Seconde bataille de la Marne
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La seconde bataille de la Marne est s'est déroulée principalement du 15 au 20 juillet 1918, dans le nord-est de la France, vers la fin de la Première Guerre mondiale.
Sommaire |
Contexte [modifier]
Offensive Michael [modifier]
Libérées du front de l’est par le traité de Brest-Litovsk les divisions d'infanterie allemandes sont amenées rapidement par le chemin de fer.
L'« opération Michael » commença le matin du 21 mars 1918 en Picardie, par un bombardement d'artillerie assez court mais extrêmement violent. Avant que les défenseurs britanniques étourdis ne puissent réagir, des équipes spéciales de troupes d'assaut allemandes sortirent du brouillard et de la fumée pour attaquer ou contourner les points stratégiques des lignes. Pris par surprise, débordés et submergés, les défenseurs reculèrent sur tout le front, une large brèche s'ouvrit, permettant aux Allemands d'avancer de plus de 50 km. Plus de 160 000 Britanniques furent mis hors de combat.
Mais la percée ne réussit pas, parce qu'Erich Ludendorff, qui ne rencontrait pourtant que peu d'opposition sur sa gauche, continua à concentrer ses réserves devant Arras, où la résistance britannique devint de plus en plus forte. Malgré les appels désespérés de Haig, Foch refusa d'engager ses réserves restreintes. Haig dut faire venir d'urgence des renforts du Royaume-Uni et le QG britannique dut retirer des divisions d'autres théâtres d'opérations.
Ce n'est que le 28 mars que Ludendorff songea brusquement aux possibilités qui se présentaient du côté de la Somme, pour effectuer une percée rapide et décisive en direction de Paris, mais il était trop tard. Deux jours auparavant, les Alliés s'étaient mis d'accord pour confier au général Foch le commandement unique sur le front occidental. Un de ses premiers actes de commandement fut d'employer une partie de ses maigres réserves pour boucher la dangereuse brèche sur la Somme. Au début d'avril l'offensive Michael était arrêtée dans la région de Montdidier.
Offensive dans l’Aisne [modifier]
Ludendorff concentre 42 divisions sous le commandement de von Boehn, chef de la VIIe Armée, qui tient le front entre Pontoise-lès-Noyon et Berry-au-Bac. L'aile gauche de la VIIe Armée est prolongée par 4 divisions de la Ire Armée (von Below) qui occupent le secteur de Berry-au-Bac à Reims et prendront part à l'attaque.
Le 27 mai, l’offensive allemande se déclenche près de l’Aisne, à partir du Chemin des Dames, où, l’année précédente, les Français avaient échoué dans une attaque meurtrière. La préparation d’artillerie commence par un tir d’obus à gaz, puis devient mixte, mais avec plus de cinquante pour cent d’obus toxiques. Après le 5 juin, 5 autres divisions seront encore engagées, soit au total 47 divisions, correspondant à près de 60 françaises. L’offensive s’arrête pourtant dix jours plus tard en raison de l'épuisement des assaillants, mais ceux-ci ont avancé de 45 km, pris Château-Thierry et sont à 70 km de Paris. Ils devaient absolument tâcher de rectifier leurs lignes, en conquérant du terrain entre les deux saillants importants près d'Arras et de Reims, et un autre plus petit le long de la Lys. Ils appliquèrent d'abord leur effort aux deux zones qui encadraient Compiègne, en attaquant par les deux flancs le 9 juin. Mais leur offensive était assez mal organisée et ils durent subir eux-mêmes des attaques au gaz moutarde, de sorte que les troupes françaises, bien secondées par la 2e division d’infanterie américaine à Bois-Belleau et à Vaux, purent résister.
Friedensturm [modifier]
La contre-offensive alliée du 18 juillet au 6 août [modifier]
Au moment même où les divisions allemandes se massent vers le flanc est de la poche, l'équivalent de 21 divisions alliées se hâtent vers le flanc ouest à partir de la forêt de Villers-Cotterêts.
Le colonel Grasset, dans l'ouvrage « la Grande guerre racontée par les combattants », édition 1922, donne un descriptif intéressant des troupes alliées qui se sont élancées à partir du 18 juillet 1918 pour la seconde bataille de la Marne : "Les 26e, 69e, 167e, 168e, 169e, 164e, 418e, 265e, 72e, 91e, 136e, 23e, 42e, 128e, 48e, 70e, 71e, 9e, 11e, 20e, 8e, 110e, 208e, 133e, 152e, 170e, 174e, 409e régiments d'infanterie française; les 1er, 4e, 8e, 9e zouaves français; les 7e, 8e, 9e tirailleurs algériens; les 1er et 4e mixtes zouaves-tirailleurs; les 2e, 4e, 41e, 43e, 59e bataillons de chasseurs à pied ou alpins français; les régiments marocains, malgaches et russes, ainsi que la 1ère Division d'Infanterie américaine, la Big Red One, se ruent à l'assaut. Enfin les nouveaux chars Renault FT 17 sont employés pour la première fois et rencontrent le succès partout où ils sont engagés.
En deux jours, le nombre des prisonniers dépasse 17 000 hommes et 360 canons ont été capturés. Surpris, les Allemands engagent 4 divisions de renfort au centre. Vers 18 heures, ils ont repris Vierzy, mais sans le garder. Les Alliés sont à moins de 15 kilomètres de la gare de Fère-en-Tardenois, l’unique voie ferrée étant sous le feu de l'artillerie. Le 20, les Allemands prélèvent des divisions sur les armées voisines et engagent la 5e division de la Garde contre l'armée Degoutte, deux divisions et des éléments retirés de la Marne, contre l'armée Mangin.
Malgré ces renforts, le 28 juillet la gare est prise par les Alliés et le 7 août tout le terrain est repris. Les chars d’assaut ont prouvé leur efficacité.
Offensive de Mangin (10e armée) entre l'Oise et l'Ourcq [modifier]
- 18 juillet:
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- Progression du 1er corps d'armée dans la vallée de l'Aisne
- Engagement du 11e corps d'armée, 20e corps d'armée et du 30e corps d'armée dans la bataille du Soissonnais et de l’Ourcq
- 29 juillet : Engagement du 11e corps d'armée, 20e corps d'armée et du 30e corps d'armée dans la bataille du Tardenois
- 2 août : Réoccupation de Soissons par le 1er corps d'armée
Offensive de Degoutte (6e armée) entre l'Ourcq et la Marne [modifier]
- 9 divisions dont 3 américaines
- 18 juillet : deuxième bataille de la Marne, du Soissonnais et de l’Ourcq
- 21 juillet : Château-Thierry
- 29 juillet : bataille du Tardenois
Offensive de de Mitry (9e armée) au sud de la Marne [modifier]
- 17 juillet : introduction de la IXe armée sur le front entre Festigny-les-Hameaux à droite et Vaux à gauche
- 18 juillet : Engagement dans la deuxième bataille de la Marne : offensive vers la Marne
- 20 juillet : Franchissement de la Marne
- 25 juillet : retrait du front
Offensive de Berthelot (5e armée) à l'ouest de Reims [modifier]
- 16 divisions dont 2 italiennes et 3 américaines
- 18 juillet au 6 août : progression au nord de la Marne, combats sur l’Ardre et à l’ouest de Reims
Bilan [modifier]
Le décret du 7 août, nommant le général Foch Maréchal de France, motivait cette nomination par le simple résumé des résultats obtenus dans la deuxième victoire de la Marne :
«... Paris dégagé, Soissons et Château-Thierry reconquis de haute lutte, plus de 200 villages délivrés, 35 000 prisonniers allemands, 700 canons allemands capturés, 3 300 mitrailleuses allemandes capturées, les espoirs hautement proclamés par l’ennemi avant son attaque écroulés, les glorieuses armées alliés jetées dans un seul élan victorieux des bords de la Marne aux rives de l’Aisne, tels sont les résultats d’une manœuvre aussi admirablement conçue par le haut commandement français que superbement exécutée par des chefs et des soldats incomparables. »
Mais, le nouveau maréchal pense déjà à réduire les saillants de Montdidier et de la Lys et va engager la 3e bataille de Picardie.
Médaille et diplôme [modifier]
- TARDENOIS 1918, SACONIN 1918, BREUIL 1918 sont inscrits sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.
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Diplôme de la bataille de la Marne décerné au lieutenant: Brébant du 48e R.I , les honneurs à nos morts, signé général Joffre, général Foch.
Mémoire de La Marne [modifier]
Les Fantômes est une sculpture de Paul Landowski érigée à Oulchy-le-Château, dans l'Aisne, à l'endroit précis où se décida le sort de la seconde bataille de la Marne.
À Dormans, dans le cimetière, un poilu bleu horizon défie les années et l'oubli. Il veille sur les deux tombes mitoyennes de René Guibert de la classe 1915 et André Faille de la classe 17. Les 1 500 soldats inconnus reposent dans l'ossuaire où a été déposée de la terre de Dachau et de Monte Cassino.
Derrière le château, le mémorial des batailles de la Marne, sur ce site sanglant qui restitue ce qui s'est passé en ces lieux et que l'on sent et que l'on sait. Sur le livre d'or, quelqu'un a écrit cette phrase : « Les seuls combats perdus sont ceux que l'on abandonne. »
À Belleau, l'ensemble du bois est dédié à la bataille homonyme, avec un mémorial dans une clairière au centre du bois.
À Château-Thierry, l'impressionnant monument américain surplombe la ville et comporte une carte et un descriptif de la seconde bataille de la Marne. Le descriptif du monument est toutefois critiquable, exaltant uniquement la gloire des soldats américains. Pas loin de vingt divisions françaises ont participé activement à la contre-attaque du 18 au 27 juillet 1918. 200 000 soldats français ont été tués ou blessés du 15 au 30 juillet 1918.
Notes et références [modifier]
- (fr) Service historique de l'armée de terre, Inventaire sommaire des archives de la Guerre 1914-1918, Troyes, Imprimerie « la Renaissance », 1969, 691 p., (notice BnF no FRBNF35127448f).
- (fr) Victor Giraud, Histoire de la Grande Guerre, librairie Hachette -1920- .
Voir aussi [modifier]
- http://www.chtimiste.com/ Batailles-1918-La Marne
Articles connexes [modifier]
- Bornes Vauthier : En hommage à cette bataille décisive, 120 bornes de Mémoire seront érigées sur la ligne de front arrêtée au 18 juillet 1918 (œuvre du sculpteur Paul Moreau-Vauthier)
- Bataille d'Amiens (1918)
Liens externes [modifier]
- 2e Marne
- Le Mémorial des batailles de la Marne à Dormans (51), en hommage aux combattants des deux batailles de la Marne (septembre 1914 et juillet 1918).
- La 2° bataille de la Marne Lien mort au 14/11/2009
- 2ème Bataille de la Marne - Mémorial de Dormans