Telegram (application)

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Telegram Messenger
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Telegram sur Android.
Telegram sur Android.

Fondateur Nikolai Durov (en) et Pavel DurovVoir et modifier les données sur Wikidata
Développeur Telegram LLC
Première version Voir et modifier les données sur Wikidata
Dernière version 0.5.5 (application web)[1]
1.0.29 (Linux, )[2]
3.18 (Android, )[3]
3.18 (iOS, )[4]
2.0 (Windows Phone)[5]
2.30.51442 (macOS, )[6]Voir et modifier les données sur Wikidata
Écrit en / QtVoir et modifier les données sur Wikidata
Environnement Android
iPhone
Firefox OS
Microsoft Windows
Langues Anglais, espagnol, allemand, néerlandais, italien, arabe, portugais et coréenVoir et modifier les données sur Wikidata
Type Messagerie instantanée
Licence Partiellement open source
Site web telegram.org

Telegram Messenger est une application de messagerie sécurisée hébergée sur le cloud. L'application gratuite est disponible sur Android, iOS, Windows Phone ainsi que sur ordinateur (Windows, OS X et Linux). Les utilisateurs peuvent échanger des messages, photos, vidéos et documents d'une taille allant jusqu'à 1,5 Go. Il est aussi possible d'envoyer des messages chiffrés de bout en bout qui ne sont pas stockés sur les serveurs de Telegram.

Telegram a été créée en 2013 par les frères Nikolai et Pavel Durov, fondateurs de VKontakte, le réseau social dominant en Russie. Telegram est une organisation à but non lucratif indépendante de VKontakte. Elle est basée à Berlin[7],[8].

La partie cliente est open source tandis que la partie serveur reste propriétaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Telegram a été fondé en 2013 par les frères Nikolai et Pavel Durov, fondateurs de VKontakte, après que le gouvernement russe a pris le contrôle de VKontakte[9]. Nikolai Durov a créé le protocole de communication servant de fondement à Telegram tandis que son frère a apporté un soutien financier au projet à travers son fonds Digital Fortress.

Les deux frères, opposants de Vladimir Poutine[10] souhaitaient développer un moyen de communiquer hors du regard du FSB, le service secret russe chargé des affaires de sécurité intérieure[11].

En octobre 2013, le service avait 100 000 utilisateurs actifs. Le 24 mars 2014, Telegram annonce 35 millions d'utilisateurs mensuels et 15 millions d'utilisateurs actifs par jour[12]. Les tentatives de censure, à l'instar de celle du gouvernement de Corée du Sud, augmentent de façon spectaculaire la popularité du service[13]. En décembre 2014, Telegram annonce avoir un million de nouveaux utilisateurs par semaine[14] et que son trafic a doublé en cinq mois avec plus de deux milliards de messages par jour[15]. En septembre 2015, Pavel Durov annonce, à la conférence TechCrunch Disrupt, que le service a atteint 12 milliards de messages par jour[16].

En relation avec les attentats du 13 novembre 2015 en France, la presse fait remarquer que Telegram est une des applications préférées des djihadistes qui utilisent ses possibilités de communication chiffrée[17]. À la suite de ces révélations, Telegram a bloqué 78 canaux publics en lien avec l'organisation État islamique[18]. Le député russe Alexander Ageyev a proposé de bloquer Telegram en Russie mais la proposition n'a reçu que peu de soutien[19].

En août 2016, les ministres de l'intérieur allemand et français demandent à l'Union européenne de légiférer sur l'utilisation de messageries chiffrées en Europe. Par cette demande, la France et l'Allemagne visent principalement Telegram qui a été utilisé par plusieurs terroristes dans les deux pays pour communiquer de manière chiffrée. [20]

Selon l'hebdomadaire L'Express, de nombreux dirigeants politiques français et leurs équipes utilisent cette application à droite comme à gauche[21],[22]. Sont notamment citées les équipes de François Fillon et Nicolas Sarkozy ainsi que Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Arnaud Montebourg, ce dernier expliquant qu'il « faut se méfier du pouvoir en place... et de ses suivants ».

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Compte[modifier | modifier le code]

La création d'un compte se fait de façon similaire à WhatsApp avec une vérification par SMS ou appel téléphonique[23]. Il est possible d'accéder à son compte et de recevoir ses messages à la fois sur mobile et ordinateur. Il est possible de créer un pseudonyme afin d'envoyer et recevoir des messages sans divulguer son numéro de téléphone. Les comptes peuvent être supprimés à tout moment et le sont automatiquement après une durée d'inactivité paramétrable (6 mois, par défaut)

Messages[modifier | modifier le code]

Les messages réguliers sont chiffrés via un procédé de chiffrement maison nommé MTProto (cryptographie symétrique) et transitent via les serveurs de Telegram[24]. Les utilisateurs peuvent envoyer des messages, photos, vidéos et documents d'une taille allant jusqu'à 1,5 Go[25]. Il est possible d'envoyer des messages groupés ainsi que de créer des canaux publics.

Les chats secrets[modifier | modifier le code]

Une option de Telegram permet d'envoyer des messages chiffrés de bout en bout qui ne sont accessibles que sur l'appareil ayant initié ou accepté le chat[26]. L'invitation et l'acceptation du chat secret scellent l'envoi automatique des clés de chiffrement. Il est possible de fixer une autodestruction des messages dans le chat secret.

D'après Telegram, le chat secret atteindrait le niveau de confidentialité persistante[27],[28].

Bots[modifier | modifier le code]

Depuis juin 2015, la plateforme Telegram est accessible aux développeurs externes afin de créer des bots[29]. Ces derniers sont des comptes Telegram opérés par des programmes informatiques. Ils peuvent lire et répondre à des messages ou être ajoutés à des groupes. Selon le fondateur de Telegram, l'une des sociétés créant ces bots aurait eu une proposition de rachat se chiffrant en dizaines de millions, symbole selon lui de la valeur de Telegram[16].

Open source[modifier | modifier le code]

Telegram Messenger n'est que partiellement open source[30]. Tous les clients sont sources ouvertes tandis que le code source côté serveur reste fermé et propriétaire. Selon Pavel Durov, basculer totalement en open source demanderait une refonte majeure de l'architecture de Telegram.

Sécurité[modifier | modifier le code]

Le protocole créé par Nikolai Durov est basé sur un chiffrement AES-256. Utilisé par la NSA, il est l'un des algorithmes les plus fréquemment utilisés et le plus sécurisé aujourd'hui[réf. nécessaire].

L'Electronic Frontier Foundation a octroyé un 4 sur 7 pour la sécurité des messages réguliers et un 7 sur 7 pour les messages chiffrés de bout en bout via les chats secrets. L'association pour les droits numériques reproche notamment à Telegram de stocker l'historique des messages chiffrés réguliers sur ses serveurs. L'analyse de l'EFF reste controversée[31].

Le 19 décembre 2013, Pavel Durov a annoncé qu'il offrait 200 000 dollars en bitcoin à quiconque réussirait à briser le chiffrement de Telegram[32]. Un an plus tard, il renouvela le défi en augmentant la somme de 100 000 dollars pour quiconque arriverait à briser celui du chat secret[33].

Le chercheur en sécurité informatique Alex Rad a émis des doutes quant au mode d'identification sur Telegram. Il serait en effet possible, selon lui, d'intercepter le code par SMS afin d'usurper une identité[34].

Le 10 juillet 2015, Telegram a connu une attaque par déni de service massive de 200 Gbps en Asie-Pacifique. Le service a été temporairement inactif pour 5 % des utilisateurs sans pour autant compromettre la sécurité des communications[35],[36].

Le 3 août 2016, l'agence Reuters fait part d'un « hack massif susceptible de menacer la vie privée d'activistes, de journalistes ou d'autres personnes aux postes clés en Iran ». 15 millions de comptes d'utilisateurs iraniens de Telegram auraient été piratés[37].

Prix et reconnaissances[modifier | modifier le code]

  • Libre Android Application de l'année, janvier ici à 2015[38]
  • Wayerless Application de l'année, décembre 2014[38]
  • The Europas Fastest rising startup award, juin 2014[39]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://telegram.org/dl/webogram
  2. https://telegram.org/dl/desktop/linux
  3. https://play.google.com/store/apps/details?id=org.telegram.messenger
  4. https://itunes.apple.com/app/telegram-messenger/id686449807
  5. https://www.microsoft.com/en-gb/store/p/telegram-messenger/9wzdncrdzhs0
  6. https://macos.telegram.org/
  7. (en) « Tweet by Telegram », Telegram official twitter account,
  8. (en) « Tweet by Telegram », Telegram official twitter account,
  9. (en) Danny Hakim, « Once Celebrated in Russia, the Programmer Pavel Durov Chooses Exile », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
  10. « Pavel Dourov, l'enfant terrible du Web russe », (consulté le 26 juillet 2016)
  11. Olivier Kempf, « Interdire Telegram ? », Conflits, no 11, oct.-déc. 2016, p. 10
  12. (en) Darrell Etherington, « Telegram Hits 35M Monthly Users, 15M Daily With 8B Messages Received Over 30 Days » (consulté le 26 novembre 2015).
  13. (en) « Surveillance drives South Koreans to encrypted messaging apps », sur The Verge (consulté le 26 novembre 2015).
  14. (en) « Telegram Reaches 1 Billion Daily Messages », sur Telegram (consulté le 26 novembre 2015).
  15. (en) « Telegram Hits 2 Billion Messages Sent Daily », sur Telegram (consulté le 26 novembre 2015).
  16. a et b Natasha Lomas, « Telegram Now Seeing 12BN Daily Messages, Up From 1BN In February » (consulté le 26 novembre 2015)
  17. L'application de messagerie Telegram fait le ménage dans les comptes de l'État islamique, lefigaro.fr, 19 novembre 2015.
  18. (en) Samuel Gibbs, « Telegram messaging app will block Islamic State broadcasts », sur the Guardian (consulté le 25 novembre 2015).
  19. (en) « ‘You Might As Well Ban Words’ – Pavel Durov on Russia's Proposal to Block Telegram | News », sur The Moscow Times (consulté le 26 novembre 2015).
  20. lefigaro.fr, « Messageries cryptées: la France demande à l'Europe d'agir » (consulté le 23 août 2016)
  21. « Telegram, l'appli favorite des politiques pour chiffrer leurs messages », L'Express,‎ (lire en ligne).
  22. « Des politiques atteints d'espionnite téléphonique », Le Canard enchaîné, no 4995,‎ , p. 2 (ISSN 0008-5405).
  23. Miguel López, « Configurando Telegram en el iPhone, en la web y en el Mac », sur www.applesfera.com, http://plus.google.com/+applesfera (consulté le 26 novembre 2015)
  24. « Telegram F.A.Q. », sur Telegram (consulté le 26 novembre 2015)
  25. « Telegram: una alternativa gratuita a WhatsApp con ventajas y algún punto oscuro - 20minutos.es », sur 20minutos.es - Últimas Noticias, https://plus.google.com/+20minutos (consulté le 26 novembre 2015)
  26. Catherine Shu, « Meet Telegram, A Secure Messaging App From The Founders Of VK, Russia’s Largest Social Network » (consulté le 26 novembre 2015)
  27. « Wayerless », sur wayerless (consulté le 26 novembre 2015)
  28. « Perfect Forward Secrecy », sur core.telegram.org (consulté le 26 novembre 2015)
  29. « Telegram Bot Platform », sur Telegram (consulté le 26 novembre 2015)
  30. « Telegram Apps », sur Telegram (consulté le 26 novembre 2015)
  31. « The fight over EFF’s Secure Messaging Scorecard », sur The Daily Dot, https://plus.google.com/117475421660021956666 (consulté le 26 novembre 2015)
  32. « $200,000 to the hacker who can break Telegram », sur Telegram (consulté le 26 novembre 2015)
  33. « Telegram ofrece 300.000 dólares a quien logre crackear sus «chats secretos» », sur ABC.es, https://plus.google.com/+AbcEs1903 (consulté le 26 novembre 2015)
  34. « How much trust can you put in Telegram messenger? », sur PCWorld (consulté le 26 novembre 2015)
  35. Jon Russell et Ingrid Lunden, « Telegram Suffers DDOS Following Criticism For Enabling Human Rights Lawyers In China » (consulté le 26 novembre 2015)
  36. « A DDoS in Asia Pacific », sur Telegram (consulté le 26 novembre 2015)
  37. « Telegram victime du piratage de 15 millions de comptes en Iran », sur Le Figaro,
  38. a et b (es) « Telegram es la mejor aplicación del 2014 », sur wayerless (consulté le 26 novembre 2015)
  39. East-West Digital News, « Pavel Durov’s Telegram wins “Fastest Rising Startup” award at The Europas » (consulté le 26 novembre 2015)