Aquila de Sinope

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Aquila de Sinope
V02p34a001 Aquila.jpg

Palimpseste du deuxième livre des Rois par Aquila de Sinope

Naissance
Activité

Aquila fut un traducteur de la Bible du IIe siècle.

Natif de Sinope dans le Pont, il accompagne Hadrien dans son voyage oriental. Alors que l'empereur est à Jérusalem (130), il décide de refonder la ville sous le nom d'Ælia Capitolina et confie à Aquila la supervision des travaux de construction de la ville. Aquila était probablement lié par mariage avec une femme de la famille d'Hadrien.

Il se convertit alors au judaïsme nazôréen et a peut-être approfondi sa connaissance du judaïsme sous la direction de rabbi Akiba peu de temps avant le déclenchement de la révolte de Bar Kokhba. Celle-ci provoque l'arrestation et l'exécution d'Akiba et c'est probablement la décision de créer Ælia Capitolina qui déclenche cette révolte (132). Tous les juifs, y compris les nazôréens sont alors expulsés de Jérusalem.

Jérusalem connaît alors pour la première fois un évêque chrétien non circoncis et rattaché à la « Grande Église »: Marc de Césarée. Il rassemble probablement une petite communauté de chrétiens non-juifs autour de lui. Cette communauté ne tarde pas à entrer en conflit avec Aquila, car elle le trouve probablement trop juif. Il est excommunié sous le prétexte de refuser d'abandonner la pratique de l'astrologie. On lui reproche aussi d'avoir voulu démontrer que Jésus était né de Joseph et de Marie au lieu de reconnaître qu'il était né miraculeusement d'une vierge.

Selon Épiphane de Salamine, il se met alors à apprendre l'hébreu, puis il traduit la Bible en grec à partir de la version en hébreu (après 140). Cette traduction eut longtemps une grande autorité auprès des Juifs et fut même préférée à celle des Septante. Il est accusé par Irénée de Lyon et Épiphane de chercher à contredire la version des Septante sur la question de la naissance virginale de Jésus de Nazareth, divergence très classique entre la « Grande Église » et les nazôréens-ébionites.

Cela n'empêche pas Origène d'utiliser sa traduction, comme l'une des versions de ses Hexaples dont il ne reste que des fragments.

La question de savoir s'il est identique au traducteur de la Bible en araméen, appelé Onkelos (le prosélyte) dans le Talmud, est débattue, bien qu'un consensus semble se dessiner pour distinguer les deux personnages. Dans les passages parallèles du Talmud de Babylone le nom de cet auteur du Targoum Onkelos prend la forme latine Aquila.

Aharonim Rishonim Gueonim Savoraïm Amoraim Tannaim Zougot

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Aquila de Sinope est un prosélyte du judaïsme florissant à partir de 129/130[1],[2], dont on ne connaît pas l'exacte période de sa vie[3]. Il peut être situé au milieu du IIe siècle ou dans sa seconde partie[3]. C'était un gentil de naissance qui venait de la ville de Sinope, une colonie romaine du Pont[4]. L'essentiel de ce que nous connaissons sur Aquila de Sinope vient d'Épiphane de Salamine qui lui consacre une longue notice dans son Traité des poids et mesures. Il vivait à l'époque de l'empereur Hadrien auquel il était lié par mariage[4],[5] et était probablement son beau-frère[6],[4]. Il était le « frère selon la loi » d'Hadrien: (πενθερίδής Dialogue de Thimothée et Aquila 117; πενθερός selon le pseudo-Athanase dans le Chronicon Pascale[note 1])[7].

Hadrien l'a établi « surveillant des travaux de construction de la ville[8] » lors de son passage à Jérusalem[4]. Selon Épiphane, au moment de sa désignation comme bâtisseur de la nouvelle ville, Aquila accompagnait l'empereur en tant qu’interprète[8]. C'est probablement en 130 qu'en visitant Jérusalem, Hadrien l'a refondée sous le nom de Aelia Capitolina, alors qu'il est en route vers l'Égypte[9],[note 2]. Épiphane indique qu'il est « devenu connu » la douzième année d'Hadrien (129/130)[1], ce qui correspond à ce grand voyage. Il dit aussi qu'il s'est converti au christianisme sous l'influence de « ceux qui étaient revenu de Pella[4]. » C'est ainsi que les Pères de l'Église désignent les descendants de l'église de Jérusalem qui ont survécu à la Grande révolte juive de 66-73, parce qu'ils s'étaient réfugiés dans cette ville de la Décapole[10],[11]. Ils sont revenus à Jérusalem vers 73, sous la conduite de Siméon de Clopas[10],[11], un cousin de Jésus, lui-aussi mort crucifié par les Romains, en 107/108[12], ou en 115-117[13]. Il s'agit des héritiers du mouvement nazôréen directement créé par Jésus[14],[15]. Les Pères de l'Église indiquent que leurs évêques étaient tous des juifs circoncis[15]. Après le déclenchement de la révolte de Bar Kokhba (132), tous les Juifs, toutes tendances confondues sont expulsés de la ville[16]. Les survivants du mouvement nazôréen créé par Jésus sont expulsés de la ville avec les autres juifs[17]. Selon la tradition chrétienne, c'est après cette expulsion que la ville de Jérusalem aurait eu pour la première fois un « évêque » non-circoncis[18], un certain Marc qui vient de Césarée maritime. C'est probablement aussi à partir de ce moment que se forme pour la première fois une église rattachée à la « Grande Église ».

Il est rapidement entré en conflit avec les représentants de la « Grande Église » présents à Jérusalem et il a été excommunié[4]. Le motif avancé pour son excommunication est son refus d'abandonner l'Astrologie[4]. Une autre critique lui est faite par les Pères de l'Église, avoir voulu démontrer que Jésus était né de Joseph et de Marie au lieu de reconnaître qu'il était né miraculeusement d'une vierge. Il est même accusé d'avoir « perverti » le passage qui parle du Messie qui doit naître d'une vierge selon la Septante et d'avoir traduit « jeune-fille »[4], pour pouvoir soutenir ses positions ébionites[19],[20]. Ces deux critiques et le fait qu'il était circoncis[4], tendent à montrer qu'il s'agissait d'un Judéo-chrétien qui avait adopté les représentations des Nazôréens qui l'avaient converti[21].

Selon Épiphane, c'est alors qu'il se serait mis à apprendre l'hébreu pour pouvoir traduire la Bible en grec avec le but de changer le passage de la Septante qui permettait à la « Grande église » de soutenir cette naissance virginale de Jésus[note 3],[4]. La même histoire est racontée dans le Synopsis Sacrae Scripturae (77) par le pseudo-Athanase et à nouveau par Épiphane dans le Dialogue de Thimothée et Aquila[4]. Toutefois, compte tenu de la polémique chrétienne contre Aquila de Sinope, plusieurs détails sont suspects[4]. La tradition rabbinnique est en accord avec la tradition chrétienne pour le décrire comme un prosélyte (ha-gēr)[22],[4]. Quelques passages du Talmud font allusion à lui, notamment Meguila 1, 11 et Kiddushin 1, 1. Il y est présenté comme un disciple de Rabbi Yehoshoua et Rabbi Eliezer[23],[4].

Vers 180[24]-190[1], lorsqu'il écrit son livre contre toutes les hérésies, Irénée de Lyon semble le considérer comme un contemporain[3] ou décrit en tout cas la traduction d'Aquila comme relativement récente[1]. Credner a montré que Justin de Naplouse ne cite pas cette version, comme on l'a pensé à un certain moment. D'après Jérôme de Stridon, Aquila aurait publié une seconde version de sa traduction[25]. Il révisa la première et rendit la seconde plus littérale[25].

Aquila et sa traduction de la Bible[modifier | modifier le code]

Seuls quelques débris de sa traduction, provenant de l'Hexapla étaient connus jusqu'en 1897, où quelques fragments important du Livre des Rois et des Psaumes — plus de 40 versets en tout — ont été apportés en Angleterre et ont alors été édités, après avoir été identifiés[26]. Autant que nous pouvons en juger, les accusations formulées par des auteurs chrétiens comme Irénée de Lyon, Philastre de Brescia selon lesquelles Aquila aurait perverti les passages relatifs au Messie pour plaire aux Juifs, n'ont pas de fondement[25]. Origène et Jérôme de Stridon donnent toutefois un jugement bien plus positif sur la traduction d'Aquila[4], reconnaissant la maîtrise du traducteur et sa fidélité au texte hébreu[4]. Eusèbe de Césarée tout comme Irénée, lui reproche uniquement la « perversion » d'un passage, celui du Messie qui doit naître d'une vierge selon la Septante alors qu'Aquila écrit ici « jeune-fille »[19],[20], comme cela semble écrit dans toutes les versions de la Bible en hébreu. En référence au passage controversé du livre d'Isaïe 7:14 qui, selon les chrétiens du courant de la Grande Église, prophétise la naissance du Christ d'une vierge, Irénée classe Théodotion, aux côtés d'Aquila de Sinope, dans les « prosélytes juifs » qui traduisent, tout comme les Ébionites, le terme hébreu "almah" par son sens courant de « jeune fille » et non par « vierge »[27]. On reconnaît là le célèbre point d'achoppement entre les théologiens de la « Grande Église » et les Nazôréens-ébionites[28]. Ce qui laisse supposer qu'Aquila était un judéo-chrétien, c'est-à-dire ceux que leurs opposants juifs appelaient notsrim (Nazôréens) et qu'Irénée est le premier à appeler des Ébionites. Irénée et Eusèbe disent d'ailleurs que les Ébionites utilisaient sa traduction pour dire que Jésus était le fils de Joseph[19],[20], alors que pour la Grande Église, le père de Jésus est Dieu.

Aquila de Sinope et Onkelos le prosélyte[modifier | modifier le code]

La tradition rabbinnique est en accord avec la tradition chrétienne pour décrire Aquila comme un prosélyte du judaïsme (ha-gēr)[29],[4]. Il s'agit toutefois d'un juif qui reconnaissait Jésus comme Messie, c'est-à-dire qu'il retenait la position des Nazôréens qui l'avaient converti. Le Talmud de Jérusalem mentionne Aquila, auteur d'une traduction de la Bible en grec où l'on reconnaît Aquila de Sinope (Meguila 01:11, 71c), alors que le passage parallèle du Talmud de Babylone indique que le prosélyte Onqelos traduit la Torah en araméen (Targoum) sous la direction de Rabbi Eliezer et Rabbi Joshua (Meguila 3a)[30]. Dans les passages du Talmud de Jérusalem qui font clairement référence à Aquila de Sinope, il y est présenté comme un disciple de Rabbi Joshua et Rabbi Eliezer qui selon le Talmud de Babylone ont aussi dirigé le travail de traduction d'Onqelos[31]. La convergence de ces noms et la similarité avec celui donné à l'auteur du Targoum Onqelos qui a traduit la Torah en araméen a causé une confusion considérable[1]. Dans le Talmud de Babylone et dans la Tosephta des incidents similaires sont décrits pour Onqelos et sont attribués à Aquila dans le Talmud de Jérusalem et dans les midrashim palestiniens[1].

Outre, cet écheveau de citations talmudiques à démêler et la similarité des noms voire leur identité, puisqu'Onqelos est probablement une déformation du nom romain Aquila[note 4], un certain nombre d'éléments communs ont longtemps fait penser à nombre d'auteurs traditionnels que Onqelos le Prosélyte et Aquila de Sinope était un seul personnage. En effet, tous deux sont des prosélytes, tous deux seraient des riches citoyens romains, proches parents de l'empereur — fils d'une sœur de Titus dans un cas, marié à une sœur d'Hadrien dans l'autre —, tous deux sont des traducteurs — de la Torah en araméen pour Onqelos le Prosélyte, de la Bible en grec pour Aquila de Sinope —. De plus, tous deux se sont convertis au judaïsme, ou à une forme de judaïsme pour ce qui concerne Aquila de Sinope. Nombre de rabbins soutiennent donc que les deux traducteurs sont le même personnage, Aquila de Sinope aurait simplement composé le targoum Onkelos après sa traduction de la Bible en grec.

Toutefois, il se dessine un consensus chez les historiens pour dire qu'il s'agit de deux personnages différents. Ainsi Pour l'Encyclopaedia Judaica, il n'y a pas de doute que les deux traducteurs sont deux personnages différents[30].

Difficultés chronologiques[modifier | modifier le code]

Si on prend en compte, l'apprentissage de l'hébreu qu'Aquila entreprend après 130, il est impensable qu'il puisse finir son travail avant 140[1]. Cette date est compatible avec la remarque d'Irénée qui décrit la traduction d'Aquila comme relativement récente lorsqu'il écrit[1] (vers 180[24]-190[1]). Aquila de Sinope effectue donc sa traduction au plus fort de la répression anti-juive qui suit la révolte de Bar Kokhba. Dans cette période, l'observance du shabbat, l'ordination des Rabbins et l'étude de la Torah sont interdits, ce qui entraîne la fermeture des académies rabbiniques[32]. Cela semble difficilement compatible avec le fait que le Targoum Onkelos semble naître dans une académie, celle de de Yavné[33], au tout début du IIe siècle et en tout cas avant la révolte qui débute en 132.

Les sources talmudiques et midrashiques présentent Onqelos comme étant le fils d'une sœur de Titus[34]. La seule sœur de Titus mentionnée dans les sources est Domitilla la Jeune[note 5] qui est morte vers 65[35]. Cela ne cadre pas trop avec les indications chronologiques dont nous disposons au sujet d'Aquila de Sinope. D'autant plus, que selon le Talmud, Onqelos aurait assuré des funérailles royales à Gamaliel l'Ancien (T.B. Avoda Zara, 11a)[36],[37], c'est-à-dire qu'il aurait été un adulte vers 50. Ce qui rendrait totalement impossible qu'il soit le même qu'Aquila de Sinope. Toutefois, un certains nombres d'exégètes estiment qu'il y a là une erreur, qui crée un conflit chronologique[38]. Pour eux, il s'agit en fait de Rabban Gamliel de Yavné[38] mort vers 138-140[39] et cette attestation concernerait Aquila de Sinope.

Deux traducteurs différents[modifier | modifier le code]

Après avoir comparé les deux textes, le rabbin Azaria di Rossi (XVIe siècle) a été le premier à estimer que Onqelos et Aquila étaient deux personnes différentes parce que leurs traductions étaient beaucoup trop différentes[40], ainsi que pour d'autres raisons[note 6].

Les traductions d'Onqelos et d'Aquila diffèrent totalement. Onqelos recoure à la paraphrase explicative, lorsqu'il en a besoin, tandis qu'Aquila a produit une version extrêmement littérale. Rédigée en araméen, « la version d'Onqelos perpétue la longue tradition d'interprétation pratiquée dans les synagogues ». C'est une exégèse du texte en hébreu qui n'a pas pour but de remplacer l'original. La version d'Aquila en revanche s'adressait aux Juifs de culture grecque qui ne lisaient pas l'hébreu. Elle était destinée à remplacer la Septante[41].

Les citations par le Talmud de Jérusalem de la traduction d’Aquila font apparaître des différences notables entre les traductions grecque et araméenne[42], la première affichant, contrairement à la seconde, un parti pris herméneutique de traduire le texte biblique mot-à-mot, y compris les prépositions grammaticales, au dépens de la fluidité et du respect de la grammaire grecque[43].

Toutefois, certains auteurs suggèrent qu'une même personne serait l'auteur de ces deux traductions, la version grecque étant une œuvre de jeunesse tandis que le Targoum araméen serait celle de la maturité[44]. Ce qui reporterait l'écriture du Targoum Onkelos plusieurs décennies après 140, bien après l'Académie de Yavné (90-132), son contexte d'écriture selon les spécialistes[33].

Depuis Azaria di Rossi (XVIe siècle), des tentatives ont été faites pour démêler la confusion entre Onqelos, le traducteur en araméen et Aquila le traducteur en grec, mais sans parvenir à des solutions satisfaisantes.

Dans les sources antiques[modifier | modifier le code]

Irénée sur Aquila de Sinope[modifier | modifier le code]

Irénée de Lyon (mort en 202), dénonce « la gnose au nom menteur » en insistant sur le signe de la Vierge d'Isaïe 7, 14 : « On ne saurait dès lors donner raison à certains, qui osent maintenant traduire ainsi l'Écriture : « Voici que la jeune femme (...) ». Ainsi traduisent en effet Théodotion d'Éphèse et Aquila du Pont, tous les deux prosélytes juifs. Ils sont suivis par les Ébionites, qui disent Jésus né de Joseph, détruisant ainsi autant qu'il est en eux cette grande « économie » de Dieu et réduisant à néant le témoignage des prophètes, qui fut l'œuvre de Dieu[45]. »

Eusèbe sur Aquila du Pont[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne aussi la version, par les Septante, des Écritures inspirées de Dieu, voici ce qu'il (Irénée de Lyon) dit en propres termes : « Dieu donc se fit homme, et le Seigneur lui-même nous sauva en nous donnant le signe de la vierge, mais non pas comme le disent quelques-uns de ceux qui osent maintenant changer l'interprétation de l'Écriture : «Voici que la jeune fille aura dans son sein et enfantera un fils », comme traduisent Théodotion d'Éphèse et Aquila du Pont, tous deux prosélytes juifs, à la suite desquels les Ébionites disent qu'il est né de Joseph[46]. »

Épiphane de Salamine[modifier | modifier le code]

L'essentiel de ce que nous connaissons sur Aquila de Sinope vient d'Épiphane de Salamine qui lui consacre une longue notice dans son Traité des poids et mesures. Dans informations sont aussi présentes dans son Dialogue de Thimothée et Aquila.

Autres sources chrétiennes[modifier | modifier le code]

Le Chronicon Pascale attribué au pseudo-Athanase.

Le Talmud[modifier | modifier le code]

Il existe probablement quelques mentions se rapportant à Aquila de Sinope dans les deux Talmud. Toutefois, la distinction avec celles qui se rapportent à Onqelos le prosélyte n'est pas encore consensuelle. Quelques passages du Talmud de Jérusalem font clairement allusion à lui, notamment Meguila 1, 11 et Kiddushin 1, 1[47],[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cela peut être expliqué par un passage de Théodoret de Cyr, dans la quatrième question sur son Livre des Juges, « toutefois, il est appelé « frère selon la Loi » (beau-frère), comme frère de la jeune mariée et maintenant beaucoup appellent ceux-ci ou de telles personnes: pentheridas. »; voir Natalio Fernández Marcos et A. Saens Badillos, Theodoreti Cyrensis Quaestiones in Octateuchum. Editio Critica., Madrid, 1979, 290, 16-18.
  2. Étrangement, Épiphane de Salamine dit qu'Hadrien est « venu en Palestine (qui est aussi appelé Judée) quarante-sept années après la destruction de Jérusalem ». Est-ce une erreur, ou y-a-t-il eu une destruction de Jérusalem vers 85 ?
  3. Les traducteurs de la septante ont en effet traduit par vierge le passage d'Isaïe qui en hébreu parle d'une jeune-fille (alma) qui doit mettre au monde un rejeton du roi David.
  4. Dans la période 50-150, il existe plusieurs personnages appelé Aquila, liés à la famille flavienne qui se sont convertis au judaïsme avant d'adopter « la voix du Seigneur » et de reconnaître Jésus comme Messie. C'est ainsi le cas de :
    • Aquila, un des frères du futur évêque Clément de Rome;
    • Aquila mentionné dans le Nouveau Testament. Peut-être le même que le précédent ;
    • Aquila, dont le nom est déformé en Onqelos dans certains passages du Talmud, est le fils qu'un noble romain de rang sénatorial appelé Clément (Kelomenos dans le Talmud) a eu avec une sœur — ou une demi-sœur — du futur empereur Titus. Il est l'auteur du Targoum Onkelos une traduction de la Torah en araméen à partir du texte en hébreu, qui est encore en usage aujourd'hui.
    • Tous ces Aquila liés aux Flaviens et ayant des parents qui s'appellent Clément sont peut-être membres de la même branche familiale. Il est possible qu'Aquila de Sinope soit un de leurs descendants. Il se convertit au judaïsme nazôréen.
  5. Il n'est toutefois pas exclu que Titus et Domitien aient eu une demi-sœur que leur mère Domitilla l'Aînée aurait eu avec Statilius Capella, avant son mariage avec Vespasien (38).
  6. Le rabbin Azaria di Rossi (XVIe siècle), faisant état de deux versions différentes de la traduction attribuées à Aquila, s'est aperçu que la seconde était très proche du Targoum Onkelos et très différente de la version préservée par Origène dans l'Hexapla. Il en a donc conclu qu'il y avait confusion entre deux personnages. cf. (he) « Aquilas », sur Daat (consulté le 6 août 2015)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Natalio Fernández Marcos, The Septuagint in Context: Introduction to the Greek Version of the Bible, 2000, Brill, Leiden, p. 112.
  2. Selon Épiphane de Salamine, Aquila devient célèbre la douzième année du règne de l'empereur Hadrien, ce qui correspond à 129/130, cf. (en) Épiphane de Salamine, The Treatise On Weights And Measures, 13, 121.
  3. a, b et c Thomas Hartwell Horne, Samuel Davidson, An Introduction to the Critical Study and Knowledge of the Holy Scriptures, Cambridge Library Collection, Volume II, Partie 1, p. 55.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Natalio Fernández Marcos, The Septuagint in Context: Introduction to the Greek Version of the Bible, 2000, Brill, Leiden, p. 111.
  5. (en) Épiphane de Salamine, The Treatise On Weights And Measures, 14, 134.
  6. cf. Épiphane de Salamine, Dialogue de Thimothée et d'Aquila, confirmé par le Chronicon Pascale du pseudo-Athanase.
  7. Natalio Fernández Marcos, The Septuagint in Context: Introduction to the Greek Version of the Bible, 2000, Brill, Leiden, p. 111, note no 10.
  8. a et b Épiphane de Salamine, Traité des poids et mesures, 14.
  9. (en) Lester L. Grabbe, Judaïsm from Cyrus to Hadrian, Vol. II, Fortress Press, Mineapolis, 1992, p. 576.
  10. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 204.
  11. a et b Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 138.
  12. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 448.
  13. Marie-Françoise Baslez, Persécutions dans l'Antiquité: Victimes, héros, martyrs, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2007, p. 37.
  14. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 71s.
  15. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 204-205.
  16. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 522.
  17. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 462.
  18. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 451-452.
  19. a, b et c Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, livre V, VIII, 10.
  20. a, b et c Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III 21, 1, coll. « Sources chrétiennes » 211, Paris, le Cerf, 2002, p. 399.
  21. Pour les croyances des Nazôréens, voir François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 346-347 et 420.
  22. Talmud de Jérusalem, Meg. 1, 11 ; Kidush 1, 1.
  23. Talmud, Meguila 3a.
  24. a et b Philippe Schaff (2001) [c.] "Introductory Note to Irenæus Against Heresies", en:Ante-Nicene Fathers, Volume I, Against Heresies, William B. Eerdmans Publishing Company.
  25. a, b et c Thomas Hartwell Horne, Samuel Davidson, An Introduction to the Critical Study and Knowledge of the Holy Scriptures, Cambridge Library Collection, Volume II, Partie 1, p. 56.
  26. R. R. Ottley, The Book of Isaiah According to the Septuagint, Volume 1, 2014, Cambridge University Press, Cambridge, Royaume uni, p. 4
  27. (en)« Theodotion, otherwise Theodotus » dans Wace, Henry, Dictionary of Christian Biography and Literature to the End of the Sixth Century A.D., with an Account of the Principal Sects and Heresies
  28. Gilles Dorival, Le regard d'Origène sur les judéo-chrétiens, in Le judéo-christianisme dans tous ses états - Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir. Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001, p. 278-279.
  29. Talmud de Jérusalem, Meg. 1, 11 ; Kidush 1, 1.
  30. a et b (en) Louis Isaac Rabinowitz, « Onkelos and Aquila », dans Fred Skolnik et Michael Berenbaum (dir.), Encyclopaedia Judaica, vol. 15, Thompson Gale et Keter Publishing House,‎ , 2e éd. (lire en ligne)
  31. Natalio Fernández Marcos, The Septuagint in Context: Introduction to the Greek Version of the Bible, 2000, Brill, Leiden, p. 111-112.
  32. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 523.
  33. a et b Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 111.
  34. Brian Jones, The Emperor Domitian, 1993, Routledge, Londres, p. 117.
  35. Brian Jones, The Emperor Domitian, 1993, Routledge, Londres, p. 48.
  36. Ralph V. Harvey, Rabban Gamaliel, 2005, Xulon Press, USA, p. 233.
  37. Shemuel Safrai, M. Stern,David Flusser, The Jewish People in the First Century, Volume 2, Van Gorcum & Fortress Press, 1976, USA, p. 781.
  38. a et b Shemuel Safrai, M. Stern,David Flusser, qui citent Lieberman à ce sujet inThe Jewish People in the First Century, Volume 2, Van Gorcum & Fortress Press, 1976, USA, p. 781, note no 5.
  39. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 486.
  40. Giuseppe Veltri, Gegenwart der Tradition: Studien zur jüdischen Literatur und Kulturgeschichte, 2002, éd. Brill, Leiden, p. 99.
  41. Jean Delisle, Judith Woodsworth, Les traducteurs dans l'histoire, p. 169.
  42. (he) R’ Menahem Mendel Pomerantz, « Nikra oumetarggem - Mavo leTargoum Onkelos », dans Rabbi Yehoushua Leifer (dir.), Mikraot Guedolot Oz veHudor Hamevoar, t. 1, Oz veHudor,‎ , 1e éd.
  43. (he) « Aquilas », sur Daat (consulté le 3 juillet 2015)
  44. (he) R’ Menahem Mendel Pomerantz, « Nikra oumetarggem - Mavo leTargoum Onkelos », dans Rabbi Yehoushua Leifer (dir.), Mikraot Guedolot Oz veHudor Hamevoar, t. 1, Oz veHudor,‎ , 1e éd.
  45. Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III 21, 1, coll. « Sources chrétiennes » 211, Paris, le Cerf, 2002, p. 399.
  46. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique livre V, VIII, 10.
  47. Talmud, Meguila 3a.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]