Traîneau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Traîneau en Russie, au XVIIe siècle, peinture d'Ivan Goryushkin-Sorokopudov.
Traineau conduit par un pisteur-secouriste.

Le traîneau, ou traineau[n 1], désigne un véhicule au sens générique, très souvent sans roues et équipé de patins sous les rebords latéraux de la caisse ou du système de portage, véhicule simplement traîné en utilisant une force motrice animale ou humaine, c'est-à-dire tiré ou tracté, au sens premier du verbe traîner, par un ou plusieurs être(s) vivant(s) attelé(s). Au XVIIIe siècle, avec la mutation des transports (bateaux à voile, chariots attelés) et surtout des équipements et infrastructures (ports, routes modernes) en liaison avec l'essor des industries manufacturières, ce mode de transport s'est raréfié ou cantonné dans des milieux sociaux marginalisés, comme l'atteste à cette époque la perte souvent irrémédiable des vocables et termes spécifiques du traînage en de multiples langues d'Europe occidentale[1].

Le traîneau peut désigner, dans une large acception, tout ensemble traîné par un animal, un attelage ou tiré par un homme, à terre ou sur une surface couvrante, voire sur un rivage ou dans un plan d'eau[2]. Cet ensemble, autrefois nommé train ou traîne, peut être un corps matériel ou la réunion de divers objets tenu(s) en cohésion ou en liaison. Dans des cas précis du débardage de bois, le traîneau peut comporter soit des roues, par l'usage d'un avant-train de char sur lequel est bridé le gros bout de la grume (dont la partie arrière traîne au sol), soit des patins supportant une simple partie avant de traîneau dissociable, sur laquelle est également bridé le bois d'embout.

Histoire des techniques de traînes, art de la traction[modifier | modifier le code]

Le traînage dès l'époque néolithique permet le transport de lourdes charges, même à plat et sur tous les terrains. Autrefois, le traîneau pouvait n'être qu'un plancher résistant, supportant une lourde charge, qui glissait ou se déplaçait sur des rails formés d'un agencement de multiples traverses en rondins, parfois roulantes si le sol était suffisamment dur. A la limite, si le corps était rigide, par exemple une longue pierre, un menhir ou une obélisque, la traîne était limitée aux rondins roulants ou replacés inlassablement à l'avant par les hommes à la manœuvre. Que ce soit au Japon ou dans les Vosges, les voies de rondins (raftons en patois vosgien), parfois très élaborées dans les endroits dangereux, permettaient de faire circuler des traîneaux en bois lourdement chargés. Ces voies pouvaient être aussi pavées de galets, qui, arrosés, devenaient lisses et glissants, comme à Madère. Dans le cas de traction ou de freinage en pentes assez fortes, les animaux devaient être robustes et calmes, et souvent les hommes étaient indispensables en présence de fortes pentes.

Caractéristique de la protohistoire des peuplades qui ont diffusé les langues indo-européennes en Europe occidentale, le travois est une traîne constituée de perches en bois en faisceau, de petits troncs d'arbre, des toiles ou de peaux, reliés entre eux par des liens végétaux ou cordages[3]. Entre ces perches solidarisées par des traverses, il est facile de fixer une charge, des animaux chassés, des sacs de toile. La traction était assuré selon la charge par l'homme et surtout des animaux domestiqués, rennes, bœufs, chevaux, cervidés, dûment harnachés. Il semble qu'à l'origine, l'homme nomade transporte son foyer et sa maison. En effet, les armatures de bois, comme l'épaisse toile, le feutre de la tente, sont nécessaires dans les steppes sèches entre plaine basse, peu arborée et forêt dense lointaine. Ce transport par travois s'est éteint au XVIIIe siècle, même si des formes simplifiées ou sophistiquées ont subsisté dans les contrées finnoises ou arctiques.

Des expériences d'archéologues montrent que l'introduction de patins latéraux pour minimiser le frottement- raclement inutile - entraîne l'invention du traîneau à patins. Il serait aussi à l'origine du char si les patins, porteurs des traverses, sorte de plancher rudimentaire, devenant de simples limites de la caisse porteuse, se trouvent portés par un train de roulage (ensemble des roues, reliées par l'essieu). Pourtant, l'invention du char à timon s'est accomplie dans le monde, le plus techniquement évolué de l'âge du Bronze, au Proche ou Moyen-Orient. Mais les civilisations des steppes, observatrices des mondes développés, auraient relativement vite maîtrisé la fabrication de train roulant, inventant un char à traîne modale, sur patins ou sur roues, souvent mieux stabilisé sur quatre roues, pour favoriser leur nécessaire migration saisonnière. Le travois simplifié, raccourci, préservé pour des transports courts et rapides, serait seulement à l'origine des bards à brancards sans roue. L'Antiquité impériale ne semble connaître aucun char à brancard[4]. Le développement des charrettes à la fin du Moyen-âge, massives et courtes, aurait réclamé alors le retour en usage de brancards.

L'usage facile du traîneau sur patins est toutefois restreint à une catégorie limitée de surface de glisse. Le sol et son inclination (pente) commande son emploi. Ainsi la glace, la neige, le sable, l'herbe, la boue, le limon constituent des revêtements de surface, auxquels s'adapte le traînage et beaucoup moins le roulage.

La forme normal du traîneau bas se limite à deux longs patins, réunis par des traverses, sur lesquelles une armature ou charpente légère est montée. Celle-ci, sous forme de plateau ou de lattes, éventuellement supporté(es) par des pieds-tiges plus ou moins grandes remontant au-dessus du patin, aide à fixer la charge. Cette forme à fond plat, très proche des luges anciennes, du toboggan ou du traîneau inuit à fanons de baleine, se retrouve chez les peuples du nord euro-asiatiques, Samoyèdes ou Tchouktches.

Décrivons un traîneau paysan, sans brancard ni timon. En Europe occidentale, il était construit, le plus souvent en bois de frêne et de chêne, par un cultivateur, bien souvent celui-là même qui le tractait sur les pentes ou l'attelait par des chaînes de trait au collier de son cheval ou au joug de sa paire de bœufs. Un traîneau de moisson, typique du Pays de Galles, se décomposait, une fois ôtées la plate-forme de planches, les échelles ou ranchers, avant et arrière, s'élevant verticalement d'environ un mètre de haut, et les ridelles des deux côtés, chevillées aux précédents ranchers, en deux pièces d'environ deux mètres de long, assemblées par de simples mortaises à huit traverses, dont la longueur déterminait la largeur du traîneau[5]. Le chargement de gerbes était maintenu sur le plancher ou au-dessus de celui-ci, par les échelles et les ridelles, ainsi que par un système de cordage. Parfois, l'usage d'un tronc fourchu naturellement adapté permettait la confection encore plus simple de traîneau, grâce à quelques planches et les habituels dispositifs d'échelles et/ou de ridelles.

La forme des patins avant, courbe, permet d'entraîner le traîneau vers l'avant, tout en arrêtant mieux sa descente par un effet accru du poids mort. Le patin étroit, parfois à fil de fer, s'adapte bien à la glace portante. Les forgerons produisaient même des patins en fer forgé, spécifiques pour les traîneaux à glace. Le patin large s'impose sur la boue et la neige. Dans les boues limoneuses et profondes, pratiquement liquides à faible pression, des estuaires, des patins spéciaux, nommés "raquettes à boues" en anglo-normand, étaient confectionnés à partir d'anciennes douves larges de tonneaux ou de barils. À marée basse, selon la densité de la gadoue, avec ou sans raquettes, il était possible de se déplacer dans les vasières à pied en poussant un traîneau de collecte, équipé de patins similaires, pour la pêche à pied de coques, la relève de prise ou la chasse aux canards. Cette pratique est visible dans la mer des Wadden, sur les confins méridionaux de la mer du Nord.

Les pays de savane ou d'herbes sèches, notamment en Afrique et en Eurasie, connaissaient de temps immémorial l'art du traîneau. Dans le monde russe et sur les vastes contrées orientales de la double couronne polonaise et lituanienne, la traction animale s'appliquait à l'origine plus souvent à des traîneaux, tirés sur l'herbe des prairies ou la neige ou la glace qui les recouvraient en mauvaise saison. D'où l'ambivalence des termes briska et troïka, désignant à la fois des voitures et des traîneaux.

Typologie des traîneaux[modifier | modifier le code]

Suivant les milieux physiques et les conditions météorologiques, ils étaient autrefois fabriqués en diverses matières, parfois composées, par exemple en bois ou en végétaux tissés, en os, en peaux ou en cuir, en métal, en glace...Jean-François Régnard, dans son "Voyage en Laponie", s'étonne que le pulea, un des traîneaux des Samis qu'il rencontre soit conçu sans clou, juste avec des cordages et des fils de rennes.

Divers types de traîneaux, aujourd'hui principalement à usage de loisirs ou de divertissement, en particulier par les activités de tourisme ou de sport, peuvent être distingués, arbitrairement suivant la capacité de charge ou l'importance de taille le type de traction :

Le traîneau peut être plus ou moins imposant, généralement fait de bois, équipé de patins grands ou petits, larges ou fins, tiré par un animal ou plusieurs animaux de trait (cheval, bœuf, renne), servant au transport d'hommes, de collectes diverses ou de marchandises. Un char paysan ou chariot de roulage pouvaient être autrefois au besoin convertis en traîneaux, grâce à la fixation sur les roues de patin de bois en forme de sabot chaussant et en hiver. Dans certains cas adaptés aux types de chemin et aux descentes risquées, la pose de ces patins freinants, plus ou moins larges, se faisait uniquement sur les petites roues du train avant alors que les grandes roues du train arrière, éventuellement enveloppées, étaient simplement bloquées[6].

Il existait une large gamme de traîneaux dans les contrées montagnardes ou simplement paysannes d'autrefois, en général pouvant être portés par l'homme à la montée. La schlitte, comme les divers traîneaux montagnards ou alpins mieux connus, maniés par un ou plusieurs homme(s) sur une piste en déclivité, aménagée ou non, servaient à descendre du bois ou du fourrage vers les vallées. Certains traîneaux pouvaient être aussi attelés, par exemple, au(x) bœuf(s) ou au(x) chien(s). D'une manière générale, le traîneau est idéale pour descendre les charges et remonter à vide. Ainsi une simple luge charriait les bidons de lait vers la vallée

Dans un univers européocentrique privé de regard cohérent sur l'histoire du transport, le traîneau, si on place à part le monde russe mieux connu sa florissante littérature depuis Tolstoï ainsi que celui du divertissement luxueux, est longtemps resté exotique. Un véhicule, le traîneau à chiens, a été utilisé pour des raisons commerciales et, s'il n'a pas été motorisé sous des formes variées, reste en faveur dans les régions nordiques ou polaires, telles que le grand Nord américain ou la Laponie, tiré par un attelage de chiens (husky, malamute, samoyède...) conduit par un musher et permettant de se déplacer rapidement sur la neige ou la glace. Des traineaux, légers et rapides, de forme similaire, sont utilisés pour l'évacuation des blessés par des pisteurs-secouristes sur les domaines skiables.

Il faut enfin mentionner les différents bards, fruits de l'adaptation à la traîne de systèmes anciens de portage. En particulier, anciennement utilisé dans le bardage en carrière, le traîneau est assemblage composé de deux pièces méplates, jointes par plusieurs traverses, sans roue ; aux quatre coins sont des crochets pour y atteler les traits du cheval : il sert à traîner des pierres[7].

Sur les vocables du train et de la traîne, des traîneaux et du traînage[modifier | modifier le code]

Traîneau, mot attesté en 1549, apparaît sous la forme traneau en ancien français, selon le dictionnaire de Godefroy. Il désigne déjà une gamme de véhicule traîné par l'homme ou par un attelage, et en particulier un véhicule sur patins pour le transport sur surface lisse ou (partiellement) glissante. Les traîneaux à patins latéraux et caisse surélevée, souvent des véhicules luxueux conçus pour le transport sur neige et glace, sont décrits à la fin du XVIe siècle. Si la large gamme des modestes traîneaux paysans passe inaperçue, il existe aussi, mieux connu par les archives, des traîneaux adaptés au transport du bois, du charbon de bois, voire du minerai. Le verbe transitif traîner est attesté en ancien français, en 1131 sous la forme traïner dans le "Couronnement de Loïs ou Louis". Notons que dès le début du XIIe siècle, le verbe est intransitif dans le "Couronnement de Charlemagne". Ce verbe provient du latin populaire traginare, de même sens tirer, traîner, verbe préservé par la latin médiéval qui est un dérivé du verbe tragere, soit "tirer" en latin populaire. Notons que la forme latine classique, non altérée et de sens similaire, est trahere.

Sous l'influence probable du verbe d'action agere, "conduire, mener, mouvoir, pousser, agir", traginare par l'intermédiaire des langues romanes et de l'ancien français a engendré en français moderne "trainer" et les mots "train", "traîne" ou "traineau", le verbe "entraîner" ainsi que les mots masculin "entraîneur", ou féminin "entraineuse". La robe à la traïne est précocement attestée en 1190.

Le mot "train" est un déverbal de "traîner"[8]. Le sens a évolué, de ce qu'on traîne, ce que l'on conduit vers une destination, par exemple le "train de bois de flottage" (le conducteur de ces assemblages de troncs ou de planches étant souvent ici autant la rivière flottable que le(s) flotteur(s) ou draveur(s)) à des sens figurés (le "train-train" ou allure modéré du traîneau que l'on retrouve plus vif dans le dérivé "entrain", le train de vie) ou techniques ("train des équipages", "train de chemin de fer" après emprunt à l'anglais, "avant-train", "arrière-train"...)

Le participe passé passif du verbe latin agere s'écrit actus, il est semblable à tractus, c'est-à-dire au participe passé de traginare ou de trahere. Nous retrouvons l'hypothèse de l'influence à la fois grammaticale et sémantique du premier verbe d'action. Une autre hypothèse, plus prosaïque, affirme l'influence des koïnès ou multiples langues locales indo-européennes, parmi lesquelles figurent les dialectes gaulois. Le latin tractio a donné en français traction, il est construit sur tractus, qui a engendré un autre déverbal, le "trait", soit l'action de tirer. Avec l'adjonction de préfixes, par exemple de direction ad (vers) ou cum (avec), le verbe latin trahere ou ses homologues dialectaux ont formé une famille de mots qui a laissé des descendants en français, ainsi attraction, attractif, attrait, attrayant, contracter, contrat, contractuel...[9]

Divers[modifier | modifier le code]

  • Dans le calendrier républicain français, le 30e jour du mois de pluviôse, est officiellement dénommé jour du Traîneau.
  • Le traîneau est un des noms vulgaires de la clématite vigne blanche. Cette plante est une liane (plante "traînant sur les autres" qui lui servent de support) qui servait autrefois à la vannerie (confection probable de panier-caisse de portage).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Breuil, Le Char et le traîneau dans l'art rupestre d'Estrémadure, Typogr. de l'Annuario comercial, Lisbonne, 1917, 8 p. (extrait de Terra portuguesa, 15, 16)
  • Armand-Louis-Augustin de Caulaincourt (général), En traîneau avec l'Empereur, La Palatine, Genève, 1943, XXX-288 p. (Retraite de russie)
  • Gustave Huber, Les appellations du traineau et de ses parties dans les dialectes de la Suisse romane, Winter, Heidelberg, 1919
  • André Leroy-Gourhan, L'Homme et la matière, tome 1, et Milieu et Technique, Tome 2, Sciences d'aujourd'hui, Albin Michel, 1943 et 1971, réédition poche en 1992, en particulier Tome 1, ISBN 978-2-226-06213-0 et Tome 2, ISBN 978-2-226-06214-7
  • Notice d'emploi du traineau d'évacuation sanitaire, Ministère de la défense nationale et des forces armées, Direction centrale des services de santé des armées, Section topographique de l'E.-M. 8, 1955, 15 p.
  • John Seymour, Métiers oubliés, Chêne, 1990, première édition française 1985, traduction par Guy Letenoux, de l'ouvrage The Forgotten Arts, Dorling Kindersley Ltd, London, 1984, ISBN 978-2-85108-392-0 (en particulier la fabrication des traîneaux p. 104-105).
  • Fedir Vovk, Le traîneau dans les rites funéraires de l'Ukraine, E. Lechevalier, Paris, 1896, 24 p. (extrait de la Revue des traditions populaires)

Périodique[modifier | modifier le code]

  • Traîneau et pulka magazine, Fédération française des sports de traîneau et de ski-pulka, créé en 1988 (ISSN 0998-8351)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. en nouvelle orthographe
  1. avant de resurgir dans les activités de loisirs touristiques. À rebours, lorsque les dialectes sont étudiés dans leurs formes anciennes, une explosion de termes pour désigner les multiples formes ou types du traîneau : à caisse élevée haute sur patin ou à structure basse, paysan ou noble, à fonction de travail ou de prestige, trivial ou élégant...
  2. Ce dernier sens se retrouve dans les filets traînants ou les diverses traînes des pêcheurs. Certains, jetés depuis les barques ou installés sur les rivages, se nomment communément traîneaux. Le dialecte normand connaissait un filet de pêche, nommé "traînel". Ces traîneaux sont parfois des seines à plusieurs filets. Le filet peut aussi être un filet de chasse que l'on tire, en particulier pour le gibier à plume. En vénerie, le traîneau désigne plus particulièrement la peau de lièvre qui sert de leurre. Dans le monde rural, le traîneau ou parfois le "traînoir" désignent aussi un cadre de bois traîné sur des terres fraîchement labourées afin de les aplanir ou de les régaler. En pays de Bresse, les termes "herse" et "traîne" étaient pratiquement synonymes. Une forme rudimentaire de traîneaux, encore nommés traînoirs ou traîneux, servaient au transport des charrues vers les champs. Il s'agissait de morceaux de bois disposés de manière fixe ou placés momentanément en sautoir ou en croix sous la charrue. L'ensemble attelé était conduit aisément, sans fatigue, dans les champs à labourer et ramener à la ferme : la charrue n'était ainsi point usée. Enfin, tout ce que l'on traîne constitue une entrave, c'est en ce sens que les éleveurs de l'Aunis et de la Saintonge nommaient traîneau l'entrave suspendue au cou des gros animaux (vaches, bœufs) et traînant dans leurs jambes afin qu'ils ne puissent s'enfuir au loin en courant. En Anjou, l'objet de même fonction se nommait traîne.
  3. Lorsque les perches sont rassemblées en v derrière l'animal tireur ou l'attelage, l'ensemble tracté se nommait plutôt un bard, ou encore un traînard ou un traînoir. Pourtant, par une facilité attestant le flou moderne des terminologies de traîne, il est souvent nommé travois.
  4. selon l'archéologue André Leroy-Gourhan, opus cité.
  5. Sur ce traîneau paysan et les traîneaux de milieux spécifiques, comme la boue de estuaires, John Seymour, opus cité.
  6. Lors des descentes en zones bourbeuses et/ou neigeuses, les roues avant, plus petites, risquent de glisser en pente ou de s'embourber lors d'un retour au plat ou sur un replat. La fixation de patins s'impose sur celles-ci. Une fois la traction sans danger, plus aisées en côte et sur du plat, les patins inutiles étaient démontés. Ce patin-freinant s'est aussi placé artificiellement à l'arrière du véhicule, par la magie blanche ou la connaissance mécanique des charrons, sur la jante des grandes roues arrières. C'est l'origine du frein à levier manuel ou "mécanique" du XVIIIe siècle du char paysan.
  7. Morisot J.M.,Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment, Carilian, 1814
  8. Le déverbal désigne le nom de l'action de ce verbe. Le "train" indique, à l'origine, l'action de traîner, de tirer.
  9. La préposition latine cum signifie "avec", elle est devenue le préfixe "con" ou "com". Cum-trahere signifie "faire venir ensemble, (amener à) établir des liens" et s'applique à des partis, groupes de personnes, voire à des individus, antagonistes, placés en opposition, au moins initialement en désaccord.