Histoire de Sainte-Lucie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Histoire de l'île Sainte-Lucie

Avant l'arrivée européenne[modifier | modifier le code]

Les premiers habitants connus de Sainte-Lucie sont des Arawaks, dont on suppose qu'ils sont arrivés depuis le nord de l'Amérique du Sud entre 200 et 400. De nombreux sites archéologiques de l'île ont produit des spécimens de poterie arawak.

Les Caraïbes remplacent graduellement les Arawaks entre 800 et 1000. Ils appellent l'île Hiwanarau, puis Hewanorra.

Contacts européens[modifier | modifier le code]

Les Européens débarquent pour la première fois sur Sainte-Lucie soit en 1492, soit en 1502, pendant les débuts de l'exploration des Antilles par les Espagnols. Les Néerlandais, Anglais et Français essayent d'établir des comptoirs sur l'île au cours du XVIIe siècle, mais rencontrent une forte opposition de la part des habitants caraïbes.

Colonisation européenne[modifier | modifier le code]

Le premier campement européen sur Sainte-Lucie est installé par les Pays-Bas vers 1600 à l'emplacement actuel de Vieux Fort. En 1605, l'Olive Branch, un vaisseau anglais se dirigeant vers le Guyana, est dévié sur l'île et 67 colons débutent un campement ; cinq semaines plus tard, du fait des maladies et des conflits avec les Caraïbes, ils ne sont plus que 19 et quittent l'île.

La France revendique officiellement l'île en 1635. L'Angleterre tente de s'installer en 1639, mais le campement est détruit par les Caraïbes. La première installation française date de 1651, depuis la Martinique, commandée par De Rousselan, qui contrôle l'île jusqu'à sa mort en 1654.

En 1664, Thomas Warner revendique Sainte-Lucie pour le compte de l'Angleterre. Il apporte 1 000 hommes pour défendre l'île contre les Français ; après deux ans, il n'en reste plus que 89, la plupart étant morts de maladies. Dans les années suivantes, l'île est échangée à de nombreuses reprises entre les Anglais et les Français, comme concession dans plusieurs traités :

  • 1674 : colonie de la couronne française ;
  • 1723 : territoire neutre par accord entre l'Angleterre et la France ;
  • 1743 : colonie française ;
  • 1748 : territoire neutre ;
  • 1756 : colonie française ;
  • 1762 : occupation britannique ;
  • 1793-1797 : guerre des Brigands ;
  • 1802 : rendue à la France ;
  • 1803 : colonie britannique.
La Prise de Sainte-Lucie en décembre 1778 par l'escadre et les troupes de Barrington. D'Estaing, avec ses 12 vaisseaux ne parvient pas à reprendre l'île.

L'industrie du sucre se développe à partir de 1765, provoquant un afflux de colons et une augmentation des conflits avec les Caraïbes.

La bataille de Sainte-Lucie a lieu le 15 décembre 1778 entre les forces françaises et britanniques, lors de la guerre d'indépendance des États-Unis.

Pendant la Révolution française, un tribunal révolutionnaire est instauré sur l'île, avec le capitaine La Crosse, et les Royalistes sont exécutés.

En 1793, Flore Gaillard, esclave marronne, anime une Armée française des bois, jusqu'à la bataille de Rabot. Cette histoire oubliée est évoquée dans le roman Ormerod d' Édouard Glissant.

En 1794, le gouverneur français déclare tous les esclaves de l'île libres, provoquant une invasion britannique peu de temps après et un rétablissement de l'esclavage. Castries est brûlée en 1796 lors d'une bataille entre les forces britanniques et les esclaves et républicains français.

Contrôle britannique[modifier | modifier le code]

La France cède définitivement Sainte-Lucie au Royaume-Uni en 1814. L'esclavage est aboli dans l'île en 1834, mais tous les esclaves sont alors contraints de subir une période d'apprentissage de quatre ans où ils sont obligés de travailler gratuitement pour leurs anciens maîtres pour au moins les trois-quarts de la semaine.

En 1838, Sainte-Lucie est incorporée dans l'administration britannique des Îles du Vent, dirigée depuis la Barbade (puis depuis la Grenade à partir de 1885).

Gouvernement local et indépendance[modifier | modifier le code]

En 1924, Sainte-Lucie reçoit sa première forme de gouvernement représentatif, lorsqu'une minorité de membres élus rejoignent le conseil législatif, dont tous les membres étaient précédemment nommés. Le suffrage universel est introduit en 1951. Un gouvernement ministériel est introduit en 1956.

En 1958, Sainte-Lucie rejoint la Fédération des Indes occidentales, une dépendance semi-autonome du Royaume-Uni. Cette fédération s'effondre en 1962, suite au retrait de la Jamaïque et une deuxième fédération plus petite est alors brièvement tentée. Après ce deuxième échec, le Royaume-Uni et six îles des Antilles, dont Sainte-Lucie, développent une nouvelle forme de coopération nommée État associé.

En tant qu'État associé du Royaume-Uni de 1967 à 1979, Sainte-Lucie possède une responsabilité complète pour ses affaires internes, mais laisse ses affaires étrangères et sa défense au Royaume-Uni. L'île obtient son indépendance totale le 22 février 1979.