Gustav-Adolf Mossa

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Gustav-Adolf Mossa

Naissance
Nice,
Décès (à 88 ans)
Nice,
Nationalité Drapeau de la France Française
Activités peintre
Mouvement artistique symbolisme
Influencé par Préraphaélites
Influença Gustave Moreau

Gustav-Adolf Mossa, est un peintre symboliste français né le à Nice, où il est mort le .

Il est le fils du peintre Alexis Mossa (1844-1926), auteur de nombreuses affiches pour le Carnaval de Nice qui a fortement influencé Gustav-Adolf dans sa carrière de peintre.

Gustav-Adolf Mossa est un peintre symboliste tardif dans la mouvance de Gustave Moreau, Lucien Lévy-Dhurmer, Edgar Maxence ou Émile-René Ménard. Imprégné de ses lectures, Mallarmé, Baudelaire, Huysmans, il s'inspire des maîtres du Quattrocento, des préraphaélites, de l'Art nouveau.

Il produit l'essentiel de son œuvre peint jusqu'en 1918. La plupart de ses toiles symbolistes ne sont découvertes qu'après son décès.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1883 d'une mère italienne, Marguerite Alfieri, et du peintre Alexis Mossa, Gustav-Adolf est très tôt intéressé par la peinture. Un tableau de son père le représente d'ailleurs peignant à l'âge de neuf ans. Son père, paysagiste et imagier du carnaval de Nice depuis 1873, va être son professeur. Jusqu'en 1900, Gustav-Adolf étudie à l'École des arts décoratifs de Nice où il se familiarise avec l'Art nouveau. Parallèlement, son père l'initie à l'art du paysage à l'aquarelle aux alentours de Nice et dans l'arrière-pays.

Dès 1900, après la visite de l'Exposition universelle, il est porté par le mouvement symboliste finissant et l'Art nouveau. Alors qu'il quitte l'École des arts décoratifs, il se lance également dans l'écriture de pièces de théâtre et de poèmes.

En 1901, Mossa crée sa première grande toile symboliste : Salomé ou prologue du Christianisme. Il fait en même temps une série de voyages en compagnie de son père en Italie, où il visite Gênes, Pise, Sienne et surtout Florence. Dans la lignée de son père, il réalise alors ses premières œuvres pour le carnaval de Nice.

Fin 1902, Gustav-Adolf Mossa retourne à Nice, où il présente son premier projet de char au concours Carnaval. En 1903, il entame un nouveau voyage avec son père à Mantoue, Padoue et Venise.

De 1904 à 1911, il connaît une période féconde : peinture symboliste, scènes de carnaval, paysages à l'aquarelle, poèmes, pièces de théâtre.

En 1908 il épouse Charlotte-Andrée Naudin. En 1911, il connaît un certain succès à l'occasion d'une exposition à la galerie Georges Petit à Paris. Il découvre alors l'art primitif flamand et abandonne le symbolisme.

Au cours de l'année 1913, Gustav-Adolf Mossa expose à Nice et à Paris une série d'œuvres inspirées par Robert Schumann.

Il est mobilisé lors de la Première Guerre mondiale en 1914, où il est gravement blessé. De cette expérience de la guerre, il tire une toile achevée en 1916 : Les tristes heures de la guerre.

Il rompt avec sa femme en 1918 et sa mère meurt l'année suivante. Gustav-Adolf Mossa poursuit alors son œuvre avec moins d'intensité, en produisant des paysages, des illustrations et des écrits. Il se remarie en 1925 avec Lucrèce Roux qui meurt en 1955.

À la mort de son père en 1926, il prend sa succession comme conservateur du musée des beaux-arts de Nice. Après le décès de sa seconde épouse, il se marie à nouveau en 1956 avec Marie-Marcelle Butteli, qu'il surnomme « Violette ».

Lorsque Gustav-Adolf Mossa meurt le 25 mai 1971, son œuvre symboliste est redécouverte, occultée par lui-même à ses proches et au public qui le connaissait essentiellement par son travail d'imagier du carnaval de Nice.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Artiste à la production polymorphe, Gustav-Adolf Mossa laisse derrière lui, outre son œuvre picturale, un grand nombre de textes parmi lesquels des livrets d'opéras ou autres pièces lyriques. Il faut considérer son œuvre dans ses rapports avec la musique, la peinture et la littérature. Il a puisé son inspiration dans l'œuvre des grands écrivains dont il était un lecteur assidu et en particulier Baudelaire.

Ses œuvres aux compositions souvent dramatiques, aux dessins fouillés, souvent caricaturaux, analysent des situations de vie en font preuve d'une certaine lucidité psychologique.

L'œuvre de Gustav-Adolf Mossa est un ensemble de références à des mythes, des fables qu'il manie tel un psychanalyste : conflits des pulsions de vie et des pulsions de morts, Éros et Thanatos et plus particulièrement dans la représentation de Salomé qui hante presque tous les symbolistes, mais aussi dans celles de Sapho et Dalila.

Liste d'œuvres[modifier | modifier le code]

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  • Salomé ou prologue du Christianisme (1901)
  • Circé (1904), huile sur toile. Musée Fin-de-Siècle, Bruxelles
  • Judith et Holopherne (1904)
  • La sirène repue, Le baiser d'Hélène, Dalila s'amuse et Le Fœtus (1905)
  • Pierrot s'en va, Elle, Lui, La Sphinge, Valse macabre, Suzanne et les vieillards et Leda (1906)
  • Une charogne (1906), huile sur toile. Musée Fin-de-Siècle, Bruxelles
  • Eva Pandora (1907), huile sur toile. Musée Fin-de-Siècle, Bruxelles
  • Le Vice, Esther, Femme aux oenocoes, La Harpyie et Rubria (1907)
  • Les Mortes (1908), technique mixte sur papier. Musée Fin-de-Siècle, Bruxelles
  • Christus, Salomon et Salomé (1908)
  • Le coq et la perle (1909)
  • Bruges la morte (1911)
  • Les tristes heures de la guerre (1916)
  • Sourire de Reims (1918)
  • La Ronde des Sylphes (1913 av)

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Hyalis, le petit faune aux yeux bleus de Samain, chez Ferroud, (1918).
  • Le petit soldat de plomb d'Anatole France, chez Ferroud, (1919).
  • Xanthis ou la vitrine sentimentale de Samain, chez Ferroud, (1920).
  • Les sept femmes de Barbe-Bleue d'Anatole France, chez Ferroud, (1921).
  • La leçon bien apprise d'Anatole France, chez Ferroud, (1922).
  • La ceinture de Vénus, (1923).
  • Zadig ou la destinée de Voltaire, chez Ferroud, (1924).
  • La légende des saintes Oliverie et Liberette, chez Ferroud, (1924).
  • Madame de Luzy d'Anatole France, chez Ferroud, (1927).
  • Hérodias de Flaubert, chez Ferroud, (1927).
  • Le barbier de Séville de Beaumarchais, chez Ferroud, (1930).
  • Chansons niçoises, chez Delrieu. 1953, 12 illustrations coloriées à la main par Mossa.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif Association Symbolique Mossa et préface de Jean Roger Soubiran, Gustav-Adolf Mossa. Catalogue raisonné des œuvres symbolistes, Paris, Somogy Éditions d'Art,‎ 2010, 528 p. (ISBN 978-2-7572-0364-4)
  • Yolita René, Jean-Roger Soubiran, L'œuvre secrète de Gustav-Adolf Mossa, catalogue d'exposition, Namur, Musée Félicien Rops, du 30 janvier au 16 mai 2010, Namur : Musée provincial Félicien Rops ; Province de Namur, 2010
  • Carine Marret, L'Agonie du jour, roman policier, Baie des Anges, 2012 (l'intrigue est construite autour du tableau Pierrot s'en va de Mossa)

Liens externes[modifier | modifier le code]