Slovaque

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Slovaque
Slovenčina
Pays Slovaquie, minorités en République tchèque, aux États-Unis, au Canada, en Autriche, en Croatie, en Hongrie, en Pologne, en Roumanie, en Ukraine et en Voïvodine
Nombre de locuteurs plus de 6 millions
Nom des locuteurs slovacophones
Typologie SVO + ordre libre
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de la Slovaquie Slovaquie
Drapeau de l’Union européenne Union européenne
Drapeau de Voïvodine Voïvodine
Régi par Académie slovaque des sciences
Codes de langue
ISO 639-1 sk
ISO 639-2 slk, slo
ISO 639-3 slk
IETF sk
Linguasphère 53-AAA-db
WALS svk
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Článok 1.

Všetci ľudia sa rodia slobodní a sebe rovní, čo sa týka ich dôstojnosti a práv. Sú obdarení rozumom a majú navzájom jednať v bratskom duchu.
Carte
Image illustrative de l'article Slovaque

Le slovaque (slovenčina, slovenský jazyk Écouter) est une langue appartenant au groupe slave occidental de la famille des langues indo-européennes parlée essentiellement en Slovaquie. Des minorités slovaques existent en République tchèque, en Voïvodine, en Hongrie, en Ukraine (région de Ruthénie subcarpathique, tchécoslovaque de 1918 à 1938), en Autriche, en Pologne, en Roumanie et des communautés immigrées gardent l'usage de leur langue, notamment au Canada, aux États-Unis et en Australie.

Comme la plupart des autres langues slaves, le slovaque est une langue à déclinaisons (six cas), il a trois genres (masculin, féminin et neutre), ses verbes ont un aspect perfectif ou imperfectif, et son vocabulaire est caractérisé par un riche système de préfixes et de suffixes de dérivation ainsi que de nombreux diminutifs. Du point de vue de la prononciation, les mots slovaques sont toujours accentués sur la première syllabe et il existe des voyelles longues et courtes ; une des particularités du slovaque est que r et l peuvent jouer le rôle de voyelles, donnant lieu à des mots apparemment sans voyelles tels que prst (« doigt »).

Il est très proche du tchèque notamment à l'écrit, mais en diffère phonétiquement et grammaticalement. Il est proche aussi du polonais. Plus généralement l'intercompréhension est plus ou moins facile avec toutes les langues slaves occidentales et méridionales (slovène, serbe, croate, etc.) Le slovaque utilise un alphabet latin modifié, utilisant des signes diacritiques identiques à ceux utilisé en tchèque pour les phonèmes communs ou propres au slovaque pour les phonèmes spécifiques.

La plupart des adultes slovaques et tchèques sont capables de se comprendre sans difficulté, ayant été en contact permanent avec les deux langues par l'intermédiaire de la radio et de la télévision nationales, jusqu'à la partition de la Tchécoslovaquie en 1993. Ceux n'ayant pas eu cette occasion, en particulier les plus jeunes, peuvent éprouver des difficultés de compréhension, lors de l'emploi de certains mots très différents, ou d'une expression orale trop rapide. Cependant, on a toujours le droit d'employer le slovaque dans la communication officielle devant les autorités tchèques, comme pendant l'existence de la Tchécoslovaquie. Les films tchèques diffusés en Slovaquie ne sont pas doublés ni sous-titrés en slovaque (sauf ceux destinés aux enfants).

Usage[modifier | modifier le code]

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Les municipalités de Slovaquie selon la langue la plus utilisée (le slovaque est en bleu) d’après le recensement de 2011
Municipalités de Voïvodine où le slovaque a un statut officiel

Le slovaque est la langue officielle de la Slovaquie et l’une des vingt-quatre langues officielles de l’Union européenne. Il est parlé dans l’ensemble du territoire de la Slovaquie, bien que dans certaines régions la langue dominante soit le hongrois (dans le sud), malgré la politique de slovaquisation menée depuis le XXe siècle, ou plus rarement le romani ou le rusyn (dans l’est). Au recensement de 2011, 4 337 695 habitants de la Slovaquie (soit 80,4 % de la population totale) ont déclaré que le slovaque était la langue qu’ils utilisent le plus souvent en public (9,5 % n’ont pas répondu à la question)[1].

On trouve des minorités slovacophones dans les pays voisins :

Parmi les communautés émigrées, 32 227 personnes parlent slovaque aux États-Unis (2006–2008)[8], 17 580 au Canada (2011)[9] et 4 990 en Australie (2011)[10].

Relation avec le tchèque[modifier | modifier le code]

Le tchèque et le slovaque sont, dans l’ensemble, mutuellement compréhensibles : il n’est pas rare qu’un Tchèque et un Slovaque aient une conversation dans laquelle chacun parle dans sa langue. Depuis la dissolution de la Tchécoslovaquie, cependant, les Tchèques et Slovaques sont moins souvent exposés à la langue des voisins, et la compréhension de l’autre langue peut être plus difficile chez les plus jeunes. Les médias tchèques (films, livres, etc.) restent malgré tout largement consommés en Slovaquie et on trouve encore des émissions de télévision bilingues telles que Česko Slovenská SuperStar, la version tchèque et slovaque de la Nouvelle Star. Les Tchèques éprouvent plus de difficultés à comprendre le slovaque que l’inverse, en partie parce qu’ils sont moins souvent exposés au slovaque que les Slovaques au tchèque[11].

Le tchèque et le slovaque diffèrent par leur grammaire et leur prononciation. Leur orthographe est similaire, bien que certaines lettres n’existent qu’en slovaque (ä, dz, , ĺ, ľ, ô, ŕ) ou en tchèque (ě, ř, ů). Les différences sont aussi présentes dans le vocabulaire[12] :

  • Certains mots courants sont très différents : hovoriť/mluvit (« parler »), mačka/kočka (« chat »), dovidenia/nashledanou (« au revoir »), etc.
  • Il y a quelques faux-amis : horký (« amer » en slovaque, « chaud » en tchèque), kúriť/kouřit (« chauffer » en slovaque, « fumer » en tchèque).
  • Les noms des mois en slovaque sont d’origine latine (január, február, marec…), mais d’origine slave en tchèque (leden, únor, březen…).

Écriture[modifier | modifier le code]

Disposition de clavier slovaque

Comme les autres langues slaves occidentales, le slovaque s’écrit avec une variante de l’alphabet latin enrichie par des diacritiques et des digrammes. L’alphabet slovaque est proche de celui du tchèque.

L’alphabet slovaque comporte en tout 46 graphèmes.

Graphème API Kirshenbaum Transcription française approximative
A a [a] a a
Á á [] a: a long
Ä ä [æ], [ɛ] &, E a de cat en anglais, è
B b [b] b b
C c [t͡s] ts ts
Č č [t͡ʃ] ts. tch
D d [d] d d
Ď ď [ɟ] J dieu (gy hongrois ou ghj corse)
Dz dz [d͡z] dz dz
[d͡ʒ] dZ dj
E e [ɛ] E è
É é [ɛː] E: è long
F f [f] f f
G g [g] g g
H h [ɦ] h h aspiré
Ch ch [x] x son de la jota espagnole (aussi équivalent au ch allemand de buch)
I i [i] i i
Í í [] i: i long
J j [j] j y
K k [k] k k
L l [l], [] l, l- l
Ĺ ĺ [l̩ː] l-: l long
Ľ ľ [ʎ] l^ ll espagnol (aussi équivalent au lh portugais ou au gli italien)
M m [m] m m
N n [n] n n
Ň ň [ɲ] n^ agneau
O o [ɔ] O o
Ó ó [ɔː] O: o long
Ô ô [o] uo ou-o enchaînés rapidement
P p [p] p p
Q q [kv] kv kv, k
R r [r], [] r, r- r roulé
Ŕ ŕ [r̩ː] r-: r roulé long
S s [s] s s
Š š [ʃ] S ch
T t [t] t t
Ť ť [c] c tieu (ty hongrois ou chj corse)
U u [u] u ou
Ú ú [] u: ou long
V v [v] v v
W w [v] v v
X x [ks] ks ks
Y y [i] i i
Ý ý [] i: i long
Z z [z] z z
Ž ž [ʒ] Z j

L’alphabet utilise quatre diacritiques :

  • le caron (mäkčeň) : sur les lettres č, , š et ž, il indique une affriquée ou une fricative post-alvéolaire ; sur ň, ď, ľ et ť, il indique la palatalisation. Dans les trois derniers cas, il ressemble à une apostrophe, mais ce n’est qu’une convention typographique : sur les majuscules (sauf Ľ) et dans l’écriture manuscrite, il a la même forme que sur les autres lettres.
  • L’accent aigu (dĺžeň) sert à allonger les voyelles : á, é, í, ó, ú, ý, mais aussi ĺ et ŕ, étant donné que l et r peuvent jouer le rôle de voyelles.
  • L’accent circonflexe (vokáň) apparaît sur ô et indique la diphtongue uo (les autres diphtongues sont écrites avec deux lettres : ia, ie, iu).
  • Le tréma (dve bodky), sur la lettre ä, indique le phonème /æ/, bien que cette lettre soit souvent prononcée de la même manière que e.

Les lettres q, w et x ne sont utilisées que dans des mots étrangers.

Les lettres d, l, n et t sont généralement palatalisées quand elles sont suivies d’un e, d’un i ou d’un í : pour cette raison, on écrit ne au lieu de ňe, li au lieu de ľi, au lieu de ťí, etc. Il y a cependant des exceptions : les mots étrangers (par exemple, le t et le l de telefón sont durs), la déclinaison des adjectifs (le n de peknej — « joli » au génitif féminin singulier — est dur) et certains mots courants tels que jeden (« un ») ou ten (« ce, ceci »). De plus, la prononciation mouillée de l dans cette position est de moins en moins respectée de nos jours[13].

Les consonnes sont divisées en trois groupes : dures (g, h, ch, k, d, t, n), molles (c, dz, j et toutes celles avec un caron) et neutres (b, f, l, m, p, r, s, v, z). Cette classification est utile pour connaître le type de déclinaison des noms et des adjectifs. L’écriture de i ou de y (dont la prononciation est identique) dépend de la consonne précédente : après une consonne dure, on écrit y ou ý (sauf dans quelques terminaisons adjectivales) et i ou í après une consonne molle. Dans le cas des consonnes neutres, les deux peuvent être possibles : biť (« battre ») et byť (« être ») se prononcent de la même manière. Les enfants slovaques doivent apprendre par cœur la liste des mots où l’on écrit y[14].

Prononciation[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Exemple de prononciation slovaque (info)
Un extrait du poème Mor ho de Samo Chalupka

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Voyelles[modifier | modifier le code]

Les voyelles du slovaque

Le slovaque a cinq ou six voyelles courtes et cinq longues.

Voyelles en slovaque[15],[16]
  Antérieures Centrale Postérieures
Fermées /i/ i • // í   /u/ u • // ú
Moyennes /ɛ/ e • /ɛː/ é   /ɔ/ o • /ɔː/ ó
Ouvertes (/æ/ ä) /a/ a • // á  

La voyelle ä ne se trouve qu’après les consonnes labiales (b, p, m, v). De nos jours, la prononciation [æ] est rare ; on prononce le plus souvent [ɛ], soit exactement comme e[17],[18].

Diphtongues[modifier | modifier le code]

Les diphtongues du slovaque

Le slovaque a quatre diphtongues : ia, ie, iu et uo (orthographiée ô).

Dans beaucoup de mots étrangers, par exemple organizácia, les lettres ia n’indiquent pas une diphtongue, mais deux voyelles séparées. Les combinaisons « i + voyelle » dans ces mots se prononcent avec un j entre les deux voyelles : organizácija.

Longueur des voyelles[modifier | modifier le code]

La longueur des voyelles est importante en slovaque : elle permet de distinguer de nombreuses paires minimales telles que vina (« faute ») et vína (« vins »), mala (« elle avait ») et malá (« petite »), sud (« tonneau ») et súd (« tribunal »).

Certains suffixes et certains cas provoquent l’allongement de la voyelle précédente ; dans ce cas, les diphtongues ia, ie et ô peuvent être considérées comme les équivalents longs de ä, e et o : le génitif pluriel de dolina (« vallée ») est dolín, mais celui de hora (« montagne ») est hôr. Ó ne se trouve que dans les mots étrangers et les interjections, é dans les mots étrangers, les terminaisons des adjectifs et quelques rares mots d’origine slovaque.

Une règle de prononciation appelée loi rythmique fait que, sauf cas particulier, deux syllabes qui se suivent ne peuvent pas avoir de voyelle longue (une diphtongue compte comme une voyelle longue). Cela conduit à des modifications d’un grand nombre de désinences des verbes, des noms et des adjectifs : par exemple, la forme du présent première personne du singulier des verbes en -ať est normalement -ám (hľadať : « chercher », hľadám : « je cherche »), mais devient -am si le radical du verbe se termine par une syllabe longue (váhať : « hésiter », váham : « j’hésite »). Il y a cependant des exceptions à cette règle, notamment[19] :

  • les noms neutres en -ie : lístie (« feuillage ») ;
  • le génitif pluriel en de certains noms féminins : piesní (« des chansons ») ;
  • la terminaison -ia de la troisième personne du pluriel de certains verbes : riešia (« ils résolvent ») ;
  • les adjectifs dérivés de noms d’animaux : vtáčí (« d’oiseau ») ;
  • le suffixe -krát (« fois ») : prvýkrát (« pour la première fois »).

Consonnes syllabiques[modifier | modifier le code]

R et L peuvent jouer le rôle de voyelles dans des mots comme vlk (« loup ») ou zmrzlina (« crème glacée »), voir le virelangue Strč prst skrz krk. Comme les autres voyelles, ces sons peuvent être allongés : vŕba (« saule »), kĺb (« articulation »).

Consonnes[modifier | modifier le code]

Le slovaque a 27 consonnes.

Consonnes en slovaque[20],[21]
Labiales Alvéolaire Post-alvéolaires Palatales Vélaires Glottale
Nasales /m/ m /n/ n /ɲ/ ň
Occlusives Sourdes /p/ p /t/ t /c/ ť /k/ k
Sonores /b/ b /d/ d /ɟ/ ď /ɡ/ g
Affriquées Sourdes /t͡s/ c /t͡ʃ/ č
Sonores /d͡z/ dz /d͡ʒ/
Fricative Sourdes /f/ f /s/ s /ʃ/ š /x/ ch
Sonores /v/ v /z/ z /ʒ/ ž /ɦ/ h
Spirante /j/ j
Latérales /l/ l /ʎ/ ľ
Roulée /r/ r

Le son v se prononce [u̯] en fin de syllabe (sauf avant n ou ň) : slovo (« mot ») se prononce [ˈslɔvɔ], mais son génitif pluriel slov est prononcé [ˈslɔu̯] et rime avec zlou (« mauvaise » à l’instrumental).

Assimilation[modifier | modifier le code]

La plupart des consonnes slovaques forment des paires de consonnes sourdes et sonores.

Consonnes sonores b d ď dz g h v z ž
Consonnes sourdes p t ť c č k ch f s š

Les consonnes j, l, ľ, m, n, ň et r sont sonores mais n’ont pas d’équivalent sourd.

Comme dans d’autres langues slaves, les consonnes subissent un dévoisement final : quand une consonne sonore est à la fin d’un mot, elle se prononce comme la consonne sourde correspondante. Par exemple, rád (« content ») est prononcé [raːt].

Les consonnes s’assimilent aussi à l’intérieur des mots : dans un groupe de consonnes, le voisement dépend de la dernière :

  • vták (« oiseau »), ťažký (« lourd ») et obchod (« magasin ») se prononcent respectivement fták, ťašký et opchot ;
  • kde (« où ») et kresba (« dessin ») se prononcent respectivement gďe et krezba.

Cette assimilation n’a pas lieu quand la dernière consonne du groupe est v : tvoj (« ton ») se prononce comme il s’écrit.

Ces règles s’appliquent aussi entre les mots qui sont prononcés ensembles, notamment entre les prépositions et les mots qui suivent : bez teba (« sans toi ») se prononce besťeba.

Il existe d’autres règles d’assimilation qui concernent le point d'articulation des consonnes :

  • n se prononce [ŋ] devant k ou g, comme dans banka (« banque ») : [ˈbaŋka][22] ;
  • les groupes ťt, , , ňn, , etc. se simplifient : odtiaľ (« de là ») et vinník (« coupable ») se prononcent respectivement oťťiaľ et viňňík ;
  • t et d disparaissent dans les groupes tels que stn et zdn : prázdny (« vide ») et šťastný (« heureux ») se prononcent respectivement prázny et šťasný.

Alternance des consonnes[modifier | modifier le code]

De nombreux suffixes de dérivation, et parfois de déclinaison et de conjugaison, provoquent un changement des consonnes précédentes. Les changements les plus fréquents sont les suivants[23],[24] :

  • k → č, h → ž, g → ž, ch → š (première palatalisation) : plakať (« pleurer ») → plačem (« je pleure »), suchý (« sec ») → sušiť (« sécher »), kniha (« livre ») → knižka (« petit livre ») ;
  • k → c, ch → z (seconde palatalisation) : Slovák (« Slovaque ») → Slováci (« Slovaques »), Čech (« Tchèque ») → Česi (« Tchèques ») ;
  • s → š, z → ž, c → č, dz → dž : obec (« commune ») → občan (« citoyen »), nízky (« bas ») → nižší (« plus bas »), česať (« peigner ») → češem (« je peigne ») ;
  • ť → c, ď → dz : vrátiť (« rendre », perfectif) → vracať (« rendre », imperfectif) ;
  • ť → t, ď → d, ň → n : šesť (« six ») → šestka (« numéro six »), kuchyňa (« cuisine ») → kuchynský (« de cuisine »).

Accentuation[modifier | modifier le code]

L’accent tonique est sur la première syllabe des mots. Les prépositions sont prononcées avec le mot suivant comme si c’était un seul mot, et sont donc accentuées. Les enclitiques (cf. Syntaxe) ne sont jamais accentués.

Grammaire[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des autres langues slaves, le slovaque est une langue flexionnelle avec des déclinaisons nombreuses et des conjugaisons. Les substantifs sont répartis en trois genres (masculin — avec dans certains cas une distinction entre masculin animé et inanimé —, féminin, neutre) et les adjectifs s’accordent en genre et en nombre.

Cas[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Déclinaisons en slovaque.

On trouve en slovaque six cas :

De plus, tous les cas (sauf le nominatif) peuvent suivre une préposition : par exemple, s (« avec ») exige l’emploi de l’instrumental et podľa (« selon ») doit être suivi du génitif.

Le vocatif (vokatív), archaïque en slovaque moderne, est maintenant remplacé par le nominatif.

Les noms (y compris les noms propres), les adjectifs, les pronoms et les numéraux se déclinent.

Noms[modifier | modifier le code]

Les noms slovaques appartiennent obligatoirement à l’un des trois genres : masculin, féminin ou neutre. Le plus souvent, il est possible de deviner le genre d’un nom à sa terminaison :

  • les noms masculins se terminent, pour la très grande majorité, par une consonne. Certains noms animés dont le sens est masculin se terminent par -a (hrdina « héros », turista, etc.) ou par -o (ce sont des termes familiaux comme dedo « grand-père » ou des diminutifs de prénoms comme Mišo, dérivé de Michal).
  • La plupart des noms féminins se terminent par -a. Certains se terminent par une consonne molle (souvent ) ou, rarement, par une autre consonne (zem, « terre »).
  • Les noms neutres se terminent par -o, -e, -ie ou -a/ä. Les noms neutres en -a sont plutôt rares et désignent presque tous des petits animaux (y compris dievča « fille » et dieťa « enfant »).

Dans le cas des noms masculins, on distingue également les noms animés et inanimés : les mots désignant des personnes sont animés, les autres sont inanimés. Les animaux sont généralement considérés animés au singulier mais inanimés au pluriel. L’animéité influence les déclinaisons, notamment à l’accusatif : pour les noms masculins animés, l’accusatif est identique au génitif, alors qu’il est identique au nominatif pour les inanimés[25].

Certains mots appelés pluralia tantum n’existent qu’au pluriel, même s’ils désignent un seul objet : nohavice (« pantalon »), nožnice (« ciseaux »), dvere (« porte »), ainsi que de nombreux noms de villes : Košice, Michalovce, Topoľčany, etc.

La déclinaison des noms est complexe : on distingue traditionnellement douze modèles de déclinaison, trois pour chaque genre, avec de nombreuses variantes et exceptions. À titre d’exemple, voici un paradigme pour chaque genre (tous les modèles sont donnés dans l’article Déclinaisons en slovaque) :

Mot « chêne » « femme » « ville »
Nombre Singulier Pluriel Singulier Pluriel Singulier Pluriel
Nominatif dub duby žena ženy mesto mestá
Génitif duba dubov ženy žien mesta miest
Datif dubu dubom žene ženám mestu mestám
Accusatif dub duby ženu ženy mesto mestá
Locatif dube duboch žene ženách meste mestách
Instrumental dubom dubmi ženou ženami mestom mestami

Adjectifs[modifier | modifier le code]

Les adjectifs s’accordent en genre, nombre et cas. Les adjectifs épithètes précèdent le nom auxquels ils se rapportent (veľký dom : « grande maison »), sauf dans certains cas particuliers tels que les noms scientifiques des êtres vivants (par exemple pstruh dúhový : « truite arc-en-ciel »).

La déclinaison des adjectifs est régulière. Il en existe deux modèles :

  • les adjectifs dont le radical se termine par une consonne dure : pekný, pekná, pekné (« joli »)
  • les adjectifs dont le radical se termine par une consonne molle : cudzí, cudzia, cudzie (« étranger »).
Exemple de déclinaison des adjectifs en
Nombre Singulier Pluriel
Genre Masculin Neutre Féminin Masculin Neutre Féminin
Animé Inanimé Animé Inanimé
Nominatif pekný pekné pekná pekní pekné
Génitif pekného peknej pekných
Datif peknému peknej pekným
Accusatif pekného pekný pekné peknú pekných pekné
Locatif peknom peknej pekných
Instrumental pekným peknou peknými

Il existe aussi quelques adjectifs dérivés de noms d’animaux tels que páví (« de paon ») ; ceux-ci se déclinent comme cudzí, même si leur radical se termine par une consonne dure, et ne respectent pas la loi rythmique.

Le comparatif se forme en ajoutant le suffixe -ší ou -ejší : dlhý (« long ») donne dlhší (« plus long »), silný (« fort ») donne silnejší (« plus fort »). Dans le cas des adjectifs terminés par -oký ou -eký, cette terminaison est généralement supprimée : hlboký (« profond ») → hlbší (« plus profond »). Il existe certaines irrégularités : dobrýlepší (« mieux → meilleur »), zlýhorší (« mauvais → pire »), veľkýväčší (« grand → plus grand »), malýmenší (« petit → plus petit »).

Le superlatif se forme de manière régulière, en ajoutant le préfixe naj- au comparatif : najlepší (« le meilleur »), najsilnejsí (« le plus fort »).

Il existe aussi en slovaque des adjectifs possessifs issus de noms de personne. Ils se terminent par -ov pour un possesseur masculin et -in pour un possesseur féminin : otcov (« du père »), matkin (« de la mère »). Leur déclinaison est différente de celles des autres adjectifs.

Adverbes[modifier | modifier le code]

La plupart des adverbes sont dérivés à partir adjectifs à l’aide des suffixes -o et -e : dobrýdobre (« bien → bon »), hlbokýhlboko (« profond → profondément »), rýchlyrýchlo ou rýchle (« rapide → vite »), etc. Les adverbes dérivés d’adjectifs en -ský et -cký se finissent par -sky et -cky : matematickýmatematicky (« mathématique → mathématiquement »). Ces adverbes forment le comparatif et le superlatif de la même manière que les adjectifs, avec la terminaison -(ej)šie (identique à la forme neutre de l’adjectif) : hlbšie (« plus profondément »), najrýchlejšie (« le plus vite »).

Il existe aussi de nombreux adverbes qui proviennent de la combinaison d’une préposition avec un nom ou un adjectif : zďaleka (« de loin »), napravo (« à droite »), oddávna (« depuis longtemps »)[26].

Verbes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conjugaison en slovaque.

Les verbes slovaques sont conjugués selon le temps, la personne (première, deuxième, troisième) et le nombre (singulier, pluriel). Les verbes possèdent un aspect perfectif ou imperfectif.

Les verbes sont répartis en quatorze grands groupes, en fonction de la manière dont ils se conjuguent au présent (ou au futur perfectif). Sauf pour certains verbes irréguliers, connaître les troisièmes personnes du singulier et du pluriel est suffisant pour savoir conjuguer le verbe à toutes les personnes.

Aspect[modifier | modifier le code]

L’aspect est une caractéristique essentielle du verbe slovaque : chaque verbe est nécessairement perfectif ou imperfectif. L’aspect perfectif indique une action unique et terminée (et pour cette raison les verbes perfectifs n’ont pas de présent), l’aspect imperfectif indique une action en cours ou répétée. Ainsi, la phrase « Hier, j’ai lu un livre » peut être traduite de deux manières différentes :

  • Včera som čítal knihu. Le verbe est imperfectif, l’information importante est le processus : « Hier, j’ai passé un certain temps à lire un livre. » Cette phrase peut être une réponse à la question « Qu’est-ce que tu as fait hier ? »
  • Včera som prečítal knihu. Le verbe est perfectif, l’information importante est le résultat : l’action a été entièrement effectuée, je sais maintenant ce que le livre contient.

À un verbe français correspond, en général, une paire de verbes slovaques. Chaque forme doit être apprise : il existe plusieurs manières de former le perfectif à partir de l’imperfectif ou inversement, et il n’est pas toujours possible de deviner si un verbe donné est perfectif ou imperfectif.

  • Souvent, le perfectif est formé en ajoutant un préfixe : robiťurobiť (« faire »), písaťnapísať (« écrire »), ďakovaťpoďakovať.
  • Certains imperfectifs sont formés en ajoutant un suffixe à un perfectif : prerušiťprerušovať (« interrompre »), daťdávať (« donner »), skryťskrývať (« cacher »).
  • Dans quelques rares cas, les deux verbes sont totalement différents : klásť/položiť (« poser »), brať/vziať (« prendre »).

Présent[modifier | modifier le code]

Seuls les verbes imperfectifs peuvent être conjugués au présent.

Exemples de verbes conjugués au présent
Personne byť (être) volať (appeler) robiť (faire) kupovať (acheter)
Singulier 1re som volám robím kupujem
2e si voláš robíš kupuj
3e je volá robí kupuje
Pluriel 1re sme voláme robíme kupujeme
2e ste voláte robíte kupujete
3e volajú robia kupujú

Passé[modifier | modifier le code]

Le passé se forme à l’aide de l’auxiliaire byť (« être »), sauf à la troisième personne, et d’un participe passé se terminant par -l et qui s’accorde en genre et en nombre avec le sujet.

Passé de mať (« avoir »)
Personne Masculin Féminin Neutre
Singulier 1re mal som mala som
2e mal si mala si
3e mal mala malo
Pluriel 1re mali sme
2e mali ste
3e mali

Pour les verbes imperfectifs, le passé se traduit souvent en français par l’imparfait, et pour les verbes perfectifs par le passé simple ou le passé composé.

Futur[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs manières de former le futur.

  • Les verbes perfectifs n’ont pas de forme au présent : si on les conjugue de la même manière que les verbes imperfectifs au présent, on obtient le futur : píšem (imperfectif : « j’écris »), napíšem (perfectif : « j’écrirai »).
  • Pour les verbes imperfectifs, on utilise le futur du verbe byť suivi de l’infinitif : budem písať (« j’écrirai »).
  • Certains verbes imperfectifs ont une forme particulière pour le futur. C’est le cas par exemple de ísť (« aller ») : pôjdem, pôjdeš, pôjde, etc.

Conditionnel[modifier | modifier le code]

Le conditionnel se forme en ajoutant la particule by au passé : bol som (« j’étais ») → bol by som (« je serais »), sauf après les conjonctions telles que aby (« pour que ») et keby (« si »), où cette particule n’est pas répétée. Dans certains cas, le conditionnel correspond au subjonctif français : Chcem, aby ste vedeli (« Je veux que vous sachiez »).

Impératif[modifier | modifier le code]

L’impératif se forme en retirant la terminaison /-ia de la troisième personne du pluriel : kupovať (« acheter ») → kupujú (« ils achètent ») → kupuj (« achète »). On forme la première et la deuxième personne du pluriel en ajoutant respectivement les terminaisons -me et -te : kupujme, kupujte. Dans certains cas, il faut ajouter un -i pour des raisons euphoniques : l’impératif de spať (« dormir » ; spia : « ils dorment ») est spi. Il existe quelques irrégularités : l’impératif de byť est buď.

Négation[modifier | modifier le code]

La négation se forme à l’aide du préfixe ne- qui est soudé au verbe : chcem (« je veux ») → nechcem (« je ne veux pas »). Au futur imperfectif, le préfixe s’attache à l’auxiliaire : nebudem spať (« je ne dormirai pas »), mais au passé il s’attache au verbe : nevideli sme (« nous n’avons pas vu »). Le verbe byť est la seule exception : sa négation se forme avec le mot nie : nie som, nie si, nie je, etc.

Pronoms[modifier | modifier le code]

Les pronoms slovaques se déclinent selon les mêmes cas que les noms et les adjectifs.

Pronoms personnels[modifier | modifier le code]

Les pronoms personnels sujets sont généralement omis.

Pronoms personnels au nominatif
Personne Singulier Pluriel
1re ja my
2e ty vy
3e Masculin on oni
Féminin ona ony
Neutre ono

Il existe de plus un pronom réfléchi, sa (il n’a pas de nominatif, la forme sa est l’accusatif). Comme dans les autres langues slaves, il est utilisé à toutes les personnes. Ainsi, le verbe volať sa (« s’appeler ») se conjugue : volám sa, voláš sa, volá sa, etc., comme si on disait en français « je s’appelle », « tu s’appelles », etc.

Pronoms possessifs[modifier | modifier le code]

Les pronoms possessifs dérivés des pronoms personnels sont les suivants :

Personne Singulier Pluriel
1re môj náš
2e tvoj váš
3e Masculin jeho ich
Neutre
Féminin jej
Réfléchi svoj

Les pronoms possessifs de la troisième personne (jej, jeho, ich) sont indéclinables car ils proviennent des formes génitives des pronoms personnels. Les autres se déclinent de manière similaire aux adjectifs.

Les pronoms possessifs sont identiques aux adjectifs possessifs : môj signifie « mon » aussi bien que « le mien ».

Pronoms démonstratifs[modifier | modifier le code]

Le pronom démonstratif de base est ten (au féminin , au neutre to), « celui ». Il est identique à l’adjectif démonstratif correspondant, souvent utilisé pour indiquer qu’un nom est défini en raison de l’absence d’article en slovaque. Ce pronom se décline de manière semblable aux adjectifs.

Les pronoms et adjectifs démonstratifs tento (« celui-ci »), tenže (« le même »), tamten (« celui-là ») et son synonyme familier henten se déclinent de la même manière ; les éléments -to, -že, tam- et hen- sont invariables : táto, toto  ; táže, tože  ; tamtá, tamto ; hentá, hento, etc.

Autres pronoms[modifier | modifier le code]

Les principaux pronoms interrogatifs sont čo (« quoi »), kto (« qui »), kde (« où »), kam (« vers où »), kedy (« quand »), koľko (« combien »), ako (« comment »), aký (« quel genre de »), ktorý (« quel »), čí (« à qui »), etc. Les trois derniers se déclinent comme des adjectifs, čo et kto ont leur propre déclinaison.

Les pronoms interrogatifs, en particulier čo et ktorý, servent aussi de pronoms relatifs : to, čo chcem (« ce que je veux »), človek, ktorý vie všetko (« l’homme qui sait tout »).

Les pronoms interrogatifs sont au cœur d’un système assez régulier permettant de dériver un grand nombre d’autres pronoms au moyen d’affixes :

  • nie- (« quelque ») : niekto (« quelqu’un »), niečo (« quelque chose »), niekde (« quelque part »), niekedy (« parfois »), nejaký (« un, quelque, quelconque »), niektoré (« certains, quelques uns ») ;
  • ni- (négatif) : nikto (« personne »), nič (« rien »), nikde (« nulle part »), nikdy (« jamais »), nijaký (« aucun ») ;
  • -koľvek (« n’importe ») : ktokoľvek (« qui que ce soit »), čokoľvek (« quoi que ce soit »), akýkoľvek (« quelconque ») ;
  • in(o)- : (« autre ») : inde (« ailleurs »), inokedy (« à un autre moment ») ;
  • všeli- (« toutes sortes de », souvent péjoratif) : všelijaký (« de toute sorte »), všelikto (« n’importe qui, le premier venu »).

Ce système comporte de nombreux synonymes et quasi-synonymes (voľa-, da-, -si sont proches de nie- ; hoci- est proche de -koľvek) dont le choix est souvent une question de préférence personnelle et de style[27].

Numéraux[modifier | modifier le code]

Le slovaque possède de nombreux types de numéraux aux déclinaisons complexes.

Numéraux cardinaux[modifier | modifier le code]

Les numéraux cardinaux en slovaque sont :

  • jeden (1), dva (2), tri (3), štyri (4), päť (5), šesť (6), sedem (7), osem (8), deväť (9), desať (10),
  • jedenásť (11), dvanásť (12), trinásť (13), štrnásť (14), pätnásť (15), šestnásť (16), sedemnásť (17), osemnásť (18), devätnásť (19),
  • dvadsať (20), tridsať (30), štyridsať (40), päťdesiat (50), šesťdesiat (60), sedemdesiat (70), osemdesiat (80), deväťdesiat (90),
  • sto (100), tisíc (1000).

Les nombres de 21 à 29, 31 à 39, etc., se forment en juxtaposant la dizaine et l’unité : štyridsaťdva (42). Les centaines et les milliers se forment de la même manière : tristo (300), päťtisíc (5000). Dans le cas de 200 et 2000, on utilise dve (forme féminine et neutre) au lieu de dva (forme masculine inanimée) : dvesto et dvetisíc. Les numéraux composés sont écrits sans espaces, ce qui peut donner lieu à des mots assez longs : 123 456 se dit stodvadsaťtritisícštyristopäťdesiatšesť.

La plupart des numéraux cardinaux se déclinent (bien que la déclinaison soit optionnelle dans certains cas, comme les nombres composés d’une dizaine et d’une unité) et peuvent s’accorder en genre. Les mots milión et miliarda fonctionnent comme des noms. Lorsque l’on compte, on utilise raz (« une fois ») au lieu de jeden.

Au nominatif (et à l’accusatif, sauf au masculin animé), les numéraux de 2 à 4 sont suivis du nominatif pluriel, mais à partir de 5 du génitif : jedna kniha, dve, tri, štyri knihy, päť kníh. Aux autres cas, le nom qui suit le numéral est au même cas que celui-ci.

Numéraux ordinaux[modifier | modifier le code]

Les numéraux ordinaux sont :

  • prvý (1er), druhý (2e), tretí (3e), štvrtý (4e), piaty (5e), šiesty (6e), siedmy (7e), ôsmy (8e), deviaty (9e), desiaty (10e),
  • jedenásty (11e), dvanásty (12e), trinásty (13e), etc.,
  • dvadsiaty (20e), tridsiaty (30e), štyridsiaty (40e), päťdesiaty (50e), etc.,
  • stý (100e), tisíci (1000e).

Tous ces numéraux se déclinent comme des adjectifs. Les ordinaux de 21 à 29, 31 à 39, etc., s’écrivent en deux mots : dvadsiate prvé storočie (« le vingt-et-unième siècle »). À l’écrit, les ordinaux peuvent être abrégés par un point : 1. (1er), 2. (2e), etc.

Autres numéraux[modifier | modifier le code]

Parmi les autres types de numéraux existants en slovaques, voici les plus importants[28],[29] :

  • Les numéraux collectifs (dvoje, troje, štvoro, pätoro, etc.), toujours suivis du génitif pluriel, servent à compter des objets en soulignant leur individualité dans l’ensemble. Leur emploi est obligatoire avec les pluralia tantum : dvoje dverí (« deux portes »), pätoro rukavíc (« cinq paires de gants »).
  • Les numéraux en -aký (adjectifs) ou -ako (adverbes) expriment un nombre de sortes : storako (« de cent manières »), dvojaký (« de deux sortes »).
  • Les numéraux multiplicatifs expriment un nombre de fois. ils peuvent être formés avec les suffixes -násobný (trojnásobný : « triple »), -mo (dvojmo : « en double »), -itý (dvojitý : « double »), -krát (trikrát : « trois fois », mnohokrát : « plein de fois fois ») ou bien avec le mot raz (« fois ») : dva razy (« deux fois »), päť ráz (« cinq fois »).

Il existe aussi des noms pour les nombres : jednotka, dvojka, trojka, štvorka, päťka, etc. Par exemple, päťka veut dire « un cinq », c’est-à-dire qu’il peut désigner le chiffre 5, une note à l’école, le bus numéro 5, la chambre numéro 5, etc.

Prépositions[modifier | modifier le code]

Les prépositions en slovaque sont nécessairement suivies d’un cas autre que le nominatif. Le cas à utiliser après chaque préposition doit être appris, par exemple[30] :

  • k (« vers, à, chez »), vďaka (« grâce à »), proti' (« contre, face à ») sont suivis du datif ;
  • bez (« sans »), do (« dans, jusqu’à »), u (« chez »), z (« de »), od (« de, depuis ») sont suivis du génitif ;
  • cez (« à travers »), pre (« pour ») sont suivis de l’accusatif ;
  • pri (« auprès de ») est suivi du locatif ;
  • s (« avec ») est suivi de l’instrumental.

Certaines prépositions peuvent être suivies par plusieurs cas, ce qui change leur sens : na suivi du locatif indique « sur » sans mouvement, mais indique un mouvement avec l’accusatif : Som na pošte (locatif) : « Je suis à la poste », mais Idem na poštu (accusatif) : « Je vais à la poste ». Nad (« au-dessus de »), pod (« sous »), pred (« devant ») et medzi (« entre ») fonctionnent de manière semblable, à la différence que la position sans mouvement est indiquée par l’instrumental.

Les prépositions qui se terminent par une consonne (en particulier celles constituées d’une seule consonne) ont une variante avec une voyelle supplémentaire utilisée pour éviter des résultats imprononçables. Ainsi, v (« dans ») devient vo devant un f ou un v : v Nemecku (« en Allemagne ») mais vo Francúzsku (« en France »).

Syntaxe[modifier | modifier le code]

L’ordre des éléments dans la phrase slovaque est assez souple, mais l’ordre neutre est généralement SVO, par exemple Pes pohrýzol poštára (« Le chien a mordu le facteur »). L’ordre OVS est aussi considéré neutre, mais met en relief l’objet : Poštára pohrýzol pes se traduirait plutôt par « Le facteur a été mordu par un chien ». Les autres ordres sont possibles, mais moins courant : Pes poštára pohrýzol souligne que c’est un chien (et pas autre chose) qui a mordu le facteur[31]. À l’intérieur du groupe nominal, cependant, l’ordre des mots est fixe : veľmi veľký dom (« une très grande maison ») ne peut s’exprimer par un autre ordre.

Les enclitiques ne peuvent pas commencer une phrase et se placent habituellement en deuxième position : il s’agit de la particule by, des formes de byť utilisées en tant qu’auxiliaires (som, si, sme, ste), des pronoms réfléchis (sa, si) et de la forme courte de certains pronoms personnels (mi, ma, ti, ťa, ho, mu). S’il y a plusieurs enclitiques, ils doivent être placés dans l’ordre dans lequel ils ont été cités : To by sa mi páčilo (« Cela me plairait »)[32].

Les questions de type « oui ou non » ont aussi un ordre des mots libre, et en général seule l’intonation permet de distinguer une question d’une affirmation. Dans les questions avec un pronom interrogatif, celui-ci est habituellement placé en début de phrase (après une éventuelle préposition) : Čo chcete dnes robiť? (« Qu’est-ce que vous voulez faire aujourd’hui ? »).

La double négation est obligatoire en slovaque : dans Nikdy nikomu nič nepoviem (« Je ne dirai jamais rien à personne »), chaque mot est négatif[33].

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

Formation des mots[modifier | modifier le code]

En général, un mot slovaque peut être composé de quatre éléments : des préfixes, une racine, des suffixes et une désinence. Les préfixes et les suffixes modifient le sens de la racine, et la désinence est l’élément qui change lorsque le mot est conjugué ou décliné[34].

Exemple : podzemný (« souterrain »)
Préfixe Racine Suffixe Désinence
pod- zem -n-
sous terre suffixe adjectival terminaison des adjectifs

Il existe aussi des mots composés dans lesquels les racines sont généralement liées par la voyelle -o- :

  • nos (« nez ») + roh (« corne ») = nosorožec (« rhinocéros »),
  • voda (« eau ») + vodiť (« conduire ») = vodovod (« canalisation »),
  • jazyk (« langue ») + lámať (« casser ») = jazykolam (« virelangue »),
  • dlhý (« long ») + doba (« période ») = dlhodobý (« à long terme »).

Préfixes[modifier | modifier le code]

Les préfixes sont très utilisés, notamment avec les verbes. La plupart des préfixes ont un sens général, mais le sens du verbe dérivé peut aussi être imprévisible. Ainsi, à partir de písať (« écrire »), ísť (« aller »), spať (« dormir ») ou piť (« boire »), on peut former entre autres :

  • na- : napísať (« écrire », perfectif), nájsť (« trouver »), napiť sa (« se désaltérer ») ;
  • pre- (répétition, à travers) : prepísať (« réécrire »), prespať (« passer un certain temps à dormir ») ;
  • vy- (sortie, action effectuée jusqu’au bout) : vypísať (« recopier (à partir d’un texte) », « épuiser (du papier, un crayon…) en écrivant »), vyjsť (« sortir ») , vyspať sa (« dormir de tout son soûl ») , vypiť (« boire en entier », « vider son verre ») ;
  • o(b)- (à propos de, autour de) : opísať (« décrire »), obísť (« contourner »), opiť sa (« se saouler ») ;
  • do- (terminer une action) : dopísať (« finir d’écrire »), dôjsť (« parvenir »), dospať (« dormir jusqu’à un certain moment »), dopiť (« finir de boire », « finir son verre ») ;
  • od- (à partir de) : odpísať (« répondre par écrit »), odísť (« partir »), odpiť (« boire un peu »).

Ces préfixes peuvent aussi être utilisés avec les noms et les adjectifs (souvent dans des mots dérivés de verbes) : východ (« sortie »), odchod (« départ »), opis (« description »), etc.

D’autres préfixes sont utilisés principalement avec les noms et les adjectifs, par exemple :

  • proti- (« contre ») : protiklad (« contraire »), protiústavný (« anticonstitutionnel ») ;
  • nad- (« au-dessus ») : nadzvukový (« ultrasonique »), nadmerný (« excessif ») ;
  • pod- (« sous ») : podpora (« soutien »), podmorský (« sous-marin ») ;
  • medzi- (« entre ») : medzinárodný (« international »).

Suffixes[modifier | modifier le code]

Les suffixes en slovaque sont particulièrement nombreux. Pour les noms, on peut citer notamment[35] :

  • Suffixes masculins :
    • -teľ (professions, agents) : prekladateľ (« traducteur »), pozorovateľ (« observateur »), čitateľ (« lecteur ») ;
    • -ák (agents, personnes caractérisées par un trait particulier) : hlupák (« imbécile »), spevák (« chanteur »), pravák (« droitier ») ;
    • -ec (agents, habitants) : športovec (« sportif »), Estónec (« Estonien »), lenivec (« flemmard ») ;
    • -ár/-iar (professions, agents) : rybár (« pêcheur »), zubár (« dentiste »), fajčiar (« fumeur ») ;
    • -(č)an (habitants) : Američan (« Américain »), Číňan (« Chinois »), občan (« citoyen »).
  • Suffixes féminins :
    • -áreň/-iareň (endroits) : kaviareň (« café »), lekáreň (« pharmacie »), čakáreň (« salle d’attente ») ;
    • -ňa (endroits) : čajovňa (« salon de thé »), dielňa (« atelier ») ;
    • -osť (qualité) : mladosť (« jeunesse »), dôležitosť (« importance »), radosť (« joie ») ;
    • suffixes permettant de créer l’équivalent féminin d’un mot masculin :
      • -ka : zubárka (« dentiste »), čitateľka (« lectrice »), speváčka (« chanteuse ») ;
      • -(k)yňa : kolegyňa (« collègue »), športovkyňa (« sportive »), sudkyňa (« juge »).
  • Suffixes neutres :
    • -isko (endroits) : letisko (« aéroport »), pieskovisko (« bac à sable »), ohnisko (« foyer (d’un feu) ») ;
    • -stvo (qualités, noms collectifs) : ľudstvo (« humanité »), priateľstvo (« amitié »), bratstvo (« fraternité ») ;
    • -dlo (instruments) : čerpadlo (« pompe »), svietidlo (« luminaire »), umyvadlo (« lavabo »).

Les suffixes adjectivaux les plus fréquents sont :

  • -ový : malinový (« à la framboise »), cukrový (« de sucre »), kovový (« métallique »), atómový (« atomique ») ;
  • -ný : národný (« national »), hudobný (« musical »), drevený (« en bois »), nočný (« nocturne ») ;
  • -ský/-cký : občiansky (« civil »), matematický (« mathématique »), školský (« scolaire »), mestský (« urbain »).

Diminutifs[modifier | modifier le code]

Les diminutifs sont très courants en slovaque et peuvent s’appliquer à presque tous les noms. S’ils signifient parfois que l’objet désigné est plus petit (lyžička « petite cuillère » est bien une petite cuillère, lyžica), dans la plupart des cas ils apportent une nuance affective : kávička ne désigne pas une petite quantité de café (káva), mais plutôt une « bonne tasse de café ». Au restaurant, les serveurs proposeront bien souvent une polievočka plutôt qu’une simple soupe (polievka). Les principaux suffixes diminutifs sont :

  • Suffixes masculins :
    • -ík : pohárik (« petit verre »), psík (« petit chien ») ;
    • -ček : domček (« maisonnette »), stromček (« petit arbre ») ;
    • -ok : kvietok (« petite fleur »).
  • Suffixes féminin :
    • -ka : knižka (« petit livre »), žienka (« petite femme ») ;
    • -ička : vodička (« petite eau »), pesnička (« chanson ») ;
    • -očka : polievočka (« petite soupe »).
  • Suffixes neutres :
    • -ko : vínko (« petit vin »), jabĺčko (« petite pomme ») ;
    • -íčko : autíčko (« petite voiture »), slovíčko (« petite mot »).

Emprunts[modifier | modifier le code]

Au cours de son histoire, le slovaque a emprunté des mots à de nombreuses sources. Outre les noms scientifiques d’origine grecque et latine que l’on retrouve dans la plupart des langues européennes (matematika, chémia, demokracia, federácia…), le slovaque a empruntés des mots notamment aux langues suivantes (dans l’ordre chronologique) :

  • allemand et vieux haut-allemand (souvent des mots d’origine latine) : krstiť (« baptiser »), ďakovať (« remercier »), funt (« livre ») ;
  • hongrois : gombík (« bouton »), ťava (« chameau ») ;
  • roumain : bryndza et d’autres mots concernant l’élevage des moutons ;
  • latin : des mots religieux comme cintorín (« cimetière »), mais aussi des mots répandus dans de nombreuses langues d’Europe (protokol, kalendár…) ;
  • tchèque : les mots empruntés au tchèque sont souvent difficiles à identifier parce qu’ils sont slovaquisés par des changements minimes (comme dôležitý « important », issu de důležitý). Aujourd’hui, les tchéquismes sont fréquents dans la langue familière : on entend díky (« merci ») aussi bien que son équivalent slovaque vďaka, et hranolky (« frites ») est plus fréquent que sa traduction slovaque officielle hranolčeky[36] ;
  • français : bufet (« buffet »), portrét (« portrait »), interiér (« intérieur »), montáž (« montage »), garáž (« garage ») ;
  • anglais : džús (« jus »), fajn (« bien, cool »), et de nombreux mots concernant les technologies modernes : server, web, skener (« scanner »), etc.

Les noms étrangers reçoivent un genre en fonction de leur terminaison. Certains, difficilement adaptables à la grammaire slovaque, sont indéclinables et ont un genre imprévisible : alibi et menu sont neutres. Les adjectifs reçoivent habituellement un suffixe tel que -ný ou -ový (termálny), et quasiment tous les verbes reçoivent le suffixe -ovať (kontrolovať)[37].

Exemples[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Transcription en API Prononciation approximative
terre zem [ˈzɛm] zèm
ciel nebo [ˈɲɛbɔ] gnèbo
eau voda [ˈvɔda] voda
feu oheň [ˈɔɦɛɲ] ohègne
garçon chlapec [ˈxlapɛt͡s] khlapèts
homme muž [ˈmuʃ] mouch
femme žena [ˈʒɛna] jèna
manger jesť [ˈjɛsc] yesty
boire piť [ˈpic] pity
grand veľký [ˈvɛʎkiː] velkii
petit malý [ˈmaliː] malii
nuit noc [ˈnɔt͡s] nots
jour deň [ˈɟɛɲ] diègne
bonjour dobrý deň [ˈdɔbriː ɟɛɲ] dobrii diègne

Histoire[modifier | modifier le code]

Évolution phonétique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Proto-slave.

Le slovaque, comme les autres langues slaves, descend du proto-slave, langue hypothétique parlée du VIe au IXe siècle. De nombreuses évolutions ont eu lieu depuis, certaines partagées par toutes les langues slaves, d’autres propres à un petit groupe de langues ou uniquement au slovaque.

En proto-slave, les syllabes ne pouvaient pas se terminer par une consonne et les groupes de consonnes en début de syllabe étaient peu nombreux. Il existait deux voyelles appelées yers, habituellement écrites ь et ъ (parfois transcrites ĭ et ŭ), qui pouvaient être « fortes » ou « faibles » (loi de Havlík) : les yers étaient forts avant un yer faible, faibles en fin de mot ou avant un yer fort ou une autre voyelle. Dans toutes les langues slaves, la plupart des yers faibles ont disparu (ь laissant parfois une trace sous la forme de palatalisation de la consonne précédente), ce qui a conduit à l’apparition de nombreux groupes de consonnes, caractéristiques des langues slaves modernes. Les yers forts, quant à eux, se sont transformés en diverses voyelles, en fonction des langues ; en slovaque, ъ a donné o (parfois e, a ou á), ь a donné e (parfois o, a ou á) :

  • *sъnъsen (« rêve », à l’origine « sommeil ») ;
  • *dьnьdeň (« jour ») ;
  • *dъždьdážď (« pluie »).

Cette évolution explique le phénomène des voyelles mobiles, c’est-à-dire les voyelles qui disparaissent lorsque certains mots sont déclinés : *pьsъ (« chien ») a évolué en pes, mais son génitif *pьsa a donné psa. Le slovaque a cependant régularisé certains mots : le génitif de domček (← *domъčьkъ, « petite maison ») devrait être *domečka (← *domъčьka), mais est en fait domčeka, formé de manière régulière à partir du nominatif[38],[39],[40].

Le proto-slave avait également deux voyelles nasales, ę et ǫ, aujourd’hui perdues dans toutes les langues slaves sauf le polonais. En slovaque, ę a donné a (ä après une consonne labiale) et ia quand il était long ; ǫ a donné u ou ú selon sa longueur[41],[42] :

  • *rǫkaruka (« main », comparer avec le polonais ręka) ;
  • *męsomäso (« viande », comparer avec le polonais mięso).

Le jat’, voyelle habituellement transcrite ě, a donné ie en slovaque et s’est parfois raccourci en e[43] :

  • *světъsvet (« monde ») ;
  • *rěkarieka (« rivière »).

Les sons i et y se sont confondus en slovaque (même si un ancien i palatalise souvent la consonne précédente). L’orthographe conserve cette distinction, mais i et y se prononcent de manière identique en slovaque moderne[44].

Les groupes de type CorC, ColC, CerC et CelC (où C représente n’importe quelle consonne) ont subi diverses modifications dans toutes les langues slaves. En slovaque, ils ont subi une métathèse pour devenir aujourd’hui respectivement CraC, ClaC, CreC et CleC[45],[46] :

  • *golvahlava (« tête », en polonais głowa, en russe golová),
  • *dorgъ(jь)drahý (« cher », en polonais drogi, en russe dorogój),
  • *berzabreza (« bouleau », en polonais brzoza, en russe berëza).

Les groupes de type CRьC et CRъC (où R représente r ou l) sont, quant à eux, à l’origine des consonnes syllabiques en slovaque[47],[48] :

  • *slьzaslza (« larme ») ;
  • *krъvьkrv (« sang »).

Un j entre deux voyelles a généralement disparu pour donner une voyelle longue : comparez stáť (« être debout »), dobrá (« bonne ») et poznáš (« tu connais ») avec leurs équivalents russes stojátʹ, dóbraja et znáješ. Le j s’est cependant maintenu dans des mots tels que les pronoms possessifs (moja, moje) ; le tchèque est allé plus loin en autorisant et [49],[50].

Les consonnes, quant à elles, ont subi dans les langues slaves deux palatalisations[51] :

  • La première palatalisation a transformé k, g et ch en č, ž et š devant e, i, ь et j, ce qui explique certaines alternances dans la conjugaison et la dérivation : sluha (« serviteur », le h provient d’un g) / slúžiť (« servir »), plakať (« pleurer ») / plače (« il pleure »).
  • La deuxième palatalisation a transformé les mêmes consonnes devant ě et certains i en ć, ź et ś (fricatives palatales), qui sont devenues plus tard c, z et s : vojak (« soldat ») / vojaci (« soldats »). Le slovaque a cependant régularisé les effets de cette palatalisation dans la déclinaison : na ruce (« dans la main », encore correct en tchèque) est devenu na ruke, plus proche du nominatif ruka.

Parmi les évolutions qu’ont subi les consonnes, un trait caractéristique du slovaque (partagé avec le tchèque, le haut-sorabe et l’ukrainien) est la transformation systématique de g en h (comparez noha « pied » avec noga en polonais, russe ou slovène)[52]. Il n’a survécu que dans le groupe zg, dans de rares mots tels que miazga (« lymphe »). De nos jours, g se rencontre presque uniquement dans les mots d’origine étrangère[53].

Évolution de la grammaire[modifier | modifier le code]

Même si de nombreux traits de la grammaire du proto-slave ont été conservés en slovaque moderne, certaines évolutions ont eu lieu[54] :

  • Le duel a entièrement disparu. Il n’en reste quelques traces telles que les pluriels irréguliers de oko (« œil ») et ucho (« oreille »), respectivement oči et uši.
  • Le vocatif a disparu (il ne subsiste plus que dans des expressions figées).
  • En proto-slave, la terminaison des noms décidait de l’appartenance de ces mots à un modèle de déclinaison. Aujourd’hui, le genre du mot est devenu un facteur plus important. Certains modèles de déclinaison ont disparu ou ne subsistent plus que dans quelques mots irréguliers.
  • Les adjectifs avaient une forme longue et une forme courte utilisée en tant qu’attribut. La forme courte a disparu, sauf dans quelques rares mots tels que rád (« content ») et une partie des formes de jeden (« un »), sám (« seul ») et des adjectifs possessifs.
  • L’aoriste et l’imparfait ont disparu, il ne reste qu’un seul passé. La particule by du conditionnel est un vestige de l’aoriste.
  • Le gérondif passé a disparu et le participe passé actif, qui existe encore dans la langue littéraire, n’est plus d’usage dans le langage courant.

Dialectes[modifier | modifier le code]

Les dialectes du slovaque

Même si de nos jours, la langue de la plupart des Slovaques tend se rapprocher du slovaque standard, il existe en Slovaquie de nombreux dialectes classés en trois grands groupes : slovaque occidental (plus proche du tchèque), slovaque central (sur lequel est basée la langue littéraire) et slovaque oriental[55],[56],[57],[58].

Slovaque occidental[modifier | modifier le code]

Le slovaque occidental partage des caractéristiques avec le tchèque, en particulier les dialectes moraves.

  • La loi rythmique n’existe pas dans ces dialectes.
  • Les yers ont presque tous donné e : rež (« seigle », standard : raž).
  • La voyelle nasale ę a évolué en a ou á (ä n’existe pas) : maso (« viande », standard : mäso).
  • Ľ n’existe pas et est systématiquement remplacé par l.
  • Il n’y a pas de diphtongues : ô devient ó ou ú, ie devient é ou í.
  • V en fin de mot se prononce f.
  • Les noms neutres en -e ont -o à la place : vajco (« œuf », standard : vajce).
  • La terminaison de l’instrumental féminin est -u ou au lieu de -ou.
  • La terminaison de l’infinitif est -t au lieu de .
  • La négation de byť au présent se forme avec neni au lieu de nie.
  • La terminaison -ia des noms masculins animés au pluriel devient ou -ié.

Slovaque central[modifier | modifier le code]

Étant donné que le slovaque standard a été élaboré sur la base du slovaque central (en particulier le dialecte parlé à Martin), c’est ce groupe de dialectes qui est le plus proche de la langue littéraire. On trouve cependant des différences :

  • Le -l des verbes au passé devient -u : dau (« il a donné », standard : dal).
  • Ä peut se trouver après d’autres consonnes que les labiales : kämeň (« pierre », standard : kameň).
  • Les groupes de consonnes tl et dl se simplifient en l.
  • La terminaison neutre des adjectifs est -uo au lieu de .
  • La troisième personne du pluriel de byť est sa au lieu de .

Slovaque oriental[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Slovaque oriental.

Les dialectes orientaux sont les plus éloignés de la langue standard. Certains traits les rapprochent du polonais.

  • Il n’y a pas de voyelles longues. Les diphtongues sont simplifiées dans la plupart des régions.
  • Les yers ont presque tous donné e : oves (« avoine », standard : ovos).
  • La voyelle nasale ę a évolué en e ou ia : meso (« viande », standard : mäso).
  • V en fin de mot se prononce f.
  • Les consonnes syllabiques n’existent pas et une voyelle est insérée : verch (« sommet », standard : vrch).
  • Ť et ď sont prononcés c et dz : dzeci (« enfant », standard : deti).
  • Les noms neutres en -e ont -o à la place : vajco (« œuf », standard : vajce).
  • Les pronoms possessifs au nominatif pluriel se terminent par -o : mojo dzeci (« mes enfants », standard : moje deti).
  • Le génitif et le locatif pluriels des noms se terminent par -och à tous les genres. Le datif pluriel est -om pour tous les genres, alors que cette terminaison est réservée aux noms masculins en slovaque standard.
  • Le passé de byť est bul au lieu de bol.
  • « Quoi » se dit co au lieu de čo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  2. (cs) Český statistický úrad, « Obyvatelstvo podle věku, mateřského jazyka a pohlaví » (consulté le 14 juin 2015)
  3. (en) Republički zavod za statistiku, « Population by mother tongue » (consulté le 14 juin 2015)
  4. (sk) « O obci », sur Obec Báčsky Petrovec (consulté le 3 juin 2015)
  5. (en) Központi Statisztikai Hivatal, « Population by language knowledge and sex » (consulté le 14 juin 2015)
  6. (ro) Institutul național de statistică, « Tab10. Populația stabilă după limba maternă – județe, municipii, orașe, comune » (consulté le 14 juin 2015)
  7. (de) Statistik Austria, « Bevölkerung 2001 nach Umgangssprache, Staatsangehörigkeit und Geburtsland » (consulté le 14 juin 2015)
  8. (en) U.S. Census Bureau, « Detailed Languages Spoken at Home and Ability to Speak English for the Population 5 Years and Over for the United States: 2006-2008 »,‎ (consulté le 14 juin 2015)
  9. Statistique Canada, « Recensement du Canada de 2011 : Tableaux thématiques » (consulté le 14 juin 2015)
  10. (en) Australian Government. Department of Foreign Affairs and Trade, « Slovak Republic country brief »,‎ (consulté le 14 juin 2015)
  11. Hanulíková et Hamann 2010, p. 373
  12. (cs+sk) Magdaléna Feifičová et Vladimír Němec, Slovensko-český a česko-slovenský slovník na cesty, Kava-Pech,‎ , 192 p. (ISBN 978-80-87169-14-8, présentation en ligne)
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  47. Sussex et Cubberley 2006, p. 146–148
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  50. Pauliny, Ružička et Štolc 1968, p. 442
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  52. Sussex et Cubberley 2006, p. 143
  53. Pauliny, Ružička et Štolc 1968, p. 452
  54. Pauliny, Ružička et Štolc 1968, p. 452–457
  55. « Dialectes », sur Slovake.eu (consulté le 3 juin 2015)
  56. (en) « Map of Slovak Dialects » (consulté le 3 juin 2015)
  57. Short 1993, p. 588–591
  58. Sussex et Cubberley 2006, p. 535–543

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Apprentissage et guides de conversation[modifier | modifier le code]

Grammaire[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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