Vivre et laisser mourir

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Vivre et laisser mourir

alt=Description de l'image Liveandletdie-logo.svg.
Titre original Live and Let Die
Réalisation Guy Hamilton
Scénario Tom Mankiewicz
Acteurs principaux
Sociétés de production EON Productions
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Espionnage
Sortie 1973
Durée 116 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Vivre et laisser mourir (Live and Let Die) est un film britannique réalisé par Guy Hamilton et sorti en 1973. C'est le 8e opus de la série des films de James Bond produite par Harry Saltzman et Albert R. Broccoli, par l'intermédiaire de leur société EON Productions. Roger Moore y incarne James Bond pour la première fois.

Vivre et laisser mourir est l'adaptation cinématographique du roman éponyme de Ian Fleming paru en 1954. En France, le roman est d'abord sorti sous le titre Requins et services secrets.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Suite à l'assassinat de plusieurs agents, James Bond est chargé d'enquêter sur Mister Big, un caïd de la drogue. Il commence son enquête à New York où il rencontre la voyante et splendide Solitaire, travaillant pour Mr. Big. Rapidement, Bond se lie à Solitaire pour déjouer les plans du Dr. Kananga et de son homme de main au bras d'acier, Tee Hee.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Le bras d'acier de Tee Hee

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources et légendes : Version française (VF) sur AlloDoublage[2] et Objectif Cinéma[3]
Jane Seymour en 1988

Production[modifier | modifier le code]

Genèse du projet et écriture[modifier | modifier le code]

C'est durant le tournage de Les diamants sont éternels qu'est venue l'idée d'adapter le roman Live and Let Die. Le scénariste Tom Mankiewicz pensait qu'il était judicieux d'avoir un méchant noir dans le film, car les Black Panthers étaient très actifs à l'époque[4].

Guy Hamilton, déjà réalisateur de Goldfinger et Les diamants sont éternels, est engagé pour mettre en scène Vivre et laisser mourir. Fan de jazz, Tom Mankiewicz lui suggère de situer et de tourner le film à La Nouvelle-Orléans. Mais le réalisateur rappelle que le Mardi gras et la parade musiciale Junkanoo ont déjà été montrés dans Opération Tonnerre en 1965. Après des repérages par hélicoptère, la ville est cependant conservée[4],[5].

En faisant d'autres repérages en Jamaïque, la production découvre une ferme d'alligators, dont le propriétaire est Ross Kananga. Cela plaît tellement aux producteurs qu'ils décident d'inclure la ferme dans l'histoire. Tom Mankiewicz utilisera même le nom du propriétaire pour celui du méchant du film[4],[6].

Les producteurs ont envisagé le retour de Honey Rider, le personnage incarné Ursula Andress dans James Bond 007 contre Dr. No, avant de décider à la dernière minute qu'il serait inapproprié de lui faire vivre une histoire d'amour avec deux Bond différents.

Casting[modifier | modifier le code]

Roger Moore (photographié par Allan Warren) en 1973

Sean Connery refusa un cachet alors faramineux de 5,5 millions de dollars pour jouer Bond dans ce film. Burt Reynolds, Paul Newman et Robert Redford avaient aussi un temps été envisagés pour jouer Bond. Parmi les acteurs qui firent des essais pour le rôle de Bond, figuraient Julian Glover et Michael Billington. Ils jouèrent finalement des ennemis, respectivement Kristatos dans Rien que pour vos yeux (1981) et Sergeï Barsov dans L'Espion qui m'aimait (1977) Ian Fleming avait pensé à Roger Moore dès 1962, mais il était sous contrat pour Le Saint. Après la série à succès Amicalement vôtre, Roger Moore estima qu'il était temps d'interpréter enfin le rôle qui lui avait déjà tendu les bras à deux reprises. Le producteur Albert R. Broccoli était son ami. Sean Connery était d'accord avec ce choix et ajouta que Moore était un « Bond idéal »[6]

Pour le rôle de Solitaire, le scénariste Tom Mankiewicz souhaitait Diana Ross[7], alors que les producteurs voulaient une actrice blanche, comme Catherine Deneuve. Mais Jane Seymour obtient finalement le rôle après que le producteur Albert R. Broccoli l'eut vue dans la série britannique The Onedine Line[4].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage s'est déroulé du 13 octobre 1972 au 15 mars 1973. Il débute en Louisiane mais seulement avec la seconde équipe car Roger Moore souffre alors de calculs rénaux[6]. En novembre, l'équipe se rend en Jamaïque, qui sert de décors à l'île fictive de San Monique. La production est ensuite divisée en deux : une équipe pour les intérieurs aux Pinewood Studios, une autre en extérieur à Harlem[4],[8]. La moitié du tournage vira au drame notamment à cause d'un mauvais climat en Louisiane et de scènes très ambitieuses. Tous les bayous ont été envahis par les roseaux et il fut impossible de continuer le tournage. Les premières tentatives du saut avec le hors-bord ont échoué, il a fallu emmener le cascadeur à l'hôpital dans l'immédiat. D'autres scènes avec le hors-bord ont également viré au drame, notamment lorsque le bateau doit traverser la pelouse, tous les hors-bord ont cogné des arbres du jardin. Dans un même temps, Roger Moore tomba malade et fut emmené à l'hôpital. L'équipe s'est demandé si le film est sous le coup d'une malédiction vaudou. En attendant que les scènes de la course-poursuite soient terminées, Jane Seymour s'est rendue dans la Rue Bourbon chez une cartomancière pour mieux interpréter son rôle. Celle-ci lui apprit qu'elle se marierait trois fois, cela fut un vrai choc pour elle car l'actrice venait de se marier. Jusqu'à présent, elle s'est mariée quatre fois. Autre catastrophe, lorsque le bus a voulu faire un demi-tour avec Jane Seymour dedans, il a failli se renverser, celle-ci a eu très peur. Lorsque le bus voulait passer sous le pont, l'actrice a failli avoir une crise cardiaque. Des motos se sont renversées dans l'eau, un cascadeur s'est cogné contre une roche et fut vite emmené à l'hôpital. Dernière catastrophe, dans la ferme aux crocodiles, le propriétaire Kananga a réalisé la cascade du saut sur les crocodiles. Cette cascade a failli lui coûter la vie. Dans l'ensemble, notamment pour les scènes avec le hors-bord, c'est Roger Moore lui-même qui a réalisé les cascades [9].

On aperçoit les fondations du World Trade Center, alors en construction, lors de la scène au QG de la CIA à New York.

Lieux de l'action[modifier | modifier le code]

Lieux d'actions selon la chronologie du film

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Drapeau de la Jamaïque Jamaïque

Bande originale[modifier | modifier le code]

Live and Let Die
Original Motion Picture Soundtrack

Bande originale de George Martin
Sortie 1973
2003 (réédition CD)
Enregistré avril 1973
Format Vinyle
CD (réédition)
Compositeur George Martin
Producteur Frank Collura (réédition)
Label United Artists / EMI
Critique

Bandes originales James Bond

Après avoir consécutivement composé six bandes originales de James Bond, John Barry n'était pas disponible pour celle de Vivre et laisser mourir. Les producteurs Harry Saltzman et Albert R. Broccoli demandent alors à Paul McCartney d'écrire la chanson du générique d'entrée. L'ancien Beatles l'écrit avec sa femme Linda et l'interprète avec le groupe Wings. Impressionné par la production de George Martin sur la démo du morceau "Live and Let Die", les producteurs l'engagent pour composer la bande originale du film. Petite ironie, dans Goldfinger, James Bond jugeait malsain d'écouter les Beatles sans boules Quiès.

Listes des titres
  1. "Live and Let Die (Main Title)" – Paul McCartney & Wings
  2. "Just a Closer Walk with Thee (Trad. Arr. Milton Batiste) / New Second Line (Milton Batiste)" – Harold A. "Duke" Dejan & The Olympia Brass Band
  3. "Bond Meets Solitaire"
  4. "Whisper Who Dares"
  5. "Snakes Alive"
  6. "Baron Samedi's Dance of Death"
  7. "San Monique"
  8. "Fillet of Soul – New Orleans / Live and Let Die / Fillet of Soul – Harlem" – B. J. Arnau
  9. "Bond Drops In"
  10. "If He Finds It, Kill Him"
  11. "Trespassers Will Be Eaten"
  12. "Solitaire Gets Her Cards"
  13. "Sacrifice"
  14. "James Bond Theme" (Monty Norman)
    Titres bonus ajoutés pour la remasterisation en CD en 2003
  15. "Gunbarrel/Snakebit"
  16. "Bond to New York"
  17. "San Monique (Alternate)"
  18. "Bond and Rosie"
  19. "The Lovers"
  20. "New Orleans"
  21. "Boat Chase"
  22. "Underground Lair"

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film fait 3 053 913 entrées en France, 35 377 836 $ de recettes aux États-Unis et 91 000 000 $ dans le reste du monde, totalisant ainsi 126 377 836 $ de recettes mondiales[13].

Différences avec les précédents films[modifier | modifier le code]

Vivre et laisser mourir marque un changement radical dans les films de James Bond. Les producteurs ont en effet voulu se démarquer des Bond précédents notamment pour éviter un nouvel échec comme avec George Lazenby. On constate de multiples changements avec les Bond précédents :

  • Pour la première fois depuis ses débuts dans Bons baisers de Russie (1963), Desmond Llewelyn alias Q n'apparaît pas dans ce film. Il y avait, de la part des scénaristes, une volonté de se démarquer des Bond précédents, d'où la quasi-absence de gadgets, hormis la montre-aimant lors du passage de Bond à la ferme d'alligators. Les fans réclamèrent le retour de Q pour l'épisode suivant, L'Homme au pistolet d'or (1974).

Différences sur Bond :

  • Il ne boit pas de vodka martini mais du bourbon whisky[6].
  • Il reçoit ses ordres chez lui et non au MI6.
  • Il ne porte pas de chapeau.
  • Il ne fume pas de cigarettes, mais des cigares (le contrat de Roger Moore lui permettait un accès illimité à des Montecristo roulés à la main, cela coûta à la production plus de 3000 livres sterling de l'époque)[réf. nécessaire].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Vivre et laisser mourir est le premier film de Bond ayant pour cadre un pays fictif, l'île caribéenne de San Monique.
  • Lors du rite vaudou de pré-générique, les acteurs qui jouent le prêtre et la victime étaient l'un et l'autre terrifiés par les serpents. Mise en présence d'un véritable serpent, la « victime » s'était réellement évanouie [9].
  • L'idée du crochet de Tee Hee vient de l'acteur Julius W. Harris. Lorsque le réalisateur Guy Hamilton lui demanda quelle arme il souhaiterait, Harris répondit : « Vous avez déjà utilisé tant de pistolets et de poignards, donnez-moi un truc inhabituel, un crochet ou une pince. »
  • Le personnage de Quarrel Jr. qui conduit le bateau, serait le fils de Quarrel, personnage jadis présent dans James Bond 007 contre Dr. No (1962), qui conduit James Bond à l'île de Crab Key et qui finit carbonisé par le char-dragon.
  • Clifton James, qui interprète le shérif louisianais Pepper, était new-yorkais. Il réussit à prendre un accent sudiste tout à fait convaincant pour les besoins du film.
  • Geoffrey Holder, qui interprète le Baron Samedi, est non seulement acteur mais aussi danseur, chorégraphe, créateur de costumes et peintre à succès. Pour Vivre et laisser mourir, il chorégraphia toutes les séquences de danse vaudoue.
  • La séquence de la ferme des crocodiles remplaçait une idée originale qui devait voir Bond pris au piège dans une plantation de café. « Il devait manquer de se faire moudre dans un moulin à café géant », révèle le scénariste Tom Mankiewicz. Par ailleurs le propriétaire de l'élevage se nommait Ross Kananga. Son nom fut donné au méchant du film.
  • Pour la séquence de deltaplane, Roger Moore dut être élevé dans les airs sous son aile, sans harnais de sécurité (qui aurait été visible à l'écran). Le deltaplane était toutefois arrimé par un câble à une grue qui le guidait.
  • Lors du tournage, nombre des membres de l'équipe se firent tirer les cartes. Jane Seymour apprit qu'elle se marierait trois fois (elle en est actuellement à son quatrième époux) ; quant à Roger Moore, on lui prédit qu'il se dévouerait à des causes humanitaires. En 1991, il devint ambassadeur de bonne volonté de l'Unicef.
  • Ce film fut le premier James Bond à bénéficier de l'apport du génie des miniatures Derek Meddings, qui exerça son talent sur les champs de pavot. Meddings demeura membre de l'équipe 007 jusqu'à GoldenEye (1995), pour lequel il réalisa des trains et des hélicoptères miniatures.
  • Vivre et laisser mourir est le premier film de la série auquel le compositeur John Barry n'a pas participé. Les producteurs ont fait appel à George Martin, l'ancien producteur des Beatles.

Voir Aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dates de sortie - Internet Movie Database
  2. « Fiche de doublage VF du film » sur AlloDoublage, consulté le 26 octobre 2012
  3. « Fiche de doublage VF du film » sur Objectif Cinéma, consulté le 22 décembre 2013
  4. a, b, c, d et e (en) (NTSC, Widescreen, Closed-captioned) Inside Live and Let Die: Live and Let Die - DVD Ultimate Edition, Disque 2. MGM/UA Home Video. 2000. ASIN: B000LY209E
  5. (en) (NTSC, Widescreen, Closed-captioned) Bond 1973: The Lost Documentary - DVD Ultimate Edition, Disque 2. MGM/UA Home Video. 2000. ASIN: B000LY209E
  6. a, b, c et d (en) Anecdotes - Internet Movie Database
  7. (en) Live and Let Die - DVD Ultimate Édition (album de notes). 2006.
  8. (en) Exotic Locations. Live and Let Die, DVD - Ultimate Edition, disque 2.
  9. a et b .
  10. Lieux de tournage - Internet Movie Database
  11. (en) Review - Allmusic
  12. (en) Awards - Internet Movie Database
  13. Box-office - JP's box-office

Liens externes[modifier | modifier le code]