James Bond 007 contre Dr No

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James Bond 007 contre Dr No

Titre québécois James Bond 007 contre docteur No
Titre original Dr. No
Réalisation Terence Young
Scénario Richard Maibaum
Johanna Harwood
Berkely Mather
Terence Young (non crédité)
Acteurs principaux
Sociétés de production EON Productions
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Action, espionnage
Sortie 1962
Durée 105 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

James Bond 007 contre Dr No (Dr. No) est un film britannique réalisé par Terence Young et sorti en 1962 dans la majorité du monde sauf aux États-Unis, où il est sorti en 1963, en partie en raison de la crise des missiles de Cuba. C'est le 1er opus de la série des films de James Bond produite par EON Productions, et Sean Connery y incarne l'agent secret britannique pour la première fois. Basé sur le roman Docteur No écrit par l'Anglais Ian Fleming en 1958, il a été adapté à l'écran par Richard Maibaum, Johanna Harwood, et Berkely Mather. Le film a été produit par Harry Saltzman et Albert R. Broccoli, inaugurant un partenariat qui perdurera jusqu'en 1975.

Docteur No est le premier livre de la série des James Bond à avoir été adapté au cinéma, mais c'est Espions, faites vos jeux qui inaugurait les aventures littéraires de l'agent secret.

Produit avec un budget modeste, James Bond contre Dr. No a cependant été un succès financier. Les producteurs ont dû faire preuve d'ingéniosité. Si les réactions à sa sortie furent variées, il s'imposa avec le temps comme l'un des meilleurs lancements de série, puisque c'est le premier d'une saga comptant aujourd'hui 23 films. Ce film a aussi permis l'émergence des films d'espionnage dans les années 1960. Il a également donné lieu à la parution d'une bande dessinée et à l'album de sa bande son à sa sortie.

Ursula Andress fut lauréate du Golden Globe de la révélation féminine de l'année de 1964. Ce film permet à James Bond d'être considéré comme le troisième plus grand héros de film par l'American Film Institute[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Lorsque plusieurs agents britanniques disparaissent mystérieusement, le chef des services secrets de Sa Majesté britannique, M envoie l'agent spécial 007 James Bond en Jamaïque pour enquêter. L'espion va affronter le SPECTRE, une organisation qui vise à dominer le monde, personnifiée par le Dr. Julius No.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

En 1961 dans la capitale jamaïcaine Kingston, le chef de la section jamaïcaine du MI6, John Strangways, est assassiné en compagnie de sa secrétaire Mary par un trio de faux aveugles connus sous le nom de Three Blind Mice. Après s'être introduits dans leur villa, les assassins subtilisent deux dossiers, respectivement intitulés Crab Key et Doctor No.

À Londres, l'agent secret James Bond, de matricule 007, est convoqué dans le bureau de son supérieur, M. Bond reçoit pour ordre d'enquêter sur la disparition de Strangways et de déterminer si elle est liée ou non à une affaire sur laquelle il travaillait avec la CIA, portant sur la perturbation par ondes radios de lancements de fusées depuis Cap Canaveral.

À son arrivée à l'aéroport de Kingston, une photographe tente de le prendre en photo, et il est aussitôt pris en filature par deux hommes. D'autre part, un conducteur suspect lui propose ses services alors qu'il n'avait demandé aucun chauffeur. Bond lui intime de quitter la route principale, et après un bref combat, l'homme refuse de révéler le nom de son employeur avant de se suicider avec une cigarette au cyanure.

Pendant son enquête à la villa de Strangways, Bond remarque la photo d'un pêcheur avec Strangways. Après avoir repéré le dénommé Quarrel, Bond discute avec lui mais le trouve peu coopératif. Bond le reconnaît comme étant le conducteur de la voiture l'ayant pris en filature la veille. Il le suit et commence à sa battre avec lui et un ami lorsque le combat est interrompu par le second homme ayant attendu Bond à l'aéroport : il dit être Felix Leiter, agent à la CIA, et explique que, non seulement les deux agents travaillent sur la même mission, mais aussi que Quarrel l'assiste dans sa tâche. Il dit que la CIA a réussi à remonter le brouillage jusqu'à la Jamaïque, mais que les reconnaissances aériennes n'ont pas permit de localiser sa provenance. Quarrel révèle alors qu'il a emmené Strangways sur les îles proches afin de collecter des échantillons de minéraux. Il parle également du Dr No, qui possède l'île de Crab Key où se trouve une mine de bauxite : l'île est intensivement protégée contre les intrus par une force armée de sécurité et un radar.

Pendant sa fouille de la maison de Strangways, Bond avait trouvé un reçu signé du professeur Dent. Après avoir survécu à une tentative d'assassinat de la part des Three Blind Mice, Bond se rend aux laboratoires Dent : selon le professeur, les échantillons apportés par Stragways ne valaient rien. Sur ce, Dent se rend immédiatement sur Crab Key, où le Dr No lui fait part de son déplaisir quant à sa venue sur l'île en plein jour et son échec à tuer Bond. Il lui ordonne d'essayer de nouveau, cette fois-ci avec une tarentule. La nuit, Bond parvient à tuer l'araignée, puis, par le biais de Mlle Taro, secrétaire à la maison du Gouvernement, tend un piège au professeur, qu'il parvient à capturer, interroger et qu'il est finalement contraint de tuer.

Ayant détecté des traces de radioactivité dues aux échantillons de Strangways dans le bateau de Quarrel, Bond persuade le Jamaïcain réticent de l'emmener sur Crab Key. Il y rencontre Honey Rider, une jeune femme cherchant des coquillages et seulement vêtue d'un bikini blanc. Malgré un accueil hostile, elle accepte d'aider Bond et emmène les deux hommes dans les marais intérieurs de l'île. Après la tombée de la nuit, ils sont attaqués par le faux dragon du Dr No, qui terrorisait lîle de Crab Key. Pris d'assaut par Bond et Quarrel, l'engin causera la mort de ce dernier pour voir 007 et son amie être faits prisonniers. Bond et Rider sont décontaminés avant d'être emmenés dans une prison dorée puis drogués.

À leur réveil, ils sont escortés jusqu'à la salle à manger du Dr No. Il révèle alors qu'il est membre du SPECTRE (SPecial Executive for Counter-intelligence, Terrorism, Revenge and Extortion) et prévoie de perturber le Programme Mercury de Cap Canaveral grâce à un faisceau d'ondes atomiques. Après le dîner, Rider est emmenée et Bond frappé par les gardes.

Emprisonné dans une cellule, Bond parvient à d'évader par le système de ventilation. Déguisé en technicien, il se rend dans la salle de contrôle, une salle pleine d'instruments high-tech et avec un réacteur atomique enfoncé dans le sol, le tout supervisé par le Dr No en personne. Bond parvient à dérégler le réacteur nucléaire alors que la fusée américaine est en train de décoller. Il engage un combat au corps à corps avec un garde qui l'a repéré, puis avec le Dr No alors que la salle est en cours d'évacuation : poussé dans le bassin nucléaire, le scientifique meurt ébouillanté, incapable de s'agripper au bord du fait de ses mains de métal. Bond réussit à trouver Rider et à s'enfuir en bateau avec elle juste avant que la base n'explose.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, cette fiche est établie à partir du générique du film.

Distribution[modifier | modifier le code]

Légende : VO : doublage en version originale / VF : doublage en version française.

Acteurs non mentionnés dans le générique[3] 

Production[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire ou complémentaire, cette section est issue du livre Les Archives James Bond 007, par Paul Duncan[4] ainsi que du commentaire audio de l'équipe du film.

Genèse[modifier | modifier le code]

Publiée dès 1953 avec Espions, faites vos jeux, la série de romans avec James Bond signée Ian Fleming connaît un succès grandissant en Grande-Bretagne. Le 25 mars 1961, à la parution du neuvième livre, Opération Tonnerre, James Bond est déjà un personnage phare de la littérature britannique, avec sa propre bande dessinée dans le quotidien Daily Express. Huit jours auparavant, aux États-Unis, le magazine Life révèle que Bons Baisers de Russie est l'un des romans préférés du président John F. Kennedy[5]. JFK est le fan le plus célèbres des romans de Ian Fleming.

Lorsque Harry Saltzman obtient les droits des livres James Bond de Ian Fleming, il n'a à l'origine aucune intention de faire évoluer cette série. Au contraire, Albert R. Broccoli désire les droits de cette série et tente de les lui racheter. Saltzman, refusant de les céder, propose à Broccoli de former un duo pour réaliser une saga James Bond. United Artists leur donne les autorisations nécessaires en 1962. Saltzman et Broccoli créent alors deux compagnies : Danjaq, qui détient les droits des romans, et EON Productions, dont la mission est de produire les films.

Les deux producteurs proposèrent successivement à Guy Green, Guy Hamilton et Ken Hughes de réaliser le film, mais tous refusent. Ils choisissent Terence Young comme réalisateur. Broccoli et Saltzman sentaient en effet que Young serait capable de transcrire fidèlement le caractère de James Bond du roman au film. Young impose de nombreux choix stylistiques au personnage, choix qui se développèrent au fil de la série des films. C'est à l'origine le roman Opération Tonnerre qui devait être porté à l'écran, mais après un différend avec le coauteur Kevin McClory, c'est le roman Docteur No qui est choisi[6]. De plus, ce roman offrait des facilités dans la production du film : un lieu unique (la Jamaïque), un scénario simple et classique et peu de séquences d'action coûteuses[6].

Le budget du film est très réduit, les producteurs ainsi que le décorateur ont usé d'ingéniosité. Le budget fut d'environ 1 million dollars, soit environ 300 000 livres à l'époque.

Scénario[modifier | modifier le code]

Pour scénariser l'œuvre d'Ian Fleming, Cubby Broccoli fait appel à un auteur qu'il connaît bien : Richard Maibaum. Il s'est beaucoup concentré sur les dialogues ainsi que la mise en scène du film, notamment pour les transitions. Sean Connery, Terence Young et Lois Maxwell ont écrit l'histoire sur les liens entre James Bond et Miss Moneypenny.

Casting[modifier | modifier le code]

Sean Connery avait fait quelques apparitions dans divers films, c'était le début de sa carrière et il n'avait pas encore joué un grand rôle. Il était donc presque un acteur inconnu. Mais les producteurs l'ont trouvé parfait pour le rôle. Pourtant, il était mal parti pour devenir une vedette mondiale, issu du quartier défavorisé de Fountainbridge à Édimbourg, il fait divers petits boulots avant de passer le concours de Mister Univers. En 1957, il est engagé par Terence Young dans Au bord du volcan, dans lequel il avait un tout petit rôle. Avant le tournage, il avait peur car il ne se sentait pas avoir le charisme pour jouer le personnage de Bond. Terence Young l'a beaucoup aidé pour s'approprier le rôle.

Deux semaines avant le début du tournage, aucune actrice n'avait été choisie pour le rôle de Honey Rider. L'acteur John Derek montre alors aux producteurs une photographie de sa femme de l'époque, Ursula Andress, qui n'avait tourné qu'un ou deux films. Elle est engagée sans même passer d'audition[6]. Elle accepta le rôle pour faire plaisir à Kirk Douglas, ce rôle fut sa première grande apparition. Andress pour ce rôle est considérée comme la quintessence de la James Bond Girl avec un statut d'icône particulière. Son fameux bikini a été vendu 41 250 livres aux enchères chez Christie's en 2001. Ian Fleming demanda tout d'abord à son ami et voisin de la Jamaïque, le dramaturge Noël Coward, de jouer le Dr No, ce à quoi Coward répondit par ce télégramme : « Dr No ? No ! No ! No ! ». Le rôle du Docteur No est ensuite proposé au Suédois Max von Sydow, ainsi qu'à son cousin Christopher Lee, après s'être inspiré de son personnage de Fu Manchu pour créer le Docteur No[6].

Timothy Moxon était pilote d'avions et pulvérisait des pesticides en Jamaïque. Avant cela, il avait été acteur à Londres et avait rencontré Terence Young. Dans le film, il joue le rôle de Strangways, qui est le nom d'un ami de longue date de Young. Le réalisateur aimait prendre des noms d'amis. Le dentiste jamaïcain de Moxon joua l'un des personnages des Three Blind Mice. Anthony Dawson fut également embauché pour un autre petit rôle, il a joué dans de nombreux films de Young dont Trois des chars d'assaut (1950). L'acteur interprète plus tard les mains de Blofeld dans Bons baisers de Russie (1963) et Opération Tonnerre (1965). Eunice Gayson devait initialement jouer Moneypenny, mais le réalisateur Terence Young décida de créer pour elle un autre personnage récurrent, celui de Sylvia Trench. À la différence de Moneypenny, toutefois, Sylvia n’apparaît que dans deux films. Au même moment du tournage, elle répétait La mélodie du bonheur. Elle était formée pour chanter de l'Opéra. Au milieu des répétitions, Terence Young lui proposa le rôle. Elle n'a pas pu se déplacer, donc elle a chanté chez elle. Lois Maxwell avait déjà travaillé avec Terence Young dans L'étrange rendez-vous (1948), le réalisateur lui proposa le rôle de Miss Moneypenny, elle accepta mais voulait un personnage au passé intéressant, sans chignon ni de lunettes ou stylos sur l'oreille. Bernard Lee fut à son tour pris pour le rôle de M. Lors du tournage, il jouait du piano et chantait. Marguerite LeWars était hôtesse de l'air quand Terence Young lui proposa le rôle de Miss Taro. Elle déclina, mais accepta en revanche de jouer la photographe du Daily Gleaner qui travaille pour le Dr No.

Décors[modifier | modifier le code]

Le budget étant de 300 000 livres, Ken Adam a eu 14 500 livres pour les décors. Il en a réclamé 20 000 et les producteurs ont finalement cédé, dans l'optique que cela reste secret. Au total, Ken Adam a dépensé 21 000 livres.

Ken Adam a travaillé pour 7 James Bond. Le budget du film étant très réduit, il dut user d'ingéniosité pour les décors. Son premier décor fut le casino. Il a essayé de récréer un espace et reproduire un décor de Style Louis XV ou Style Louis XVI. Il s'est aussi concentré sur les lustres et les tables de jeu.

Pour le bureau de M, il a voulu un décor réduit au strict minimum. Il a essayé de donner une touche traditionnelle à la pièce notamment avec du bois de style anglais. Les maquettes de bateaux étaient présentes pour rappeler le passé de M. À cause du budget réduit, il a dû prendre des feuilles de teck puis a dû les veiner pour les faire ressembler à du bois. La porte était en réalité en plastique, il a essayé de donner l'illusion du cuir. Pour Goldfinger (1964), il a gardé le même style mais a cette fois-ci utilisé du vrai bois et du cuir véritable pour la porte.

Les intérieurs de la villa du gouverneur ont été filmées dans les Studios Pinewood. Ken Adam voulait un Style Colonial. Il a mis en place 4 portes-fenêtres et des ventilateurs au plafond. Les décors de Ken Adam ont occupé 3 ou 4 plateaux, il devait les concevoir avant le retour de Terence Young et de Albert R. Broccoli qu'il appréhendait. Finalement, les producteurs ont adoré, tout comme le réalisateur.

L'équipe n'avait presque plus d'argent pour construire le décor du repaire du Dr No, où Anthony Dawson, le professeur Dent se rend à la 37e minute. Ken Adam voulait quelque chose de stylisé et a opté pour un cherche avec des barreaux surplombant une pièce avec la tarentule au premier plan. Terence Young a adoré ce décor et même voulu qu'on ouvre plus le plafond. Ken Adam a dépensé environ 475 livres pour ce décor. Ce décor a été souvent copié dans d'autres films.

Pour l'intérieur de la maison de Miss Taro, Ken Adam voulait une décoration chinoise et a ajouté une cloison pour instaurer une tension dans la scène. La cloison divise en deux la pièce et personne ne sait ce qui se trouve de l'autre côté. La cloison apportait aussi un côté traditionnel.

Pour le repaire du Dr No sur Crab Key, Ken Adam voulait un décor moderne avec un second degré futuriste, avec des ordinateurs, de nouveaux matériaux. Peter Hunt a jugé très bien le décor de l'appartement dans la grotte du Dr No. Le décor contient une fenêtre qui donne vue sur un fond marin. La scène avec les poissons avait été filmée à part et a été projetée sur le mur lors du tournage.

Harry Saltzman a demandé à Ken Adam de visiter un centre de recherche atomique à Harwell en Angleterre pour pouvoir concevoir le décor de la salle des réacteurs. Les chercheurs donnèrent de bons conseils techniques.

Tournage[modifier | modifier le code]

Goldeneye, la maison de Ian Fleming en Jamaïque

Le tournage commence le 16 janvier 1962 en Jamaïque par la séquence de la cabine téléphonique, à l'aéroport de Kingston. Il s’achève, pour les extérieurs, le 21 février et se poursuit en Angleterre aux Pinewood Studios, dans la banlieue de Londres[7]. Le tournage s'achève le 30 mars 1962. La plupart des scènes sont tournées en Jamaïque. Lors du tournage, Ian Fleming écrit son nouveau roman Au service secret de Sa Majesté.

Noël Coward et Ian Fleming (résidence Goldeneye achetée ensuite par le régisseur d'extérieurs du film, Chris Blackwell) possédaient des résidences sur les côtes sud et nord. GoldenEye est un ancien domaine de course d'ânes. A l'époque, la maison n'était pas la plus belle à cause d'un nombre faramineux de villas avec plages privées. Le mobilier était sans goût, car Fleming allait souvent pêcher. L'équipe a fait des repérages et a beaucoup apprécié le petit village de pêcheurs qu'était Ocho Rios et Oracabessa, où se trouvait notamment la résidence de Fleming. Les Jamaïcans étaient fiers d'accueillir l'équipe du film. Diane Cilento, l'épouse de Sean Connery au moment du tournage, rendait souvent visite à l'équipe en Jamaïque.

La maison où travaille Dolores Keator dans le film est en réalité la vraie maison de l'actrice. Le budget étant très réduit, les producteurs ont usé d'ingéniosité. Ils ont fait appel à une entreprise près de Farnham et ont demandé de réunir 12 hommes devant 12 postes de radio et finalement, n'ont payé qu'un ou deux déjeuner.

Lorsque Quarrel arrête la photographe au club, Marguerite LeWars a récolté un gros bleu sur son poignet, John Kitzmiller s'est ensuite excusé. Dans le film, elle devait avoir une origine chinoise mais elle doit jouer le côté international, les maquilleurs ont appliqué une espèce de colle sur ses yeux et deux élastiques les tiraient derrière sa tête. C'était très inconfortable pour l'actrice. Avant le tournage, elle connaissait Lester Prendergast, qui joue dans le film le propriétaire du club.

Les extérieurs de la maison de Miss Taro sont filmés en Jamaïque, c'est un bungalow de l'hôtel Sans Souci à Ocho Rios. 11 ans plus tard, l'équipe de Vivre et laisser mourir, le 8ème opus de la saga James Bond, séjourne dans cet hôtel. Mais lorsque Bond franchit la porte, c'est un décor de Ken Adam dans les Studios Pinewood. L'équipe a mis trois jours pour filmer la scène du lit entre Miss Taro et Bond. Lorsqu'elle se fait arrêter par la police, elle s'est beaucoup entraîné pour cracher, les répétitions étaient horribles. À la fin du tournage, elle a demandé à garder sa robe de chambre en soie.

Mais le tournage a également été difficile à cause du temps pluvieux de la Jamaïque. Avec un budget restreint, le tournage devint très compliqué. De nombreux extérieurs n'ont pas été tournés à cause du temps. Quelquefois, il était impossible de filmer. Les pluies torrentielles s'abattent souvent sur la Jamaïque, notamment à cause des nuages au dessus des Blue Mountains.

Ursula Andress n'a pas du tout apprécié la scène où elle devait se cacher dans la rivière glaciale et respirer avec un bambou. La rivière était en effet glaciale car c'était une vraie rivière de montagne. Elle joue dans ce film son premier grand rôle et ses scènes furent problématiques. Lorsqu'elle jouait, sa pression sanguine montait, elle devenait sourde. Elle était terrifiée. Elle préférait jouer dans les studios car elle ne perdait pas le contrôle de la scène, elle n'avait pas de pression liée « à la nature, à la rivière, à la caméra impossible à ajuster qui tombe dans l'eau ». Il fallait à Andress un maquillage intégral pour paraître bronzée. Chaque matin, tandis que, nue, elle se faisait peindre le corps, on frappait à la porte. « Toutes les deux secondes, se souvient-elle, on annonçait "Voilà le petit déjeuner !" Nous avions à la fin 20 plateaux de petit déjeuner... Tout le monde voulait regarder. » Elle a adoré certains aspects du tournage, notamment le baiser final avec Sean Connery : « Il était si adorable, c'était merveilleux de l'embrasser. Un vrai plaisir. »

Lieux de tournage

Lieux de l'action[modifier | modifier le code]

Cascades[modifier | modifier le code]

Sean Connery aimait travailler avec les cascadeurs sur les scènes de combat. Il savait qu'il ne pouvait pas tout faire, notamment à cause de l'assurance ou encore de sa santé et les conséquences de ses blessures vis-à-vis du film. Cependant Sean Connery éprouvait une peur maladive des araignées ; pour la scène de la tarentule, une vitre fut placée entre Bond et l'arachnide. Le cascadeur Bob Simmons tourna le plan rapprochée de la tarentule montant sur le bras de 007. Il déclara plus tard qu'il s'agissait de la cascade la plus effrayante qu'il eut jamais accomplie. Pour cette scène, l'équipe a reproduit le mur sur le sol et c'est Terence Young en personne qui a filmé en plongée, l'idée de la tarentule venait d'ailleurs de lui. Sean Connery était couché sur le côté et attaché. Du verre le protégeait pour des raisons évidentes, la tarentule concentre du venin mortel dans une glande. Un médecin était présent sur le plateau. Le lit était fermement cloué au sol et retenu par des barres. L'équipe a décidé de pivoter le plateau, ainsi le lit était debout, ce qui permettait à la tarentule de marcher sur du verre.

United Artists accorde 100 000 $ qui n'étaient pas prévus pour les explosions dans les dernières scènes. C'est Bud Ornestein, le responsable de United Artists à Londres qui a obtenu cette somme après plusieurs négociations. Des maquettes ont été confectionnées comme un port en modèle réduit.


Véhicules utilisés dans le film


Montage[modifier | modifier le code]

Peter Hunt a eu l'idée d'innover le montage du film. Lorsque Mary la secrétaire, est tuée, il a essayé de rendre la scène plus excitante et n'a pas gardé les plans de face. Le son de la fenêtre brisée est exagérée pour rendre la scène plus forte en intensité. Une deuxième scène très intéressante où on peut remarquer l'innovation du montage de Peter Hunt est la scène où Bond combat le chauffeur à la vingtième minute. Le montage alterne panoramiques et travellings, ce que proscrivent les écoles de cinéma. Bond retient le chauffeur par la gauche puis par la droite. Il n'a pas mis en place des plans de transition pour gagner en rythme.

Lorsque Bond rencontre Quarrel pour la première fois, l'équipe a voulu rendre la plage réelle en ajoutant des voix provenant de personnes lointaines, et non seulement le bruit des vagues.

Au club, lorsque Bond discute avec Quarrel, Peter Hunt a, pour donner l'impression du flash de l'appareil photo, intercalé une image vierge.

Effets sonores[modifier | modifier le code]

La bande-son de James Bond 007 contre Dr No fut la plus difficile de la carrière de Norman Wanstall. Les effets sonores sont essentiels dans la dernière partie du film. Comme les scènes étaient censées se dérouler dans la mer, l'équipe a mis en place un bruit d'air conditionné un peu relevé. Norman Wanstall s'est occupé de cela, il gagna l'oscar pour Goldfinger (1964). À cause du budget, il dut utiliser les moyens du bord. Pour un film d'action tel que James Bond 007 contre Dr No, il fallait habituellement deux monteurs son, mais à cause du budget Norman Wanstall était seul. C'était sa première expérience.

Le plan où le Dr No écrase le budha fut un casse-tête pour Norman Wanstall. Il a essayé de mixer plusieurs sons à la fois pour donner un son d'écrasement.

Il fallait inventer sons pour améliorer la scène où Bond s'enfuit de la cellule par un conduit d'aération afin de donner plus de suspens. Lorsque Bond chute du tunnel, Norman Wanstall voulait un grondement sourd, il a demandé un de ses amis de lui donner un son similaire qu'il avait produit pour Le Cid (1961). Il retravailla ce son et fut satisfait du résultat.

Lorsque Bond tourne la roue, Norman Wanstall voulait un son inquiétant pour faire comprendre au spectateur que la tension monte. Il a demandé aux machinistes de l'aide pour ce son. Ils ont apporté une machine qui fait varier le son en fonction d'une poignée.

Bande originale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dr. No.

Albert R. Broccoli a choisi Monty Norman pour la bande originale du film, après avoir apprécié son travail sur la comédie musicale The Ballad of Dr. Crippen[8]. D'après sa précédente composition Bad Sign, Good Sign [9], il compose le James Bond Theme, qui sera souvent attribué à tort à John Barry - seulement arrangeur. John Barry composera cependant par la suite, la musique de nombreux films de la saga.

Le succès du film étant immédiat à sa sortie, la bande originale fut sortie plus tôt que prévu et regroupe surtout des morceaux composés en Jamaïque mais presque aucun morceau composé en Angleterre. Elle compte 18 pistes, mais seulement 11 ont été utilisées dans le film.

Différences avec le roman[modifier | modifier le code]

Sylvia Trench, la femme rencontrée par Bond au casino au début du film est un ajout d'EON Productions qui désirait que Bond ait une relation amoureuse stable. Le personnage de Sylvia Trench fait une dernière apparition dans Bons baisers de Russie (1963). Les producteurs décident alors de développer la relation de badinage entre Bond et Miss Moneypenny. Eunice Gayson, l'actrice qui jouait Sylvia Trench eut une fille qui joua dans GoldenEye (1995). À l'origine Gayson aurait dû jouer Miss Moneypenny et Lois Maxwell Sylvia Trench, mais les deux actrices décidèrent d'échanger leurs rôles.

Des scènes en particulier[modifier | modifier le code]

Des scènes emblématiques[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'aspects récurrents de la série des James Bond sont instaurés avec James Bond contre Dr No :

  • L'apparition de James Bond avec la phrase culte Bond, James Bond qui est repris dans la majorité des films. Pour cette scène, Terence Young s'est inspiré de l'apparition de Paul Muni dans Juarez et Maximilien.

Des éléments de fond qui deviennent des emblèmes y font également leur apparition, comme entre autres :

Censure[modifier | modifier le code]

Les autorités voulaient censurer une scène en particulier : lorsque Dent arrive chez Miss taro et tire sur le lit, puis Bond le menace avec son arme, notamment parce que Dent tire à plusieurs reprises, ce qui montre sa volonté de tuer. Finalement, ils ont fini par céder et ont autorisé la scène.

Doublage[modifier | modifier le code]

Les deux principales actrices du film, Ursula Andress (notamment à cause de son accent trop prononcé), Eunice Gayson , étaient doublées dans la VO par Nikki Van der Zyl. Marguerite LeWars fut aussi doublée dans la VO. Ce fut le cas pour presque toutes les James Bond girls des années 1960. Seules Honor Blackman, Diana Rigg et Lois Maxwell eurent le privilège d'avoir leur propre voix à l'écran.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Suite à une traduction incorrecte, James Bond 007 contre Dr No faillit sortir au Japon sous le titre Nous ne voulons pas de docteur ; des affiches portant ce titre furent imprimées, mais le quiproquo fut levé avant la sortie.
  • Quarrel apparaît dans les ouvrages Requins et services secrets et Docteur No, mais les romans de Fleming (parus respectivement en 1954 et 1958) furent portés à l'écran dans l'ordre inverse, de sorte que le personnage était déjà mort quand les producteurs en vinrent à tourner Vivre et laisser mourir (1973). D'où le personnage fictif de Quarrel Jr.
  • En raison des lois britanniques sur le secret défense, il fallut changer la façon dont « M », interprété par Bernard Lee, faisait référence aux services de renseignements de Sa Majesté. Lors du tournage, Lee parlait du MI6, mais en postproduction l’appellation fictive « MI7 » fut adoptée.
  • Lorsque Bond chante sous le manguier, il s'agit de l'unique fois où il s'y essaie dans l'un des films dont il est le héros.

Sortie du film et réception[modifier | modifier le code]

Box office[modifier | modifier le code]

Des inquiétudes s'exprimèrent quand il apparut que le budget du film (estimé à un million de dollars) allait être dépassé. Les scénaristes ont même retravaillé le script pour éviter les dépassements. En fait, United Artists n'avait pas à s'alarmer : les recettes mondiales frôlèrent les 60 millions de dollars. Le film fut remboursé en 3 mois, la banque perdait donc 15 mois d'intérêt car le prêt courait sur 18 mois. Le succès du film apporta de la notoriété à certains acteurs, notamment Ursula Andress.

Budget total : 1 200 000 $

dont Paris : 1 148 239 entrées[10]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Caméos[modifier | modifier le code]

A la minute 30, au club de danse, on peut voir :

Chris Blackwell fait un deuxième caméo à la fin du film, il joue un soldat du Dr No qui saute dans l'eau depuis les pontons.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Erreurs[modifier | modifier le code]

  • À la minute 2, les trois aveugles marchent en tenant leurs cannes de la main droite, puis gauche sur le plan suivant, puis de nouveau de la main droite.
  • À la minute 4, lorsque les Three Blind Mice s'échappent à bord du corbillard, on voit un instant le reflet des lampes de tournage sur les fenêtres du véhicule.
  • À la minute 7, à la table de chemin de fer, James Bond répond "Aucune objection" avec sa cigarette à la bouche, alors qu'il la tient dans sa main lors du plan précédent.
  • À la minute 14, lorsque James lance son chapeau sur le porte-manteau dans le bureau de Moneypenny, le chapeau est incliné à droite. Quand il ressort du bureau de M, le chapeau est incliné sur la gauche.
  • À la minute 17, dans la voiture de Mr. Jones, le tableau de bord change de couleur, passant du rouge au noir.
  • À la minute 19, lorsque la voiture de Mr. Jones prend le virage, on entend le crissement des roues, chose impossible sur du gravier. De plus, avant que la voiture ne tourne, on voit déjà des traces de pneu sur la route, signe que la scène a été tournée plusieurs fois.
  • À la minute 20, lorsque James se bat avec Mr. Jones, il va pour le frapper du poing droit avant de le faire de la main gauche sur le plan suivant.
  • À la minute 32, James est au club de Pussfeller avec Leiter et Quarrel. Le niveau de rhum de la bouteille monte et redescend selon les plans sans que personne ne se serve.
  • À la minute 33, la photographe blesse Quarrel avec une ampoule, et sa blessure disparait après l'incident.
  • À la minute 41, sur le plan où l'on voit l'araignée et le visage de Sean Connery, l'araignée marche en fait sur une plaque de verre appuyée contre son bras.
  • À la minute 48, lors de la course-poursuite quand James se rend chez Miss Taro, les voitures passent trois fois au même virage.
  • À la minute 49, lorsque le corbillard des Three Blind Mice tombe dans le ravin, le corbillard LaSalle habituel est remplacé par un Humber Super Snipe.
  • À la minute 54, lors du gros plan sur le pistolet de James, sa cravate a inexplicablement disparue.
  • À la minute 55, lorsque le professeur Dent jette son arme, celle-ci tombe à une vingtaine de centimètres de lui. Au plan suivant, elle s'est déplacée et se trouve à deux mètres de son propriétaire.
  • À la minute 62, lorsque Honey range les coquillages dans son sac, celui-ci se rempli d'un plan à l'autre sans qu'elle en ramasse.
  • À la minute 63, le soldat sur le bateau parle avec une voix distordue même sans utiliser le mégaphone.
  • À la minute 67, les chiens sont secs sur un plan alors qu'ils viennent de sortir de l'eau.
  • À la minute 76, Ursula Andress est censée être nue sous la douche antiradiations, mais on voit un instant qu'elle porte un maillot de bain de couleur chair.
  • À la minute 83, on voit un feu de cheminée, ce qui ne colle pas vraiment avec le cadre tropical de l'île.
  • À la minute 87, le couteau que James tient dans les mains disparait pour le laisser prendre la bouteille de champagne.
  • À la minute 92, le décor bouge lorsque James se laisse tomber dans le tuyau d'aération.
  • À la minute 93, la déchirure sur le dos du maillot de James disparaît lorsqu'il atteint la grille d'aération.
  • À la minute 94, le technicien ne remarque pas la grille d'aération démolie.

Clins d'oeil[modifier | modifier le code]

Volé à Londres en 1961 et toujours disparu lors du tournage du film, ce tableau est présent dans le salon du Dr No.
  • Lorsque Bond entre dans la salle à manger du Dr No, il note un portrait du duc de Wellington par Goya. En 1961, la disparition de ce tableau de la National Portrait Gallery avait fait la une des journaux britanniques ; il sera seulement retrouvé en 1965[14]. Dr No aurait donc, selon le film, été le commanditaire du vol. L'ajout du tableau a été décidé la veille du tournage de la scène à 15 heures. Il n'existait aucune copie, l'équipe s'est donc rendue au musée et a demandé une photographie. Le musée a fourni des cartes postales ainsi qu'un cadre et une société extérieure s'est chargée de l'agrandissement des cartes en noir et blanc, l'illustrateur de l'équipe l'a remis le soir-même en couleur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.afi.com/100Years/handv.aspx
  2. Dates de sortie - Internet Movie Database
  3. Établie à partir de la liste artistique d'IMBd d'IMDb, cette section ne mentionne que les comédiens ayant un rôle parfaitement identifié (page consultée le 28 septembre 2009).
  4. Paul Duncan, Les Archives James Bond, 2012, Taschen
  5. http://jamesbond007.net/hmtl/romans.html
  6. a, b, c et d Secrets de tournage - AlloCiné
  7. Lieux de tournage - Internet Movie Database
  8. (en) The first man of James Bond music - Site officiel de Monty Norman
  9. (en) James Ollinger, « Norman v. Barry », sur jollinger.com (consulté le )
  10. a, b et c Box-office - JP's box-office
  11. (en) Box-office US - Box Office Mojo
  12. (en) Awards - Internet Movie Database
  13. Page IMDb consacrée aux Saturn Awards 2013
  14. http://www.guardian.co.uk/artanddesign/2011/aug/05/art-theft-duke-wellington-goya

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Paul Duncan, The James Bond Archives 007, Taschen,‎ 2012, 600 p.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]