Pairie

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En Europe, certains pays reconnaissent ou reconnaissaient certains droits à des nobles. Lorsqu'ils sont regroupés à l'intérieur d'un corps législatif, ils forment une pairie.

En France[modifier | modifier le code]

La pairie de France est un groupe de grands vassaux de la couronne né au Moyen Âge, qui élisaient les rois (Hugues Capet par exemple) avant que la couronne ne devienne complètement héréditaire, et qui se transforma en une classe nobiliaire dotée de privilèges spécifiques sous l'ancien Régime, dont le plus insigne était le droit de siéger au Parlement.

À la Restauration fut instituée une chambre des pairs (Chambre haute) sur le modèle anglais, qui partageait le pouvoir législatif. Après la Révolution de Juillet de 1830, à partir de 1831, l'hérédité de la pairie est abolie. La chambre des pairs, dernière manifestation de la pairie française, prit fin en 1848.

Au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Il existe différentes pairies au Royaume-Uni : la pairie d'Angleterre, la pairie d'Écosse, la pairie d'Irlande, la pairie de Grande-Bretagne et la pairie du Royaume-Uni.

Les pairs du Royaume-Uni (Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord) font partie du parlement britannique siégeant à la Chambre des Lords, la chambre haute dans le Parlement. Dans l'histoire, à l'exception des lords spirituels, les membres de la Chambre des Lords l'étaient exclusivement par droit de naissance, et tout pair héréditaire a été autorisé à siéger à la Chambre. Toutefois, en 1999, des réformes ont été adoptées pour limiter le nombre de pairs héréditaires, la plupart des pairs héréditaires perdant automatiquement le droit de s'asseoir dans la chambre. Ces règles ont été révisées à nouveau en 2011. Aujourd'hui, les pairs héréditaires continuent d'être les plus nombreux dans la chambre, mais les places sont soumises à élection, afin d'assurer l'impartialité politique de la chambre. Il est également possible aux personnes de naissance commune d'être nommées à la Chambre des lords par le monarque. La nomination à la Chambre des Lords est accordée avec les conseils du Premier ministre, et la maison de comité des nominations seigneurs. Les nominations peuvent inclure des politiciens, qui ont déjà été membres importants de la Chambre des Communes. Ils peuvent aussi être des gens remarquables, qui ont fait une contribution significative à la vie publique. Par exemple, les dirigeants communautaires, les bénévoles, les artistes influents, des chefs d'entreprise, des personnes significatives de la Commonwealth of Nations etc. Les membres d'honneur de la Chambre des lords, nommés par la reine, ont les mêmes privilèges parlementaires que leurs prédécesseurs héréditaires. Les deux pairs héréditaires qui restent d'avant les réformes de 1999 sont le comte maréchal d'Angleterre, et le Lord Grand Chambellan. Ces deux sièges restent, car ils sont des officiers de la couronne, avec un rôle important au Parlement.

Aux Tonga[modifier | modifier le code]

Article détaillé : noblesse tongienne.

Aux Tonga, en Océanie, la pairie fut établie au XIXe siècle par le roi George Tupou Ier, qui conféra des titres de noblesse à sept grands chefs traditionnels, et accorda à chacun de ces nobles un siège au Parlement. Il s'inspira pour ce faire du modèle britannique. Aujourd'hui, il existe trente-trois titres de noblesse héréditaire, dont les tenants élisent neuf représentants au Parlement[1].

Dans des principautés territoriales[modifier | modifier le code]

Dans nombre de principautés territoriales, surtout du nord (comté de Flandre, Hainaut, Saint-Pol…), un groupe de « pairs » se constitua au XIIIe siècle. Ce titre de pair fut accordé aux aristocrates issus des familles les plus anciennes, celles qui constituaient au XIe siècle toute la noblesse. L'accession à la noblesse des milites (combattants à cheval) au cours des XIIe et XIIIe siècles emmena pour les antiques familles nobles un besoin de distinction dans la titulature qui se manifesta par l'adoption du titre de pair. Dans d'autres principautés (vicomté de Limoges, comté de la Marche…), ce fut le titre de baron qui répondit à ce besoin.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) "The History of the Tongan Constitution", Sione Latukefu, gouvernement des Tonga, 14 juillet 2008.