Histoire du Nicaragua

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Le Nicaragua

Le Nicaragua est un pays d'Amérique centrale. Il est limitrophe du Costa Rica au sud et du Honduras au nord. Il est bordé par l'océan Pacifique à l'ouest et la mer des Caraïbes à l'est.

L'origine du nom du Nicaragua n'est pas élucidé, et divise encore les historiens et les linguistes. Selon une version, le terme vient du nahuatl nic-Anahuac (signifiant Jusqu'ici ensemble avec la mer). La version la plus populaire, mais peu soutenue par des experts, fait dériver le Nicaragua de Nicarao, qui aurait été le chef de la population indigène ayant accueilli les premiers conquérants espagnols sur les rives du lac Nicaragua (ou lac Cocibolca). Gil González Dávila lui donna le nom de mer d'eau douce, associant le nom du cacique au terme espagnol d'agua (eau).

L'époque précolombienne[modifier | modifier le code]

Article général Pour des articles plus généraux, voir Civilisation précolombienne et Mésoamérique.

Il est probable que les premiers habitants paléoindiens occupent le territoire dès 6 000 ans avant JC. Les empruntes pétrifiées dans la boue volcanique des Huellas de Acahualinca à Managua ainsi que d'autres indices archéologiques le laissent supposer.

Au début du XVIe siècle plusieurs groupes amérindiens se partagent le pays:

  • Sur les basses terres de la côte Pacifique, les Niquiranos dirigé par leur chef Nicarao occupent l'actuel cite de Rivas; les Chorotegas (ou Choroteganos)[1]; les Maribios
  • Dans les régions centrales les Matagalpas, les Lencas, les Chontales
  • Sur la côte Atlantique de la mer des Caraïbes, les Mosquitos (ou Miskitos), les Sumus (ou Sumos) et les Ramas

Les groupes de la côte Atlantique sont apparentés par la culture ou les dialectes (proche de la langue Chibcha), des peuples du nord de la Colombie. En revanche ceux de la partie occidentale et centrale parlent des dialectes pipils proche du nahuatl, la langue des Aztèques, ce qui suppose une origine mexicaine. La plupart ont adopté une forme de gouvernement monarchique. Dans ces zones côtières du Pacifique et dans les montagnes centrales où les Espagnols se sont installés, la population indigène a été presque complètement anéantie par la propagation rapide de nouvelles maladies, pour lesquelles la population autochtone n'avaient aucune immunité, et par l'esclavage (exportation des populations dans les mines du Pérou).

Colonisation espagnole[modifier | modifier le code]

Article général Pour des articles plus généraux, voir Colonisation espagnole de la terre ferme d'Amérique et Tierra Firme.

Le premier Européen à fouler le sol du Nicaragua est Christophe Colomb. Fuyant la tempête au cours de son quatrième voyage, il aborde le 12 septembre 1502 au Cabo Gracias a Dios à l'embouchure de la rivière Coco sur la côte des Caraïbes. Il en prend possession au nom du roi d'Espagne.

En 1522, le conquistador Gil González Dávila avec une petite troupe venant du Panama et traversant le Costa Rica est le premier à pénétrer au Nicaragua côté Pacifique. Il explore les fertiles vallées de l'ouest, entre en contact avec le chef Nicarao qu'il parvient à baptiser et en faire un allié. Il doit cependant lutter contre le chef Diriangén. Négligeant d'établir des colonies pérennes, il se replie sur le Panama où le gouverneur de la Castille d'Or Pedrarias Dávila le fait arrêter et lui confisque l'or ramené du Nicaragua. González Dávila doit fuir à Saint-Domingue.

Plusieurs expéditions sont alors montées par les Espagnols en 1524. González Dávila, qui a de nouveau reçu l'autorisation par décret royal, aborde la côte du Honduras en venant des Caraïbes; Francisco Hernandez de Cordoba envoyé par le gouverneur de Castille d'Or approche par le Costa Rica et fonde les deux premiers établissements à Granada sur la rive du lac Nicaragua et à León sur celle du lac de Managua; Pedro de Alvarado et Cristobal de Olid, envoyés par Hernán Cortés partent du Guatemala à travers le Salvador et le Honduras.

Les indigènes furent décimés en quelques décennies par la répression, l'esclavage et les maladies, mais aussi par les conflits entre les différentes forces espagnoles qui ont engendrés une série de batailles connues sous le nom de guerres des capitaines. Pedrarias Dávila qui avait perdu le contrôle du Panama, s'empare du Nicaragua et établit sa base dans la colonie de Léon. Il va gouverner le pays avec une main de fer jusqu'à sa mort en 1531. Son successeur Rodrigo de Contreras (1534-1542) sera à l'origine des mêmes abus.

Le Nicaragua fait partie de l'Audience du Panama créée en 1538. En 1543, l'Espagne divise son empire en deux vice-royautés et rattache le Nicaragua à la Capitainerie générale du Guatemala, elle-même dépendant de la Nouvelle-Espagne. Les Espagnols s'installèrent surtout sur la côte Pacifique au climat plus sain, évitant de s'enfoncer dans la jungle de la côte Atlantique. Celle-ci fut alors colonisée par les Anglais à partir du Honduras britannique jusqu'au fleuve San Juan. Ils y installèrent dès 1687 un royaume fantoche la Moskitia (ou Mosquitia)[1], dont le monarque était nommé par le gouverneur de la Jamaïque. Les Anglais y introduisirent aussi des esclaves noirs.

Pendant la période coloniale, le Nicaragua a été la principale voie entre le Pacifique et l'Atlantique grâce à une circulation aisée par les fleuves et les lacs. El Realejo a été notamment l'un des principaux ports du Pacifique et un centre de construction des galions Manille-Acapulco. En 1610, l'éruption du volcan Momotombo détruisit la capitale Léon qui fut reconstruite au nord-ouest du site original. Le pays est relativement calme, entrecoupé de rebellions mineures rapidement réprimées. Toutefois la côte des Caraïbes subit de fréquents raids des pirates anglais, français et hollandais. La ville de Granada a été dévastée par deux fois en 1658 et 1660.

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le territoire a été divisé en un gouvernorat nicaraguayen avec sa capitale à León et les Corregimientos de Chontales, Realejo, Matagalpa, Quezalguaque et Monimbó, l'ensemble dépendant de la Capitainerie du Guatemala. En 1787, ces corregimientos ont été supprimés et rattachés au gouverneur.

Le changement dynastique consécutif à la guerre de Succession d'Espagne(1701-14) va avoir des conséquences durables sur les colonies espagnoles. Les Habsbourg avaient soutenu les monopoles commerciaux stricts. Les Bourbons sont plus partisans d'une politique. Au sein de la capitainerie générale, deux factions vont s'opposer : les conservateurs, surtout propriétaires terriens qui avaient profité du monopole, sont soutenus par l'Église catholique et ont le fief dans la ville de Granada; les libéraux partisan de la nouvelle économie, plutôt anticlérical, ont leur fief dans la ville de León . La rivalité entre libéraux et conservateurs va longtemps peser sur la vie politique du pays, comme sur celles des futurs autres États de l'isthme. Elle sera aussi à l'origine d'une ingérence internationale, chaque faction n'hésitant pas à voler au secours son homonyme dans les pays voisins, souvent par la force armée[1].

Vers l'indépendance[modifier | modifier le code]

Lors des Cortès de Cadix, le gouverneur du Nicaragua est représenté par José Antonio López de la Plata. Avec son collègue Florencio del Castillo du Costa Rica il réussit à imposer en 1812 une province du Nicaragua et Costa Rica comme une unité politique administratives distincte du Guatemala. Remis en cause lors de la Restauration absolue de 1814, elle est de nouveau reprise en 1820. Le maire du Nicaragua, Miguel Gonzalez Saravia et Colarte devient le chef politique de la province du Nicaragua et du Costa Rica. La province comporte sept subdivisions: Costa Rica, El Realejo, Granada, León, Rivas, Nicoya et New Segovia.

L'indépendance du Mexique dans le cadre du plan d'Iguala entraine une agitation dans les provinces relevant de la Capitainerie du Guatemala et donc "in fine" de la vice-Royauté de la Nouvelle-Espagne. Successivement le Chiapas, Guatemala (associé au Salvador), Comayagua (Honduras) s'associent librement à l'éphémère empire mexicain. La province du Nicaragua et du Costa Rica approuve également cette annexion le 11 octobre 1821. La chute d'Iturbide entraîne une désaffection des unionistes. Les partisans de l'indépendance totale des provinces de l'ancienne capitainerie organisent un congrès à Guatemala, se déclarent indépendant du Mexique et fondent les Provinces-Unies d'Amérique centrale fédérant les cinq provinces du Nicaragua, Guatemala, Honduras, El Salvador et Costa Rica. À l'inverse, le Chiapas a choisi l'union avec le Mexique.

La constitution proclamée le 22 novembre 1824 rebaptise le nouvel ensemble en République fédérale d'Amérique centrale et les provinces deviennent des Etats membres. Au Nicaragua, c'est Manuel Antonio de la Cerda en tant que chef de l'État qui prête serment à la Constitution.

L'histoire politique du Nicaragua est alors dominée par la rivalité entre l'élite libérale de León et l'élite conservatrice de Granada. A Granada vivent les grands propriétaires terriens, les producteurs, principalement du café et du sucre. Les habitants de Léon représentent la classe moyenne et l'artisanat commercial. La rivalité entre ces deux villes va entrainer plusieurs guerres civiles.

Manuel Antonio de la Cerda, chef indépendantiste, occupe les fonctions de président depuis le 10 avril 1825. Son adjoint, Juan Argüello, conspire contre lui et le dépose l'année suivante. Argüello établit la capitale à Leon, mais Granada refuse de reconnaître son autorité. Le 27 novembre 1829, de la Cerda est abattu sur ordre de Argüello. Le gouvernement de la République fédérale envoie des troupes des divers États membres pour pacifier le pays jusqu'à la nomination d'un nouveau président Herrera Dionisio, qui restera au pouvoir entre 1830 et 1833. Quelques années plus tard, sous la présidence de José Núñez (1838-1841), le Nicaragua choisit de faire sécession de la Fédération d'Amérique centrale et devient un État souverain (1838).

Indépendance et période des Directeurs[modifier | modifier le code]

Le 12 novembre 1838 la même année, le Nicaragua se donne une nouvelle Constitution. Le pouvoir exécutif est confié à un Directeur suprême (Supremo Director) élu pour deux ans. Les années 1840 et 1850 sont marquées par des guerres civiles opposant libéraux et conservateurs. Le pays doit subir l'invasion des forces armées d'El Salvador et du Honduras (1844-1845), sous le commandement du dictateur Francisco Salvador Malespin. Elles saccagent la ville de Leon. En 1852, la capitale est transférée à Managua afin de mettre fin à l'éternelle rivalité entre Leon et Granada, mais cette décision ne deviendra effective jusqu'en 1858.

Le 26 février 1853 Fruto Chamorro est élu "Directeur Suprême". Sous son mandat, une assemblée constituante a adoptée une nouvelle constitution, mettant fin à la période des Directeurs. Le Nicaragua devient une république avec un pouvoir exécutif confié à un Président pour une période de quatre ans. Fruto Chamorro assume ces nouvelles fonctions en 1854. Toutefois ces dispositions ne mettent pas fin aux guerres civiles.

La découverte de l'or en Californie en 1848 provoque une des plus grandes transhumances du siècle. La position stratégique du Nicaragua et la perspective de construire un canal reliant l'océan Pacifique et l'océan Atlantique attisent les rivalités des grandes puissances: Angleterre, France et États-Unis, qui toutes s'intéressent au Projet de canal du Nicaragua. Un homme d'affaires américain Cornelius Vanderbilt organise une route transcontinentale de New-York à San Francisco en passant par le Río San Juan permettant de gagner le lac Nicaragua, puis la côte Pacifique. Il obtient également le 26 août 1849, le droit de construction d'un canal interocéanique au profit de sa société la Accessory Transit Company[1].

De leur côté, les anglais exercent depuis 1655 un protectorat intermittent sur la côte des Mosquitos, également connue sous le nom de "royaume de Mosquitie" et forcent le Nicaragua à y reconnaître ses droits par un traité signé en 1849. Pour éviter des conflits d'intérêts les États-Unis et la Grande Bretagne se mettent d'accord le 19 avril 1850 en signant le traité Clayton-Bulwer de non concurrence.

Guerre civile et intermède Walker[modifier | modifier le code]

Sur le plan interne, la lutte est vive entre les conservateurs et les libéraux. En 1853, le général conservateur Fruto Chamorro a pris le pouvoir et exilé les opposants libéraux. Aidés par le gouvernement libéral du Honduras, ces derniers organisent une armée et entrent au Nicaragua le 5 mai 1854. Les libéraux sont d'abord vainqueur, mais, à son tour le gouvernement conservateur du Guatemala envahit le Honduras pour mettre fin au soutien apporté aux libéraux nicaraguayens.

En 1855 les libéraux sollicitent l'aide des États-Unis.. Un aventurier américain William Walker recrute une soixantaine de mercenaires, débarque à San Juan del Sur le 4 mai 1855 et investit Granada, centre du pouvoir conservateur, le 13 octobre. Il y fait nommer un ancien Directeur libéral Patricio Rivas comme président intérimaire fantoche, tout en se réservant le commandement en chef des armées nicaraguayennes. Walker veut instaurer une république esclavagiste, établit l'anglais comme langue officielle et exige la confiscation en son nom des terres des conservateurs. Mais en juin 1856 les libéraux lui retirent leur appui. Walker s'autoproclame président après avoir organisé un simulacre d'élections. Les États-Unis reconnaissent sa légitimité.

Il s'ensuit alors une véritable guerre de libération à laquelle s'associent les autres États de l'isthme encouragés en sous-main par la Grande Bretagne[1]. Walker est défait lors de la bataille de San Jacinto le 14 septembre 1856. Walker doit quitter le pays en mai 1857 sans que ses hommes n'aient mis Granada à feu et à sang. Il tentera d'envahir de nouveau le pays, mais sera finalement pris et exécuté en 1860 au Honduras.

Les années conservatrices[modifier | modifier le code]

Après l'intermède William Walker, libéraux et conservateurs signent le pacte de Chachagua. Il s'agit d'une formule de gouvernement de coalition avec une coprésidence décernée à Tomás Martínez et Máximo Jerez. Cette formule ne dure que quelques mois et dès novembre 1857 une Assemblée constituante donne le pouvoir à le pouvoir a Martínez et le Parti conservateur va le conserver jusqu'en 1894.

Le 15 avril 1858 est signé avec le Costa Rica le traité Cañas-Jerez par lequel le Nicaragua reconnait la souveraineté du Costa-Rica sur les territoires jusqu'alors contestés de Nicoya et Guanacaste

De son côté, l'Angleterre renonce finalement à ses prétentions sur la Côte des Mosquitos par le traité de Managua de 1860, le dernier roi des Mosquitos, George Augustus Frederick, doit abandonner son titre pour celui de "chef héréditaire" en 1861. L'ancien royaume peut toutefois conserver une certaine autonomie jusqu'en 1894, date à laquelle il est définitivement incorporé au Nicaragua.

Le conservateur Tomás Martínez reste président du Nicaragua pour la période 1859-1863. Bien que la nouvelle constitution de 1858 n'autorise pas un second mandat présidentiel, Martinez est réélu en 1863. Cette situation entraine l'insurrection du libéral Máximo Jerez et du conservateur Fernando Chamorro, mais les deux révoltes sont écrasées.

Tomás Martínez est remplacé par Fernando Guzmán (1867-1871) dans un climat d'instabilité politique. Une nouvelle guerre civile éclate le 25 juin 1869 qui prend fin grâce à la médiation des États-Unis. Par la suite, le suffrage censitaire favorable au grands propriétaires leur permet de soutenir une longue série de présidences conservatrices. Pendant cette ère, le café est devenu la première production dans l'économie du pays. Pour en faciliter l'exportation, les transports, notamment par voies ferrées ont été considérablement améliorés. Des lois agraires ont été promulguées au bénéfice des gros propriétaires, cultivateurs de café.

Roberto Sacasa, qui avait succédé à la présidence en 1889 après la mort du titulaire élu, est réélu en 1891 pour un nouveau mandat. Bien que conservateur, Sacasa est de León, pas de Grenade, et son élection induit une scission au sein du Parti conservateur.

José Santos Zelaya[modifier | modifier le code]

José Santos Zelaya profite de dissensions chez les conservateurs pour mener à bien une révolution libérale qui renverse le président Roberto Sacasa. Il accède au pouvoir en 1893.

José Santos Zelaya dirige le Nicaragua pendant seize ans, entre 1893 et ​​1909, à la tête d'un gouvernement éclairé mais autoritaire. C'est donc une présidence controversée[1]. Il modernise l'État, crée de nouvelles institutions, introduit l'habeas corpus. Il décrète l'école gratuite et obligatoire, construit des écoles et investit dans des infrastructures: construction des chemins de fer, navigation à vapeur sur le lac de Managua, importants travaux portuaires. Zelaya lance également une série de réformes sociétales dans le pays: institution de l'éducation laïque, mariage civil, confiscation des biens ecclésiastiques, laïcisation des cimetière, dépénalisation de l'avortement. Le Nicaragua devient le pays le plus riche et le plus prospère de l'Amérique centrale.

L'Amérique centrale lui doit la création d'une éphémère Grande République d'Amérique centrale, regroupant le Nicaragua, El Salvador et le Honduras, mais qui n'a duré que trois ans (1895-1898). Cette expérience l'a amené à soutenir d'autres partis libéraux de l'isthme. Il faut également porter à son crédit l'accord mettant fin au protectorat britannique sur la côte des Caraïbes.

En 1906, le Nicaragua doit faire face à une courte guerre contre le Guatemala, le Honduras et le Salvador. Les troupes nicaraguayennes battent l'armée coalisée des Honduriens et des Salvadoriens dans la bataille de Namasigüe et occupent Tegucigalpa. Les États-Unis imposent leur médiation par le traité de Chicago le 23 avril 1907. Les quatre nation s'engagent à ne plus intervenir dans les affaires internes à chaque État, et en cas de conflit, de s'en remettre à la décision d'une Cour centrale américaine, siégeant à Carthage dans le Costa Rica.

Les relations avec les États-Unis restent tendues. Ces derniers n'hésitent pas à accorder des aides financières à l'opposition conservatrice à Zelaya. L'idée de créer un canal interocéanique à travers le Nicaragua intéresse le Japon et l'Allemagne, ce que ne peuvent souffrir les américains qui considèrent l'Amérique centrale comme leur Chasse gardée. En 1907, des navires de guerre américains bloquent les différents ports du Nicaragua. La situation est telle qu'elle engendre un conflit interne entre les libéraux et les conservateurs, ces derniers soutenus par les États-Unis. En 1909, deux mercenaires américains sont accusés d'avoir posé des mines sur le fleuve San Juan pour faire sauter un navire le Diamente. Ils sont capturés et exécutés par le gouvernement de Zelaya. Les États-Unis considèrent cette action comme une provocation à la guerre et décide de provoquer le renversement illégal de Zelaya.

Le 10 octobre 1909 éclate la contre-révolution. Le mouvement est dirigé par le général Juan José Estrada, gouverneur libéral de la Côte Atlantique; par l'administrateur de la mine d'or La Luz et à Los Angeles Adolfo Diaz; par un représentant des propriétaires terriens conservateurs, Emiliano Chamorro; et par le général conservateur Luis Mena. Mais le consul des États-Unis, Thomas Moffat apparait comme un deus ex machina du mouvement contre-révolutionnaire. Juan Estrada, lui-même, en révèlera plus tard la machination dans une interview au New York Times.

Intervention américaine[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, le président des États-Unis Theodore Roosevelt instaure la politique du gros bâton (big stick) contre le Nicaragua. En 1909, les États-Unis offrent un appui politique aux forces rebelles menées par les conservateurs contre le président Zelaya. Les raisons d'un tel soutien de la part des États-Unis sont des divergences sur la proposition de canal de Nicaragua, la risque que la politique du Nicaragua déstabilise la région, la tentative de Zelaya de réglementer l'accès des étrangers aux ressources naturelles. Le 18 novembre 1909, des navires de guerre de l'US Navy sont envoyés dans la région des insurgés. Les États-Unis justifient l'intervention pour protéger les vies et les biens de leurs concitoyens. Zelaya doit démissionner le 17 décembre.

Pas moins de quatre présidents à la solde des États-Unis se succèdent en un an. Finalement les États-Unis accèdent à la demande du président Adolfo Diaz et envoient leurs troupes dans le pays en 1912 pour rétablir l'ordre. Les marines américains resteront au Nicaragua jusqu'en 1933 (entre 1912 et 1925, puis après une interruption de 9 mois, entre 1926 et 1933) réprimant les soulèvements qui visaient la libération du pays.

En 1914, le traité Bryan-Chamorro est signé entre le Nicaragua et les États-Unis. Ces derniers obtiennent la concession de construire un futur canal en échange de trois millions de dollars. Bien que le canal de Panama a été construit dès 1903, la région continue d'être d'un intérêt stratégique et ce traité vise aussi bien à écarter d'autres intérêts étrangers. Ils obtiennent aussi le droit d'établir une base militaire dans le golfe de Fonseca pour une période de 99 ans, et la cession pour la même durée des îles du Maïs au large des Caraïbes.

C'est aussi au cours de cette période, que les États-Unis échangent avec la Colombie l'indépendance du Panama contre les îles de San Andres et Providencia situées dans les Caraïbes.

Augusto César Sandino (1895-1934)

Après le premier retrait des U. S. Marines, un autre conflit violent a lieu entre libéraux et conservateurs en 1926 connu comme le nom de guerre constitutionnaliste, d'où le retour des U. S. Marines qui impose le pacte de Espino Negro. qui s'appuie sur un gouvernement de coalition. Le général Augusto César Sandino n'adhère pas à cet accord et mène une guérilla contre le pouvoir établi. Il déclare : « Si 100 hommes aiment le Nicaragua comme je l’aime, le Nicaragua sera libre »!.

Les Américains finissent par quitter le pays en 1933 du fait de la guerre de guérilla de Sandino, mais aussi de la Grande Dépression, après avoir créé la Garde nationale (Guardia Nacional) formation à la fois militaire et policière conçue pour protéger les intérêts américains et confiée à un ami proche Anastasio Somoza García. Sandino satisfait d'avoir obtenu le départ des américains accepte de négocier avec le nouveau président Sacasa, mais exige la dissolution de la Garde nationale qu'il juge inconstitutionnelle. Il est alors assassiné par des officiers de celle-ci le 21 février 1934.

La famille Somoza[modifier | modifier le code]

Anastasio Somoza García[modifier | modifier le code]

Les divisions au sein du Parti conservateur aux élections de 1932 ont ouvert la voie au libéral Juan Bautista Sacasa. Mais après l'assassinat de Sandino, Anastasio Somoza accroit son influence personnelle sur le Congrès et le parti au pouvoir alors que la popularité du président Sacasa diminue en raison de son manque d'envergure et l'accusation de fraude aux élections législatives de 1934. Somoza réorganise les forces armées, en la purgeant des opposants et en plaçant ses proches à des postes clés à travers le pays. Il utilise à ses fins le budget militaire qui représente plus de la moitié des recettes fiscale. Il contrôle la Garde nationale et le Parti libéral (Partido Liberal-PL) qu'il transforme avec l'appui d'une partie des conservateurs en Parti libéral nationaliste (Partido Liberal Nacionalista-PLN). Il parvient à gagner les élections présidentielles en 1936.

Anastasio Somoza restera président de 1937 à 1947, puis de 1950 à 1956 (dans l'intervalle il conserve le pouvoir de fait en faisant élire des hommes de paille). Sa famille restera au pouvoir jusqu'en 1979 et amassera une immense fortune. Somoza agit d'ailleurs avec une certaine habileté politique, acceptant une opposition légale dans la mesure où elle reste modérée, infiltrant les syndicats, ou prenant faits et cause pour les alliés lors de la Seconde guerre mondiale, ce qui lui permet d'exproprier pour son propre compte les biens allemands.

Deux ans après son élection, Somoza, déclare son intention de rester au pouvoir au-delà de son mandat présidentiel. Ainsi, en 1938, Somoza obtient d'une Assemblée constituante une extension de son pouvoir l'allongement de son mandat à huit ans. Le président peut édicter des lois relatives à la Garde nationale sans consulter le Congrès Il s'assure le contrôle absolu dans le domaine politique et militaire. Le régime se transforme en une dictature permanente.

La première opposition au régime de Somoza vient des classes moyennes et supérieures, généralement conservatrices. Mais du fait de lois liberticides, de nombreux opposants ont fui le pays, exilés aux États-Unis. Pedro Chamorro, rédacteur en chef du journal La Prensa est une exception notable, très populaire dans le pays, sa réputation internationale et son rejet de la violence le rend intouchable pour le régime.

L'opposition libérale est progressivement éclipsée par une approche plus radicale de la part des marxistes. Le 21 septembre 1956, un jeune poète libéral, Rigoberto López Pérez, réussit à infiltrer un parti de Somoza, et tire plusieurs balles sur le président. Le tireur est abattu sur le champ par les gardes. Somoza devait mourir de ses blessure huit jours plus tard dans l'hôpital américain de Panama.

Seconde génération[modifier | modifier le code]

Somoza García est remplacé à la tête du pays par ses deux fils. Luis Somoza Debayle devint le chef de l’État après l'assassinat de son père en 1956, mais Anastasio Somoza Debayle tient en coulisse les rênes du pouvoir en tant que chef de la Garde nationale. Anastasio junior, diplômé de la célèbre école militaire de West Point, s'était vu reprocher de mieux parler anglais qu'espagnol et d'être encore plus proche des États-Unis que son père. Ses positions anticommunistes lui valent le soutien des États-Unis. Le Nicaragua participe en 1960 à la création du Marché commun centraméricain.

La révolution cubaine renforce les révolutionnaires nicaraguayens. Sa réussite est une source d'espoir et d'inspiration pour ces derniers, ainsi qu'une source de financement et d'armement. Les marxistes, basés au Costa Rica, forment le Front de libération nationale sandiniste (Frente Sandinista de Liberacion Naciona, FSLN), se rattachant à la lignée du légendaire Augusto César Sandino. Les frères Somoza appuyés par les États-Unis réussissent à réprimer l'insurrection.

Le président Luis Somoza Debayle, sous la pression des insurgés, annonce la tenue d'élections nationales en février 1963. Les réformes électorales prévoient l'adoption du vote à bulletin secret ainsi que la supervision de la part d'une commission électorale. Luis introduit également dans la Constitution un amendement empêchant tout membre de sa famille de lui succéder. L'opposition est très sceptique face aux promesses du président. Ils ont finalement raison car Anastasio Somoza Debayle succède indirectement à son frère après sa mort des suites d'une crise cardiaque, en 1967. En effet, le véritable successeur de Luis, René Schick Gutiérrez est considéré à juste titre comme le pantin de Anastasio Somoza Debayle.

Tout comme son frère et son père, Anastasio Somoza Debayle, est qualifié de kleptocrate par certains. Il possède notamment 20 % des terres les plus fertiles du pays. Les paysans sans terre travaillent sur des grandes plantations pour des salaires de misère (un dollar par jour). Désespérés, de nombreux paysans migrent vers l'est, cherchant des terres à cultiver. Certains ont été contraints par la Garde nationale à déménager dans des projets de colonisation dans la forêt tropicale. Toujours dans les années 1950 et 1960, 40 % de toutes les exportations américaines de pesticides est allé en Amérique centrale. En 1968, l'organisation mondiale de la santé établit que 17 % de la mortalité au Nicaragua provenait de la pollution des eaux. Les propos suivants auraient été tenu par Anastasio « J'ai une petite ferme, elle s'appelle Nicaragua » ("Nicaragua es mi finca"[2] ). De plus, il appelait les paysans les « bœufs ».

Le tremblement de terre de Managua de décembre 1972 est un événement décisif qui occasionne 500 000 sans abri et plus de 10 000 morts. La moitié de l'aide internationale est détournée par Somoza et la Garde nationale pour être revendue à leur profit. Une grande partie du centre-ville dévasté par les tremblements de terre n'a jamais été reconstruite.

Insurrection sandiniste[modifier | modifier le code]

D'obédience marxiste mais se réclamant paradoxalement de la figure d'un libéral extrêmement populaire, Sandino, le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN), a été fondé en 1961 à La Havane par Carlos Fonseca Amador, Tomás Borge Martínez et Silvio Mayorga. Il se lance dans les années soixante dans la guérilla sur le modèle de Fidel Castro et de ses Barbudos. À partir de 1970, il lance une série de vols de banques pour se financer.

Le 27 décembre 1974, le FSLN s'empare de 30 otages, dont le beau-frère du dictateur Somoza (Opération Décembre victorieux). Celui-ci accepte les demandes des preneurs d'otage : rançon d'un million de dollars, diffusion d'une déclaration du FSLN à la radio, libération de 14 de ses membres. L'incident humilie le gouvernement et rehausse le prestige du FSLN. Somoza, dans ses mémoires, fait référence à cette action comme le début d'une brusque escalade des attaques et représailles. La loi martiale est déclarée, et la Garde nationale commencent à raser des villages de la jungle soupçonnés de soutenir les rebelles. Des groupes de défense des droits condamne les actions, mais le président américain Gerald Ford refuse de rompre l'alliance des États-Unis.

Mais grisé par le succès, le FSLN perd son unité et se divise en trois factions en octobre 1975 :

  • Le FSLN Proletario, suit la pensée traditionnelle marxiste en s'appuyant sur le milieu ouvrier,
  • Le FSLN Guerra Popular Prolongada (guerre populaire prolongée), s'inspire du maoïsme et espère en la mobilisation paysanne,
  • Le FSLN Insurreccional, plus pragmatique et prônant un pluralisme idéologique milite pour une insurrection immédiate.

Le pays bascule dans la guerre civile. En 1978 le journaliste Pedro Chamorro est assassiné par la Garde nationale, qui s'étaient opposés à la violence contre le régime. 50 000 suivent ses funérailles. Des grèves de protestation, exigeant la fin de la dictature sont organisées. Les sandiniste intensifient leurs actions et s'empare de Léon.

Devant l'impopularité des Somoza, les États-Unis décident de retirer leur appui. Cette tactique échoue car Somoza conserve son influence sur le pays à travers la garde nationale qui multiplie les exactions. Mais le 19 juillet 1979, les sandinistes entrent dans Managua. L'exécution par la Garde nationale du journaliste américain d'ABC Bill Stewart, diffusée aux États-Unis, fait basculer les médias et l'opinion américaine. Finalement, Jimmy Carter refuse l'aide militaire que Somoza demandait. Ce dernier quitte le pays avec sa famille.

Période sandiniste (1979-1990)[modifier | modifier le code]

Drapeau du FSLN

L'offensive finale du FSLN fut déclenchée en mai 1979. Lors de la chute du gouvernement somoziste, les États-Unis apportèrent leur aide pour que Somoza et les commandants de la garde nationale prennent la fuite. Le 17 juin 1979, un gouvernement provisoire dénommé Junte gouvernementale de reconstruction nationale, (Junta de Reconstrucción Nacional), présidé par Daniel Ortega et composé de quatre autres membres Violeta Barrios de Chamorro, Moisés Hassan, Sergio Ramírez et Alfonso Robelo prend le pouvoir.

Les États-Unis estimèrent le coût des dommages occasionnés par la révolution à 480 millions de dollars. Le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) prit la tête d'un pays dont la population souffrait de malnutrition, maladie, et de contaminations des pesticides. La guerre ne prit pas fin, car les contre-révolutionnaires (les Contras, soutenus et entraînés par la dictature argentine dans le cadre de l'Opération Charly) attaquent le régime sandiniste. Les contras regroupent des ex-somozistes, des membres de la Garde Nationale, des catholiques et des paysans déçus de la révolution. Les contras bénéficient de l'aide[3] des États-Unis qui ne voulaient pas voir un deuxième régime socialiste et anti-américain s'installer en Amérique, après la révolution cubaine.

Les sandinistes remportent les élections, organisées le 4 novembre 1984, avec 66 % des voix. Ces élections ont été qualifiées de libres par des observateurs internationaux sélectionnés par les sandinistes, issus notamment de pays européens du Bloc de l'Ouest. De nombreuses personnes, dont l'opposition et l'administration Reagan ont affirmé le contraire en critiquant les restrictions faites sur les partis d'opposition par le gouvernement.

Daniel Ortega et les chefs du FSLN purent alors mettre en application une série de réformes de type marxiste-léniniste inspirées de son programme exposé en 1969 et se rapprochèrent du bloc de l'Est. L'action gouvernementale, reprenant le programme de 1969 entendait développer notamment :

  • Révolution agraire.
  • Gouvernement révolutionnaire et intégrité administrative.
  • Respect des croyances religieuses.
  • Politique extérieure indépendante et solidarité internationale
  • Armée patriotique populaire.
  • Unité de l'Amérique centrale.

Ces axes signifiaient pour le gouvernement :

  • Révolution agraire : expropriation des terres en vue d'une redistribution qui s'avéra être une collectivisation. En fait, de très nombreuses familles de paysans sans terres reçurent environ 14 hectares. Mais l'État les regroupa en coopératives.
  • Gouvernement révolutionnaire et intégrité administrative : imprimer un mouvement vers le parti unique, ce mouvement n'a jamais fonctionné car il y a toujours eu de très nombreux partis d'opposition. D'ailleurs, 14 de ceux-ci se sont regroupés sous le nom de UNO (Unión Nacional Opositora). Pas de fédéralisme mais un État centralisé.
  • Respect des croyances religieuses : si elles sont conformes au Marxisme ; le gouvernement encouragea la Théologie de la libération. Dans cette optique les trois prêtres catholiques nommés ministres (Éducation, Affaires étrangères et Culture) étaient membres de cette mouvance[4],[5],[6] en rupture avec Rome[7].
  • Politique extérieure indépendante : indépendante vis-à-vis des États-Unis et alignement sur le bloc de l'Est
  • et solidarité internationale : entrée dans l'Internationale Socialiste (le FSLN en est membre)
  • Armée patriotique populaire : service militaire obligatoire
  • Unité de l'Amérique centrale : soutien aux guérillas marxistes des autres pays d'Amérique centrale (Salvador)

Le gouvernement lança une politique de fondation d'écoles qui en matière d'alphabétisation fut un succès mais fut contrebalancé par le manque d'objectivité du contenu de l'enseignement, fortement marxisé (apprentissage de la lutte des classes, présentation de la cellule familiale comme source d'inégalités).

Le journal d'opposition de Violeta Barrios de Chamorro, La Prensa, attaquant les méthodes policières du gouvernement fut censuré en juin 1986 pour 6 mois.

Les populations locales s'opposèrent aux projets du président notamment sur la collectivisation des terres ou la conscription obligatoire.

Les indiens Misquitos, déjà fortement éprouvés sous les Somozistes, entrèrent en résistance pour conserver leurs terres et 10 000 d'entre-eux (comptabilisés par l'ONU) furent déportés dans des centres de rééducation destinés à faire d'eux des citoyens socialistes, détachés de leurs traditions[8].

États-Unis et Contras[modifier | modifier le code]

Selon un arrêt de la Cour internationale de justice[9], le Président des États-Unis a autorisé, à la fin de 1983 ou au début de 1984, le minage des ports nicaraguayens, ainsi que des eaux territoriales et intérieures, sans qu'aucune déclaration officielle ne l'annonce. Les États-Unis sont condamnés à verser plus de 17 milliards de dollars au Nicaragua au titre de dédommagement pour dégâts occasionnés par le financement de la Contra. Les États-Unis n'ont pas reconnu ce jugement[10].

Le 1er mai 1985, une ordonnance du Président des États-Unis instaure un embargo total sur le commerce avec le Nicaragua.

La rébellion s'étendit mais sans chef unique, elle restait très disparate ; elle regroupait tous ceux qui étaient contre le gouvernement sandiniste (de même que se donnaient le nom de sandinistes toutes sortes de courants anti-somozistes...) et reçut pour cela le nom de Contras.

Les Contras étaient notamment :

  • des groupes maoïstes, comme le MILPAS, qui étaient aussi opposés à Ortega
  • le FDN somoziste
  • les groupes indiens, Kisan, Matama et d'autres
  • des ex-sandinistes déçus comme l'ARDE, Eden Pastora

Les États-Unis, alors dirigés par le président Ronald Reagan décrétèrent un embargo et vinrent en aide aux Contras en les entraînant, les armant, les finançant et les approvisionnant à partir de 1982. Ronald Reagan exigea l'unification des Contras en 1985 mais sans réel succès.

Les affrontements firent 57 000 victimes, dont 29 000 morts (dix ans auparavant, la lutte contre Somoza avait déjà fait 40 000 victimes). Apprenant l'aide américaine, le gouvernement de Daniel Ortega porta plainte contre les États-Unis en 1984 devant la Cour internationale de justice. Le 27 juin 1986, la cour ordonna aux États-Unis de cesser d'apporter leur soutien aux opposants au régime, et pour avoir « rompu leur obligation dictée par le droit international de ne pas utiliser la force contre un autre État », les condamna à verser 17 milliards de dollars de dédommagements au Nicaragua pour les dégâts causés par les Contras. L'administration américaine refusa de se soumettre à ce jugement. L'aide aux Contras continua jusqu'en 1989 notamment après qu'éclate le scandale de l'Irangate en 1986.

Les élections de 1990 virent la victoire de Violeta Chamorro (54,2 % des voix) sur Daniel Ortega qui, prenant acte de sa défaite, déclara qu'il continuerait à « gouverner d'en bas », déclaration qui détourna de lui les populations car elle rappelait son attitude au sein de la coalition de 1979.

L'après-sandinisme[modifier | modifier le code]

Le 25 février 1990, les sandinistes perdent les élections au profit de l'Union nationale de l'opposition (UNO, une coalition de 14 partis) emmenée par Violeta Barrios de Chamorro, la veuve d’un directeur du journal La Prensa assassiné par les Somoza. La défaite de Daniel Ortega mit fin à l'embargo américain. Une politique économique libérale d'ajustements structurels supervisée par le FMI et la Banque mondiale, ayant pour conséquence la remise en cause de progrès sociaux de la période sandiniste, est mise en œuvre sous surveillance des États-Unis.

En 1996, Arnoldo Alemán (conservateur, ancien somoziste), dirigeant du parti centre-droit Alliance libérale, devint président de la République. En fin de mandat, de forts soupçons de corruption pesaient sur lui et il fut condamné à 20 ans de prison pour détournement de fonds en 2003. En 1998, l'ouragan Mitch s'abattit sur le pays et y fit de nombreux dégâts. Le parti libéral constitutionnaliste conserve le pouvoir en 2001 avec l'élection d'Enrique Bolaños, ancien vice-président de Arnoldo Alemán. En 2006, l'ancien dirigeant sandiniste Daniel Ortega, soutenu par le président vénézuélien Hugo Chávez, prend sa revanche et remporte le scrutin présidentiel dès le premier tour.

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f http://workmall.com/wfb2001/nicaragua/nicaragua_history_index.html
  2. Inevitable Revolutions: The United States in Central America, Walter Lafeber, 1993, Norton & Company, p.162
  3. L'affaire de l'Irangate dévoile à l'opinion publique internationale l'implication des États-Unis dans la guerre civile au Nicaragua. La vente illégale d'armes à l'Iran sert à financer les contras.
  4. http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=10164
  5. http://www.unelections.org/files/IGP_BiographyofMiguelD'Escoto_17Sep07.pdf
  6. http://www.granma.cu/frances/2008/septiembre/lun29/40reflexionesf2.html
  7. http://www.politis.fr/article1290.html
  8. LatinReporters
  9. Arrêt de la CIJ du 27 juin 1986. http://www.icj-cij.org/docket/files/70/9972.pdf
  10. http://www.perso.ch/pveyrat/histoire.htm#Extrait%20d%27articles%20de%20journaux%20CIJ

Liens internes[modifier | modifier le code]