrostiche[1])

Wilhelmus van Nassouwe
ben ik, van Duitsen bloed,
den vaderland getrouwe
blijf ik tot in den dood.
Een Prinse van Oranje
ben ik, vrij onverveerd,
den Koning van Hispanje
heb ik altijd geëerd.

In Godes vrees te leven
heb ik altijd betracht,
daarom ben ik verdreven,
om land, om luid gebracht.
Maar God zal mij regeren
als een goed instrument,
dat ik zal wederkeren
in mijnen regiment.

Lijdt u, mijn onderzaten
die oprecht zijt van aard,
God zal u niet verlaten,
al zijt gij nu bezwaard.
Die vroom begeert te leven,
bidt God nacht ende dag,
dat Hij mij kracht zal geven,
dat ik u helpen mag.

Lijf en goed al te samen
heb ik u niet verschoond,
mijn broeders hoog van namen
hebben 't u ook vertoond:
Graaf Adolf is gebleven
in Friesland in den slag,
zijn ziel in 't eeuwig leven
verwacht den jongsten dag.

Edel en hooggeboren,
van keizerlijken stam,
een vorst des rijks verkoren,
als een vroom christenman,
voor Godes woord geprezen,
heb ik, vrij onversaagd,
als een held zonder vreden
mijn edel bloed gewaagd.

Mijn schild ende betrouwen
zijt Gij, o God mijn Heer,
op U zo wil ik bouwen,
Verlaat mij nimmermeer.
Dat ik doch vroom mag blijven,
uw dienaar t'aller stond,
de tirannie verdrijven
die mij mijn hart doorwondt.

Van al die mij bezwaren
en mijn vervolgers zijn,
mijn God, wil doch bewaren
den trouwen dienaar dijn,
dat zij mij niet verrassen
in hunnen bozen moed,
hun handen niet en wassen
in mijn onschuldig bloed.

Als David moeste vluchten
voor Sauel den tiran,
zo heb ik moeten zuchten
als menig edelman.
Maar God heeft hem verheven,
verlost uit alder nood,
een koninkrijk gegeven
in Israël zeer groot.

Na 't zuur zal ik ontvangen
van God mijn Heer dat zoet,
daarna zo doet verlangen
mijn vorstelijk gemoed:
dat is, dat ik mag sterven
met eren in dat veld,
een eeuwig rijk verwerven
als een getrouwen held.

Niet doet mij meer erbarmen
in mijnen wederspoed
dan dat men ziet verarmen
des Konings landen goed.
Dat u de Spanjaards krenken,
o edel Neerland zoet,
als ik daaraan gedenke,
mijn edel hart dat bloedt.

Als een prins opgezeten
met mijner heires-kracht,
van den tiran vermeten
heb ik den slag verwacht,
die, bij Maastricht begraven,
bevreesde mijn geweld;
mijn ruiters zag men draven
zeer moedig door dat veld.

Zo het den wil des Heren
op dien tijd had geweest,
had ik geern willen keren
van u dit zwaar tempeest.
Maar de Heer van hierboven,
die alle ding regeert,
die men altijd moet loven,
en heeft het niet begeerd.

Zeer christlijk was gedreven
mijn prinselijk gemoed,
standvastig is gebleven
mijn hart in tegenspoed.
Den Heer heb ik gebeden
uit mijnes harten grond,
dat Hij mijn zaak wil redden,
mijn onschuld maken kond.

Oorlof, mijn arme schapen
die zijt in groten nood,
uw herder zal niet slapen,
al zijt gij nu verstrooid.
Tot God wilt u begeven,
zijn heilzaam woord neemt aan,
als vrome christen leven,-
't zal hier haast zijn gedaan.

Voor God wil ik belijden
en zijner groten macht,
dat ik tot genen tijden
den Koning heb veracht,
dan dat ik God den Heere,
der hoogsten Majesteit,
heb moeten obediëren
in der gerechtigheid.

Guillaume de Nassau
je suis, de sang allemand,
à la patrie fidèle
je reste jusque dans la mort.
Un Prince d'Orange
je suis, franc et courageux,
le Roi d'Espagne
j'ai toujours honoré.

De vivre dans la crainte de Dieu
je me suis toujours efforcé,
pour cela je fus banni,
de mon pays, de mon peuple éloigné.
Mais Dieu me mènera
comme un bon instrument,
de telle manière que je retourne
dans mon régiment.

Si vous souffrez, mes sujets
qui êtes fidèles de nature,
Dieu ne vous abandonnera pas,
bien que vous soyez accablés maintenant.
Que celui qui aspire à vivre pieusement,
prie Dieu jour et nuit,
qu'Il me donne la force,
que je puisse vous venir en aide.

Vos âmes ni vos biens
je n'ai épargnés,
mes frères de haut lignage
vous l'ont aussi prouvé :
le comte Adolphe est tombé
en Frise, dans la bataille,
son âme, dans la vie éternelle,
attend le jour dernier.

Généreux et de haut lignage,
d'ascendance impériale,
élu souverain du royaume,
comme un pieux chrétien,
béni par la parole de Dieu,
j'ai, franc et intrépide,
comme un héros sans repos
risqué mon noble sang.

Mon bouclier et ma foi
Tu es, ô Dieu mon Seigneur,
ainsi en Toi je veux mettre mon espoir,
ne m'abandonne plus jamais.
Que je puisse néanmoins rester fidèle,
ton serviteur en toute circonstance,
chasser la tyrannie
qui me transperce le cœur

De tous ceux qui m'accablent
et sont mes poursuivants,
mon Dieu, veuille toutefois protéger
ton fidèle serviteur,
qu'ils ne me prennent pas au dépourvu,
dans leur furieux élan,
ne lavent pas leurs mains
dans mon sang innocent.

De même que David dut s'enfuir
devant Saül le tyran,
j'ai dû me lamenter
comme maint homme noble.
Mais Dieu l'a sublimé
libéré de tous les maux,
un royaume donné
en Israël très grand.

Après l'amertume je recevrai
de Dieu mon Seigneur cette bravoure
à laquelle me fait tant aspirer
mon royal tempérament :
c'est, que je puisse mourir
dans l'honneur en cette guerre,
conquérir un royaume éternel
comme un loyal héros.

Rien ne me m'inspire plus pitié
dans ma hâte à revenir
que de voir s'appauvrir
les biens des territoires du Roi.
Que les Espagnols te meurtrissent,
ô loyaux et doux Pays-Bas,
lorsque j'y pense,
mon noble coeur en saigne.

Comme un prince contraint
par mon acte de Dieu,
du tyran parjure
j'ai attendu le combat,
qui, retranché près de Maestricht,
craignait ma puissance;
mes cavaliers l'on voyait sillonner
très courageux ce champ de bataille.

Si telle la volonté du Seigneur
avait été en ce temps-là,
j'aurais bien voulu éloigner
de vous cette terrible tempête.
Mais le Seigneur là-haut,
qui régit toute chose,
qu'il faut toujours louer,
ne l'a point souhaité.

Très chrétiennement était motivée
mon âme princière,
inébranlable est resté
mon coeur dans l'adversité.
Le Seigneur j'ai prié
du fond de mon coeur
pour qu'Il me sauve,
établisse mon innocence.

Adieu mes pauvres agneaux
qui êtes en grand péril,
votre berger ne dormira pas
tant que vous serez dispersés.
Jusqu'à ce que Dieu veuille vous bénir,
acceptez sa parole divine,
vivez en fidèles chrétiens,
tout sera bientôt fini ici.

Devant Dieu je veux proclamer
et sa toute-puissance,
que je n'ai à aucun moment
dénigré le Roi,
ensuite qu'au Seigneur Dieu,
la suprême Majesté,
j'ai dû obéir
dans la droiture.

Guillelmus lon m'appelle
de Nassau sans remord;
la patrie fidelle
seray iusqu'à la mort;
ie suis Prince d'Orange
francq et sans nulle peur,
i'ay faict au Roy d'Espaigne
toute ma vie honneur.
  
Vivant en bonne crainte,
Dieu suivre fay debvoir;
pourtant faut par contrainte
hors mon pays me voir;
mais Dieu par me conduire
comme un bon instrument,
me fera tout reduire
en mon gouvernement.
 
Instamment en souffrance
ne serez peuples miens;
ayez donc esperance
en Dieu gardant les siens;
et qui à luy s'adonne,
le prie nuict et iours,
que sa force il me donne
pour estre leur secours.
 
L'Eternel peult cognoistre
si de mon bien et corps
ne vous ay faict paroistre
iusqu'à mes freres forts:
le Conte Adolf en Frise
mourut en combatant,
son ame és cieux transmise
le dernier jour attent.
 
Ayant ma progenie
des grands nobles empereurs,
suis de la Germanie
un des esleu seigneurs;
parquoy sans crainte ou doute
de Dieu tiendray la loy,
voire tant qu'auray goute
de noble sang en moy.
 
Mon bouclier et defence
c'est toy, mon Seigneur Dieu,
sur toy i'ay esperance,
conduis moy en ce lieu,
a fin qu'en ton service
ie demeure constant,
et dechasse le vice
du cruel inconstant.
 
Enten moy et me garde,
mon Dieu, encontre tous
qui apres moy font garde,
car ie suis ton serf dous;
garde moy de l'outrage
des tirants inhumains,
et qu'en mon sang leur rage
ne lavent, et leur mains.
 
David fut mis en fuite
par Saul le tirant;
aussi ay-je eu poursuite,
du danger me tirant
avec maint gentil-homme;
mais Dieu l'a relevé,
luy donnant le royaume
d'Israel eslevé.
 
Estant d'angoisses quitte,
recevray la vigueur
de mon Dieu, qui m'aquite
de misere et langueur;
voila pourquoy desire,
comme un bon campion,
de mon corps au camp gire
pour regner en Sion.
 
N'estoit que ie vous aime
o noble Pays bas,
pas ne feroy d'estime
de vous voir mis au bas;
mais l'Espagnol vous gaste
o bon pays du Roy,
o nations ingratte,
mon coeur pleure d'esmoy.

Attendant la bataille
comme un prince romain,
mes gents en plain camp baille
pres Mastrecht, ou soudain
le tirant, par grand crainte,
son camp a remparez,
ou mes reytres emprainte
trotter en plain terrez.
 
S'il eust esté à l'heure
de Dieu la volonté,
sans plus longue demeure
du joug vous eusse osté;
mais le Dieu debonnaire
qui tout à ordonné,
ne vous voulut complaire;
gloire luy soit donné.
 
Si comme un noble Prince
tousiours estois poussez,
or qu'angoisse m'advince
nen futz oncq repoussez;
mais prenant patience
i'ay prié l'Éternel,
faire innocence,
cognoistre que suis tel.
 
Adieu mes brebiettes,
ne vueilles sommeiller;
combien qu'esparses estes
le pasteur veut veiller;
vueilles donc tout ensuivre
Iesus Christ le parfaict;
des paines d'icy vivre
tantost serons deffaict.
 
Un jour devant la face
de Dieu feray paroir
que ie n'ay par audace
rien faict de mon voloir;
mais mon Dieu me commande
d'executer sa loy,
voila pourquoy me bande,
ne mesprisant le Roy.

Acrostiche
WILLEM VAN NASSOV Aucun GVILAME DE NASSAU

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chanson composee à la loüange et hoñeur de Monseigneur le Prince d'Orange: Selon le translateur Flameng, dont la lettre capitalle de chacun vers porte le nŏ de son Excellĕce. Et se chante sur la mesme vois. A sçavoir de Chartre; feuille volante dans la Bibliothèque royale à La Haye, (vers 1582), cité d'après : Florimond van Duyse, Het oude Nederlandsche lied, deuxième volume, Martinus Nijhoff/De Nederlandsche Boekhandel, La Haye/Anvers, 1905, p.1626