Outrage au tribunal

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Un outrage au tribunal est un ordre de la cour qui, pendant le déroulement d'un procès, déclare qu'une personne (morale ou physique) a désobéi ou a démontré un manque de respect envers l'autorité de la cour. Les personnes peuvent alléguer un outrage au tribunal, mais la responsabilité de le déclarer revient à un juge.

Angleterre[modifier | modifier le code]

Dans la loi anglaise (de common law), un outrage au tribunal est en partie défini par les causes judiciaires et en partie par le Contempt of Court Act 1981. L'outrage peut être une offense de nature civile ou criminelle. Dans ce dernier cas, la peine maximale est de deux ans d'emprisonnement.

Les comportements disruptifs, méprisants ou insolents envers les juges ou les magistrats pendant la tenue d'un procès, qui perturbe le cour d'un procès ou de toute autre procédure judiciaire, peuvent être qualifiés d'outrages « directs ». Ce terme signifie que c'est à la cour même de faire citer à comparaître la personne accusée d'outrage, décrivant le comportement observé qui est dûment noté. L'outrage direct se distingue de l'outrage indirect, où un individu allègue formellement un outrage contre une personne qui aurait volontairement désobéi à un ordre de la cour.

Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, la Cour canadienne de l'impôt à l'égard de la Loi sur l'assurance-emploi affirme qu'une personne est coupable d’outrage au tribunal si, par exemple, elle[1] :

  • « ne se comporte pas avec respect, ne garde pas le silence ou manifeste son approbation ou sa désapprobation du déroulement de l’instance »
  • « désobéit volontairement à un moyen de contrainte ou à une ordonnance de la Cour »
  • « agit de façon à entraver la bonne administration de la justice ou à porter atteinte à l’autorité ou à la dignité de la Cour »

Cependant, avant qu'une personne soit reconnue coupable d'outrage au tribunal, la cour doit suivre une certaine procédure et la personne accusée peut se défendre[1].

Au Québec, l'outrage au tribunal peut servir de recours lorsqu'une des parties croit qu'un ordre de la cour n'est pas respecté par la partie adverse[2]. Le tribunal administratif du Québec jouit du pouvoir d'accuser une personne d'outrage au tribunal[3]

Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie[modifier | modifier le code]

« Le Tribunal peut engager des poursuites pour outrage dès lors qu’il existe des raisons de croire qu’une personne entrave délibérément et sciemment le cours de la justice. »[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gouvernement du Canada, « Règles de procédure de la Cour canadienne de l’impôt à l’égard de la Loi sur l’assurance-emploi (DORS/90-690) », Gouvernement du Canada,‎ mars 2013 (consulté le 8 avril 2013)
  2. Martine Morin, « L'outrage au tribunal : qu'est-ce que c'est ? », Alepin Gauthier Avocats Inc.,‎ avril 2009 (consulté le 8 avril 2013)
  3. Thierry Bériault, « Outrage au tribunal : Les pouvoirs du TAQ », Barreau du Québec,‎ 1996-2013 (consulté le 8 avril 2013)
  4. TPIY, « Outrage au Tribunal », TPIY,‎ avril 2013 (consulté le 8 avril 2013)