Bikini (vêtement)

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Une femme en bikini.

Le bikini est un type de maillot de bain pour femme constitué d'un soutien-gorge très échancré et d'une culotte triangulaire réduite. Ces deux pièces sont séparées et laissent le ventre découvert (d'où son surnom de maillot de bain deux pièces).

L'élément supérieur recouvre les seins. Sa forme est comparable à celle des soutiens-gorge et il peut comporter une ou plusieurs bretelles. L'élément inférieur couvre au minimum le pubis et les fesses. Sa forme est celle des petites culottes.

Historique[modifier | modifier le code]

Louis Réard, qui tenait la boutique de lingerie de sa mère près des Folies Bergères et avait constaté que les femmes baissaient leur maillot de bain pour mieux bronzer, inventa le bikini (1 m2 de tissu constitué d'un bandeau pour le haut et de deux triangles inversés pour le bas si bien que le nombril était dévoilé pour la toute première fois) et le présenta pour la première fois à Paris le à la piscine Molitor porté par Micheline Bernardini, une danseuse nue bien connue du Casino de Paris (aucune mannequin ne voulant le porter)[1]. Il déclara avoir choisi le nom de « Bikini » en référence à l'atoll du même nom sur lequel, cinq jours auparavant, avait eu lieu une explosion nucléaire. Il espérait que l'effet de mode de ce nouveau produit serait comparable à celui de l'explosion qui venait d'avoir lieu[2].

Louis Réard déposa un brevet pour protéger sa création. Le maillot de bain deux pièces avait toutefois fait de timides apparitions depuis les années 1930-1940[3],[4].

En 1932, le couturier parisien Jacques Heim avait lancé « Atome », un maillot de bain deux pièces (le maillot avait la taille d'un short qui découvrait le ventre mais ne dévoilait pas le nombril) qui remplaçait ainsi le maillot-gaine en laine tricotée, qui pesait 500 grammes lorsqu'on l'enfilait et plus de trois kilos lorsqu'on ressortait de l'eau[1]. Une bataille publicitaire s'engagea (avec des slogans qui marchaient tout aussi bien en français qu'en anglais) alors en 1946 entre Réard et Heim :

  • « Atome, le plus petit maillot de bain du monde »
  • « Le Bikini, le maillot de bain plus petit que le plus petit maillot de bain du monde »
  • « Le Bikini, la première bombe an-atomique ! »

et Diana Vreeland de conclure que « le bikini est la chose la plus importante depuis l’invention de la bombe atomique[5]. »

Bikini romain

Cependant, ce vêtement était déjà connu depuis l'Antiquité : les archéologues, à partir des années 1920, ont mis au jour, dans la villa romaine du Casale en Sicile, des mosaïques représentant des femmes jouant en bikini[1].

Le bikini, défini comme « plus petit que le plus petit des maillots du monde », a été difficilement accepté par les autorités morales et religieuses de l'époque. Pour souligner à quel point le nouveau maillot comportait peu de tissu, il était vendu contenu dans une boîte d'allumettes[6]. Il n'obtint pas à sa création un véritable succès ; ce fut un choc culturel et le sulfureux maillot de bain fut même interdit sur certaines plages en Europe. Ainsi, au début, il fut interdit (1949) en Italie, Belgique, Espagne et France où les préfectures le prohibent sur la côte Atlantique mais l’autorisent sur la Méditerranée[1]. En Espagne le bikini a été autorisé à partir de 1952, grâce à un décret signé par Pedro Zaragoza, le maire de Benidorm, et à Dom. Rodrigo Bocanegra, l'archiprêtre de Marbella, qui en discutèrent directement avec Franco, pour le convaincre que ça favoriserait le tourisme international sur les côtes espagnoles. Franco accepta et l'exemple fut suivi, peu à peu, par toute l'Espagne. C'est à partir des années 60, avec l'apparition du bikini dans plusieurs films et, surtout, avec le boom touristique, que l'utilisation du bikini devint populaire sur toutes les plages d'Espagne, de France, d'Italie et du reste de l'Europe. Seule exception, l'Allemagne, où il resta interdit dans les piscines jusque dans les années 1970[7],[8].

Il fallut attendre un second lancement au début des années 1960 pour qu'il soit adopté par les stars de cinéma et devienne synonyme de séduction et de sex-appeal, gagnant progressivement en popularité et constituant un des plus grands phénomènes de mode[9]. En 1956, Brigitte Bardot le rendit populaire dans le film Et Dieu… créa la femme dans lequel elle le portait en toile vichy. Beaucoup de jeunes filles françaises voulurent l'imiter. Une chanson à succès lui fut même consacrée Itsy Bitsy Teenie Weenie Yellow Polka Dot Bikini de Brian Hyland (en), reprise en français par Dalida ainsi que par Brigitte Bardot et Richard Anthony : Itsy bitsy, petit Bikini. Les États-Unis restent frileux comme en atteste Marilyn Monroe qui défraie la chronique en 1953 en s'affichant en bikini dans Les hommes préfèrent les blondes ; on peut lire en 1957 dans le magazine Modern Girl : « Il n'est guère nécessaire de perdre son temps à parler de ce « bikini » puisqu'il est purement inconcevable qu'une fille nantie de tact et décence porte un jour une telle chose. » Toutefois, la même année, le Life Magazine publie une photo où Jayne Mansfield pose en bikini. En 1962, l'actrice Ursula Andress en fait un succès mondial dans le film James Bond 007 contre Dr. No (séché, son célèbre bikini blanc fut vendu aux enchères chez Christie's en 2001 pour la somme de 41 250 livres sterling)[10].

Variantes[modifier | modifier le code]

Depuis la fin du XXe siècle, ce vêtement est largement entré dans les mœurs. Il est parfois supplanté par le monokini, à l'origine une culotte avec bretelles, conçue au milieu des années 1950[11] et lancé au début des années 1960 par Rudi Gernreich[12], aujourd'hui slip de bain porté en laissant les seins découverts. D'autres variantes du bikini (en) sont apparues.

Le maillot de bain brésilien consiste à utiliser comme bas du bikini un slip brésilien, c'est-à-dire une culotte à mi-chemin entre le slip et le string. Il est couramment porté en Amérique du Sud.

On parle de microkini quand la partie inférieure est un string, appelé dans ce cas string de bain. Souvent, le mot microkini signifie que la partie supérieure couvre également beaucoup moins que dans les bikinis classiques.

Différentes modes se succèdent : trikini (maillot de bain brésilien, composé d'un haut et d'un bas reliés par une bande, une chaîne ou des anneaux), tankini (en) (haut débardeur appelé tank top par les Américains et bas type culotte), camikini (haut caraco appelé camisole top par les Américains et bas type culotte), seekini (bikini transparent), etc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Hubert Delobette, « L'objet : le bikini », émission Karambolage sur Arte, 4 août 2013
  2. Olivier Saillard, Les Maillots de bain, éditions du Chêne, 1998
  3. Pascal Ory, L'Invention du bronzage, éditions Complexe, 2008
  4. Bronzer en 1930 : la fin des ombrelles, émission « Concordance des temps » sur France Culture, 28 juin 2008.
  5. Géraldine Dormoy, « Diana Vreeland, la mode avant tout », sur blogs.lexpress.fr, L'Express,‎ 7 octobre 2012 (consulté le 19 janvier 2013)
  6. http://www.ledevoir.com/2002/08/10/6847.html
  7. Patrick Alac, La Grande Histoire du bikini, éd. Parkstone : « Dès son apparition sur les plages, en 1949, le bikini est interdit par la loi : en Espagne, Italie et France, c’est la chasse aux sorcières ! En 1951, sous un flot d’injures, le journal du Vatican Osservatore Romano annonce que les Chevaliers de l’Apocalypse apparaitront sans doute en bikini. Les communistes disent que le bikini, en tant que marque de la bourgeoisie, attise la lutte des classes, le bikini coûtant un tiers du salaire d'une dactylographe. Les féministes l’accusent de transformer la femme en objet de désir. Dans les piscines allemandes, le bikini reste interdit jusqu’aux années 70. Et pourtant… »
  8. Gérard De Cortanze, La France en maillot de bain : « Dans cette France qui s'apprêtait à vivre deux mutations majeures — la décolonisation et la modernisation — 40 % de la population ne se lavait qu'une fois par mois, 75 % n'utilisait jamais de brosses à dents, et les porte-jarretelles — bientôt rendus obsolètes par l'arrivée des collants — n'étaient lavés qu'une fois par an. Quant à moi, lecteur attentif de La Nation, je commençais de délaisser les éditoriaux de Michel Debré pour l'observation éblouie du bikini. Ce dernier, instrument d'une concupiscence effarée, interdit par décret sur les plages familiales, était chanté, à longueur d'antennes, par Elvis Presley et Dalida. »)
  9. Kelly Bensimon, Le Bikini, des années 1950 à nos jours, éditions Assouline, 2006
  10. Patrik Alac, Bikini Story, Parkstone International,‎ 2012, p. 146-149
  11. Noël Palomo-Lovinski (trad. Lise-Éliane Pomier), Les plus grands créateurs de mode : de Coco Chanel à Jean Paul Gaultier, Paris, Eyrolles,‎ 2011, 192 p. (ISBN 978-2-212-55178-5), « Rudi Gernreich », p. 124 à 125
  12. 1964, le monokini

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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