Slovaque

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Slovaque
Slovenčina
Pays Slovaquie, minorités en République tchèque, aux États-Unis, au Canada, en Autriche, en Croatie, en Hongrie, en Pologne, en Roumanie, en Ukraine et en Voïvodine
Nombre de locuteurs plus de 6 millions
Nom des locuteurs slovacophones
Typologie SVO + ordre libre
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de la Slovaquie Slovaquie
Drapeau de l’Union européenne Union européenne
Drapeau de Voïvodine Voïvodine
Régi par Académie slovaque des sciences
Codes de langue
ISO 639-1 sk
ISO 639-2 slk, slo
ISO 639-3 slk
IETF sk
Linguasphère 53-AAA-db
WALS svk
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Článok 1.

Všetci ľudia sa rodia slobodní a sebe rovní, čo sa týka ich dôstojnosti a práv. Sú obdarení rozumom a majú navzájom jednať v bratskom duchu.
Carte
Image illustrative de l'article Slovaque

Le slovaque (slovenčina, slovenský jazyk Écouter) est une langue appartenant au groupe slave occidental de la famille des langues indo-européennes parlée essentiellement en Slovaquie. Des minorités slovaques existent en République tchèque, en Voïvodine, en Hongrie, en Ukraine (région de Ruthénie subcarpathique, tchécoslovaque de 1918 à 1938), en Autriche, en Pologne, en Roumanie et des communautés immigrées gardent l'usage de leur langue, notamment au Canada, aux États-Unis et en Australie.

Comme la plupart des autres langues slaves, le slovaque est une langue à déclinaisons (six cas), il a trois genres (masculin, féminin et neutre), ses verbes ont un aspect perfectif ou imperfectif, et son vocabulaire est caractérisé par un riche système de préfixes et de suffixes de dérivation ainsi que de nombreux diminutifs.

Il est très proche du tchèque notamment à l'écrit, mais en diffère phonétiquement et grammaticalement. Il est proche aussi du polonais. Plus généralement l'intercompréhension est plus ou moins facile avec toutes les langues slaves occidentales et méridionales (slovène, serbe, croate, etc.) Le slovaque utilise un alphabet latin modifié, utilisant des signes diacritiques identiques à ceux utilisé en tchèque pour les phonèmes communs ou propres au slovaque pour les phonèmes spécifiques.

La plupart des adultes slovaques et tchèques sont capables de se comprendre sans difficulté, ayant été en contact permanent avec les deux langues par l'intermédiaire de la radio et de la télévision nationales, jusqu'à la partition de la Tchécoslovaquie en 1993. Ceux n'ayant pas eu cette occasion, en particulier les plus jeunes, peuvent éprouver des difficultés de compréhension, lors de l'emploi de certains mots très différents, ou d'une expression orale trop rapide. Cependant, on a toujours le droit d'employer le slovaque dans la communication officielle devant les autorités tchèques, comme pendant l'existence de la Tchécoslovaquie. Les films tchèques diffusés en Slovaquie ne sont pas doublés ni sous-titrés en slovaque (sauf ceux destinés aux enfants).

Écriture[modifier | modifier le code]

Disposition de clavier slovaque

Comme les autres langues slaves occidentales, le slovaque s’écrit avec une variante de l’alphabet latin enrichie par des diacritiques et des digrammes. L’alphabet slovaque est proche de celui du tchèque.

L’alphabet slovaque comporte en tout 46 graphèmes.

Graphème API Kirshenbaum Transcription française approximative
A a [a] a a
Á á [] a: a long
Ä ä [æ],
[ɛ]
&,
E
a de cat en anglais,
è
B b [b] b b
C c [t͡s] ts ts
Č č [t͡ʃ] ts. tch
D d [d] d d
Ď ď [ɟ] J dieu (gy hongrois ou ghj corse)
Dz dz [d͡z] dz dz
[d͡ʒ] dZ dj
E e [ɛ] E è
É é [ɛː] E: è long
F f [f] f f
G g [g] g g
H h [ɦ] h h aspiré
Ch ch [x] x son de la jota espagnole (aussi équivalent au ch allemand de buch)
I i [i] i i
Í í [] i: i long
J j [j] j y
K k [k] k k
L l [l] [] l, l- l
Ĺ ĺ [l̩ː] l-: l long
Ľ ľ [ʎ] l^ ll espagnol (aussi équivalent au lh portugais ou au gli italien)
M m [m] m m
N n [n] n n
Ň ň [ɲ] n^ agneau
O o [ɔ] O o
Ó ó [ɔː] O: o long
Ô ô [o] uo ou-o enchaînés rapidement
P p [p] p p
Q q [kv] kv kv, k
R r [r], [] r, r- r roulé
Ŕ ŕ [r̩ː] r-: r roulé long
S s [s] s s
Š š [ʃ] S ch
T t [t] t t
Ť ť [c] c tieu (ty hongrois ou chj corse)
U u [u] u ou
Ú ú [] u: ou long
V v [v] v v
W w [v] v v
X x [ks] ks ks
Y y [i] i i
Ý ý [] i: i long
Z z [z] z z
Ž ž [ʒ] Z j

L’alphabet utilise quatre diacritiques :

  • le caron (mäkčeň) : sur les lettres č, , š et ž, il indique une affriquée ou une fricative post-alvéolaire ; sur ň, ď, ľ et ť, il indique la palatalisation. Dans les trois derniers cas, il ressemble à une apostrophe, mais ce n’est qu’une convention typographique : sur les majuscules et dans l’écriture manuscrite, il a la même forme que sur les autres lettres.
  • L’accent aigu (dĺžeň) sert à allonger les voyelles : á, é, í, ó, ú, ý, mais aussi ĺ et ŕ, étant donné que l et r peuvent jouer le rôle de voyelles.
  • L’accent circonflexe (vokáň) apparaît sur ô et indique la diphtongue uo (les autres diphtongues sont écrites avec deux lettres : ia, ie, iu).
  • Le tréma (dve bodky), sur la lettre ä, indique qu’elle se prononce [æ], bien que cette lettre soit souvent prononcée [ɛ] (soit comme un e).

Les lettres q, w et x ne sont utilisées que dans des mots étrangers.

Les lettres d, l, n et t sont généralement palatalisées quand elles sont suivies d’un e, d’un i ou d’un í : pour cette raison, on écrit ne au lieu de ňe, li au lieu de ľi, au lieu de ťí, etc. Il y a cependant des exceptions : les mots étrangers (par exemple, le t et le l de telefón sont durs), la déclinaison des adjectifs (le n de peknej — « joli » au génitif féminin singulier — est dur) et certains mots courants tels que jeden (« un ») ou ten (« ce, ceci »). De plus, la prononciation mouillée de l dans cette position est de moins en moins respectée de nos jours[1].

Les consonnes sont divisées en trois groupes : dures (g, h, ch, k, d, t, n), molles (c, dz, j et toutes celles avec un caron) et neutres (b, f, l, m, p, r, s, v, z). Cette classification est utile pour connaître le type de déclinaison des noms et des adjectifs. L’écriture de i ou de y (dont la prononciation est identique) dépend de la consonne précédente : après une consonne dure, on écrit y ou ý (sauf dans quelques terminaisons adjectivales) et i ou í après une consonne molle. Dans le cas des consonnes neutres, les deux peuvent être possibles : biť (« battre ») et byť (« être ») se prononcent de la même manière. Les enfants slovaques doivent apprendre par cœur la liste des mots où l’on écrit y[2].

Prononciation[modifier | modifier le code]

Voyelles[modifier | modifier le code]

Le slovaque a cinq ou six voyelles courtes et cinq longues.

Voyelles en slovaque[3]
  Antérieures Centrale Postérieures
Fermées /i/ i • // í   /u/ u • // ú
Moyennes /ɛ/ e • /ɛː/ é   /ɔ/ o • /ɔː/ ó
Ouvertes (/æ/ ä) /a/ a • // á  

La voyelle ä ne se trouve qu’après les consonnes labiales (b, p, m, v). De nos jours, la prononciation [æ] est rare ; on prononce le plus souvent [ɛ], soit exactement comme e[4].

Diphtongues[modifier | modifier le code]

Le slovaque a quatre diphtongues : ia, ie, iu et uo (orthographiée ô).

Dans beaucoup de mots étrangers, par exemple organizácia, les lettres ia n’indiquent pas une diphtongue, mais deux voyelles séparées. Les combinaisons « i + voyelle » dans ces mots se prononcent avec un j entre les deux voyelles : organizácija.

Longueur des voyelles[modifier | modifier le code]

La longueur des voyelles est importante en slovaque : elle permet de distinguer de nombreuses paires minimales telles que vina (« faute ») et vína (« vins »), mala (« elle avait ») et malá (« petite »), sud (« tonneau ») et súd (« tribunal »).

Certains suffixes et certains cas provoquent l’allongement de la voyelle précédente ; dans ce cas, les diphtongues ia, ie et ô peuvent être considérées comme les équivalents longs de ä, e et o : le génitif pluriel de dolina (« vallée ») est dolín, mais celui de hora (« montagne ») est hôr. Ó ne se trouve que dans les mots étrangers et les interjections, é dans les mots étrangers, les terminaisons des adjectifs et quelques rares mots d’origine slovaque.

Une règle de prononciation appelée loi rythmique fait que, sauf cas particulier, deux syllabes qui se suivent ne peuvent pas avoir de voyelle longue (une diphtongue compte comme une voyelle longue). Cela conduit à des modifications d’un grand nombre de désinences des verbes, des noms et des adjectifs : par exemple, la forme du présent première personne du singulier des verbes en -ať est normalement -ám (hľadať : « chercher », hľadám : « je cherche »), mais devient -am si le radical du verbe se termine par une syllabe longue (váhať : « hésiter », váham : « j’hésite »). Il y a cependant des exceptions à cette règle, notamment[5] :

  • les noms neutres en -ie : lístie (« feuillage ») ;
  • le génitif pluriel en de certains noms féminins : piesní (« des chansons ») ;
  • la terminaison -ia de la troisième personne du pluriel de certains verbes : riešia (« ils résolvent ») ;
  • les adjectifs dérivés de noms d’animaux : vtáčí (« d’oiseau ») ;
  • le suffixe -krát (« fois ») : prvýkrát (« pour la première fois »).

Consonnes syllabiques[modifier | modifier le code]

R et L peuvent jouer le rôle de voyelles dans des mots comme vlk (« loup ») ou zmrzlina (« glace »), voire le virelangue Strč prst skrz krk. Comme les autres voyelles, ces sons peuvent être allongés : vŕba (« saule »), kĺb (« articulation »).

Consonnes[modifier | modifier le code]

Le slovaque a 27 consonnes.

Consonnes en slovaque[6]
Labiales Alvéolaire Post-alvéolaires Palatales Vélaires Glottale
Nasales /m/ m /n/ n /ɲ/ ň
Occlusives Sourdes /p/ p /t/ t /c/ ť /k/ k
Sonores /b/ b /d/ d /ɟ/ ď /ɡ/ g
Affriquées Sourdes /t͡s/ c /t͡ʃ/ č
Sonores /d͡z/ dz /d͡ʒ/
Fricative Sourdes /f/ f /s/ s /ʃ/ š /x/ ch
Sonores /v/ v /z/ z /ʒ/ ž /ɦ/ h
Spirante /j/ j
Latérales /l/ l /ʎ/ ľ
Roulée /r/ r

Le son v se prononce [u̯] en fin de syllabe (sauf avant n ou ň) : slovo (« mot ») se prononce [ˈslɔvɔ], mais son génitif pluriel slov est prononcé [ˈslɔu̯].

Assimilation[modifier | modifier le code]

La plupart des consonnes slovaques forment des paires de consonnes sourdes et sonores.

Consonnes sonores b d ď dz g h v z ž
Consonnes sourdes p t ť c č k ch f s š

Les consonnes j, l, ľ, m, n, ň et r sont sonores mais n’ont pas d’équivalent sourd.

Comme dans d’autres langues slaves, les consonnes subissent un dévoisement final : quand une consonne sonore est à la fin d’un mot, elle se prononce comme la consonne sourde correspondante. Par exemple, rád (« content ») est prononcé [raːt].

Les consonnes s’assimilent aussi à l’intérieur des mots : dans un groupe de consonnes, le voisement dépend de la dernière :

  • vták (« oiseau »), ťažký (« lourd ») et obchod (« magasin ») se prononcent respectivement fták, ťašký et opchot ;
  • kde (« où ») et kresba (« dessin ») se prononcent respectivement gďe et krezba.

Cette assimilation n’a pas lieu quand la dernière consonne du groupe est v : tvoj (« ton ») se prononce comme il s’écrit.

Ces règles s’appliquent aussi entre les mots qui sont prononcés ensembles, notamment entre les prépositions et les mots qui suivent : bez teba (« sans toi ») se prononce besťeba.

Il existe d’autres règles d’assimilation qui concernent le point d'articulation des consonnes :

  • n se prononce [ŋ] devant k ou g, comme dans banka (« banque ») : [ˈbaŋka] ;
  • les groupes ťt, , , ňn, , etc. se simplifient : odtiaľ (« de là ») et vinník (« coupable ») se prononcent respectivement oťťiaľ et viňňík ;
  • t et d disparaissent dans les groupes tels que stn et zdn : prázdny (« vide ») et šťastný (« heureux ») se prononcent respectivement prázny et šťasný.

Alternance des consonnes[modifier | modifier le code]

De nombreux suffixes de dérivation, et parfois de déclinaison et de conjugaison, provoquent un changement des consonnes précédentes. Les changements les plus fréquents sont les suivants[7] :

  • k → č, h → ž, g → ž, ch → š : plakať (« pleurer ») → plačem (« je pleure »), suchý (« sec ») → sušiť (« sécher »), kniha (« livre ») → knižka (« petit livre ») ;
  • k → c, h → z, ch → z : Slovák (« Slovaque ») → Slováci (« Slovaques »), Čech (« Tchèque ») → Česi (« Tchèques ») ;
  • s → š, z → ž, c → č, dz → dž : obec (« commune ») → občan (« citoyen »), nízky (« bas ») → nižší (« plus bas »), česať (« peigner ») → češať (« je peigne ») ;
  • ť → c, ď → dz : vrátiť (« rendre », perfectif) → vracať (« rendre », imperfectif) ;
  • ť → t, ď → d, ň → n : päť (« cinq ») → piatka (« numéro cinq »), kuchyňa (« cuisine ») → kuchynský (« de cuisine »).

Accentuation[modifier | modifier le code]

L’accent tonique est sur la première syllabe des mots. Les prépositions sont prononcées avec le mot suivant comme si c’était un seul mot, et sont donc accentuées.

Grammaire[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des autres langues slaves, le slovaque est une langue flexionnelle avec des déclinaisons nombreuses et des conjugaisons. Les substantifs sont répartis en trois genres (masculin — avec dans certains cas une distinction entre masculin animé et inanimé —, féminin, neutre) et les adjectifs s’accordent en genre et en nombre.

Cas[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Déclinaisons en slovaque.

On trouve en slovaque six cas :

De plus, tous les cas (sauf le nominatif) peuvent suivre une préposition : par exemple, s (« avec ») exige l’emploi de l’instrumental et podľa (« selon ») doit être suivi du génitif.

Le vocatif (vokatív), archaïque en slovaque moderne, est maintenant remplacé par le nominatif.

Les noms (y compris les noms propres), les adjectifs, les pronoms et les numéraux se déclinent.

Noms[modifier | modifier le code]

Les noms slovaques appartiennent obligatoirement à l’un des trois genres : masculin, féminin ou neutre. Le plus souvent, il est possible de deviner le genre d’un nom à sa terminaison :

  • les noms masculins se terminent, pour la très grande majorité, par une consonne. Certains noms animés dont le sens est masculin se terminent par -a (hrdina « héros », turista, etc.) ou par -o (ce sont des termes familiaux comme dedo « grand-père » ou des diminutifs de prénoms comme Mišo, dérivé de Michal).
  • La plupart des noms féminins se terminent par -a. Certains se terminent par une consonne molle (souvent ) ou, rarement, par une autre consonne (zem, « terre »).
  • Les noms neutres se terminent par -o, -e, -ie ou -a/ä. Les noms neutres en -a sont plutôt rares et désignent presque tous des petits animaux (y compris dievča « fille » et dieťa « enfant »).

Dans le cas des noms masculins, on distingue également les noms animés et inanimés : les mots désignant des personnes sont animés, les autres sont inanimés. Les animaux sont généralement considérés animés au singulier mais inanimés au pluriel. L’animéité influence les déclinaisons, notamment à l’accusatif : pour les noms masculins animés, l’accusatif est identique au génitif, alors qu’il est identique au nominatif pour les inanimés.

La déclinaison des noms est complexe : on distingue traditionnellement douze modèles de déclinaison, trois pour chaque genre, avec de nombreuses variantes et exceptions. À titre d’exemple, voici un paradigme pour chaque genre (tous les modèles sont donnés dans l’article Déclinaisons en slovaque) :

Mot « chêne » « femme » « ville »
Nombre Singulier Pluriel Singulier Pluriel Singulier Pluriel
Nominatif dub duby žena ženy mesto mestá
Génitif duba dubov ženy žien mesta miest
Datif dubu dubom žene ženám mestu mestám
Accusatif dub duby ženu ženy mesto mestá
Locatif dube duboch žene ženách meste mestách
Instrumental dubom dubmi ženou ženami mestom mestami

Adjectifs[modifier | modifier le code]

Les adjectifs s’accordent en genre, nombre et cas. Les adjectifs épithètes précèdent le nom auxquels ils se rapportent (veľký dom : « grande maison »), sauf dans certains cas particuliers tels que les noms scientifiques des êtres vivants (par exemple pstruh dúhový : « truite arc-en-ciel »).

La déclinaison des adjectifs est régulière. Il en existe deux modèles :

  • les adjectifs dont le radical se termine par une consonne dure : pekný, pekná, pekné (« joli »)
  • les adjectifs dont le radical se termine par une consonne molle : cudzí, cudzia, cudzie (« étranger »).
Exemple de déclinaison des adjectifs en
Nombre Singulier Pluriel
Genre Masculin Neutre Féminin Masculin Neutre Féminin
Animé Inanimé Animé Inanimé
Nominatif pekný pekné pekná pekní pekné
Génitif pekného peknej pekných
Datif peknému peknej pekným
Accusatif pekného pekný pekné peknú pekných pekné
Locatif peknom peknej pekných
Instrumental pekným peknou peknými

Il existe aussi quelques adjectifs dérivés de noms d’animaux tels que páví (« de paon ») ; ceux-ci se déclinent comme cudzí, même si leur radical se termine par une consonne dure, et ne respectent pas la loi rythmique.

Le comparatif se forme en ajoutant le suffixe -ší ou -ejší : dlhý (« long ») donne dlhší (« plus long »), silný (« fort ») donne silnejší (« plus fort »). Dans le cas des adjectifs terminés par -oký ou -eký, cette terminaison est généralement supprimée : hlboký (« profond ») → hlbší (« plus profond »). Il existe certaines irrégularités : dobrýlepší (« mieux → meilleur »), zlýhorší (« mauvais → pire »), veľkýväčší (« grand → plus grand »), malýmenší (« petit → plus petit »).

Le superlatif se forme de manière régulière, en ajoutant le préfixe naj- au comparatif : najlepší (« le meilleur »), najsilnejsí (« le plus fort »).

Il existe aussi en slovaque des pronoms possessifs issus de noms de personne. Ils se terminent par -ov pour un possesseur masculin et -in pour un possesseur féminin : otcov (« du père »), matkin (« de la mère »). Leur déclinaison est différente de celles des autres adjectifs.

Verbes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conjugaison en slovaque.

Les verbes slovaques sont conjugués selon le temps, la personne (première, deuxième, troisième) et le nombre (singulier, pluriel). Les verbes possèdent un aspect perfectif ou imperfectif.

Présent[modifier | modifier le code]

Seuls les verbes imperfectifs peuvent être conjugués au présent.

Exemples de verbes conjugués au présent
Personne byť (être) volať (appeler) robiť (faire) kupovať (acheter)
Singulier 1re som volám robím kupujem
2e si voláš robíš kupuješ
3e je volá robí kupuje
Pluriel 1re sme voláme robíme kupujeme
2e ste voláte robíte kupujete
3e volajú robia kupujú

Passé[modifier | modifier le code]

Le passé se forme à l’aide de l’auxiliaire byť (« être »), sauf à la troisième personne, et d’un participe passé se terminant par -l et qui s’accorde en genre et en nombre avec le sujet. Ex. : mať (« avoir »), mal som (« j’ai eu », masculin), mala si (« tu as eu », féminin), malo (« il a eu », neutre), mali sme (« nous avons eu »).

Pour les verbes imperfectifs, le passé se traduit souvent en français par l’imparfait, et pour les verbes perfectifs par le passé simple ou composé.

Futur[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs manières de former le futur.

  • Les verbes perfectifs n’ont pas de forme au présent : si on les conjugue en utilisant les terminaisons du présent des verbes imperfectifs, cela donne le futur : píšem (imperfectif : « j’écris »), napíšem (perfectif : « j’écrirai »).
  • Pour les verbes imperfectifs, on utilise le futur du verbe byť suivi de l’infinitif : budem písať (« j’écrirai »).
  • Certains verbes imperfectifs ont une forme particulière pour le futur. C’est le cas par exemple de ísť (« aller ») : pôjdem, pôjdeš, pôjde, etc.

Conditionnel[modifier | modifier le code]

Le conditionnel se forme en ajoutant la particule by au passé : bol som (« j’étais ») → bol by som (« je serais »).

Impératif[modifier | modifier le code]

L’impératif se forme en retirant la terminaison /-ia de la troisième personne du pluriel : kupovať (« acheter ») → kupujú (« ils achètent ») → kupuj (« achète »). On forme la première et la deuxième personne du pluriel en ajoutant respectivement les terminaisons -me et -te : kupujme, kupujte. Dans certains cas, il faut ajouter un -i pour des raisons euphoniques : l’impératif de spať (« dormir » ; spia : « ils dorment ») est spi. Il existe quelques irrégularités : l’impératif de byť est buď.

Pronoms[modifier | modifier le code]

Les pronoms slovaques se déclinent selon les mêmes cas que les noms et les adjectifs.

Pronoms personnels[modifier | modifier le code]

Les pronoms personnels sujets sont généralement omis.

Pronoms personnels au nominatif
Personne Singulier Pluriel
1re ja my
2e ty vy
3e Masculin on oni
Féminin ona ony
Neutre ono

Il existe de plus un pronom réfléchi, sa (il n’a pas de nominatif, la forme sa est l’accusatif). Comme dans les autres langues slaves, il est utilisé à toutes les personnes. Ainsi, le verbe volať sa (« s’appeler ») se conjugue : volám sa, voláš sa, volá sa, etc., comme si on disait en français « je s’appelle », « tu s’appelles », etc.

Pronoms possessifs[modifier | modifier le code]

Les pronoms possessifs dérivés des pronoms personnels sont les suivants :

Personne Singulier Pluriel
1re môj náš
2e tvoj váš
3e Masculin jeho ich
Neutre
Féminin jej
Réfléchi svoj

Les pronoms possessifs de la troisième personne (jej, jeho, ich) sont indéclinables car ils proviennent des formes génitives des pronoms personnels. Les autres se déclinent de manière similaire aux adjectifs.

Les pronoms possessifs sont identiques aux adjectifs possessifs : môj signifie « mon » aussi bien que « le mien ».

Exemples[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Transcription en API Prononciation approximative
terre zem [ˈzɛm] zèm
ciel nebo [ˈɲɛbɔ] gnèbo
eau voda [ˈvɔda] voda
feu oheň [ˈɔɦɛɲ] ohègne
garçon chlapec [ˈxlapɛt͡s] khlapèts
homme muž [ˈmuʃ] mouch
femme žena [ˈʒɛna] jèna
manger jesť [ˈjɛsc] yesty
boire piť [ˈpic] pity
grand veľký [ˈvɛʎkiː] velkii
petit malý [ˈmaliː] malii
nuit noc [ˈnɔt͡s] nots
jour deň [ˈɟɛɲ] diègne
bonjour dobrý deň [ˈdɔbriː ɟɛɲ] dobrii diègne

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Prononciation mouillée de de, te, ne, di, ti, ni », sur Slovake.eu (consulté le 26 mai 2015)
  2. « Mots choisis », sur Slovake.eu (consulté le 6 septembre 2012)
  3. Pauliny, Ružička et Štolc 1968, p. 20
  4. « Emploi de la voyelle ä », sur Slovake.eu (consulté le 26 mai 2015)
  5. Pauliny, Ružička et Štolc 1968, p. 96
  6. Pauliny, Ružička et Štolc 1968, p. 26
  7. Pauliny, Ružička et Štolc 1968, p. 52–54

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Apprentissage et guides de conversation[modifier | modifier le code]

  • (en) James Naughton, Colloquial Slovak : The Complete Course for Beginners, Routledge,‎ , 288 p. (ISBN 9780415115407, présentation en ligne)
  • (en) Ada Bohmerová, Slovak for You : Slovenčina pre vás, Perfekt,‎ , 141 p. (ISBN 9780865163317)
  • John Nolan (trad. Diana Lemay, ill. Jean-Louis Goussé), Le Slovaque de poche [« Slowakisch Wort für Wort »], Assimil, coll. « Langues de poche »,‎ , 181 p. (ISBN 9782700503807)

Grammaire[modifier | modifier le code]

  • Étienne Boisserie, Diana Jamborová et Vlasta Krecková, Parlons slovaque : Une langue slave, L’Harmattan,‎ , 366 p. (ISBN 9782296106192, présentation en ligne)
  • (en) Jozef Mistrík, A Grammar of Contemporary Slovak, Bratislava, Slovenské pedagogické nakladateľstvo,‎ , 2e éd., 158 p.
  • (sk) Ladislav Dvonč, Gejza Horák, František Miko, Jozef Mistrík, Ján Oravec, Jozef Ružička et Milan Urbančok, Morfológia slovenského jazyka, Bratislava, Slovenská akadémia vied,‎ , 895 p. (lire en ligne)
  • (sk) Eugen Pauliny, Jozef Ružička et Jozef Štolc, Slovenská gramatika, Bratislava, Slovenské pedagogické nakladateľstvo,‎ , 596 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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