Goldfinger

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le troisième film de la série des James Bond. Pour les autres significations, voir Goldfinger (homonymie).

Goldfinger

Titre original Goldfinger
Réalisation Guy Hamilton
Scénario Richard Maibaum
Paul Dehn
Acteurs principaux
Sociétés de production EON Productions
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Espionnage
Sortie 1964
Durée 105 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Goldfinger est un film britannique réalisé par Guy Hamilton, sorti en 1964. C'est le troisième volet des aventures de James Bond.

Résumé[modifier | modifier le code]

Aston Martin DB5
détail de l'Aston Martin DB5

Après avoir détruit la base secrète d’un baron de la drogue mexicain[1], James Bond se rend à Miami Beach, en Floride. À l’hôtel Fontainebleau, l’agent de la CIA Felix Leiter transmet à Bond un message de M demandant de surveiller Auric Goldfinger, un industriel milliardaire obsédé par l'or.

En observant sa cible, 007 s’aperçoit que Goldfinger triche au gin rami. Il surprend son assistante cachée plus loin, une jeune et jolie blonde en sous-vêtements nommée Jill Masterson. En se substituant à elle, Bond force Goldfinger à perdre, ce qui amuse la jeune femme. Puis Bond et Jill consomment leur nouvelle relation dans la suite de l’agent secret. Alors qu’il cherche dans le réfrigérateur une bouteille de Dom Pérignon 1955, Bond est assommé par le majordome de Goldfinger, le Coréen Oddjob. Ce dernier recouvre entièrement le corps de Jill de peinture d’or, la tuant par asphyxie, la peau ne respirant plus, afin de la punir pour s'être moquée de son patron.

À Londres, Bond apprend que sa mission consiste à établir comment Goldfinger fait passer les frontières à l’or. Il est doté d’une Aston Martin DB5 munie de nombreux gadgets tel qu’un siège éjectable Cette même voiture réapparaîtra dans Opération Tonnerre et dans Skyfall quasiment cinquante ans plus tard.

Dans le club de golf du marchand d’or, 007 lui propose un parcours avec pour enjeu un lingot d’or nazi ; Bond gagne la partie en substituant la balle de son adversaire qui est alors suspecté de triche. Énervé, Goldfinger lui demande de rester en dehors de ses affaires, mais l’agent secret le suit jusqu’en Suisse.

Alors que Tilly Masterson dresse une embuscade sur la route de Goldfinger afin de le tuer et venger sa sœur, Jill, James Bond déjoue sans le vouloir la tentative. Bond pénètre dans l’usine de Goldfinger et entend celui-ci parler de l’opération « Grand Chelem » avec un agent chinois, M. Ling. En partant, 007 retrouve Tilly alors qu’elle tentait d’assassiner à nouveau le marchand d’or, mais ils déclenchent accidentellement une alarme.

Tilly est tuée par Oddjob et Bond est capturé après une poursuite en voiture. Il est attaché à une table qu’un laser commence à découper. 007 raconte que le MI6 a connaissance de l’opération « Grand Chelem » et Goldfinger décide d’épargner l’agent secret afin de laisser croire que ce dernier domine la situation.

Bond traverse l’Atlantique dans l’avion privé de Goldfinger, piloté par Pussy Galore, à destination de son haras près de Fort Knox, dans le Kentucky. James Bond arrive à assister à la rencontre de Goldfinger avec des gangsters qui ont apporté le matériel nécessaire à l’opération. Un seul des bandits ne sera pas asphyxié, M. Solo, qui doit être conduit à l’aéroport, mais le chauffeur, Oddjob, le tue et la voiture est écrasé dans une casse, avec le corps encore à l’intérieur.

Autour d’un verre, Goldfinger expose à 007 les détails de l’opération Grand Chelem. Il souhaite irradier le stock d’or américain stocké au dépôt de Fort Knox avec un engin atomique fourni par M. Ling. Cette bombe rendra le stock d’or inutilisable pendant 58 ans, ce qui augmentera grandement la valeur de l’or détenu par Goldfinger. La crise économique qui résultera en Occident donnera également à la Chine un avantage majeur.

L’opération Grand Chelem est déclenchée par l’épandage d’un gaz létal sur Fort Knox par l’équipe féminine de pilotes du Flying Circus de Pussy Galore. Mais James Bond a séduit Pussy et l’a persuadé d’informer la CIA et de substituer au gaz mortel un produit inoffensif. Les militaires feignent la perte de connaissance, les agents chinois dynamitent le portail de Fort Knox et pénètrent à l’aide du laser. Goldfinger arrive alors par hélicoptère avec la bombe à laquelle 007 est attaché. Après les avoir déposé dans la réserve d’or, l’armée encercle les bandits mais Goldfinger a prévu une échappatoire : il retire son manteau, laissant apparaître un uniforme de l’armée américaine. Il tue M. Ling et les soldats qui tentaient d’ouvrir le coffre, avant de s’échapper.

Un technicien de Goldfinger, Kisch, forcé de s’abriter dans le coffre, tente d’arrêter le décompte de la bombe, mais Oddjob le jette d’un escalier. Bond récupère les clefs de ses menottes sur le cadavre et s’engage un combat avec Oddjob à coups de jets de chapeau tranchant.

Alors que le majordome de Goldfinger essaye de récupérer son chapeau lancé sans succès par l’agent secret, ce dernier applique sur la grille les câbles sectionnés plus tôt lors dans la bataille et électrocute Oddjob. 007 parvient à ouvrir le mécanisme de la bombe à l’aide de deux lingots mais le dispositif dévoilé le déconcerte et le compte à rebours laisse peu de temps. Il tente d’arracher au hasard certains fils mais un spécialiste atomiste passe son bras par-dessus son épaule et tourne un interrupteur. Le minuteur est arrêté sur « 007 ».

Alors que James Bond se rend à la Maison Blanche rencontrer le président Lyndon Johnson, son avion est détourné par Goldfinger qui a obligé Pussy Galore à voler vers Cuba. Bond et Goldfinger se battent et une balle traverse un hublot, créant une dépressurisation. Goldfinger est aspiré dans le vide, Bond aide Galore à sauter en parachute avant que l’avion ne s’écrase.

Leiter, en hélicoptère, parvient à retrouver l’agent secret qui, avec Pussy, se soucie peu d’être secouru...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources et légendes : Version française (VF) sur AlloDoublage[3]

Lieux de l'action[modifier | modifier le code]

Drapeau du Mexique Mexique (pré-générique)
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Drapeau de la Suisse Suisse

Production[modifier | modifier le code]

Genèse du projet[modifier | modifier le code]

Ian Fleming a eu l'idée du roman Goldfinger après avoir rencontré un courtier en or dans une station thermale du Surrey (Enton Hall) en avril 1956. Le roman est publié en 1959 au Royaume-Uni. À l'origine, les producteurs voulaient adapter le roman Opération Tonnerre, mais un procès était en cours entre Ian Fleming et le coscénariste Kevin McClory. Ce dernier obtient les droits cinématographiques du scénario, mais Fleming conserve les droits littéraires. McClory bloque le projet d'adaptation d'Opération Tonnerre. Il produit lui-même ce film en 1983, Jamais plus jamais, qui voit le retour de Sean Connery[4]. Goldfinger, 7e des romans James Bond, est choisi malgré un budget envisagé supérieur à ceux des deux précédents films réunis[5],[6]. Les producteurs Harry Saltzman et Albert R. Broccoli pensent que le film est parfaitement adapté au marché nord-américain, contrairement aux précédents films qui se déroulaient en Europe et aux Caraïbes[7].

Terence Young, réalisateur des deux films précédents, se désengage à la suite d'un désaccord financier et se lance dans la mise en scène de Les Aventures amoureuses de Moll Flanders (1965)[8]. Harry Saltzman et Albert R. Broccoli se tournent alors vers Guy Hamilton, qui avait refusé la réalisation de James Bond 007 contre Dr. No. Hamilton avait rencontré Fleming durant la Seconde Guerre mondiale lorsqu'ils travaillent pour la Royal Navy[9].

Le scénariste des deux précédents film, Richard Maibaum, est engagé pour adapter Goldfinger. Peu satisfait de son premier jet, Harry Saltzman engage Paul Dehn pour quelques révisions[10]. Selon Hamilton, Dehn a supprimé le « caractère britannique » du script[9]. Sean Connery n'apprécie guère ces changements, et Maibaum revient[10]. Dehn suggère que la séquence de pré-générique soit une scène en aucun cas liée avec l'intrigue à venir[6]. Le script de Goldfinger « assoit » de nombreuses bases des futurs films James Bond.

Casting[modifier | modifier le code]

Pour le rôle d'Auric Goldfinger, les producteurs voulaient Orson Welles, mais il était trop cher. L'acteur allemand Gert Fröbe est finalement engagé, après que les producteurs ont vu Ça s'est passé en plein jour (1958)[5].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage débute en équipe réduite le à Miami Beach, en Floride, à l’Hôtel Fontainebleau Miami Beach. Seuls le réalisateur Guy Hamilton, les producteurs Harry Saltzman et Albert R. Broccoli, le décorateur Ken Adam et le chef opérateur Ted Moore sont alors présents. Occupé à tourner Pas de printemps pour Marnie (1964), Sean Connery n'est pas disponible ; toutes ses scènes se déroulant aux États-Unis sont ensuite tournées aux Pinewood Studios[5] une fois l'équipe revenue de Miami.

Le premier jour de tournage, le réalisateur Guy Hamilton s'aperçoit que Gert Fröbe ne parle pas anglais. Il lui demande de prononcer ses répliques très vite et le fait doubler par l'acteur britannique Michael Collins[5]. Si Gert Fröbe a dû être doublé pour la version originale en raison sa méconnaissance de l'anglais, il parlait en revanche couramment le français et ainsi se doubla lui-même dans la version française. Gert Fröbe, demanda s'il était possible de changer le type d'exécution des complices de Goldfinger dans la salle de la maquette. À cause de son passé, il n'aimait pas l'idée de gazer les personnages. Finalement, la scène fut tournée comme prévu.

Sean Connery était plutôt nerveux durant la scène où 007 est immobilisé sur la table à découper au laser de Goldfinger. Pendant les trois jours de tournage, un membre de l'équipe était caché sous la table pour brûler le trajet du laser au chalumeau[5].

Quand 007 électrocute Oddjob à Fort Knox, l'acteur Harold Sakata fut brûlé aux mains. Guy Hamilton lui demanda pourquoi il n'avait pas lâché les barreaux du dépôt. Sakata répondit : « Vous n'avez pas dit « coupez ! », alors je me suis accroché. »

Pour la séquence de l'attaque de Fort Knox :

  • Le décor de l'entrepôt de Fort Knox était composé de faux lingots d'or, empilés sur une hauteur de 13 mètres, tout en sachant qu'un tel agencement serait impossible dans le véritable entrepôt à cause du poids des lingots.
  • L'équipe de Ken Adam travaillait constamment à astiquer les faux lingots pour les rendre très brillants sous les projecteurs du studio.
  • S'inspirant de photos, Adam a construit une réplique exacte de l'extérieur de Fort Knox, incluant une allée d'un kilomètre et demi de béton, dépassant les 100 000 USD.

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Sortie[modifier | modifier le code]

L'avant-première a lieu au Odeon Leicester Square à Londres le . Le service a été débordé par la masse de spectateurs présents ce jour-là, certaines vitres du cinéma ont été brisées[12]. L'actrice Honor Blackman portait pour l'occasion un bijou en forme de doigt d'or (gold finger) de 22 carats.

La sortie du film en Israël fut perturbée par la présence de l'acteur allemand Gert Fröbe, membre du parti nazi dans sa jeunesse. De nombreuses salles refusèrent de la projeter, avant qu'un Juif du nom de Mario Blumeneau affirme à l'ambassade israélienne de Vienne, qu'ils avaient été sauvés, lui et sa mère, par l'acteur, dans la ville où il avait été enrôlé. Le film put enfin sortir et battre tous les records d'audience.

Bande originale[modifier | modifier le code]

Goldfinger

Bande originale par John Barry
Sortie 1964
2003 (réédition)
Enregistré août 1964
Durée 41:09
Format Vinyle
CD (réédition)
Compositeur John Barry
Label EMI
Critique

Bandes originales James Bond

John Barry compose à nouveau la bande originale d'un film de James Bond. La chanson du générique, "Goldfinger", est composée par John Barry, écrite par Anthony Newley et Leslie Bricusse et interprétée par Shirley Bassey. Elle s'inspire en partie des accords d'une autre musique de film célèbre, Moon River, extraite du film Diamants sur canapé (1961).

Liste des titres[modifier | modifier le code]

Face 1
  1. "Main Title - Into Miami - Goldfinger" (3:31) – Shirley Bassey
  2. "Alpine Drive - Auric's Factory' (4:22)
  3. "Oddjob's Pressing Engagement" (3:06)
  4. "Bond Back in Action Again" (2:19) (contient le James Bond Theme, composé par Monty Norman James Bond 007 contre Dr. No)
  5. "Teasing the Korean" (2:11)
  6. "Gassing the Gangsters' (1:04)
Face 2
  1. "Goldfinger" (Instrumental Version)(2:59)
  2. "Dawn Raid on Fort Knox" (4:57)
  3. "The Arrival of the Bomb and Count Down" (2:23)
  4. "The Death of Goldfinger - End Titles" (2:31)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Source : Internet Movie Database[14]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Le producteur Harry Saltzman détestait la chanson-titre Goldfinger et souhaitait la voir remplacée. Heureusement d'autres avis que le sien s'imposèrent : le thème interprété par Shirley Bassey allait devenir un énorme tube.
  • L'architecte moderniste Erno Goldfinger menaça de faire un procès lorsqu'il s'aperçut que son patronyme avait été utilisé pour nommer un ennemi de Bond. Furieux, Fleming répliqua en menaçant de remplacer ce nom par celui de « Goldprick » (« Connard en or ») !
  • Le groupe français Gold s'appelait initialement Goldfingers, en clin d'œil au film. Mais suite aux pressions des ayants droit de la saga, les musiciens ont décidé de raccourcir le nom de leur groupe.
  • Les dirigeants des studios envisagèrent de changer le nom de Pussy (« chatte » en argot américain) Galore en Kitti (« minette » en argot américain) Galore.
  • C'est sur proposition de dernière minute du producteur Cubby Broccoli que fut intégrée la scène dans laquelle Q dévoile les gadgets de la DB5. Le réalisateur Guy Hamilton avait prévu de ménager la surprise jusqu'au moment de leur utilisation.
  • Le générique de Goldfinger comprend une scène dans laquelle Bond tente d'échapper à un hélicoptère. Elle est tirée du précédent film de 007, Bons baisers de Russie (1963).
  • Dans la copie originale du film, le compte à rebours de la bombe atomique de Fort Knox s'arrête à 003. Albert R. Broccoli fit refaire le plan pour un clin d'œil : 007.
  • Durant le tournage, l'écran radar de l'Aston Martin DB5 est vide. Les cartes ont été ajoutées par l'équipe des effets spéciaux pendant la post-production.
  • Il fallut deux heures pour peindre Shirley Eaton (alias Jill Masterson) en or, plus longtemps encore pour ôter la peinture. Elle subit d'abord un « récurage » en grand, puis multiplia les bains turcs afin que la transpiration la débarrasse de l'or incrusté dans les pores de sa peau.
  • À sa sortie en 1964, Goldfinger fut le film au démarrage le plus rapide de l'histoire du cinéma. Le retour sur l'investissement de 3 millions de dollars s'effectua en deux semaines, ce qui lui valut une place dans le Livre Guinness des records.
  • Goldfinger fut le premier film dans lequel figurait un laser. Guy Hamilton souhaitait utiliser un laser industriel, mais le rayon lumineux n'était pas visible sur la pellicule, aussi fallut-il simuler le phénomène au moyen d'un chalumeau.
  • Goldfinger est également le premier film de la franchise à remporter un Oscar, attribué à Norman Wanstall pour les meilleurs effets sonores.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans la séquence de pré-générique.
  2. (en) Goldfinger sur l’Internet Movie Database
  3. « Fiche de doublage VF du film » sur AlloDoublage, consulté le 26 octobre 2012
  4. James Bond, la naissance d'un mythe - L'Express
  5. a, b, c, d et e (en) Anecdotes - Internet Movie Database
  6. a et b (en) Behind the Scenes with '“Goldfinger” (DVD). MGM/UA Home Entertainment Inc. 2000.
  7. (en) Jim Smith, Bond Films, Virgin Books,‎ 2002 (ISBN 978-0-7535-0709-4), p. 48
  8. (en) Notes de production de Goldfinger - Mi6 HQ.com
  9. a et b Laurent Bouzereau, James Bond : L'art d'une légende : du story-board au grand écran (The Art of Bond), Macmillan Publishers,‎ 2006 (ISBN 0-7522-1551-5)
  10. a et b (en) Chapman James, Licence to Thrill, Cinema and Society,‎ 1999 (ISBN 1-86064-387-6)
  11. Lieux de tournage - Internet Movie Database
  12. Peter Chambers, « Shattering James Bond! », Daily Express,‎ 18 septembre 1964
  13. Review - Allmusic
  14. (en) Awards - Internet Movie Database
  15. Goldfinger est le premier film de la saga James Bond à être nommé aux Oscars.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]