Histoire du Belize

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L'histoire du Belize commence à l'époque précolombienne ; il est alors une zone de l'aire culturelle maya, au sein de celle, plus vaste, de la Mésoamérique. Parmi les sites archéologiques mayas les plus anciens du pays figure Cuello (1200 av. J.-C.).

Haut lieu de la flibuste dans la mer des Caraïbes, l'ex-Honduras britannique n'attira, jusqu'au XIXe siècle, que quelques centaines de bûcherons britanniques fascinés par l'abondance de bois d'acajou. Les empires coloniaux européens ne firent aucun effort pour mettre en valeur cette contrée, dont les deux tiers étaient couverts de forêts vierges. En 1675, les esclaves d'un navire négrier naufragé dans les Antilles, se mêlèrent aux Indiens caraïbes locaux. Ainsi naquit le groupe ethnique des Caraïbes noirs. Révoltés contre l'autorité coloniale, certains d'entre eux débarquèrent le 19 novembre 1823 sur les rivages du futur Honduras britannique et y firent souche.

Époque précolombienne[modifier | modifier le code]

Colonisation[modifier | modifier le code]

Premiers contacts entre indigènes et Européens et premières colonies[modifier | modifier le code]

En 1502, Christophe Colomb navigua au large des côtes de l’actuel Belize, mais aucun document n'indique qu'il les explora[1],[2],[3]. Il semble en revanche probable que l'un de ses capitaines, Vicente Pinzon, accompagné de l'explorateur Juan de Solis, ait fait escale sur les côtes du Belize lors de leur exploration plus détaillée du golfe du Honduras en 1508 et 1509[3].

Des recherches archéologiques et ethnohistoriques ont établi que des groupes mayas vivaient encore dans cette zone à cette époque, contrairement à ce qu'ont pu prétendre auparavant des historiens influencés par l'idéologie colonialiste[4] ou une interprétation simpliste de l'effondrement de la civilisation maya classique.

La plus ancienne colonie connue fut fondée en 1638 par des marins britanniques[5]. Pendant un siècle et demi, les Britanniques fondèrent d'autres colonies qui subirent des attaques sporadiques des indigènes, ainsi que des colons espagnols du Yucatan et du Guatemala[5].

Piraterie et rivalité entre l'empire espagnol et l'empire britannique[6][modifier | modifier le code]

Au début du règne de la reine Isabelle (Elizabeth 1re) sur le trône d'Angleterre, les Britanniques, sans territoires annexés dans la région de l'Amérique Centrale et des Caraïbes ne trouvèrent meilleure solution que de faire usage de la piraterie ainsi que de la mise à sac des ports dans le Golfe du Mexique alors colonisé par le royaume d'Espagne. Apparurent les pirates en 1568 pour la première fois dans la zone alors qu'ils interceptèrent un navire espagnol qui faisait la liaison avec l'Europe. En 1667, la piraterie fut supprimée officiellement par l'Angleterre via le traité de Madrid signé avec l'Espagne. C'est alors que l'île de la Tortue est devenue la base de la « Cofradía de los Hermanos de la Costa »; une confrérie de pirates qui n'acceptait pas la propriété privée, était internationale, et devaient s'unir pour attaquer les bateaux et ports espagnols et protéger leur flottille. Ses membres prirent d'assaut les ports ce qui déplaça la capitale du Tabasco à 60 km vers l'intérieur vers une ville rebaptisée San Juan de Villahermosa. Les villes espagnoles de la péninsule du Yucatan Salamanca et Bacalar furent abandonnées aussi pour le site de Pachá. Au milieu du XVIIe siècle, la présence des pirates sur terre des deux côtés de la péninsule était une réalité en raison du délaissement des villes et des terres côtières par les espagnols et de l'établissement des pirates à leurs places, s'alliant parfois aux indigènes et se livrant à diverses activités de contrebande ainsi qu'à l'exploitation sylvicole que l'Espagne voulait alors se réserver.

L'interdiction officielle de la piraterie en 1667 fit prendre à nombre de pirates la décision de s'installer sur les côtes et de faire commerce du bois. Le terrain pris le long de la rivière Belize était très bon stratégiquement en raison du dépeuplement et de l'isolement du lieu mais aussi en raison de sa proximité avec la Jamaïque. Au début du XVIIIe siècle, la couronne espagnole délogea définitivement les Anglais de leurs enclaves de la baie de Chetumal et de celle de la lagune des Terminos, mais ne put déloger les colons du Bélize ni leurs esclaves. En 1763, le traité de Paris entre les couronnes britannique et espagnole donna autorisation aux exploitants de bois sujets de la couronne britannique l'autorisation d'exploiter les ressources et de se loger « avec leur famille » ce qui consacra le Bélize comme colonie de peuplement. En 1783 fut signé un nouveau traité de paix en délimitant le territoire pour les exploitants sylvicoles (mais en soulignant tout le temps que cela ne pouvait donner lieu à dérogation aux droits de souveraineté). La province du Yucatán s'insurgea auprès de la couronne espagnole contre un tel traité arguant que les colons du Bélize se livraient au trafic illicite de bois précieux, protégeaient les criminels des terres relevant de la couronne, et que dans le cas peu probable mais toujours possible d'une rébellion indigène, celle-ci serait armée par les britanniques et que leurs enclaves serviraient de base d'appui aux insurgés. Ainsi ces prévisions se réalisèrent intégralement durant la guerre des Castes de 1847, durant laquelle la Jamaïque et le Bélize contrôlés par la couronne britannique armèrent les Mayas révoltés contre les Espagnols et les Créoles et leur achetèrent la totalité de leur butin, les capitaines mayas proposant à l'Angleterre de lui céder une partie de leurs territoires conquis. En 1786, le gouvernement espagnol fit de nouvelles concessions à la couronne britannique sur le Bélize qui virent à être peuplées par 1500 afro caribéens provenant de la côte nicaraguayenne des Mosquitos et des îles honduriennes. Le Bélize continua à s'étendre jusqu'en 1813 notamment vers le sud jusqu'au rio Sarstoon. Au nord, le Río Hondo constituait l'ultime front à ne pas franchir car la garnison espagnole de San Felipe de Balaras menaçait.

Époque coloniale[modifier | modifier le code]

Après son indépendance, le Mexique promit aux esclaves asile, liberté et meilleures conditions dans le but de vider la colonie Bélizéenne. Les États faibles du Guatemala et du Mexique nouvellement indépendants ne purent résister à de nouvelles exigences britanniques sur la scène internationale. Sans jamais renoncer officiellement à la souveraineté de ses terres, l'empereur mexicain Maximilien accepta que les Bélizéens ne puissent être importunés dans leurs activités de production et leurs activités commerciales à travers les traités de 1864 et 1865. En 1859, le Guatemala reconnut comme dominion de sa Majesté la Reine le territoire situé au nord du río Sarstoon et à l'est d'une ligne droite tirée depuis perpendiculairement depuis la frontière Mexicaine passant par le confluent du río Garbutt et du río Belice. En échange, le Bélize devait faciliter un accès à la mer (éventuellement par voie fluviale) pour tous les Guatémaltèques, clause qu'il ne respecta jamais et qui se ressent encore aujourd'hui dans les relations entre le Belize et le Guatemala. En 1893, le Mexique céda de nouveau un morceau de territoire habité par les indiens Yucatèques (qui n'eurent aucun mot à dire dans ces négociations) dans l'État du Yucatan n'opposant aucune résistance aux revendications de la couronne britannique, et cessant d'armer les rebelles indigènes dans la colonie bélizéenne. Ainsi s'établit le territoire du Belize (25 000 km2) tel que nous le connaissons aujourd'hui peuplé alors de 30 000 habitants environ.

Processus de décolonisation[modifier | modifier le code]

Indépendance[modifier | modifier le code]

Le Belize est devenu indépendant de la couronne britannique le 21 septembre 1981.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1763 : les Britanniques exportent le bois, en échange ils protègent les Espagnols contre la piraterie.
  • 1783 : les Britanniques quittent la Côte des Mosquitos (au Nicaragua).
  • 1798 : victoire britannique sur l'Armada espagnole, Bataille de St George's Caye.
  • 1802 : immigration du peuple "garifuna" depuis l'île Saint-Vincent.
  • 1838 : après plusieurs révoltes d'esclaves, les britanniques accordent la liberté aux Noirs.
  • 1862 : la couronne britannique intègre le Belize, la colonie est baptisée Honduras britannique.[7]
  • 1954 : le droit de vote est accordé aux femmes.
  • 1959 : les premiers immigrés d'origine allemande, vivant en communautés rurales selon un mode à la fois religieux et anachronique sont arrivés vers 1959. Ces pionniers sont mal vus des autochtones mais l'État favorise leur venue.
  • 1964 : autonomie interne. Le Guatemala revendique le territoire.
  • 1981 : indépendance de Belize.[7]
  • 1983 : tentative d'annexion partielle par le Guatemala : 600 soldats britanniques ont été répartis dans la jungle le long de la frontière du Guatemala (la Grande-Bretagne a voulu parer au danger).
  • 1994 : le Guatemala réclame un accès à la Mer des Caraïbes.
  • 2000 : l'ouragan "Keith" dévaste le pays.
  • 2002 : accord bilatéral avec Cuba pour promouvoir le tourisme.
  • 2003 : Said Wilbert Musa entame son second mandat de premier ministre après la victoire de son parti du PUP, parti uni du peuple.
  • 2008 : victoire de l'UDP aux élections générales après deux mandats successifs du PUP

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) History, sur le site officiel du gouvernement du Belize.
  2. (en) Eliot Greenspan, Frommer's Belize, John Wiley & Sons, 2010, p.29.
  3. a et b (en) Thomson 2004, p. 10.
  4. (en) O. Nigel Bolland, "Belize: Historical Setting", section "Pre-Columbian mayan societes and the conquest" in A Country Study: Belize, Tim Merrill, Library of Congress Federal Research Division, janvier 1992.
  5. a et b (en) Michigan State University, Belize : History .
  6. Cette partie est notamment inspirée du chapitre "El Proyecto inglés" de l'ouvrage de Jan de Vos, Las fronteras de la frontera sur, CIESAS - Universidad Juarez Autonoma de Tabasco, Villahermosa, Tabasco, México, 1993
  7. a et b « Carte ferroviaire du Honduras britannique », sur World Digital Library,‎ 1920-1929 (consulté en 2013-10-24)