Raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad

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33° 18′ 49″ N 44° 30′ 43″ E / 33.3137, 44.512 ()

La vidéo intitulée « Collateral Murder » (meurtre collatéral) éditée par WikiLeaks, tirée du film pris par une caméra d'un des deux hélicoptères AH-64 Apache impliqués dans l'incident.

Le raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad est une bavure américaine survenue dans le cadre de la guerre d'Irak menée par la coalition alliée, durant laquelle un hélicoptère Apache américain a ouvert le feu au chain gun M230 30mm sur un groupe de civils, comprenant notamment deux reporters de l'agence Reuters. Au moins 18 personnes ont été tuées au total[1]: 12 personnes dans les deux premiers bombardements, incluant les deux reporters et deux enfants blessés[2], et sept personnes dans la troisième frappe[3] . Le 5 avril 2010, une vidéo publiée par le site Internet WikiLeaks montre la scène vue depuis la caméra embarquée de l'hélicoptère, alors que c'était jusqu'ici une information classifiée par l'armée américaine.

Incident[modifier | modifier le code]

Le 12 juillet 2007, deux reporters de Reuters, Saeed Chmagh et Namir Noor-Eldin, et plusieurs civils sont tués dans un quartier de Bagdad par les tirs d'un hélicoptère Apache.

L'armée américaine déclare alors que deux journalistes ont été tués aux côtés de « neuf insurgés ». Le lieutenant-colonel Scott Bleichwehl, porte-parole des forces américaines à Bagdad, déclare : « Il n'y a aucun doute que les forces de la coalition étaient clairement engagées dans des opérations de combats contre une force hostile. »

Reuters ensuite demande à l'armée américaine de faire une enquête sur ces décès, demandant pourquoi les caméras embarquées dans les Apache ont été confisquées, un accès aux vidéos enregistrées par ces mêmes caméras, un accès aux enregistrements audio entre les pilotes d'hélicoptère et les forces terrestres au sol, et l'accès aux rapports de l'unité impliquée dans l'incident, en particulier un inventaire de toutes les armes prises sur les lieux.

Répercussions médiatiques[modifier | modifier le code]

Poursuites[modifier | modifier le code]

En mai 2010, l'analyste militaire américain basé en Irak, Bradley Manning, est arrêté après qu'il a avoué par clavardage avoir transmis la vidéo de la bavure à WikiLeaks. Les accusations à son endroit sont portées en juillet. Ayant du même coup affirmé à son correspondant, le pirate Adrian Lamo, avoir également coulé 260 000 notes diplomatiques confidentielles, ce dernier le dénonce aux autorités. Le porte-parole de WikiLeaks Julian Assange fait aussi l'objet de recherches afin d'être interrogé sur les documents. Il décide de désormais éviter les États-Unis et annule du coup des apparitions publiques dans ce pays. Wikileaks a engagé trois avocats pour défendre Manning mais aucun n'a été autorisé à lui parler[4].

Bradley Manning risque 52 ans de prison et a été mis au secret au Koweït un mois et demi avant que ne lui soit lu son chef d'inculpation en juillet 2010. Wikileaks n'a jamais confirmé ou infirmé que Manning soit la source et note dans un communiqué que « Le soldat Manning est inculpé pour la publication de la vidéo du massacre en Irak. Les fous de la gâchette qui étaient aux commandes de l'hélicoptère Apache n'ont toujours pas été inculpés »[5].

Retranscription partielle[modifier | modifier le code]

00:27 Okay nous avons une cible quinze arrivant vers vous. C'est un type avec une arme.

00:42 Il y a environ, ah, quatre ou cinq...

01:43 Hotel Deux-Six; Crazy Horse Un-Huit. Je vois cinq à six individus avec des AK47s. Je demande la permission d'ouvrir le feu.

01:51 Bien reçu. Euh, nous n'avons pas de troupes à l'est de notre position. Alors, euh, vous pouvez ouvrir le feu. Terminé.

02:03 Je vais... Je ne peux pas les avoir maintenant parce qu'ils sont derrière cet immeuble.

02:11 Bon, on a un type avec un lance-roquette.

02:13 Je vais tirer.

02:14 Okay.

02:43 La voie est libre.

02:44 D'accord. J'ouvre le feu.

02:57 Continue de tirer ! Continue de tirer !

03:05 Hotel.. Bushmaster Deux-Six, Bushmaster Deux-Six, nous devons partir, maintenant !

03:10 D'accord, nous venons d'ouvrir le feu sur les huit individus.

03:16 Deux-Six, ici Deux-Six, nous sommes en mouvement. (?)

03:19 Oops, Je suis désolé, qu'est-ce qui s'est passé ?

03:20 Putain, Kyle.

03:23 D'accord, hahaha, Je les ai eus...

03:28 Euh, la voie est libre.

03:30 D'accord, j'essaie juste de retrouver les cibles.

03:38 Bushmaster Six, ici Bushmaster Deux-Six.

03:40 Il y a un tas de cadavres par terre.

03:42 D'accord, il y a environ, euh, huit individus.

03:48 Ah, Regardez tous ces bâtards morts.

03:49 Pas mal !

03:60 Tire lui dessus - Merci

04:23 Localisation des corps : MB 5-4-5-8 8-6-1-7

04:44 Il y a un gars qui bouge au sol, mais il est, euh, blessé.

04:47 Ok, nous allons les laissez s'en occuper, ils peuvent se dépêcher et aller autre part.

04:53 Nous avons aussi un individu, il a l'air blessé et il essaye de s'en aller en rampant.

05:04 Roger nous allons venir ici - Roger nous cessons le feu.

05:07 Nous ne tirons plus.

05:14 Il se lève. - Peut-être qu'il a une arme dans sa main ?

05:16 Non j'en ai pas vu une seule. Je vous vois, il y a ce gars qui rampe en ce moment sur le trottoir.

05:20 Ouais, je le vois, j'ai mis deux tours (?) sur lui, et vous les gars vous tiriez aussi là-bas... Enfin, nous verrons.

05:24 Ok, bien reçu.

05:27 Bushmaster 36E, c'est Hotel 27.

05:34 Hotel 27, Bushmaster poursuivez.

05:37 Ok, je suis en train de m'assurer que tes gars ont mon secteur.

05:42 Nous avons ton secteur. Allez mon pote...

05:47 Tout ce que tu dois faire est de récupérer une arme...

05:54 Crazyhorse c'est Bushmaster 5, Bushmaster4 fait une pause.

05:59 On est juste en dessous de vous en ce moment. Pouvez-vous nous faire marcher jusqu'à ce lieu ?

06:02 C'est (Bushmaster)26, je vais jeter des fusées éclairantes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. No Secrets, The New Yorker, 7/6/2010
  2. (en) « US intelligence analyst arrested over security leaks », BBC News,‎ 7 juin 2010 (consulté le 7 juin 2010)
  3. (en) Raffi Khatchadourian, « The Use of Force », The New Yorker,‎ 7 avril 2010 (lire en ligne)
  4. Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, vit à moitié caché, Rue89, 23/6/2010.
  5. La source de WikiLeaks risque 52 ans de prison, Le Monde, 7/7/2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]