Diabolo menthe

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Diabolo menthe
Réalisation Diane Kurys
Scénario Diane Kurys
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 100 min.
Sortie 1977

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Diabolo menthe est un film français réalisé par Diane Kurys et sorti en 1977. Il a remporté le prix Louis-Delluc.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans le Paris du début des années 1960, les premiers émois de deux sœurs adolescentes aux personnalités très différentes.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Le lycée Jules-Ferry (Paris), où sont tournées plusieurs scènes.
La plage de Saint-Aubin-sur-Mer (Calvados), où sont tournées la première scène et la scène finale.

Premier long métrage de Diane Kurys, le film est en grande partie autobiographique[1].

Il se réfère à plusieurs événements qui l'ancrent dans la première moitié des années 1960[1] :

Ces faits permettent de dater le film avec précision : l'intrigue se déroule durant l'année scolaire 1963-1964. Édith Piaf et le président Kennedy meurent à l'automne 1963. La professeure d'histoire évoque l'affaire de Charonne, « l'année dernière, en février » (en fait, deux ans plus tôt, les faits datant de février 1962). Autre inexactitude chronologique : l'augmentation du prix du timbre n'interviendra qu'un an plus tard, en 1965[2].

Genèse[modifier | modifier le code]

Diabolo Menthe est d'abord une ébauche de roman, devenu un scénario. La réalisatrice Diane Kurys confie : « J'ai fait Diabolo pour me venger de ma mère et de ma sœur aînée. Elles étaient dures avec moi quand j'étais petite. Même en lui dédiant le film, je n'ai pu m'empêcher d'envoyer une pique à Nadia [sa sœur] en inscrivant à l’écran : « À ma sœur, qui m'a toujours pas rendu mon pull-over orange... » », bien que ce pull n'ait jamais existé. Elle commence à écrire son histoire en 1976 et, sur les conseils d'Alexandre Arcady, le transforme en scénario, se basant sur ses propres souvenirs de jeunesse, ayant fréquenté le lycée Jules-Ferry, eu une professeur de mathématiques apeurée par ses élèves et une autre, sadique, éléments qui apparaissent dans le film. Mais si, dans le long métrage, c'est la sœur de l'héroïne qui joue dans la pièce de théâtre de fin d'année, dans la réalité, c'est Diane Kurys qui tint ce rôle, l'amenant à écrire sur un papier (qu'elle cacha mais qui fut découvert par Nadia) qu'elle voulait devenir célèbre[1].

La réalisation du film coûte 2,4 millions de francs. Inconnue, Diane Kurys part en quête d'un financement. Un tiers du budget est couvert par une avance sur recettes du CNC. Le premier jet du script, intitulé T'occupe pas du chapeau de la gamine, laisse flotter les rubans, est rejeté. Le second, titré Histoire de petites filles et présenté quelques semaines plus tard, est accepté. Gaumont s'engage à distribuer le film et à en financer un deuxième tiers. L'imprimeur Serge Laski paie le dernier[1].

Diane Kurys se rend au festival de Cannes. Elle y recrute son équipe de tournage parmi d'anciens camarades comédiens. Éléonore Klarwein, l'actrice principale, est âgée de 13 ans et n'a jamais tourné. Elle est recrutée au dernier moment mais la réalisatrice sent qu'elle ne se trompe pas : « Elle entre dans mon bureau et c'est une évidence. Je ne lui fais même pas jouer une scène. Elle a le rôle[1]. »

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage débute le 1er août 1977. Les jeunes actrices sont peu disciplinées. Le travail du preneur de son est compliqué par la voix d'Éléonore Klarwein, qui déclare que trois scènes l'ont déstabilisée : « D'abord, celle où j'ai mes règles, parce que je ne les ai pas dans la réalité et parce que ça touche à l'intime. Ensuite, celle où je prends un bain avec ma sœur qui me met ses doigts de pied dans la bouche. Dégoûtant. En plus, je suis topless dans la baignoire et ça me gêne. Enfin celle où ma sœur me fait tomber d'un canapé : là, je me fais mal. »

En cours de tournage, le titre du film passe d’Histoire de petites filles à Diabolo menthe, qui ne convainc tout d'abord personne. Pour le justifier, on ajoute la séquence du café, où, malgré une journée froide, les jeunes héroïnes commandent un diabolo-menthe. Le tournage prend fin le 27 septembre[1].

Les scènes scolaires sont filmées au lycée Jules-Ferry, à Paris, que Diane Kurys a fréquenté durant son adolescence[3]. L'immeuble où vivent les sœurs Weber (aujourd'hui détruit) se situe au 7, rue des Cloÿs, dans le 18e arrondissement de Paris. Une scène est tournée au Musée national de Port-Royal des Champs. On reconnaît en effet, les portraits des religieuses ainsi que les boiseries de la bibliothèque ainsi que les cent marches qui se trouvent dans le parc de l'établissement. Les vacances se déroulent à Saint-Aubin-sur-Mer (Calvados)[4].

Promotion et sortie[modifier | modifier le code]

La société Gaumont insiste pour que Diabolo menthe sorte le 14 décembre : aucun film majeur n'occupe alors les écrans et les fêtes de Noël approchent, propices aux séances de cinéma. Réalisée par l'illustrateur de bande dessinée Floc'h, l'affiche détonne par rapport aux productions contemporaines. On y lit : « En 1963, que faisiez-vous ? Frédérique avait 15 ans, Anne 13… » (idée empruntée à l'affiche du film American Graffiti : “Where were you in '62 ?”). L'équipe fait de l'affichage sauvage dans la capitale...

Diabolo menthe sort dans une dizaine de salles à Paris et une trentaine en province. Bien que personne ne l'ait pressenti, il connaît le succès (70 000 entrées dans la capitale la première semaine et le double la semaine suivante). Finalement, il enregistre trois millions d'entrées[1].

Chanson[modifier | modifier le code]

La chanson-titre Diabolo menthe, composée et interprétée par Yves Simon — qui en écrit les paroles et la musique en deux heures, avant un concert à Sarrebrück, sur sa guitare Epiphone — connaît un grand succès après la sortie du film. Elle entraîne la sortie d'un 45 tours. Sur les premiers exemplaires, le chanteur figure sur la pochette car c'est la seule personnalité connue. Dans les rééditions, vu le succès du long métrage, l'affiche du film remplace sa photo[1].

Humour[modifier | modifier le code]

Plusieurs traits d'humour — visant principalement le personnel enseignant — ponctuent le film :

  • l'ignorance de la surveillante générale (Tsilla Chelton), qui prend la ville d'Oran pour une école privée ;
  • l'accent très approximatif de la professeur d'anglais (Marthe Villalonga) ;
  • la réponse en chœur « Du boudin ! » à la question de la professeur de sciences naturelles, qui demande à ses élèves ce qu'on fait avec le kaolin, en espérant s'entendre dire « Du talc » ;
  • l'absence de souplesse de la professeur de gymnastique, immobilisée par un bâton qui lui entrave les deux bras ;
  • l'indignation de la professeur précitée, qui chasse les curieux observant ses élèves en exercice au prétexte qu'ils sont des voyeurs ;
  • la relation (qu'on devine fictive) par une camarade d'Anne Weber d'une première expérience amoureuse, où un garçon lit Spirou à côté d'elle après son déshabillage ;
  • son affirmation selon laquelle un pénis en érection peut atteindre deux mètres ;
  • les ridicules socquettes jaunes ou rouges de la professeur de français ;
  • son dialogue en latin avec un ecclésiastique, durant la visite du musée de Port-Royal ;
  • la somnolence de la professeur de dessin au spectacle de fin d'année ;
  • le couple mal assorti formé par la professeur de gymnastique et son cavalier, un homme âgé nettement plus petit qu'elle, pendant le bal final...

Distinction[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Grâce à la télévision, le succès de Diabolo menthe se poursuit. FR3 le diffuse une première fois le 11 février 1981, alors que la télévision ne compte que trois chaînes. De multiples rediffusions suivent, sur TF1, France 2, Arte, M6 ou Gulli. En 2008 sort une version DVD avec des bonus. En 2017, la distributrice Sophie Dulac le ressort dans une quinzaine de salles en France. Évoquant ce succès, Diane Kurys déclare : « C’est un film d'époque. Et ça, ça vieillit toujours mieux. Et puis c'est un film sur l'adolescence. Ça parle à tout le monde[1]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j Thierry Dugeon, « Diabolo menthe, toujours vert », Vanity Fair n°48, juillet 2017, pages 90-97.
  2. voir http://www.info-collection.fr/dater-timbre.html.
  3. François-Guillaume Lorrain, Les Enfants du cinéma, éditions Grasset, 2011, page 222.
  4. Diabolo Menthe sur l2tc.com (lieux de tournage cinématographique).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]