Crime passionnel

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Le crime passionnel désigne un meurtre ou une tentative de meurtre dont le mobile avancé par le tueur est la passion ou la jalousie amoureuse. La victime en est généralement un être que le tueur dit aimer l'ayant trompé ou s'étant séparé de lui (cas le plus courant aujourd'hui dans les sociétés occidentales).

Le crime passionnel fait souvent l'objet d'une certaine indulgence de la part des tribunaux et de la société, car il est considéré que la passion amoureuse peut faire perdre le contrôle de soi-même dans les cas extrêmes, notamment de jalousie. Il est donc souvent moins sévèrement puni que les autres types de meurtre, que ce soit dans la loi (lois d'exceptions) ou seulement dans les faits (circonstances jugées atténuantes). Ainsi, au Canada, les crimes conjugaux des hommes à l'égard des femmes peuvent bénéficier de l'excuse de « provocation » prévue par l'article 232 du Code criminel, ce qui leur vaut généralement des circonstances atténuantes, tandis que les femmes, même victimes de violence conjugale susceptibles de porter atteintes à leur vie ne bénéficiaient pas, jusqu'à la décision Lavallée de telles circonstances atténuantes, et pouvaient être condamnées très lourdement[1]. En France, il est une des formes d'homicides les moins sévèrement punis[2]. Cette mansuétude est sans doute la conséquence de l'influence de la doctrine positiviste italienne du XIXe siècle, au moment de l'apogée du romantisme artistique et littéraire en Europe.[réf. nécessaire] Cette défense a été utilisée pour faire acquitter Henriette Caillaux et le contentieux O. J. Simpson est un exemple allégué de crime passionnel.

Ce type de meurtre est essentiellement perpétré par des hommes sur leur ex-conjointe ou conjointe. Il s'accompagne parfois du suicide de l'auteur de l'acte ou, plus rarement, du meurtre des enfants.

L'utilisation du terme est dénoncé par les féministes qui considèrent qu'il s'agit d'un travestissement des violences faites aux femmes. Elles considèrent que l'on ne peut tuer par amour et que le mobile est en réalité l'atteinte à l'égo et au sentiment de propriété, ce qui rapproche ce type de crimes des crimes d'honneur. En comparant les articles de presse rédigés après le meurtre de Marie Trintignant par Bertrand Cantat, une équipe de sociologues et psychologues identifient deux types d'approche. L'une, celle d'un meurtre relevant de la violence conjugale, met l'accent sur l'enfermement de la victime au sein du couple, et de sa soumission au huis-clos voulu par l'homme, qui correspond à un système de contrôle, une volonté de domination masculine trouvant comme réponse chez la partenaire une perte d'autonomie, ainsi que l'intériorisation d’une certaine infériorité. L'autre approche, celle du crime passionnel, voit dans la relation, bien qu'asymétrique puisque c'est l'homme qui est à l'origine de l'enfermement, la manifestation d'un amour réciproque : « au nom de l’amour, Bertrand Cantat cherche à contrôler Marie Trintignant, et c’est au nom de l’amour qu’elle éprouve, semble-t-il, que Marie Trintignant, à la fin des séances de tournage, se précipite pour le rejoindre. En fait, la référence à la passion et à l’amour indique l’idéalisation de la relation violente. » Ces auteurs constatent que la première approche se situe du point de vue de la femme, tandis que la seconde se situe du point de vue de l'homme[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sylvie Frigon « Éditorial : homicide conjugal, représentations et discours : contrôle, légitime défense et amour », Criminologie, vol. 29, n° 2, 1996, p. 3-9. lire en ligne p.4 DOI:10.7202/017386ar
  2. En 1891 déjà, Paul Aubry, dans « La contagion du meurtre  » justifiait la facilité à son recours par « l'indulgence proverbiale des jurés pour tout crime qu'on peut ranger sous cet étrange vocable: crime passionnel. » lire en ligne p.5, DOI:10.4267/2042/15123
  3. Mercader Patricia, Houel Annik, Sobota Helga, « L'asymétrie des comportements amoureux : violences et passions dans le crime dit passionnel. », Sociétés contemporaines 3/2004 (no 55) , p. 91-113, texte intégral, DOI:10.3917/soco.055.0091

Voir aussi[modifier | modifier le code]