Crime passionnel

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Le crime passionnel désigne un meurtre ou une tentative de meurtre dont le mobile avancé par le tueur est la passion ou la jalousie amoureuse. La victime en est généralement un être que le tueur dit aimer l'ayant trompé ou s'étant séparé de lui (cas le plus courant aujourd'hui dans les sociétés occidentales).

Le crime passionnel a fait dans le passé l'objet d'une certaine indulgence de la part des tribunaux et de la société, car il était considéré que la passion amoureuse pouvait faire perdre le contrôle de soi-même dans les cas extrêmes, notamment de jalousie. Il était donc souvent moins sévèrement puni que les autres types de meurtre, que ce soit dans la loi (lois d'exceptions) ou seulement dans les faits (circonstances jugées atténuantes). Le crime passionnel est devenu un crime tout court, de droit commun. Ce n'est qu'en 1994, avec la publication d'un décret modifiant certaines dispositions de droit pénal, que le crime conjugal est devenu particulièrement grave puisque la qualité de conjoint de la victime est devenue une circonstance aggravante. Plus tard, en 2006, elle sera élargie aux concubins, «pacsés» et aux «ex» par une loi renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple. Le meurtre est ainsi puni de la réclusion criminelle à perpétuité (au lieu de 30 ans)

Ce type de meurtre est essentiellement perpétré par des hommes sur leur ex-conjointe ou conjointe. Il s'accompagne parfois du suicide de l'auteur de l'acte ou, plus rarement, du meurtre des enfants.

L'utilisation du terme est dénoncé par les féministes qui considèrent qu'il s'agit d'un travestissement des violences faites aux femmes. Elles considèrent que l'on ne peut tuer par amour et que le mobile est en réalité l'atteinte à l'égo et au sentiment de propriété, ce qui rapproche ce type de crimes des crimes d'honneur. En comparant les articles de presse rédigés après le meurtre de Marie Trintignant par Bertrand Cantat, une équipe de sociologues et psychologues identifient deux types d'approche. L'une, celle d'un meurtre relevant de la violence conjugale, met l'accent sur l'enfermement de la victime au sein du couple, et de sa soumission au huis clos voulu par l'homme, qui correspond à un système de contrôle, une volonté de domination masculine trouvant comme réponse chez la partenaire une perte d'autonomie, ainsi que l'intériorisation d’une certaine infériorité. L'autre approche, celle du crime passionnel, voit dans la relation, bien qu'asymétrique puisque c'est l'homme qui est à l'origine de l'enfermement, la manifestation d'un amour réciproque : « au nom de l’amour, Bertrand Cantat cherche à contrôler Marie Trintignant, et c’est au nom de l’amour qu’elle éprouve, semble-t-il, que Marie Trintignant, à la fin des séances de tournage, se précipite pour le rejoindre. En fait, la référence à la passion et à l’amour indique l’idéalisation de la relation violente ». Ces auteurs constatent que la première approche se situe du point de vue de la femme, tandis que la seconde se situe du point de vue de l'homme[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mercader Patricia, Houel Annik, Sobota Helga, « L'asymétrie des comportements amoureux : violences et passions dans le crime dit passionnel. », Sociétés contemporaines 3/2004 (no 55) , p. 91-113, texte intégral, DOI:10.3917/soco.055.0091

Articles connexes[modifier | modifier le code]