Ahmed Ouyahia

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Ahmed Ouyahia
أحمد أويحيى
Ahmed Ouyahia, à Alger, alors Premier ministre, au cours d'un entretien.
Ahmed Ouyahia, à Alger, alors Premier ministre, au cours d'un entretien.
Fonctions
2e Secrétaire général du Rassemblement national démocratique
15 décembre 19983 janvier 2013
(14 ans, 0 mois et 19 jours)
Prédécesseur Liamine Zéroual
Successeur Abdelkader Bensalah
10e Premier ministre algérien[1]
(16e chef du gouvernement algérien)
23 juin 20083 septembre 2012
(4 ans, 2 mois et 11 jours)
Président Abdelaziz Bouteflika
Gouvernement Ahmed Ouyahia VI, VII, VIII et IX
Prédécesseur Abdelaziz Belkhadem
Successeur Abdelmalek Sellal
14e chef du gouvernement algérien
6 mai 200324 mai 2006
(3 ans, 0 mois et 18 jours)
Président Abdelaziz Bouteflika
Gouvernement Ahmed Ouyahia III, IV et V
Prédécesseur Ali Benflis
Successeur Abdelaziz Belkhadem
10e chef du gouvernement algérien
9e Premier ministre jusqu'au 28 novembre 1996
31 décembre 199515 décembre 1998
(2 ans, 11 mois et 14 jours)
Président Liamine Zéroual
Gouvernement Ahmed Ouyahia I et II
Prédécesseur Mokdad Sifi
Successeur Smail Hamdani
Biographie
Date de naissance 2 juillet 1952 (62 ans)
Lieu de naissance Bouadnane, Iboudraren (Algérie)
Nationalité algérienne
Parti politique RND
Profession Haut fonctionnaire
Religion Islam

Ahmed Ouyahia
Premiers ministres algériens

Ahmed Ouyahia (en amazigh, ⴰⵃⵎⴻⴷ ⵓⵢⴰⵃⵢⴰ) (en arabe أحمد أويحيى), né le 2 juillet 1952 à Bouadnane, dans l'actuelle wilaya de Tizi Ouzou, en Kabylie, est un homme politique algérien.

Haut fonctionnaire, secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND) (1999-2012), il a été Premier ministre de 1995 à 1998 et de mai 2003 à mai 2006. Puis il redevient chef du gouvernement algérien le 23 juin 2008, remplaçant ainsi Abdelaziz Belkhadem en formant le gouvernement Ouyahia VI. Au cours de son mandat, Ouyahia remanie à plusieurs reprises son équipe gouvernementale et compose alors le gouvernement Ouyahia VII, VIII et IX.

Ahmed Ouyahia est diplômé de l'École nationale d'administration en 1975 et diplômé d'études supérieures en sciences politiques à Alger.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et éducation[modifier | modifier le code]

Ahmed Ouyahia naît le 2 juillet 1952 à Bouadnane (commune d'Iboudraren) dans l'actuelle wilaya de Tizi Ouzou, en Kabylie, région berbèrophone du nord de l'Algérie. Après des études primaires à Alger de 1958 à 1965, il entre au lycée El-Idrissi et obtient le baccalauréat ès-lettres en 1972. La même année, il passe le concours d'entrée à l'École nationale d'administration d'Alger, qu'il réussit, parmi les trois premiers avec un certain Ahmed Attaf (futur ministre des affaires étrangères et membre du RND). Il se spécialise alors dans la diplomatie et est diplômé d'études supérieures en sciences politiques en 1976. Il fait son service de 1977 à 1978, qu'il passe à l'enceinte d'El Mouradia de la présidence algérienne où il intègre l'équipe des relations publiques.

Mission diplomatique[modifier | modifier le code]

En 1978, il entre à la présidence de la République au département des Affaires africaines en tant qu'administrateur stagiaire[2]. Il est ensuite envoyé en 1981, comme conseiller aux Affaires étrangères à l'ambassadeur d'Algérie en Côte d'Ivoire, puis en 1984, à la direction de la Mission permanente de l'Algérie aux Nations unies à New York. De 1988 à 1989, il devient co-représentant algérien au Conseil de sécurité des Nations unies, puis le 3 novembre 1990 il est nommé comme chargé d'études au cabinet du ministre des Affaires étrangères, Sid Ahmed Ghozali à Alger[3] avant de devenir moins d'un mois plus tard le directeur général du département africain du ministère le 25 novembre 1990[4].

Il dirige le département Afrique jusqu'au 15 septembre 1992[5] lorsqu'il est envoyé comme ambassadeur au Mali[6] chargé de négocier la paix comme intermédiaire dans le conflit entre le gouvernement malien et le mouvement Touareg, Azaouad, et abouti avec la création du traité de « Pacte national » de Bamako. Il est rappelé en Algérie en août 1993 pour servir dans le gouvernement de Redha Malek comme sous-secrétaire d'État aux affaires arabes et africaines. Il entre en avril 1994, en pleine décennie noir, au cabinet directeur du président, alors en exercice, Liamine Zéroual, où il est chargé des affaires politiques, notamment pour les négociations avec le Front islamique du salut (FIS) et la préparation de l'élection présidentielle que le président Zéroual remporte en novembre 1995.

Politique nationale[modifier | modifier le code]

Présente à à tort par ses détracteursl, comme un "homme du sérail" et" réputé proche des militaires au pouvoir", il est nommé Premier ministre le 31 décembre 1995 par le président de la République, Liamine Zéroual, poste qu'il conserve jusqu'au 15 décembre 1998, lorsque le président Liamine Zéroual annonce qu'il ne se représentera pas pour l'élection de 1999. Alors qu'Abdelaziz Bouteflika est élu président de la république en décembre 1999, il est nommé ministre d'État et ministre de la Justice du premier gouvernement d'Ali Benflis. Leader du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia est élu secrétaire général du parti. Durant le conflit entre l'Éthiopie et l'Érythrée, le président Bouteflika, alors président de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), le charge de mener les négociations de résolution du conflit qui aboutissent à la signature d'un accord de cessation des hostilités à Alger en décembre 2000.

Ahmed Ouyahia remet sa démission au président après la défaite de son parti, le RND, aux élections législatives de juin 2002. Il est nommé ministre d'État du nouveau gouvernement et représentant spécial du président, poste honorifique mais sans budget ni pouvoir de décision.

Après la crise politique entre le président Bouteflika et Ali Benflis, devenu un sérieux prétendant à la présidence, ce dernier est écarté et Ahmed Ouyahia est nommé chef du gouvernement pour la seconde fois. Il remet sa démission le 24 mai 2006, après des négociations entre les partis de la coalition présidentielle, son parti, le RND, le FLN et le MSP.

C’est sous l’administation Ouyahia qu’a été promulguée la loi de généralisation de la langue arabe, visant essentiellement à l'arabo-islamisation de la Kabylie. Son entrée en vigueur en 1998 ainsi que l'assassinat le 25 juin 1998 du chanteur engagé kabyle Matoub Lounès ont déclenché un soulèvement en Kabylie et créé une vive émotion en Kabylie et dans la diaspora.

Il est nommé chef du gouvernement le 24 juin 2008 par le président Bouteflika en vue de la révision de la Constitution, mission accomplie le 13 novembre 2008, permettant ainsi à Bouteflika de briguer un troisième mandat. Il est remplacé par Abdelmalek Sellal en septembre 2012[7].

Le 3 janvier 2013, il démissionne de son poste de secrétaire général du Rassemblement national démocratique[8].

Patrimoine personnel[modifier | modifier le code]

Ouyahia avec Dmitry Medvedev à Alger (2010)

Le jour même de la présentation de sa démission, le 24 mai 2006, Ahmed Ouyahia satisfait une obligation légale concernant ses biens. L'ancien Premier ministre fait sa déclaration de patrimoine publiée dans le Journal officiel n° 49 (publié le 2 août 2006).

Selon cette déclaration, il possède une villa à Hydra acquise entre 1997 et 2002 pour un montant de 1,7 million de dinars. Il n’a aucun autre bien immobilier, aucun véhicule et aucun placement, selon la même déclaration certifiée. Pour les liquidités,

Durant l'affaire Khalifa, la presse" dévoile" qu'il aurait contracté un prêt auprès de la Banque de ce groupe d'un montant de 40 millions de dinars. Mensonge, il s'agissait en fait de Ahmed Benbitour.

Cursus professionnel et fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Ouyahia avec Donald Rumsfeld à Alger (2006)

En marge de l'exercice de ses fonctions diplomatiques et gouvernementales, il a été notamment :

  • médiateur au nom de l'Algérie dans le règlement du conflit du Nord du Mali en 1992.
  • médiateur au nom du président de l'OUA dans le règlement du conflit Éthiopie-Érythrée 1999-2000.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]