Priscille et Aquila

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Priscille et Aquila forment, d'après le Nouveau Testament, un couple de Juifs converti au christianisme. Ils figurent dans le martyrologe romain et sont fêtés par l'Église catholique romaine le 8 juillet[1] ; l'Église orthodoxe les fêtent le 13 février[2].

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Aquilla — marié avec Prisca (ou Prisquille)[3] — est originaire du Pont[3]. C'est un juif latinisé[3] qui comme l'apôtre Paul appartenait à la Tribu de Benjamin[4],[3]. Chassé de Rome par un édit de l'empereur Claude, il se trouve à Corinthe en 50-51[3], où il possède une fabrique de tentes. Il héberge Paul et l'embauche même dans son entreprise pendant quelque temps au début de son séjour dans la ville[3]. Il passe ensuite à Éphèse où avec sa femme Prisca, où ils achèvent la formation d'Apollos[3] (ou Appolonios[5],[6]), un baptiste d'Alexandrie qui a reconnu Jésus comme Messie. Il fonde dans la ville plusieurs Églises domestiques[3].

Il partage les risques courus par Paul, avant de quitter Éphése, semble-t-il pour Rome[3]. Selon la Deuxième épître à Timothée, il retourne plus tard à Éphèse[3]. C'est un grand voyageur[3].

Dans le Nouveau testament[modifier | modifier le code]

Priscille et Aquila sont évoqués dans les Actes des Apôtres ainsi que dans les épîtres de Paul de Tarse :

Dans les Actes des Apôtres[modifier | modifier le code]

  • Actes 18:1-5 : « Après cela, Paul s'éloigna d'Athènes et gagna Corinthe. Il y trouva un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, qui venait d'arriver d'Italie avec Priscille, sa femme, à la suite d'un édit de Claude qui ordonnait à tous les Juifs de s'éloigner de Rome. Il se lia avec eux, et, comme ils étaient du même métier, il demeura chez eux et y travailla. Ils étaient de leur état fabricants de tentes. Chaque sabbat, il discourait à la synagogue et s'efforçait de persuader Juifs et Grecs. Quand Silas et Timothée furent arrivés de Macédoine, Paul se consacra tout entier à la parole, attestant aux Juifs que Jésus est le Christ ».
  • Actes 18:18-19 : « Paul resta encore un certain temps à Corinthe, puis il prit congé des frères et s'embarqua pour la Syrie. Priscille et Aquilas l'accompagnaient. Il s'était fait tondre la tête à Cenchrées, à cause d'un vœu qu'il avait fait. Ils abordèrent à Éphèse, où il se sépara de ses compagnons. Il se rendit à la synagogue et s'y entretint avec les Juifs ».
  • Actes 18:26 : « Il (Apollos de Césarée) se mit donc à parler avec assurance dans la synagogue. Priscille et Aquilas, qui l'avaient entendu, le prirent avec eux et lui exposèrent plus exactement la Voie ».

Dans les lettres de Paul de Tarse[modifier | modifier le code]

  • Romains 16:3-5 : « Saluez Prisca et Aquilas, mes coopérateurs dans le Christ Jésus ; pour me sauver la vie ils ont risqué leur tête, et je ne suis pas seul à leur devoir de la gratitude : c'est le cas de toutes les Églises de la gentilité; saluez aussi l'Église qui se réunit chez eux ».
  • 1 Corinthiens 16:19 : « Les Églises d'Asie vous saluent. Aquilas et Prisca vous saluent bien dans le Seigneur, ainsi que l'assemblée qui se réunit chez eux ».
  • 2 Timothée 4:19 : « Salue Prisca et Aquilas, ainsi que la famille d'Onésiphore ».

Dans les autres sources chrétiennes[modifier | modifier le code]

Sainte Priscilla[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prisca la Romaine.

Une tradition rapporte que la sainte, à l'âge de treize ans, est baptisée par Saint Pierre dans sa période missionnaire d'apôtre à Rome, probablement dans les années 40. Dans la littérature pseudo-clémentine son mari Aquila est aussi baptisé par Simon-Pierre alors qu'il se trouve à Antioche, avant qu'il ne connaisse Prisca, probablement peu de temps avant que Pierre se rende à Rome pour la première fois. En effet, Aquila et son frère jumeau Nicétas s'étant retrouvé séparés de leurs parents alors qu'ils étaient tout jeunes ont été élevés dans la province romaine de Syrie par une princesse syro-phénicienne, prosélyte juive appelée Justa qui leur a donné une éducation juive dans le milieu culturel de la Syrie. Le baptême d'Aquilla et de Nicétas intervient après les retrouvailles avec leur frère Clément, fils d'un haut sénateur[7] qui deviendra l'évêque Clément de Rome. Selon d'autres sources, il est un neveu du Consul Titus Flavius Clément[8]. Une tradition attestée à partir du VIIIe siècle l'identifie à la jeune Priscilla, épouse d'Aquila, mentionnée dans les Actes des Apôtres ainsi que par Saint Paul dans son Épître aux Romains[9]. Cette thèse est mise en doute par certains chercheurs[10].

La tradition chrétienne dit que sainte Prisca était d'une famille noble. À treize ans, elle est accusée de christianisme, probablement vers le milieu du Ie siècle, en raison de la persécution par Claudius. Il lui ordonne de faire un sacrifice au dieu Apollon. Quand elle refuse, en raison de sa foi chrétienne, selon le martyrologe romain, elle est soumise à de nombreuses tortures : elle est battue et envoyée en prison. Elle est toutefois libérée après un certain temps. C'est probablement après cette libération qu'elle rencontre Aquila et qu'elle l'épouse. En 49, les juifs sont expulsés de Rome par un édit de l'empereur Claude. Ils se trouvent donc à Corinthe en 50-51, où Aquila possède une de ses résidences. Elle continue d'affirmer encore fermement sa foi en Jésus-Christ. Mise à nouveau en prison à une période inconnue, sa peine comprend cette fois, la flagellation, l'ébouillantage à la suif puis elle est une nouvelle fois emprisonnée. Elle est enfin jetée à un lion dans une arène, mais il se couche tranquillement à ses pieds.

Elle est affamée pendant trois jours dans une maison-prison pour esclaves, puis torturée à une crémaillère. Des morceaux de chair lui sont arrachés avec des crochets de fer puis elle est jetée au bûcher[11]

Elle reste miraculeusement en vie, mais elle est décapitée à la dixième étape de la Via Ostiensis, la route de Rome à Ostie. Les chrétiens enterrent son corps dans la Catacombe de Priscille, sur l'Aventin, la plus ancienne à Rome, à l'endroit de sa mort[10].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Saints Aquila et Priscille sur Nominis.
  2. (en) St. Priscilla, with her husband, Aquila, at Ephesus.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Marie-Françoise Baslez, Saint Paul, Paris, 2012, éd. Pluriel, p. 474.
  4. Marie-Françoise Baslez, Saint Paul, Paris, 2012, éd. Pluriel, p. 33.
  5. cf. version du Codex Bezae des Actes des Apôtres.
  6. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 705.
  7. Bernard Pouderon, Aux origines du roman pseudo-clémentin, in Le judéo-christianisme dans tous ses états - Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir. Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001, p. 238-239.
  8. Actes des martyres, Actes des martyres de la vierge sainte Flavia Domitilla et des saints Nérée et Achillée.
  9. Saints Aquila et Priscille
  10. a et b Kirsch, Johann Peter. "St. Prisca." The Catholic Encyclopedia. Vol. 12. New York: Robert Appleton Company, 1911. 13 Jun. 2009
  11. (en) Brown, Abbie Farwell. "Saint Prisca, the Child Martyr." Baldwin Online Children's Project. Online: June 13, 2009