Bradley Manning
Bradley Manning
Bradley Manning.
| Naissance | 17 décembre 1987 Crescent (en) (Oklahoma) |
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| Nationalité | |
| Profession | Militaire |
Bradley Manning, binational américano-britannique[1], est né en 1987 à Crescent, dans le Comté de Logan en Oklahoma (États-Unis).
Analyste militaire de l'armée américaine de grade PFC (anciennement Specialist, ou SPC) il est accusé d'avoir transmis à Wikileaks différents documents militaires classés secret défense. Certains le voient comme un criminel, d'autres, comme un « lanceur d'alerte »[2] garant de la démocratie. Actuellement en détention préventive, il encourt la prison à perpétuité et a plaidé coupable pour 10 des 22 charges retenues contre lui[3]. Il dit vouloir dénoncer le « porno guerrier » des guerres américaines et voulait provoquer un débat public sur les guerres en Irak et Afghanistan car selon lui les États-Unis agissaient mal et personne n'en savait rien.
L'ONU a qualifié la détention de Bradley Manning dans la base militaire américaine de Quantico de « traitement cruel, inhumain et dégradant » du fait, entre autres, d'un isolement de huit mois en 2011[4].
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Contexte de l'accusation [modifier]
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En avril 2010, WikiLeaks donnait à voir une vidéo titrée Collateral Murder ; le 7 juillet, les autorités américaines désignaient Bradley Manning comme l'informateur de WikiLeaks[5].
C'est le magazine Wired qui annonça le premier l'arrestation de Bradley Manning : le 6 juin un article cosigné par Kevin Poulsen racontait comment Manning aurait provoqué son arrestation par ses propres vantardises qui furent ultérieurement rapportées aux autorités par son interlocuteur, Adrian Lamo[6]. L'article précisait que ni le Département d'État, ni le FBI ni l'Armée n'avaient encore confirmé cette arrestation[7]. Le 7 juin, l'Armée publiait un très bref communiqué sur cette affaire[8]. Le 8 juin, le magazine Wired rapportait que les autorités américaines s'interrogeaient sur la responsabilité de Manning dans la publication de 260 000 cables. Le Département d'État n'avait pas alors la certitude que les dépêches aient été déjà transmises à Wikileaks (ce n'est qu'à partir du 28 novembre 2010 que Wikileaks diffusera ces dépêches). Début juin, Bradley Manning n'est pas encore officiellement accusé ; suspect, il n'est l'objet que d'une enquête[9].
Le 25 juillet 2010 Wikileaks rendait publics les Afghan War Diaries ; le 26 juillet la presse rapportait que Bradley Manning avait été désigné comme la source des Afghan War Diaries[10].
À partir du 21 mai 2010, Manning aurait eu des conversations en ligne avec Adrian Lamo[11]. Manning aurait prétendument expliqué à un journaliste, et précédemment au hacker Adrian Lamo, avec qui il avait sympathisé, qu'il aurait publié la vidéo titrée Collateral Murder du raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad. Lamo ayant eu par le passé des ennuis avec la justice américaine, prit peur, craignant d’être de nouveau suspecté pour complicité. Il le dénonça alors au FBI et envoya également une copie de ses discussions par Mails avec le jeune soldat au magazine Wired, qui en publia des extraits[12].
Poursuites contre Bradley Manning [modifier]
Arrêté par l'United States Army Criminal Investigation Command en juin 2010[13],[14], Manning a d'abord été détenu plus d'un mois dans une prison militaire de Camp Arifjan, au Koweït, sans aucune charges[5],[15],[16]. Il est détenu sur la base de Quantico, en Virginie depuis le 29 juillet 2010. En avril 2011, un groupe d'experts détermine qu'il est en état d'être jugé[17], et le 16 décembre 2011, une audience préliminaire recommande de le faire comparaître devant une Cour Martiale[18],[19]. Bradley Manning est inculpé le 23 février 2012 en cour martiale et choisit de ne pas contester les chefs d'accusation.
Accusations portées contre Manning [modifier]
Début juillet 2010, Bradley Manning a été inculpé de huit chefs d'inculpation criminels et de quatre violations du règlement militaire[20]. Deux accusations, fondées sur le Uniform Code of Military Justice (UCMJ) en ses articles 92 et 134, sont portées contre lui : « transfert de données secrètes sur son ordinateur personnel et ajout de logiciel non autorisé sur un système informatique confidentiel », ainsi que « communication, transmission et envoi d'information traitant de sécurité nationale à une source non autorisée »[5],[21].
Il encourt 52 ans de prison pour les actes qui lui sont reprochés[15].
Son avocat militaire commis d'office est Maj. Thomas F. Hurley. Depuis fin août 2010 son avocat civil est David Coombs[13]. On ne dispose d'aucun témoignage public de Bradley Manning lui-même depuis son incarcération. L'une des rares personnes à l'avoir rencontré depuis à Quantico est David House[1].
Conditions de détention [modifier]
Bradley Manning est soumis à un isolement carcéral maximum (Maximum Custody Detainee) dans des conditions qui prêtent à controverse[22], tandis que certains rappellent que l'isolement dans lequel Manning se trouve est comparable à une situation de torture psychologique[1].
Conséquences et développements de l'Affaire Manning [modifier]
Hilary Clinton accepte « avec regrets » en mars 2011 la démission d'un de ses porte-paroles au département d'État américain, Philip J. Crowley (en), suite aux propos « pleinement revendiqués » par ce dernier qu'un journaliste de la BBC a rapportés dans lesquels le traitement que le Pentagone réserve à Bradley Manning est qualifié de « ridicule, improductif, et stupide »[23],[24],[25].
Soutien à Bradley Manning [modifier]
Le soldat Manning a été proposé par son cercle de soutiens comme le prochain prix Nobel de la paix. Selon eux, ce choix est largement justifié car Manning, par ses révélations, aurait fortement participé au retrait des troupes américaines en Irak. Sans lui, de nombreuses polémiques n'aurait pu être révélées par exemple sur la Prison d'Abou Ghraib ou encore sur les programmes d’attaques des drones[3].
Manifestations de soutien de par le monde [modifier]
Des manifestations de soutien à Bradley Manning ont eu lieu en Allemagne, en Irlande[26], aux Pays-Bas[26], au Canada[26], en Australie[27] et aux États-Unis[26] (à Washington[28], à San Diego[27], à Cambridge/Boston[27], à Oakland[27]…)
Fondation pour la liberté de la presse[29] [modifier]
La Fondation pour la liberté de la presse voit en lui "celui qui a dénoncé le plus d'informations de sa génération". De plus, c'est cette ONG qui eut l'idée de la candidature au Prix Nobel de la paix.
Courage de résister [modifier]
Courage de résister (en anglais, Courage to resist) est un réseau basé à Oakland et défend les soldats qui refusent de se battre[30] au travers de son site web.
Comité de soutien à Bradley Manning [modifier]
Le Comité de soutien à Bradley Manning (en anglais, Bradley Manning Support Network) a été monté par Mike Gogulski[31], citoyen américain vivant en Slovaquie, dans le but de lever des fonds pour payer les frais d'avocat (estimés à 130 000 $)[19] de Bradley Manning. Un ami de celui-ci, David House, est aussi impliqué dans le montage de ce comité qui a été coordonné par Courage de résister.
Plusieurs personnalités ont rejoint ce comité. Parmi elles, le lanceur d'alerte américain qui a livré pendant la guerre du Viêt Nam les Papiers du Pentagone, Daniel Ellsberg[32], le réalisateur engagé Michael Moore[32] qui a soutenu le comité à hauteur de 5 000 dollars[31], l'ancien agent de la CIA et militant politique Ray McGovern[33], le colonel à la retraite Mary Ann Wright[33].
Wikileaks a contribué au comité de soutien à hauteur de 15 000 $ et l'ensemble des fonds levés par le comité dépassaient en janvier 2011 les 100 000 $[34].
Soutien de Julian Assange [modifier]
Lors de son apparition publique à l'ambassade de l'Équateur le 19 août 2012, Julian Assange a une nouvelle fois demandé la libération de Bradley Manning
Autres soutiens [modifier]
En France, le 3 février 2013, le premier prix au concours international de plaidoiries pour les droits de l'Homme organisé par la Ville de Caen et le Mémorial de Caen est remporté par un jeune avocat lillois pour sa plaidoirie "Bradley Manning : un soldat de la vérité" [35].
Notes et références [modifier]
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Bradley Manning » (voir la liste des auteurs)
- (en) La question de la double nationalité de Bradley Manning - né de mère britannique, sur le sol américain - a été soulevée par le journaliste Glenn Greenwald « The inhumane conditions of Bradley Manning's detention », salon.com, le 15 décembre 2010. La législation britannique le confirme
- Bradley Manning sort de son silence Courrier international 13 mars 2013
- Le soldat Manning voulait dénoncer le "porno guerrier" des guerres américaines L'Humanité 13 Mars 2013
- [Selon l'ONU, Bradley Manning a subi un "traitement cruel" en détention], Le Monde, 5 mars 2012
- (en) US soldier charged over Apache Wikileaks video, ABC News, le 7 juillet 2010
- (en) Soldier Suspected Of Leaking Classified Data Arrested, NPR News, le 7 juin 2010
- (en) Kevin Poulsen, Kim Zetter, « U.S. Intelligence Analyst Arrested in Wikileaks Video Probe », Wired, le 6 juin 2010
- (en) Army Intel Analyst Arrested In Connection With Leak Of Iraq Video, NPR, le 7 juin 2010
- (en) Kevin Poulsen, Kim Zetter, « State Department Anxious About Possible Leak of Cables to Wikileaks », Wired, le 8 juin 2010
- (en) Leak of Afghan war logs condemned, CBC, le 26 juillet 2010
- (en) Kevin Poulsen, Kim Zetter, « ‘I Can’t Believe What I’m Confessing to You’: The Wikileaks Chats », Wired, le 10 juin 2010
- « L'auteur de la plus grande “fuite” américaine est un militaire désœuvré », Le Monde, 28 novembre 2010
- (en) Bradley Manning Support Network accepts responsibility for all expenses to defend accused Wikileaks whistle-blower, bradleymanning.org, le 8 décembre 2010
- (en) Xeni Jardin, « US will press criminal charges against Manning, alleged Wikileaks source », Boing Boing, le 6 juillet 2010
- (en) Xeni Jardin, « US Army: alleged Wikileaks source Manning faces 52 years », Boing Boing, 6 juillet 2010.
- (en) Kevin Poulsen, Kim Zetter, « Three Weeks After Arrest, Still No Charges in Wikileaks Probe », Wired, 16 juin 2010.
- Panel Says WikiLeaks Suspect Is Competent to Stand Trial
- (en) David Coombs, « Bradley Manning legal update and overview », Courage to resist, le 1er novembre 2010
- (en) Robert Booth, Heather Brooke, Steven Morris, « WikiLeaks cables: Bradley Manning faces 52 years in jail », Guardian.co.uk, le 30 novembre 2010
- Bradley Manning, la taupe supposée de WikiLeaks, NouvelObs.com, le 30 novembre 2010
- (en) David Dishneau, « Alleged Army whistleblower felt angry and alone », Associated Press, 7 juillet 2010
- (fr) « WikiLeaks : Bradley Manning, le détenu qui embarrasse les Etats-Unis », lemonde.fr, le 21 avril 2011
- (en) « ridiculous and counterproductive and stupid »
- (en) PJ Crowley: Bradley Manning's treatment by US "stupid", BBC, 12 mars 2011
- Démission du porte-parole du département d'Etat américain, L'Express, 13 mars 2011
- (en) Montreal protesters rally in support of WikiLeaks, The Montreal Gazette, 18 décembre 2010
- Wikileaks : manifestations pour le soldat accusé, Gilles Klein, Arrêt sur images, le 16 septembre 2010
- Le soldat Manning, source de WikiLeaks, « puni » en prison Laure Mandeville, Le Figaro du 27 janvier 2011
- http://www.humanite.fr/monde/le-soldat-manning-voulait-denoncer-le-porno-guerri-517343
- (en) Lien vers le site Courage to resist
- (en) Michael Moore Praises Suspected WikiLeaks Source,David Dishneau, Associated Press, 21 août 2010
- WikiLeaks : l'enquête sur Bradley Manning patine Le Monde du 25 janvier 2011
- (en) Michael Moore campaigns to free Bradley Manning in war logs case, Chris McGreal. The Guardian, 15 septembre 2010
- (en) WikiLeaks contributes to Manning defense, support group says, CNN, 15 janvier 2011
- [1]
Annexes [modifier]
- Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- (en) Charges officielles retenues contre Manning
- (en) Fonds de soutien au soldat Bradley Manning
- (en) www.bradleymanning.org : site d'information et de soutien de Bradley Manning
- (fr) Pétition d'Avaaz pour Bradley Manning
- (fr) Reportages audio, diffusés par l'émission de radio Là-bas si j'y suis (sur France Inter) les 20 et 21/03/2013.
- (en) Site de la journaliste Alexandra O'Brien qui archive un grand nombre de documents officiels documentant cet épisode judiciaire
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