Hubert de Liège

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Exhumation de Saint-Hubert à la collégiale Saint-Pierre de Liège

Hubert de Liège, l'un des saint Hubert (° entre 656 et 658, †30 mai 727) est un saint chrétien, évêque de Tongres et de Maastricht. Il est fêté le 3 novembre en Orient[1] et en Belgique[2], le 30 mai en France[3]. Il est également le saint patron de la ville belge de Liège.

La légende de Saint-Hubert[modifier | modifier le code]

La vision de saint Hubert

Depuis le XVe siècle on dit que le seigneur Hubert était si passionné de chasse qu'il en oubliait ses devoirs. La légende rapporte qu'il n'avait pu résister à sa passion un Vendredi saint, et n'ayant trouvé personne pour l'accompagner, était parti chasser sans aucune compagnie. À cette occasion, il se trouva face à un cerf extraordinaire[4]. En effet, celui-ci était blanc et portait une croix lumineuse au milieu de ses bois.

Hubert se mit à pourchasser le cervidé mais celui-ci parvenait toujours à le distancer sans pour autant se fatiguer. Ce n’est qu’au bout d’un long moment que l'animal s’arrêta et qu’une voix tonna dans le ciel en s’adressant à Hubert en ces termes :

Hubert! Hubert! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ?

Hubert, saisi d'effroi, se jeta à terre et humblement, il interrogea la vision :

Seigneur ! Que faut-il que je fasse ?

La voix reprit :

Va donc auprès de Lambert, mon évêque, à Maastricht. Convertis-toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu'il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n'être point damné dans l'éternité. Je te fais confiance, afin que mon Église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée.

Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme :

Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse.
Je ferai pénitence, puisque vous le voulez.
Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous !

Biographie[modifier | modifier le code]

Hubertus-liege.jpg

Hubert est issu de la haute noblesse franque ; il est même probablement apparenté aux Pépinides et fut contemporain de Pépin de Herstal dont il fut proche. Son nom en fait un probable membre non situé de la famille des Hugobertides, à laquelle appartient Plectrude, l'épouse de Pépin de Herstal. À la mort de saint Lambert il fut désigné pour lui succéder à la tête du diocèse de Tongres-Maastricht. Il établit sur les lieux de l'assassinat de son prédécesseur (Liège) une institution religieuse (base de la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège), et y transféra ses reliques. Ce fait contribua probablement sur ces lieux à la création d'une ville qui devint dans le courant du VIIIe siècle, le nouveau siège du diocèse de Tongres-Maastricht. Mais il est exagéré d'attribuer le transfert du siège de l'évêché à Hubert. L'hagiographe de saint Lambert (vers le milieu du VIIIe siècle) n'aurait pas manqué de mentionner ce fait, or pour lui Liège est "Villa Leodio" (village de Liège). Ce n'est qu'en 911 que l'on voit apparaître pour la première fois "civitas leodio" attestant du fait que Liège est considéré comme un siège d'évêché. L'époque la plus probable pour ce transfert est celle des 15 premières années du règne de Charlemagne, période où le futur empereur séjournait régulièrement à Herstal, une localité proche de quelques kilomètres du lieu de l'assassinat de saint Lambert.

Famille[modifier | modifier le code]

Il est né en Aquitaine au VIIe siècle. Son père s’appelait Bertrand et aurait été duc d’Aquitaine ou encore descendant de Clotaire Ier. Sa mère s’appelait Hugberne ou Afre, sœur de sainte Oda[5]. Il vécut, assez librement et de façon mondaine, à la cour, au temps des rois fainéants. Il aimait passionnément la chasse.

Vers 682, il épousa Floribanne, la fille du roi Dagobert, comte de Louvain[réf. nécessaire]. Les chroniqueurs nous disent qu'il était connu par "les folles joies de sa vie mondaine" peu édifiante, jusqu'au jour où la grâce de Dieu et les conseils de saint Lambert l'entraînèrent vers la sainteté.

Floribanne mourut en mettant au monde Floribert, son fils. Après son veuvage, Hubert désira devenir le disciple de saint Lambert. Il renonça aux honneurs militaires ainsi qu’à la succession de son père en Aquitaine. Il en fit bénéficier son frère[réf. nécessaire] Eudes d'Aquitaine à qui il confia l’éducation de Floribert, âgé de trois ans.

Sa mort[modifier | modifier le code]

Hubert mourut le 30 mai 727 à Tervuren (non loin de Bruxelles) et il fut enseveli à la collégiale Saint-Pierre de Liège. Le 3 novembre 743, Floribert, qui lui avait succédé comme évêque de Liège, porta ses reliques devant l’autel. C’est à l’anniversaire de cette cérémonie que fut fixée sa fête.

Cependant, la dépouille du saint n’est pas destinée à demeurer à Liège. Un siècle après la mort du saint, l’évêque Walcaud décide, en 825, de donner une partie de ses reliques au monastère d’Andage dans les Ardennes, qui prit le nom de Saint-Hubert. C’est dans ce haut lieu de chasse qu’est la forêt des Ardennes que se développa la légende du saint, qui d’évêque fut transformé en jeune seigneur chasseur.

La châsse de Saint-Hubert est vendue en 1570 par l'abbé Jean de Lamock pour réparer les désastres causés par les soldats huguenots du sire de Renty et de Jean de Hangest seigneur de Genlis. L'église et le monastère furent pillés et incendiés le 16 octobre 1568. Depuis cette époque on ne sait ce que les restes du Saint sont devenus.

Dans ce monastère, on élevait une race de chiens qui prit son nom, et on invoqua le saint contre la rage. Il est également le saint patron des chasseurs et des forestiers sauf à Villedieu-les-Poêles où il est exceptionnellement fêté comme le patron des dinandiers.

La clef de Saint Hubert[modifier | modifier le code]

La clef de Saint-Hubert, en partie datée du XIIIe au XVe siècle, source de légende, autrefois dans le trésor de la Collégiale Saint-Pierre de Liège est actuellement dans le trésor de la Collégiale Sainte-Croix de Liège.

Article détaillé : La clef de Saint-Hubert.

Offrandes de Louis XI[modifier | modifier le code]

Le roi Louis XI de France était, lui aussi, si profondément passionné par la chasse que furent ordonnées, en septembre 1472, un certain montant des offrandes destinées à ce saint :

« ...Faictes bailler au prieur de Monseigneur Saint Hubert pour envoyer a Saint Hubert pour chascun chien des francs, ung marc d'argent et, pour chascune chienne des frians, deux marcs d'argent, et pour chascun d'autres chiens courans ung escu, et pour chascune chienne courante deux escuz, et pour chascun lyvrier, ung marc d'argent, et aussi ung veu de cire du poisant du derrenier serf que je prins. Je vous envoie le roolle des diz chiens. LOYS. PETIT.

A nostre ame et feal conseillier et chambellan le seigneur du Boschaige[6]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Forum orthodoxe.com : saints pour le 3 novembre du calendrier ecclésiastique
  2. Nominis : Saint Hubert
  3. Nominis : Saint Hubert
  4. Le cerf est une image christique car selon la tradition des pères de l'Église, comme il perd ses bois tous les ans et les refait, il est associé à la résurrection.
  5. (de) Das Ökumenische Heiligenlexikon
  6. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome V, p.54, Librairie Renouard, Paris 1895

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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