Kherrata

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Kherrata
La ville de Kherrata
La ville de Kherrata
Noms
Nom algérien خراطة
Nom amazigh ⵅⴻⵔⵔⴰⵟⴰ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Béjaïa
Daïra Kherrata
Président de l'APC Kheireddine Amrane
2007-2012
Code postal 06600
Code ONS 0644
Démographie
Population 35 077 hab. (2008[1])
Densité 361 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 29′ 34″ N 5° 16′ 39″ E / 36.492724, 5.2775936° 29′ 34″ Nord 5° 16′ 39″ Est / 36.492724, 5.27759  
Altitude Min. 498 m – Max. 1 896 m
Superficie 97,30 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Béjaïa.
Localisation de la commune dans la wilaya de Béjaïa.

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Kherrata

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Kherrata

Kherrata est une commune de Kabylie en Algérie, située dans la wilaya de Béjaïa à environ 60 km du chef-lieu.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de Kherrata est située au sud-est de la wilaya de Béjaia, limitrophe avec la wilaya de Sétif.

Communes limitrophes de Kherrata
Taskriout
Draâ El-Kaïd
Taskriout Darguina
Draâ El-Kaïd Kherrata Oued El Barad (Sétif)
Draâ El-Kaïd Draâ El-Kaïd Tizi N'Bechar (Sétif)

L'agglomération, chef-lieu de daïra, est à 300 km d'Alger, 58 km au sud-est de Béjaïa et 50 km au nord-ouest de Sétif.

Lieux-dits, quartiers et hameaux[modifier | modifier le code]

Outre son chef-lieu Kherrata centre, la commune de Kherrata est composée des localités suivantes[2] : Ouled Achba, Djatit, Ahamam, Ouled Laaziz, Ighil N'Tahar, Tala N'Tegra, Boughezrane, Bougrourène, Tiboudaouine, Bradma, Merouaha, Bou Saada, Lakranif, Tabiya, Tala Oulili, Bouzraoune, Ouled Azouz, Afra, Bouchartioua, Aïfar, Menchar, Sebouka, Boufolki, Akharoub et Tiaouinine.

Relief, géologie, hydrographie[modifier | modifier le code]

La ville est située dans la zone sismique des rebords de la grande faille dite « sub-tellienne », une faille profonde affleurant la discontinuité du Moho (géologie interne), dont la géographie à l’œil nue démontre ce contraste entre, au nord, des formations jurassiennes avec un relief très accentué, et au sud, un relief plissé étendu sous formes de mamelon, ce qui rend l'activité sismique élevée, d'autant que la composition stratigraphique et pédologique, calcaire à la base reposant sur des couches argileuse, ce qui rend non seulement la sismicité un facteur majeur, mais aussi des glissements de terrains très actifs, tel le glissement de terrain de Tamaleht, où un éboulement actif fait face depuis plus de deux décennies, et les formations de loupes de solifluxions tout au long des versants.

À noter qu'elle fut touchée par des tremblements de terre de grande magnitude, tel celui de 1949 de magnitude 4.9mb[3] et en 2006 de magnitude 5.3Mw[4], aussi, la région est l'épicentre de plusieurs séismes, parfois dévastateurs, faisant des morts et des blessés, sans parler des dégâts matériels, tel celui qui a frappé le village de LAALEM (commune de Tameridjt, daira de Souk El Tenine) le 20 mars 2006 d'une magnitude de 5' sur l'échelle de Richter, occasionnant 4 morts et plus de 68 blessés[5],[6]

Transports[modifier | modifier le code]

Ville de transit, Kherrata, côté transport, est un pôle important, les transports en commun desservent plusieurs régions du pays, à savoir: la ville d'Alger, avec plus de trois départs quotidiens; la ville de Constantine, avec le passage de pas moins de trois bus; la ville de Hassi Messaoud et toutes les wilayas de passage, avec plus de deux passages par jour.

Les dessertes entre la ville et le chef-lieu de wilaya sont assurées par 75 lignes de transport; avec le chef-lieu de la wilaya de Sétif, par plus de 32 lignes de transport.

Entre le chef-lieu de commune et les localités rurales de banlieue il existe plus de 150 lignes de transports.

Les conditions de transport difficiles dans ces routes sinueuses très encombrées ont été améliorées par le doublement de la route des gorges par un tunnel creusé sous la montagne.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Kherrata centre

Toponymie[modifier | modifier le code]

Preuve de l'existence d'une présence humaine pratiquant l'agriculture bien avant l'installation de colons français dans la région, le nom de Kherrata est issu du mot en arabe dialectal kherrata signifiant « les laboureurs »[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1870, à l’entrée des Gorges du Chabet El Akhra, au bord de l’oued Agrioun, à 450 mètres d’altitude, à mi-chemin de Sétif et de Bougie, un petit hameau se construit : 13 familles composées de 13 hommes - 8 femmes et 21 enfants - y construisent 12 maisons. La création officielle du village de Kherrata par l’Administration coloniale a lieu en 1876 et son peuplement en 1878. Selon une interprétation orale, le village de Kherrata porte le mot arabe signifiant « Laboureurs ». Le village est situé au pied de la chaîne des Babors dont le sommet culmine à 2 400 mètres, à l’entrée des gorges du Chabet El Akhra, locution qu’on peut traduire par : « Le ravin du bout du monde » ou « Le défilé de la mort ».

Entre 1886 et 1940, l’Administration coloniale met en œuvre les projets de construction d’une église, d’une Justice de paix, d’une gendarmerie, d’une prison et autres, comme la mise en service d’un réseau téléphonique…

Une plaque, à l’entrée des Gorges par rapport à Bougie, rappelle les grands travaux de percement de la route réalisés sous la direction des Ponts & Chaussées de 1863 à 1870 au rythme d’un kilomètre par an. Les premières liaisons routières eurent lieu vers 1900. Un service de diligences assurait dans les deux sens le transport postal et des voyageurs. Ces voitures à chevaux rattachaient Sétif à Bougie en quelque treize heures sur un parcours jalonné de cinq relais routiers. Des convois de chariots de marchandises sillonnaient cette route effectuant un aller-retour en une semaine.

En 1913, le colon Eugène Dussaix fit bâtir un château à la sortie du village, à proximité de l’entrée des Gorges, avant de donner le jour à une minoterie moderne ; cependant, le petit moulin à façon étant le symbole du village de Kherrata aux yeux des colons, fut conservé pour permettre aux populations indigènes de venir y faire moudre leur grain. Une église fut construite en 1921 par le même industriel.

Article détaillé : Massacres de Sétif et Guelma.

La ville est touchée par les Massacres de Sétif et Guelma qui débutent le 8 mai 1945 et pendant lesquels des émeutes nationalistes algériennes sont réprimées dans le sang par les forces armées françaises faisant entre 8 000 et 45 000 morts selon les historiens.

Le 8 mai 1998, à l’occasion du 53e anniversaire des événements du 8 mai 1945, le musée du Moudjahid de Kherrata voit le jour. La plus grande partie du musée est réservée aux événements du 8 mai 1945 et à la Guerre de Libération Nationale. Cependant, quelques gravures ayant trait à l’époque romaine, où Jugurtha figure en bonne place, sont également présentées. Ce musée est situé dans une ancienne église désaffectée qui fait désormais office de conservatoire et où sont rassemblées et classées des collections de photos et d’objets divers revêtant un intérêt historique. On peut y découvrir des effets vestimentaires militaires portés par des combattants pendant la Révolution, d’anciennes armes ayant servi dans des batailles, des instruments et autres outils utilisés par les résistants algériens.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population en 2000 était de 32 356 habitants dont 7617 dans la zone urbaine et 24 739 dans la zone rurale[réf. nécessaire]. On compte 4 002 habitats occupés et 954 habitats inoccupés.

Le taux de scolarisation est de 92,06 % pour les garçons et de 87,47 % pour les filles.

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Modeste bourgade avant l'indépendance, la "ville des cimes et des abîmes" est devenue un centre urbain relativement important, chef-lieu de daïra.

Économie[modifier | modifier le code]

Kherrata, ville paisible, de transit sur un axe routier très dense; la nationale reliant Béjaïa à Sétif, demeure austère sans infrastructure touristique malgré des atouts non négligeables.

Le tissu industriel se limite à deux unités, une semoulerie et une usine de teinture pour textile.

2803 hectares de surface agricole sont utilisés.

L'électrification atteint 99 %. Il existe 1 hôpital avec 102 lits, 3 salles de soins et 6 salles de pharmacie. Il existe un hôtel de 102 lits.

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Patrimoine et sites[modifier | modifier le code]

Les gorges de Kherrata
  • Gorges de Kherrata
  • Le lac d'Ighil Emda
  • Fontaine « Tababourte »
  • Le Mont de Takoucht, 1 896 m d'altitude
  • Grottes et vestiges romains au lieu-dit "Ahemmam"

Personnalités[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Béjaïa : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. « Décret no 84-365 du 1er novembre 1984 fixant la composition, la consistance et les limites territoriales des communes », Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire, no 67,‎ 19 décembre 1984, p. 1484 (lire en ligne).
  3. Neotectonics and associate seismicity in the Eastern Tellian Atlas of Algeria
  4. [PDF] On earthquake-related landslides: the case of the March 20th, 2006 Kherrata earthquake (Mw=5.3) and the Laâlam landslide (Babor chain, Wilaya of Bejaia, North-East Algeria).
  5. [1]
  6. [2]
  7. Mohand-Akli Haddadou, Dictionnaire toponymique et historique de l'Algérie, Tizi Ouzou, Éditions Achab,‎ 2012 (ISBN 9789947972250), p. 375.