Flavia Domitilla

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Flavia Domitilla est une membre de la famille impériale romaine des Flaviens, morte après 95, considérée comme une héroïne du judaïsme et une sainte chrétienne, même s'il est possible qu'il y ait une confusion avec Flavia Domitilla fille de Plautilla.

Certains critiques hésitent toujours entre deux Flavia Domitilla au sujet de son identité exacte. Elle pourrait être la fille de Domitilla la Jeune, donc petite fille de Vespasien et nièce de Titus et Domitien épouse de son cousin Titus Flavius Clemens, mentionnée chez Dion Cassius[1]. Mais certaines sources chrétiennes antiques se réfèrent à une sainte Flavia Domitilla qui aurait été la nièce d'un « consul Clemens », identifié à Titus Flavius Clemens par la tradition chrétienne médiévale et non pas sa femme. Il est donc possible qu'il y ait deux Flavia Domitilla, toutes deux converties à la forme de judaïsme que l'on commence déjà à appeler christianisme à cette époque: l'une étant la femme du consul qui aurait seulement été exilée sur l'île Pandateria en 95, l'autre qui aurait été sa nièce ou la nièce d'un autre « consul Clemens » qui aurait été exilée sur l'île de Pontia l'année suivante (toutes deux des Îles Pontines), puis exécutée au début du règne de Trajan.

Tant les Églises catholiques que les Églises Orthodoxes la considèrent comme une sainte et la célèbrent respectivement les 12 et 7 mai, bien que les Martyrologes romains actuels indiquent toujours que la sainte célébrée est la nièce de Flavius Clemens, ce qui correspond au lien de parenté de la fille de Plautilla. L'Église catholique a célébré sa mémoire pendant des siècles aussi ce même 12 mai en compagnie des saints Nérée et Achillée auxquels elle était associée, mais cela n'est plus le cas depuis 1969, car cette Église a décidé que ces saints n'avaient pas connus Domitilla, mais étaient deux personnages qui seraient morts au tout début du IVe siècle, au sujet desquels il n'existe pas de source.

Selon les sources classiques[modifier | modifier le code]

Flavia Domitilla, fille de Domitilla la Jeune et donc petite fille de Vespasien et nièce de Titus et Domitien épouse son cousin Titus Flavius Clemens[2],[3], un petit-neveu de Vespasien. Ils ont eu sept enfants[4] dont deux des fils, tous deux appelés Titus Flavius, nés vers 88 et 90, qui sont éduqués par Quintilien[5]. On suppose que c'est pour cette raison que les ornamenta consularia ont été décernés à Quintilien[6],[7]. Selon Suétone dans la vie des douze Césars, Domitien les a ouvertement reconnus, alors qu'ils étaient très jeunes, comme ses successeurs, changeant leur nom, l'un en Vespasien et l'autre en Domitien[8]. Titus Flavius Clemens est consul en 95, avec Domitien mais ce dernier le fait exécuter pour une raison futile dès la fin de son consulat[9], qui se termine le 1er mai 95[8]. L'historien romain Dion Cassius est plus explicite : si Flavius Clemens a été exécuté et sa femme exilée dans l'île de Pandateria, c'est parce qu'ils étaient « athées, une accusation pour laquelle beaucoup de ceux qui tendaient vers le judaïsme étaient condamnés[10] ».

Que cette Flavia Domitilla soit considérée comme la même que la sainte chrétienne ou qu'elle soit vue comme une femme distincte de rang sénatorial et membre d'une branche familiale très proche, les critiques s'accordent pour considérer que Nerva a mis fin à son exil peu de temps après son arrivée au pouvoir[11] (96). En effet peu après être devenu empereur, Nerva a publié un rappel général de ceux que son prédécesseur avait condamné à l'exil[11].

Selon l'épigraphie[modifier | modifier le code]

Il semble que ce soit elle qui a donné son nom aux catacombes de Domitilla. On a trouvé sur le terrain où ces catacombes ont ensuite été creusées, « deux inscriptions mentionnant des concessions faites en vue de sépulture e beneficio et ex indulgentia Flaviae Domitillae[12], c'est-à-dire grâce à la générosité de Flavia Domitilla[13]. Dans le voisinage, on avait déjà trouvé au XVIe siècle l'épitaphe en vers du nain phrygien Hector, dévot de Cybèle et d'Attis, d'abord cocher et lutteur, puis, semble-t-il, bouffon au service de Domitilla, qu'il remercie, dans son inscription funéraire, d'avoir permis que son petit corps pût reposer dans une terre non exiguë[14]. Flavia Domitilla prit donc une part active à la destination cimétériale de sa propriété de la voie Ardéatine[15],[16]. »

À cette époque, la catacombe n'existe pas encore et les inhumations ont lieu sur le terrain qui dans la terminologie chrétienne va devenir un des cœmeteria (dortoirs), puisque dans la croyance des premiers chrétiens, les morts étaient seulement endormis jusqu'au retour imminent de Jésus-Christ qui devait se produire alors que certains de ses auditeurs ne seraient pas encore morts. C'est aussi sur ce terrain qu'a été enseveli sainte Pétronille, une descendante de Titus Flavius Petro, le grand-père de l'empereur Vespasien. Vers 96, c'est à côté de cette tombe que sont ensevelis les saints Nérée et Achillée, chambellans d'une Flavia Domitilla, dont on ne sait s'il s'agit de la femme de Titus Flavius Clemens ou s'il s'agit de sa nièce.

Une Flavia Domitilla, peut-être la même que la propriétaire du cimetière, possédait probablement une résidence sur le mont Palatin où on a retrouvé plusieurs tuiles estampillées à son nom[17],[18].

Le souvenir de Domitilla et les catacombes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catacombes de Domitilla.

Après le Ier siècle, « le souvenir de Flavia Domitilla continue à être lié aux sépultures chrétiennes de la catacombe[16]. » Ainsi le texte de la dalle de fermeture d'un loculus postérieure au IVe siècle mentionne encore son nom, plus de deux siècles après sa mort[19]. « Les guides de pèlerins du Haut Moyen-Âge, ainsi que les légendes hagiographiques[16] » témoignent aussi du lien entre le cimetière et le souvenir de Domitilla[16].

Ce sont des éléments significatifs; « en effet, dans la majeure partie des cas, la topographie cémétériale chrétienne de Rome conserve le souvenir de l'évergète qui a offert des lots de terrains pour la création de sépultures destinées aux membres de la communauté chrétienne[16]. » Domitilla a donc très probablement fait des séries de donations « d'une part à la communauté chrétienne, et, d'autre-part et surtout, à des particuliers dont certains ne sont devenus chrétiens que plus tard[16]. »

Flavia Domitilla, juive ou chrétienne[modifier | modifier le code]

Pour Peter Lampe, Suetone et Bruttius ne savaient rien de l'appartenance au christianisme de Titus Flavius Clemens[20]. Pour lui, le silence de Bruttius est particulièrement éloquent, car celui-ci mentionne la chrétienté de la proche parente Domitilla comme motif de sa condamnation[20]. Il est donc improbable qu'il n'ait pas fourni aussi cette raison pour Titus Flavius Clemens si cela avait été un des motifs de sa condamnation[20]. De plus, si Bruttius avait mentionné que Titus Flavius Clemens était chrétien Eusèbe de Césarée qui rapporte ses propos n'aurait pas manqué de le mentionner[20]. Ce n'est qu'au IXe siècle qu'est mentionné pour la première fois la foi chrétienne du consul, sous la plume de Georges le Syncelle[20].

Avec Flavia Domitilla il est possible de résoudre la contradiction entre Dion Cassius et Bruttius de deux façons différentes: soit nous sommes en train de traiter de deux Flavia Domitilla, soit d'une seule[20].

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Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

 
 
 
Titus Flavius Petro
(fl Ier siècle av. J.-C.)
 
 
 
Tertulla, fille de Tertullus
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vespasia Polla (en)
 
Titus Flavius Sabinus
(env. 20 av. J.-C. - fl Ier siècle av. J.-C.)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Titus Flavius Sabinus
 
empereur Vespasien
( – † )
 
 
 
Domitilla l'Aînée
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Titus Flavius Sabinus
 
 
empereur Titus
(30 déc. 3913 sept. 81)
 
Domitilla la Jeune
 
Kelomenos
Clemens
(exécuté en 96)
 
empereur Domitien
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Julia Flavia
 
Titus Flavius Sabinus marié à Julia Flavia, fille de Titus
 
Titus Flavius Clemens
(exécuté en 95)
 
Flavia Domitilla
propriétaire du cimetière
 
Onkelos selon la tradition rabbinique (aussi appelé Aquila dans le Talmud de Babylone, peut-être Aquila de Sinope)
 
 
 
 

Selon la tradition juive[modifier | modifier le code]

Les auteurs juifs médiévaux ont identifié la femme du consul appelé Kelomenos dans le Talmud à Flavia Domitilla et son mari Kelomenos à Titus Flavius Clemens, considérés comme des convertis au judaïsme[21]. Kelomenos étant une déformation possible du nom Clemens. Toutefois certains historiens comme Simon Claude Mimouni estiment que cette identification n'est pas assurée dans la mesure où il semble y avoir eu de nombreux Clemens. D'autres critiques, font remarquer que dans le Talmud la femme de Kelomenos/Clemens est une sœur de Titus, alors que Flavia Domitilla n'est pas une sœur de Titus, mais une de ses nièces.

Dans sa Vie d'Apollonios de Tyane, Philostrate d'Athènes dit que Clemens a eu pour femme une sœur de Domitien — et donc de Titus — :

« Le moment était venu où les dieux allaient précipiter Domitien du haut de sa puissance. Il venait de faire périr Clément, personnage consulaire, auquel il avait donné sa sœur en mariage; et trois ou quatre jours après, il avait donné l'ordre de mettre à mort la veuve de Clément. Étienne, affranchi de cette matrone, qui était désigné par le signe céleste, soit pour venger la première victime, soit pour sauver les survivants, conçut contre le tyran un projet aussi hardi que celui des plus fiers citoyens d'Athènes » (Vie d'Apollonios de Tyane, livre VIII, chapitre 25)[22],[23]

Suétone dit que Stephanus/Στέφανος/Étienne, l'assassin principal de Domitien, était intendant d'une Domitilla, de laquelle il ne dit rien de plus[24]. Les critiques qui estiment que Dion Cassius parle de la même femme que celle dont parle Eusèbe et Jérôme de Stridon estiment que le consul dont parle ici Philostrate est Titus Flavius Clemens et que sa femme est donc Flavia Domitilla. Philostrate commettrait une erreur en disant que Domitien lui « avait donné sa sœur en mariage »[25]. Toutefois d'autres critiques ont émis l'hypothèse que le consul Clémens dont on parle ici est Kelomenos dont le Talmud dit qu'il a eu un fils appelé Onquelos avec une sœur de Titus, la femme mise à mort en 96 n'étant alors pas Domitilla la Jeune morte avant 69, mais la femme avec laquelle Kelomenos s'était remarié.

Selon la tradition chrétienne ancienne[modifier | modifier le code]

Sainte Domitille en compagnie de St Maur et St Grégoire (Pierre Paul Rubens)

Chez Eusèbe de Césarée[modifier | modifier le code]

Eusèbe de Césarée[26] écrit « les écrivains étrangers à notre croyance n'hésitent pas à rapporter dans leurs histoires la persécution et les martyres qu'elle provoqua. Ils en fixent la date avec exactitude ; ils racontent que dans la quinzième année de Domitien (96), avec beaucoup d'autres, Flavia Domitilla elle-même, fille d'une sœur de Flavius Clémens, alors un des consuls de Rome, fut reléguée dans l'île Pontia en punition de ce qu'elle avait rendu témoignage au Christ[27]. »

Chez Jérôme de Stridon et Georges le Syncelle[modifier | modifier le code]

Jérôme de Stridon (Saint Jérôme) et Georges le Syncelle reprennent les mêmes informations qu'Eusèbe de Césarée mais ils ajoutent que parmi « les écrivains étrangers à notre croyance » dont parle Eusèbe, un auteur nommé Bruttius (Βρέττιος) rapporte ce fait[28]. On l'a identifié avec Bruttius Præsens, un auteur du IIIe siècle dont d'ailleurs la famille semble avoir possédé une propriété confinant à celle de Domitilla, femme de Clemens (Catacombes de Domitilla)[29], alors que d'autres critiques estiment qu'il pourrait s'agir de Gaius Bruttius Praesens (en), un auteur du IIe siècle[11]. Ces deux auteurs chrétiens font bien référence à un auteur païen, ils parlent bien d'une descendante de la sœur du consul Flavius Clemens — selon lui la petite fille de cette femme[30] — et pas de la femme du consul. Il mentionne aussi l'exil dans « l'île de Pontia » et pas dans celle de Pandateria, tout comme Eusèbe de Césarée. Cela semble conduire au fait que si erreur il y avait, tous les auteurs chrétiens se tromperaient car ils se référeraient tous à une erreur faite par Bruttius. Selon Jérôme, Domitilla ne rentra pas d'exil alors que l'apôtre Jean de Zébédée fut libéré du sien dans l'île de Patmos, probablement peu après l'arrivée de Nerva au pouvoir[31] (18 septembre 96[32]). Toutefois, les historiens mettent en cause cette présentation de Jérôme qui semble avoir des buts théologiques et qui semble être incompatible avec les autres sources[11]. En effet, parvenu au pouvoir Nerva (96 - 98) a amnistié ceux que Domitien avait condamné à l'exil[11]. La Domitilla exilée en 96 n'a probablement donc subi que moins d'un an d'exil[33]. (Voir à ce sujet le chapitre Ascétisme et long exil.)

Flavia Domitilla est une femme de rang sénatorial[25]. Jérôme de Stridon rapporte aussi qu'à son époque (IVe siècle), les chrétiens qui passaient par l'île de Pontia allaient voir les cellules où la sainte Flavia Domitilla était censée avoir passé son exil dans l'île[34],[35].

Dans les Actes des martyres de Flavia Domitilla et de Nérée et Achillée[modifier | modifier le code]

Comme tous les textes chrétiens de ce type y compris les Évangiles et les Actes des Apôtres, les Actes des martyres de la vierge sainte Flavia Domitilla et des saints Nérée et Achillée sont légendés. Ils ont toutefois très peu été étudiés par les spécialistes de ce genre de littérature. Ces Actes ont probablement été écrits en grec au Ve ou VIe siècle puis traduit en latin.

Nérée et Achillée[modifier | modifier le code]

Selon ces Actes, Flavia Domitilla aurait été convertie au christianisme par l'apôtre Pierre, en même temps que sa mère Plautilla et que Nérée et Achillée[36]. D'après ce texte, « la même année, le bienheureux apôtre Pierre alla recevoir des mains du Christ la couronne du martyre, et Plautilla le suivit au ciel, laissant à la terre sa dépouille mortelle[36]. » Domitilla aurait alors été promise en mariage au fils d'un consul appelé Aurélien. Pour se soustraire à cette obligation de se marier, Nérée et Achilée lui aurait exposé qu'il lui était possible de se consacrer à Dieu et d'être ainsi mariée à Jésus-Christ[36]. Elle décide alors de devenir une vierge consacrée à Dieu et Nérée et Achillée vont trouver l'évêque Clément de Rome pour qu'il effectue la cérémonie de consécration, car elle avait « demandé à être consacrée vierge, et à recevoir le voile saint de la virginité » des mains même de Clément[36]. Pour se présenter à lui, ils lui indiquent qu'ils étaient auparavant au service de Plautilla qui était une demi-sœur du « consul Clément » qui lui-même était un demi-frère du père de Clément de Rome[36]. « Le saint évêque Clément vint donc trouver Domitilla et la consacra vierge du Christ[36]. »

Eutychès, Victorinus et Maro[modifier | modifier le code]

Toutefois, Aurélien ne se laissa pas arrêter par cette consécration chrétienne, qui ne doit avoir aucune valeur à ses yeux. « Il obtint de l'empereur Domitien que, si elle refusait de sacrifier, elle serait envoyée en exil dans l'île de Puntia[36]. » Il y envoie aussi Nérée et Achillée. Il leur demande alors en leur offrant de riches présents de convaincre Domitilla de revenir sur son vœu. Toutefois les deux hommes refusent[36]. Ils sont alors transférés à Terracina (100 km au sud-est de Rome), où ils sont remis aux mains du consulaire Memmius Rufus[36]. Ils sont alors durement torturé, mais refusent toujours de sacrifier aux idoles, car ils ont été baptisés par l'apôtre Pierre lui-même. « On finit par leur trancher la tête[36]. »

Domitilla refuse toujours d'épouser Aurélien car elle est désormais conseillée par trois autres chrétiens: « Eutychès, Victorinus et Maro »[36]. Ceux-ci sont donc envoyés réaliser de très durs travaux et finissent par être exécutés eux-aussi, car Aurélien a obtenu de « l'empereur Nerva (septembre 96 - janvier 98) [qu'il] lui abandonne ces trois chrétiens, s'ils ne voulaient pas sacrifier aux idoles[36]. »

Aurélien prive alors Domitilla de tous les chrétiens de son entourage et la ramène de l'île Pontia dans une de ses propriétés à Terracina[36],[37]. Plusieurs personnages rejoignent alors Domitilla, ses sœurs de lait, Euphrosyne et Théodora, ainsi que leurs fiancés, Sulpitius et Servilianus, « jeunes romains de grande naissance[36] », mais devant les miracles opérés par Domitilla, ses deux sœurs de lait se convertissent au christianisme et décident de pas se marier[36]. Alors que « tous les païens, hommes et femmes, esclaves et libres, qui étaient accourus en grand nombre » à Terracina « crurent au Christ, à la vue de ces miracles, et furent baptisés, la maison où demeurait Domitilla devint comme une église[36]. »

Aurélien meurt subitement, Trajan autorise son frère à se venger[modifier | modifier le code]

Aurélien qui espérait « faire célébrer en un même jour le mariage des trois vierges[36] » vint avec les deux fiancés, Sulpitius et Servilianus[36]. Pour ces trois mariages, Aurélien « amenait aussi avec lui trois musiciens[36]. » « Mais Sulpitius et Servilianus voyant la muette qui parlait, et le frère de Théodora, Hérodes, dont les yeux s'étaient ouverts à la lumière, et apprenant en même temps tout ce qui s'était dit et fait, embrassèrent la foi[36]. »

Voyant que tout le monde est contre lui, Aurélien fait « enfermer Domitilla dans une salle, espérant triompher d'elle par la violence, plus facilement et sans danger. » Après le repas, « Aurélien, tout joyeux, ouvrit la danse, selon la coutume au jour des noces. Mais à peine avait-il commencé, qu'il fut saisi dans tous ses membres d'une violente agitation, dont il mourut au bout de deux jours. Un châtiment si visible du ciel fit embrasser la foi à tous ceux qui en furent les témoins[36]. » Le frère d'Aurélien appelé Luxurius demande alors réparation à l'empereur Trajan qui vient d'entrer en fonction à la fin janvier 98. Celui-ci n'est pas convaincu par cette mort expliquée par l'intervention du ciel. Luxurius obtient donc « un plein pouvoir pour contraindre tous ces chrétiens à sacrifier aux idoles ou pour les faire périr dans des supplices de son choix, s'ils refusaient[36],[38]. »

En conséquence, Luxurius fait trancher la tête de Sulpitius et Servilianus par le préfet de la ville, car ils refusent de sacrifier aux idoles[36]. Il va ensuite, incendier la maison où se trouve Domitilla avec deux « de ses sœurs de lait », Euphrosyne et Théodora[36].

Dans les martyrologes chrétiens[modifier | modifier le code]

Sainte Domitille en compagnie de St Achille et St Nérée, huile de Niccolò Pomarancio (1598-99) pour l'église Santi Nereo e Achilleo, à Rome

Bien que Jérôme de Stridon (saint Jérôme) mentionne l'existence au IVe siècle du culte qui était rendu à une Flavia Domitilla sur l'île de Pontia, où les cellules qu'elle était censée avoir occupées pendant son exil avaient été converties en un lieu de pèlerinage chrétien en son honneur[39],[34],[35], ni Domitilla, ni les autres Flaviens chrétiens supposés, ne figurent dans le Martyrologe qui est traditionnellement attribué au même Jérôme[40],[41],[42]. Pour certains critiques comme Paul Kerestzes, l'absence des Flaviens chrétiens dans les listes de martyrs des « documents officiels » de l'Église montre que les autorités ecclésiastiques auraient préféré omettre ces noms volontairement[40]. Toutefois Philippe Pergola estime étonnante ce qu'il appelle une « prise de position dans les études les plus récentes[40] », car selon lui « à l'exception des apôtres Pierre et Paul, aucun martyr antérieur au IIIe siècle ne figure dans les calendriers les plus anciens[40]. » En revanche, Nérée et Achillée qui sont présentés comme les chambellans de Flavia Domitilla dans les Actes écrits en grec un siècle plus tard et qui ont été exilés avec elle avant d'être exécutés à Terracina, y figurent bien à la date du [41].

Le premier Martyrologe qui mentionne Flavia Domitilla semble être le Martyrologe de Florus au IXe siècle[42]. Au moins à partir du Martyrologe d'Adon de Vienne, lui aussi du IXe siècle, sa mémoire est mentionnée le , mais aussi le 12 mai le même jour que ses chambellans et elle leur est associée[43]. En 1964, Jean Éracle notait que Domitilla, vierge et martyre, était mentionnée à six reprises dans le Martyrologe romain[44] :

  •  : martyre de Flavia Domitilla, exilée dans l'île de Pontia, par la suite emmenée à Terracina où on l'a tuée avec les vierges Euphrosyne et Théodora[44],[45],[46] ;
  •  : Domitilla célébrée en même temps que Nérée et Achillée[44] qui avaient été exilés avec elle à Pontia[47],[48] ;
  •  : mémoire de sainte Plautilla, femme consulaire, mère de la sainte Flavia Domitilla et baptisée par l'apôtre saint Pierre[44],[49] ;
  •  : martyre des saints « Eutychès, Victorin[us] et Maro[n] », alors qu'ils étaient exilés avec Domitilla[44].
  •  : les saints martyrs Sulpitius et Servilianus convertis à la foi chrétienne par Domitilla sont exécutés[44],[50] ;
  •  : Domitilla est mentionnée à propos de son oncle, le saint consul martyr Flavius Clemens, dont on célèbre la translation des reliques[44] (cette mention du consul Flavius Clemens à la date du est entrée très tardivement dans le martyrologe, probablement en 1748 et son association avec Domitilla est encore plus tardive puisqu'elle date de la fin du XIXe siècle, après les découvertes archéologiques de Giovanni Battista De Rossi et les conclusions qui montraient que de nombreux Flaviens avaient probablement été chrétiens) ;

Dans les différentes éditions des martyrologes antiques, à l'exception de la mention du , on retrouve Flavia Domitilla sans discontinuer à ces dates[51], jusqu'à ce que l'Église catholique prennent, en 1969, la décision d'un très important remaniement concernant Flavia Domitilla et les personnages qui lui étaient associés au moins jusqu'à cette époque[52]. (Voir à ce sujet le § Histoire du culte et notamment les sous sections : Le débat chez les catholiques et Décisions et position actuelle).

C'est probablement à la suite de la redécouverte du cercueil que l'on pense être celui de Titus Flavius Clemens en 1725[53] que sa mémoire a été ajoutée dans le Martyrologe romain à la date du . Il semble que cette révision a été opérée par Benoît XIV en 1748[54]. Domitilla ne semble lui avoir été associée à cette date seulement après l'édition de 1874.[réf. nécessaire]

Ascétisme et long exil[modifier | modifier le code]

En parlant du « long exil » de Flavia Domitilla, Jérôme de Stridon la présente comme une proto-ascète chrétienne et ajoute ainsi une nuance qui est absente du récit de base de sa passio préservée dans sa traduction de la Chronique (en) d'Eusèbe de Césarée[11]. De plus sa caractérisation d'une Domitilla ascétique « martyre » du fait de la longue durée de son exil est incompatible avec la réalité historique[11]. En 96, peu de temps après son accession au pouvoir Nerva a publié un rappel général de ceux que son prédécesseur avait condamné à l'exil[11]. Ce qui veut dire que la sentence contre Domitilla a probablement été levée dans les mois qui ont suivi son bannissement[11].

« Dans les Actes de Nérée et Achillée composés au VIe siècle, la martyre Domitilla d'une légende ecclésiastique antérieure est aussi remaniée en ascète[11]. » Les critiques ne parviennent pas à déterminer s'il existe un rapport entre la description ascétique de Jérôme et celle trouvée par la suite dans les Actes[39]. De même, on ne sait pas si cette réinterprétation était présente dans les sources de Jérôme ou si c'est le résultat de l'influence de la tradition chrétienne un brin ascétique en cours à la fin du IVe siècle[55].

« La mise en œuvre du mot cellulae par Jérôme pour décrire le mode de vie de Domitilla renforce l'impression qu'il crée une proto-ascéte de sa propre initiative. En latin classique une cellula est une petite chambre (e. g. les domiciles d'esclaves), mais à partir du IVe siècle ce diminutif acquiert, dans le discours monastique chrétien le sens spécifique de cellule d'ermite, comme propagation du monachisme cénobite, il peut se référer aussi aux chambres individuelles dans un monastère[55]. »

Identification[modifier | modifier le code]

Les critiques ont eu plusieurs approches pour essayer de tenir compte de l'ensemble des sources au sujet de l'identité de Flavia Domitilla. Elles conduisent toutes à deux grandes familles de thèses l'une qui estime que l'on a affaire à une seule femme et que certains des auteurs antiques se sont trompés, l'autre que l'on parle de deux femmes différentes portant le même nom et appartenant à la même famille sénatoriale[11], ou à des familles très proches. Aucun consensus n'a pu être trouvé sur l'exact lien de parenté entre la sainte chrétienne et l'empereur Domitien[11]. De même, on n'a pas pu déterminer si les sympathies juives qu'évoque Dion Cassius désignent les chrétiens[11] en tant que secte juive.

Arguments pour deux Domitilla[modifier | modifier le code]

Eusèbe parle d'une Flavia Domitilla qui est la « fille d'une sœur de Flavius Clémens, alors un des consuls de Rome », alors que la Flavia Domitilla dont parle Dion Cassius est la femme du consul Flavius Clemens[25],[56]. Les critiques qui estiment que la sainte chrétienne est différente de la Flavia Domitilla dont parle Dion Cassius estiment peu vraisemblable que si la Flavia Domitilla dont parle Eusèbe avait été mariée avec le consul Flavius Clémens, il se soit contenté de dire que c'était sa nièce, sans dire qu'il l'avait épousée. Eusèbe de Césarée ainsi que d'autres auteurs chrétiens comme Jérôme de Stridon (saint Jérôme) affirment que Flavia Domitilla était la nièce du consul Flavius Clemens et qu'elle fut exilée à l'île de Pontia[57]. Jérôme affirme même qu'à son époque on allait encore visiter dans l’île de Pontia les cellules où avait vécu de la noble exilée[57]. Toutes les autres sources chrétiennes comme les Actes des martyres de la vierge sainte Flavia Domitilla et des saints Nérée et Achillée ou le Martyrologe romain disent que la vierge Flavia Domitilla a été exilée sur l'île de Pontia[58] et pas sur l'île de Pandateria où selon Dion Cassius la femme de Titus Flavius Clemens a été exilée.

De même, dans les Actes des martyres ou le Martyrologe romain, la sainte Flavia Domitilla n'a pas du tout le même profil que la femme de Titus Flavius Clemens. En effet, la sainte Flavia Domitilla se fait consacrer à Dieu par Clément de Rome pour échapper à un mariage avec le fils d'un consul, appelé Aurélien. Il s'agit d'une jeune fille qui n'a jamais épousé personne et qui décide de rester vierge malgré toutes les pressions exercées sur elle. Elle est exécutée à Terracina, environ trois ans après avoir prononcé son vœu, par le frère d'Aurélien qui vient incendier la maison où elle est recluse avec deux autres jeunes vierges chrétiennes, car l'empereur Trajan l'a autorisé à exécuter tous ceux qui dans cette affaire refuseront de sacrifier aux Dieux romains. Au contraire, la femme de Titus Flavius Clemens est mariée lorsqu'elle est arrêté et elle a eu sept enfants[4], dont deux des fils ont été ouvertement reconnus comme ses successeurs par Domitien[8]. La femme du Consul de l'année 95 a donc un profil qui n'a rien à voir avec une jeune vierge consacrée à Dieu. De plus, elle est seulement exilée sur l'île de Pandateria et Dion Cassius précise bien que contrairement à son mari, elle n'a pas été tuée, alors que la nièce du consul est déclarée martyr dans toutes les sources.

Dans les Actes des martyres, la nièce du « consul Clemens » est une fille d'une femme appelée Plautilla, or on connaît le nom de la mère de la femme du Titus Flavius Clemens, c'est une sœur de Titus et Vespasien, elle aussi appelée Flavia Domitilla et que les historiens ont pris l'habitude d'appeler Domitilla la Jeune pour la distinguer des autres Flavia Domitilla. Ni dans les écrits, ni dans les inscriptions épigraphiques[59], il n'y a le moindre indice que cette Flavia Domitilla ait pu aussi être appelée Plautilla.

Enfin, la mère de la femme de Titus Flavius Clemens, ne peut pas être une demi-sœur du consul, comme c'est indiqué pour Plautilla dans toutes les sources. Car c'est une sœur de Titus et Domitien ayant les deux mêmes parents qu'eux. C'est-à-dire l'empereur Vespasien et sa femme appelée Domitilla l'Aînée, pour la distinguer elle aussi des autres Flavia Domitilla. Or, il est certains que Titus Flavius Clemens n'est pas frère des empereurs Titus et Domitien et n'est pas un fils de Vespasien.

Une partie de la critique estime donc que ces deux Flavia Domitilla sont deux personnes différentes, appartenant toutes deux à la famille flavienne. Cela n'a rien d'étonnant car, à part elles, l'histoire a retenu trois autres Flavia Domitilla vivant à la même époque et appartenant toutes à la famille flavienne. De même, on note dans la famille l'existence de quatre Titus Flavius Sabinus. Cela étant en accord avec la façon dont étaient attribués les noms dans les familles romaines.

Arguments d'historiens qui nient qu'il y avait deux Domitilla[modifier | modifier le code]

Sont très nombreux les historiens qui nient que la Flavia Domitilla dont parle Eusèbe (en citant Bruttius) et Jérôme soit distincte de celle dont parle Dion Cassius. Tous rejettent comme sans valeur historique les Actes des saints Nérée et Achillée, qui proposent une Flavia vierge consacrée, opératrice de miracles, qui meurt brûlée à Terracina, charactéristiques dont Eusèbe et Jérôme ne donnent aucune indication. (Même les historiens qui défendent l'existence de ces deux Domitilla distinctes ne défendent pas l'historicité de ces Actes des Martyrs de la troisième catégorie). À leur avis les différences entre les récits d'Eusèbe et de Dion sont faciles à expliquer et ne prouvent pas qu'il y avait deux femmes. Par exemple, la proximité géographique de Pandateria et Pontia et la similitude des noms peut avoir donné origine à la confusion entre les deux îles, et Bruttius semble avoir attribué à Clemens la parenté que Domitilla en réalité avait avec Domitien[20],[60]

Déjà à la fin du XIXe siècle, selon Paul Allard, partisan de l'interpretation des deux Domitilla, les historiens qui considéraient la double mention une erreur étaient plus nombreux de ceux qui la défendaient[61]. Parmi les historiens plus récents qui nient l'existence distincte de la Domitilla d'Eusèbe on peut mentionner Brian Jones qui, vu qu'avant César Baronius personne croyait dans l'existence de ces deux Flavia Domitilla distinctes[62], la considère improbable[63]; Leo H. Canfield, qui aussi déclare significatif le fait qu'aucun auteur antique mentionne ces deux Domitilla[64]; John Granger Cook, qui attribue à Bruttius une autorité beaucoup inférieure à celle de Dion dans la situation dans laquelle aucun auteur antique dit qu'il y avait deux victimes de Domitien nommées Domitilla[65]; et E. Mary Smallwood, qui aussi considère plus crédible la version de Dion[66].

Les Catacombes de Domitilla[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catacombes de Domitilla.

À proximité des catacombes de San Callisto à Rome, sur la Via Ardeatina (it) se trouvent les immenses catacombes de Domitilla composées de 12 kilomètres de galeries souterraines[67].

Les Catacombes de Domitilla sont le plus ancien des réseaux funéraires souterrains de Rome[67] et les seules à contenir encore des ossements. Elles sont aussi les mieux conservées et l'une des plus vastes de toutes. « Elles fournissent également un aperçu étendu de toutes les phases et phénomènes d'une nécropole paléochrétienne[67]. » On y trouve notamment une fresque de la Dernière Cène datant du IIe siècle. Des tombes païennes isolées et des sépultures anonymes de la communauté chrétienne ont contribué à former un immense réseau de galeries au IVe siècle.

L'accès aux catacombes est possible en contrebas de l'église antique située 280 via delle Sette Chiese. Elles ont été redécouvertes en 1593 et une grande partie a été restaurée en 1870. Une campagne de relevés archéologiques a eu lieu de 2006 à 2009, sous la direction de N. Zimmerman. Une reconstitution partielle en 3D de ces catacombes a été réalisée à partir de ces relevés[68].

La basilique des saints Nérée et Achillée[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, Giovanni Battista De Rossi a mis au jour une basilique semi-souterraine consacrée aux saints Nérée et Achillée, présentés comme les chambellans de la « vierge Flavia Domitilla » dans diverses sources chrétiennes, mais qui semblent décrits comme des soldats dans une inscription du pape Damase. Il a aussi trouvé des indications, notamment une fresque qui montrent que la sépulture de Sainte Pétronille, elle aussi appartenant à la famille flavienne, se trouvait dans cette catacombe[69]. C'est notamment ce que disent aussi plusieurs textes chrétiens.

Ainsi dans les Actes des martyres de la vierge sainte Flavia Domitilla et des saints Nérée et Achillée on lit qu'un certains Auspicius emmena le corps de Nérée et Achillée à Rome et « vint les ensevelir dans l'arenarium de la maison de campagne de Domitilla, sur la voie Ardéatine, à un mille et demi des murs de la ville, non loin du tombeau de Pétronilla, la « fille » de l'apôtre Pierre[70]. » L'expression fille de l'apôtre Pierre, doit s'entendre comme une « fille spirituelle » de Pierre. Petronille portait en effet ce nom comme descendante de Titus Flavius Petro dont le cognomen est Pierre (Petro), le grand-père de l'empereur Vespasien[71]

La crypte où furent enterrés les saints Nérée et Achillée devint un sanctuaire qui après avoir connu trois phases structurelles devint une basilique semi-souterraine munie de trois nefs, une abside et un narthex[72]. La datation de la basilique à la fin du IVe siècle telle que G. B. De Rossi l'avait faite en s'appuyant sur un graffito et une épitaphe est en général acceptée[73],[74]. Pergola appuie ce point de vue en analysant les relations topographiques de la basilique avec le réseau de galeries de la catacombe[75]. Malheureusement les deux précédentes phases structurelles de cette basilique n'ont pas fait l'objet de fouilles jusqu'à présent[72]. Plusieurs critiques ont noté qu'elle est disposée selon un modèle juif[76],[77], ce qui correspond au caractère judéo-chrétien de l'église de Rome[78] à la fin du Ier siècle, à une époque où le judaïsme et le christianisme ne sont pas encore séparés[79] et correspond particulièrement à ce que l'on sait du christianisme des membres de la famille flavienne qui y avaient adhéré[80],[81]. Les éléments les plus anciens de cette catacombe datent vraisemblablement du IIe siècle, mais rien ne s'oppose à ce que Pétronille, puis Nérée et Achillée aient été enterrés ici quelques dizaines d'années avant que la nécropole ne commence à prendre son ampleur et bien avant qu'existent les catacombes souterraines.

Après la fin des activités funéraires au Ve siècle, cette basilique est devenue le centre d'un sanctuaire de pèlerinage aux tombes des « martyrs » Nérée et Achillée[67]. L'utilisation de la basilique souterraine a été abandonnée au Moyen Âge[67] (vers le IXe siècle). Avec environ 80 tombes peintes, les catacombes de Domitilla sont aussi l'une des plus grandes collections de catacombes peintes[67].

Histoire du culte[modifier | modifier le code]

IVe siècle[modifier | modifier le code]

La plus ancienne mention d'un culte adressé à une Flavia Domitilla se trouve chez Jérôme de Stridon[39] (saint Jérôme) qui au IVe siècle raconte la visite sur l'île de Pontia d'une certaine Paula pour voir les cellules qui avaient été convertie en un lieu de pèlerinage chrétien en l'honneur de Domitilla où elle était censée avoir passée son exil[34],[35],[39],[82]. Eusèbe de Césarée, citant des auteurs païens — parmi eux vraisemblablement Bruttius Præsens, un auteur du IIIe siècle[83] — atteste aussi de la relégation de cette Flavia Domitilla « dans l'île Pontia en punition de ce qu'elle avait rendu témoignage au Christ[84] » qui est la formule pour dire qu'elle était considérée comme « martyr »[85] au moins par certains chrétiens. À l'époque « martyr » signifie « témoin »[86],[87]. Toutefois, le même Jérôme de Stridon qui mentionne le culte qui lui était rendu dans l'île de Pontia ne fait pas figurer Flavia Domitilla dans son Martyrologe[41],[42], ce qui peut signifier qu'il existait des difficultés pour la reconnaître officiellement martyr de l'Église. On peut remarquer que Titus Flavius Clemens n'y figure pas non-plus, ni même l'évêque Clément de Rome[41], un parent de Flavia Domitilla selon les sources chrétiennes. Pourtant cette qualité de « martyr » est attribuée à Clément par Rufin d'Aquilée et implicitement par Jérôme de Stridon lui-même dans son Apologia contra Ruffinium (II, 17)[88]. Toutefois, ce martyrologe nous a été transmis sous des formes très confuses et corrompues (avec des listes de noms mutilées, tronquées, interpolées, etc.)[89], par des manuscrits dont les trois plus anciens (de Berne, Echternach et Wissembourg[90]) remontent au VIIIe siècle. De même, la construction de la Basilique Saint-Clément-du-Latran dès la prise du pouvoir de l'empereur Constantin sur un supposé titulus clementis, c'est-à-dire sur le lieu d'une église domestique nommée suivant le nom du propriétaire de la demeure dans laquelle elle se trouvait[91] est évoqué par Jérôme de Stridon. Pour lui, au Ier siècle à cet endroit se trouvait la demeure de l'évêque Clément de Rome que le Liber Pontificalis situe sur le mont Cælius, ce qui est compatible avec le site du Latran, placé plus précisément dans la vallée entre le Cælius et l'Esquilin[88]. Selon les sources chrétiennes antiques le père de l'évêque Clément, un personnage de rang sénatorial[92] et Plautilla, la mère de la sainte Flavia Domitilla étaient tous deux des demi-frère et demi-sœur d'un consul Clémens, souvent identifié à Titus Flavius Clemens, alors que d'autres critiques proposent de l'identifier au Clément mentionné sous le nom de Kelomenos dans le Talmud qui pourrait-être Marcus Arrecinus Clemens.

IXe siècle[modifier | modifier le code]

Le premier Martyrologe qui mentionne Flavia Domitilla semble être, au IXe siècle, le Martyrologe de Florus[42] (mort en 860). Sa mémoire a été fixée au le même jour que ses chambellans Nérée et Achillée qui eux figuraient dans les martyrologes dès celui publié par Jérôme de Stridon au IVe siècle. Entretemps, l'église Santi Nereo e Achilleo a été consacrée à ces deux saints[93] et en 814 les reliques de ces deux martyrs y ont été transférés depuis leur sépulture de la catacombe de Domitilla. Les cérémonies qui s'y tenaient dans la basilique semi-enterrée sont alors abandonnées. En 867, les supposées reliques de l'évêque Clément ont été ramenées de Crimée à Rome par saints Cyrille et Méthode[94],[88]. Elles ont été déposées dans la Basilique Saint-Clément-du-Latran[94], qui lui est dédiée depuis sa construction au IVe siècle. Il est dit — notamment pas saint Jérôme — que cet édifice a été érigé à l'emplacement de la maison du saint à Rome[88]. C'est aussi à cette époque carolingienne que l'évêque Clément de Rome semble être entré dans le martyrologe.

À partir du XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XIIIe siècle, dans la La Légende dorée de Jacques de Voragine, la sainte Domitilla associée à Nérée et Achillée ses « eunuques chambellans[95] » est présentée comme « la nièce de l'empereur Domitien[95] », alors qu'à la même époque dans des textes chrétiens plus officiels comme les martyrologes par exemple, la sainte Domitilla est toujours la nièce du consul Clémens. Cela signifie que l'assimilation de la sainte chrétienne à la femme de Titus Flavius Clemens dont parle Dion Cassius était déjà intervenue à cette date dans la tradition chrétienne vivante. Selon le père Jean Éracle, la fête de Flavia Domitilla n'a été instituée « qu'au XVIe siècle sur l'instigation de Barionus[42]. » En 1725, au cours de travaux effectués dans la basilique, le cercueil que l'on pense être celui de Titus Flavius Clemens est redécouvert dans la Basilique Saint-Clément-du-Latran. « Après une cérémonie solennelle, il a été replacé au même endroit[53]. »

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Archéologie et flaviens chrétiens[modifier | modifier le code]

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Le débat chez les catholiques[modifier | modifier le code]

La thèse de Jean Éracle[modifier | modifier le code]

Pour le père Jean Éracle, il n'y a qu'une seule Flavia Domitilla qui est la femme de Titus Flavius Clemens. Pour lui tous les textes antiques contiennent au moins une erreur. Eusèbe de Césarée aurait mal interprété ses sources et fait d'une cousine du consul Flavius Clémens la fille de sa sœur[96]. Jérôme de Stridon aurait « traduit faussement la Chronique à cause du texte parallèle de l'Histoire ecclésiastique[97]. » Dans le texte de Dion Cassius deux îles pontiques « assez proches » auraient été confondues par le moine Jean Xiphilin lorsqu'il a résumé l'Histoire romaine[97]. Philostrate se serait trompé en disant qu'une sœur de Domitien avait épousé un « consul Clément » exécuté en 96[98]. Pour lui le consul Clément ne peut être que Titus Flavius Clemens et la sainte Flavia Domitilla ne peut être que sa femme, la fondatrice du cimetière de la voie Ardéatine[99]. En construisant un arbre généalogique simplifié de l'ascendance de Titus Flavius Clemens, il montre que si la mère de Flavia Domitilla est une sœur de Titus Flavius Clemens, elle ne peut pas être Domitilla la Jeune. Pour autant il estime que Plautilla n'est pas non-plus la mère de Flavia Domitilla[99], car il part du principe qu'il ne peut y avoir qu'une seule Flavia Domitilla qui ait été chrétienne, alors que le contraire est non seulement supposé possible en général, mais même soutenu par certains historiens qui défendent l'existence de deux Flavia Domitilla. Par ailleurs, il omet d'exposer les thèses de ceux qui estiment que celui qui est appelé « consul Clément », ou « consul Flavius Clemens », n'est peut-être pas Titus Flavius Clemens.

De plus, selon Jean Éracle aucune des douze associations de Flavia Domitilla avec d'autres saints que l'on trouvait dans les Martyrologes n'a de réalité historique. Pour lui, les saints qui sont mentionnés dans les Actes n'ont été associés que dans l'esprit de l'hagiographe qui a écrit ce récit[100] et cette association « s'appuie seulement sur quelques données topographiques[100]. » Il imagine que l'auteur a inventé les liens entre ces personnages en voyant leurs sépultures à Rome[100]. Au moment où les Actes ont été écrits, les Catacombes de Domitilla n'auraient été qu'un vieux cimetière[100]. « Un passage d'Eusèbe qui mentionne l'exil à Pontia de Flavia Domitilla, fille d'une sœur du consul Flavius Clemens, va fournir la trame du récit. Le nom du consul entraînera l'intervention du pape saint Clément, et sa sœur deviendra Plautilla[100] », une matrone qui apparaît dans les Actes de Paul[100]. Pour lui, le fiancé de Domitilla « tire son nom d'un prince persécuteur du IIIe siècle, l'empereur Aurélien[100]. » Nérée et Achillée, des soldats selon une inscription du pape Damase, seraient devenus « les eunuques chambellans de Flavia Domitilla[100] » à cause de la basilique qui mentionnait leurs noms située dans le cimetière appelé Domitilla. Comme on conservait au même endroit le sarcophage, d'Aurelia Petronilla, l'auteur des Actes l'aurait associée à cette histoire en la faisant faussement mourir dans son lit[100]. Il estime qu'on la croyait vraiment fille de saint Pierre — et pas une descendante de Titus Flavius Petro — et que ce n'est qu'à cause de la proximité de ce nom que l'inventeur des Actes en profite pour mentionner l'apôtre[100]. Pour lui la présence dans ce récit des saint Sulpice et Servilien ne repose que sur la fantaisie de l'auteur qui d'après lui se serait inspiré du cimetière qui porte leurs noms[42]. Euphrosyne et Théodora, les compagnes de Domitilla, ne sont aussi que le fruit de l'imagination de l'inventeur des Actes. Il en donne pour preuve que ces noms ne sont d'après lui connus nulle-part ailleurs[101]. Le nom d'Euphrosyme pourrait suggérer que l'hagiographe romain « voulait créer comme un pendant chrétien au mythe des trois grâces[101]. » La mort violente de Flavia Domitilla elle-même serait une invention[101]. Il n'explique toutefois pas comment par la suite, ces histoires sorties de l'imagination de l'auteur des Actes se seraient substituées aux traditions qui accompagnaient le culte de chacun de ces onze « martyrs » au point de se retrouver dans les documents officiels chrétiens, comme les Calendriers, les itinéraires aux tombes des martyrs et les Martyrologes.

Publiée en 1964, la thèse de Jean Éracle n'a pas rencontré de réception chez les historiens. En revanche, ce type de raisonnement a eu suffisamment de succès auprès des autorités vaticanes pour que quelques années après la totalité des douze personnages associés à Domitilla dans les Actes dont Jean Éracle nie l'existence au Ier siècle soit disparaissent des documents officiels chrétiens comme le Martyrologe et les Calendriers, ou soient transformés en personnages mourant vers le IVe siècle.

Point de vue d'Alessandro Carletti[modifier | modifier le code]

Décisions et position actuelle[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier romain tridentin établi par le pape Pie V le 12 juin est la fête de « Nérée, Achillée et Pancrace martyrs[102],[103],[104]. La révision publiée par la pape Clément VIII en 1604 indique comme saints du jour « Saints Nérée, Achillée, Domitilla vierge, et Pancrace martyrs[105]», indication que donne encore le calendrier romain général 1960[106],[107], dont l'utilisation est encore permise dans les modalités indiquées par le motu proprio Summorum Pontificum. En considération des difficultés historiques[108] on a supprimé la mention de Domitilla dans l'actuelle Calendrier romain général. Le 12 juin on peut choisir de célébrer les saints Nérée et Achillée comme mémoire facultative ou saint Pancrace comme mémoire facultative alternative.[réf. souhaitée]

Peinture[modifier | modifier le code]

Domitille a été peinte par Pierre Paul Rubens :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dion Cassius dit qu'elle fut accusée d'athéisme et réléguée à l'île Pandataria (Histoire romaine 67.14, dont il n'existe maintenant que l'épitomé faite par le byzantin Jean Xiphilin dans le XIIe siècle : traduction française du passage ; texte original en grec).
  2. PIR² F 418.
  3. Brian Jones, The Emperor Domitian, 1993, Routledge, Londres, p. 47-48.
  4. a et b ILS, 1839.
  5. (en) Quintilian, Institutio Oratoria , iv. 1, § 2
  6. Ausonius, Grat. Act, 10.7.204.
  7. Brian Jones, The Emperor Domitian, 1993, Routledge, Londres, p. 48.
  8. a, b et c Brian Jones, The Emperor Domitian, 1993, Routledge, Londres, p. 47.
  9. Suétone, « [[Vie des douze Césars]], Domitien, 15 », sur Biblioteca Classica Selecta
  10. Dion Cassius traduit par Théodore Reinach, « Dans Fontes rerum judaicarum : Histoire romaine ([[wikt:épitomé|épitomé]] de [[Xiphilin]]), livre 67, page 195 », Ernest Leroux,‎
  11. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Andrew Cain, Saint Jerome, 2013, Jerome's Epitaph on Paula: A Commentary on the Epitaphium Sanctae Paulae, Oxford University Press, Oxford, 2013, p. 196.
  12. Corpus Inscriptionum latinarum (CIL), VI, 8942 et 16246.
  13. Philippe Pergola, La condamnation des Flaviens chrétiens sous Domitien : Persécution religieuse ou répression à caractère politique ?, Mélanges de l’École française de Rome. Antiquité Année 1978, Volume 90, Numéro 1, p. 412-415.
  14. Corpus Inscriptionum latinarum (CIL), 1098.
  15. Jean Éracle, Une grande dame de l'ancienne Rome: Flavia Domitilla, petite fille de Vespasien, p. 114.
  16. a, b, c, d, e et f Philippe Pergola, La condamnation des Flaviens chrétiens sous Domitien : Persécution religieuse ou répression à caractère politique ?, Mélanges de l’École française de Rome. Antiquité Année 1978, Volume 90, Numéro 1, p. 416.
  17. CIL, XV 1139.
  18. Jean Éracle, Une grande dame de l'ancienne Rome: Flavia Domitilla, petite fille de Vespasien, p. 116.
  19. Philippe Pergola, La condamnation des Flaviens chrétiens sous Domitien : Persécution religieuse ou répression à caractère politique ?, Mélanges de l’École française de Rome. Antiquité Année 1978, Volume 90, Numéro 1, p. 414-415.
  20. a, b, c, d, e, f et g Peter Lampe, Christians at Rome in the First Two Centuries: From Paul to Valentinus, T & T Clark International, 2003, Mohr Siebeck, Tübingen, p. 200.
  21. (en) Richard Gottheil et Samuel Krauss, « Flavia Domitilla », Jewish Encyclopedia
  22. Version française par A. Chassang
  23. Texte original avec traduction en anglais
  24. Suétone, Vie de Domitien, chapitre XVII
  25. a, b et c Andrew Cain, Saint Jerome, 2013, Jerome's Epitaph on Paula: A Commentary on the Epitaphium Sanctae Paulae, Oxford University Press, Oxford, 2013, p. 195.
  26. Historia Ecclesiae, III, 18; Chron. ad an. Abrahami, 2110
  27. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, tome III, 18.
  28. Version arménienne : Brettius. Épitomé syriaque : Burtnus. Dans la Chronique pascale, il est appelé Βρούττιος (édit. Dindorf, I, p. 468).
  29. Giovanni Battista De Rossi, Bull. arch. crist., 1865, p. 24 ; 1875, p. 74.
  30. Eusèbe de Césarée ou son traducteur Jérôme de Stridon, Chronicon hieronymus (en), 16e année de Domitien.
  31. Leon H. Canfield, The Early Persecutions of the Christians, 2005, Lawbook Exchange Ltd., Clark, New-Jersey, p. 533.
  32. Charles Leslie Murison, « M. Cocceius Nerva and the Flavians », Transactions of the American Philological Association, University of Western Chicago, vol. 133, 2003, p. 153.
  33. Peter Lampe, Christians at Rome in the First Two Centuries: From Paul to Valentinu, éd. Continuum, Londres, 2003, p. 204.
  34. a, b et c Jérôme de Stridon, Ep. 108.7.1 : « [Paula], étant arrivée à l'île de Pontia, si célèbre par l'exil de Flavia Domitilla, la plus illustre femme de son siècle, laquelle y fut reléguée par l'empereur Domitien à cause qu'elle était chrétienne, et voyant les petites cellules où elle avait souffert un long martyre, il sembla que sa foi y prit des ailes, tant elle se sentit touchée du désir de voir Jérusalem et les lieux saints ».
  35. a, b et c Peter Lampe, Christians at Rome in the First Two Centuries: From Paul to Valentinus, T & T Clark International, 2003, Mohr Siebeck, Tübingen, p. 204, note no 12 : « At the time of Jerome, tourists to the island of Pontia were shown the cells in which the Christian Domitilla was alleged to have spent her exile ».
  36. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x Actes des martyres de la vierge sainte Flavia Domitilla et des saints Nérée et Achillée, in Les Martyrs : Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme jusqu'au XXe siècle, Tome I, Les Temps Néroniens et le Deuxième Siècle, traduit par le père H. Leclerq, Bibliothèque de l'école des chartes, Année 1903, Volume 64 Numéro 1, republié en 1920 (4e édition), présentation sur persee.fr.
  37. Les critiques qui ont étudié ce texte notent que cela correspond à la libération de ceux que Domitien avaient envoyé en exil et à l'assouplissement des mesures contre ceux qui vivaient à la juive, prises dès le début du règne de Nerva.
  38. Trajan n'a probablement pas cru aux explications qui parlaient de mort miraculeuse envoyée comme châtiment du ciel et il a probablement au contraire été persuadé qu'Aurélien a été empoisonné par un complot du groupe.
  39. a, b, c et d Andrew Cain, Saint Jerome, 2013, Jerome's Epitaph on Paula: A Commentary on the Epitaphium Sanctae Paulae, Oxford University Press, Oxford, 2013, p. 197.
  40. a, b, c et d Philippe Pergola, La condamnation des Flaviens chrétiens sous Domitien : Persécution religieuse ou répression à caractère politique ?, Mélanges de l’École française de Rome. Antiquité Année 1978, Volume 90, Numéro 1, p. 419.
  41. a, b, c et d Jérôme de Stridon , Martyrologe hiéronymien.
  42. a, b, c, d, e et f Jean Éracle, Une grande dame de l'ancienne Rome: Flavia Domitilla, petite fille de Vespasien, p. 130.
  43. Martyrologe d'Adon, Martyrologe d'Adon mémoire de sainte Domitilla le 12 mai avec Nérée et Achillée ; le 7 mai martyr à Terracina.
  44. a, b, c, d, e, f et g Jean Éracle, Une grande dame de l'ancienne Rome: Flavia Domitilla, petite fille de Vespasien, p. 109-110.
  45. Martyrologe d'Adon de Vienne, Martyrologe d'Adon 7 mai martyr à Terracina.
  46. : Martyrologium Romanum ad novam Kalendarii rationem, et Ecclesiasticae historiae veritatem restitutum. Gregorii XIII. Pont. Max. iussu editum (Romae Ex Typographia Dominici Basae 1583)
  47. Martyrologe romain de 1584, p. 133-134, le .
  48. Martyrologe d'Adon de Vienne, Martyrologe d'Adon mémoire de sainte Domitilla le 12 mai avec Nérée et Achillée.
  49. Martyrologe romain de 1584, p. 143, le « Rome sainte Plautilla, femme consulaire, mère de la sainte Flavia Domitilla et baptisées par l'apôtre saint Pierre, brillant de toutes les vertus dans la paix et la tranquillité. »
  50. Martyrologe romain de 1584, p. 109, le « À Rome les saints martyrs Sulpitius et Servilianus, que la prédication et les miracles de la vierge béatifiée Domitilla ont converti à la foi au Christ, refusant de sacrifier aux idoles, durant la persécution de Trajan, le gouverneur de la ville (prefecto urbis) Aniano les a fait décapiter. »
  51. Voir les éditions de 1584, p. 128, 1635, p. 145, 1690, p. 121, 1784, p. 84, 1874, p. 86.
  52. Calendarium Romanum (Libreria Editrice Vaticana), p. 123.
  53. a et b « Item Romae Translatio sancti Flavii Clementis, viri Consularis et Martyris; qui, sanctae Plautillae frater ac beatae Virginis et Martyris Flaviae Domitillae avunculus, a Domitiano Imperatore, quocum Consulatum gesserat, ob Christi fidem interemptus est. Ipsius porro corpus, in Basilica sancti Clementis Papae inventum, ibidem solemni pompa reconditum est. », (la) Vetus Martyrologium Romanum, à la date du 22 juin.
  54. Voir les éditions de 1584, p. 176–177, 1635, p. 203–204, 1678, p. 179–180
  55. a et b Andrew Cain, Saint Jerome, 2013, Jerome's Epitaph on Paula: A Commentary on the Epitaphium Sanctae Paulae, Oxford University Press, Oxford, 2013, p. 197.
  56. Les deux Flavia Domitilla — celle mentionnée par Dion Cassius et celle mentionnée par Eusèbe de Césarée — sont une seule et même personne pour Paul Mattéi. Pour lui, il y a seulement une imprécision sur le lien de parenté qui l'unit à Flavius Clemens: épouse pour Dion Cassius, nièce pour Eusèbe de Césarée. cf. Paul Mattéi, Le christianisme antique de Jésus à Constantin.
  57. a et b Jérôme de Stridon, Ep., CVIII, 7.
  58. Il en est de même dans des sources chrétiennes plus tardives comme La légende dorée de Jacques de Voragine, notice des "Saints Nérée et Achillée", Volume 1, 1967, Paris, Garnier-Flamarion, p. 380-381.
  59. CIL 6, 31287, CIL 5, 2829, AE 1962, 272.
  60. Stephen Spence, The Parting of the Ways: The Roman Church as a Case Study (Peeters 2004 ISBN 978-9-04291336-3), p. 167
  61. Paul Allard, Histoire des persécutions pendant les deux premiers siècles (troisième édition, Paris 1903), pp. 113–114
  62. Brian Jones, The Emperor Domitian (Routledge 2002 ISBN 978-1-13485313-7), p. 116
  63. Jones, The Emperor Domitian, p. 48
  64. Leo H. Canfield, The Early Persecutions of the Christians (réimpression : The Lawbook Exchange 2005 ISBN 978-1-58477481-5), pp. 82–83]
  65. John Granger Cook, Roman Attitudes Toward the Christians: From Claudius to Hadrian (Mohr Siebeck 2011 ISBN 978-3-16150954-4), p. 129
  66. E. Mary Smallwood, The Jews Under Roman Rule: From Pompey to Diocletian : a Study in Political Relations (BRILL 2001 ISBN 978-0-39104155-4), p. 378
  67. a, b, c, d, e et f N. Zimmerman, Project: The Domitilla-Catacomb in Rome
  68. Domitilla-Catacomb: Status and Progress of the Project 2009
  69. Bull. arch. crist., 1874, p. 8s ; 1875, p. 1s ; 1878, p. 132s ; 1879, p. 158s.
  70. Actes des martyrs, Actes des martyres de la vierge sainte Flavia Domitilla et des saints Nérée et Achillée.
  71. Dans la Légende dorée (XIIIe siècle), il est seulement indiqué que « leurs corps furent ensevelis auprès du tombeau de sainte Pétronille », ce qui donne la même indication topologique. cf. Jacques de Voragine, La Légende dorée, Notice des "Saints Nérée et Achillée, Volume 1, 1967, Paris, Garnier-Flamarion, p. 380-381.
  72. a et b Mathijs Lamberigts, Peter van Deun, La pluralité, p. 63.
  73. C'est notamment le cas de Marucchi et Pergola, alors que Krautheimer et Tolotti propose de la dater vers 600 en s'appuyant sur des ressemblances architecturales.
  74. Mathijs Lamberigts, Peter van Deun, La pluralité, p. 63-64.
  75. Mathijs Lamberigts, Peter van Deun, La pluralité, p. 64.
  76. Jewish Encyclopedia, article Flavia Domitilla qui cite N. Müller, in Herzog-Hauck, "Real-Encyc." 3e éd.,X.863.
  77. Robert Eisenman, James the Brother of Jesus And The Dead Sea Scrolls, The Historical James, Paul as the Enemy, and Jesus' Brothers as Apostles, tome II, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 401, note no 102.
  78. Selon Simon Claude Mimouni, Paul dans son Épître aux Romains semble s'adresser à des judéo-chrétiens fort attachés au respect de la Torah et à des chrétiens d'origine grecque qui veulent s'en détacher totalement. cf. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 754.
  79. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, Cerf, (ISBN 978-2-204-06215-2), p. 278.
  80. Selon Simon Claude Mimouni, l'évêque Clément de Rome est un judéo-chrétien, probablement de stricte observance juive « tout autant fortement messianiste que stoïcien ». cf. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 754.
  81. Dion Cassius dit que Flavius Clemens, sa femme et Manius Acilius Glabrio ont été condamnés pour les mêmes motifs par Domitien: « de ne pas adorer les Dieux » et avoir « embrassé la religion des juifs ». Or les découvertes archéologiques effectuées par Giovanni Battista De Rossi dans la Catacombe de Priscilla conduisent à penser qu'Acilius Glabrio était chrétien et qu'il en était donc de même pour Titus Flavius Clemens et sa femme (cf. Giovanni Battista De Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 1888-1889, p. 15s; cf. de Wahl, Römische Quartalschrift, IV, 1890, p. 305s). D'ailleurs, Titus Flavius Clemens figure au Vetus Martyrologium Romanum à la date du 22 juin: « Item Romae Translatio sancti Flavii Clementis, viri Consularis et Martyris; qui, sanctae Plautillae frater ac beatae Virginis et Martyris Flaviae Domitillae avunculus, a Domitiano Imperatore, quocum Consulatum gesserat, ob Christi fidem interemptus est. Ipsius porro corpus, in Basilica sancti Clementis Papae inventum, ibidem solemni pompa reconditum est. », cf. (la) Vetus Martyrologium Romanum, à la date du 22 juin.
  82. Philippe Pergola, La condamnation des Flaviens chrétiens sous Domitien : Persécution religieuse ou répression à caractère politique ?, Mélanges de l’École française de Rome. Antiquité Année 1978, Volume 90, Numéro 1, p. 411.
  83. La famille de Bruttius Præsens semble d'ailleurs avoir possédé une propriété confinant à celle de Domitilla, femme de Clemens (Catacombes de Domitilla) Giovanni Battista De Rossi, Bull. arch. crist., 1865,p. 24 ; 1875, p. 74.
  84. Eusèbe de Césarée, Historia Ecclesiae, III, 18; Chron. ad an. Abrahami, 2110.
  85. Pour Aviad Kleinberg, le martyre permet de « témoigner de la puissance de sa foi » ; cf. Aviad Kleinberg (trad. de l'hébreu), Histoire des saints : leur rôle formateur dans l’Occident, Paris, Gallimard, , 360 p. (ISBN 2-07-076786-8), p. 30.
  86. Voir Alison A. Trites, The New Testament Concept of Witness, (ISBN 0-521-60934-8) et (ISBN 978-0-521-60934-0).
  87. Selon Claudio Moreschini et Enrico Norelli, dans les premiers temps du mouvement créé par Jésus, on est « martyr » (témoin) si on a maintenu sa croyance au Christ et que l'on a refusé de sacrifier aux idoles, ce qui explique que certains soient plusieurs fois martyrs, car relâché après un premier procès cf. Claudio Moreschini, Enrico Norelli, Histoire de la littérature chrétienne ancienne grecque et latine, p. 258-259.
  88. a, b, c et d (it) Francesco Scorza Barcellona, «Clemente I, santo» ; Enciclopedia dei Papi, Treccani, Enciclopedia italiana, 2000, Consulté le .
  89. Il « nous a été transmis dans une confusion si étrange et tellement bouleversé et corrompu, qu'il semble défier les efforts de la critique la plus patiente et la plus sagace » (J.-B. de Rossi, art. cit.).
  90. Codex Bernensis 289 ; manuscrit d'Echternach : actuellement Paris. lat. 10837, ff. 2-33 ; manuscrit de Wissembourg : actuellement à la Wolfenbüttel Herzog August Bibliothek, Codex Guelf. 81 Weiss., Annales Weissenburgenses.
  91. Victor Saxer, « Charles Pietri et la topographie paléochrétienne de Rome », Mélanges de l'Ecole française de Rome, Antiquité T. 111, N°2, 1999, p. 602-603 ; en ligne sur Persée.
  92. Dans la littérature pseudo-clémentine, Clément est le fils d'un personnage de rang sénatorial dont nous ne connaissons qu'un des trois noms du tria nomina : Faustinianus (cf. Actes des martyrs, Actes de saint Clément, pape et martyr ; Frédéric Amsler, Les citations évangéliques dans le roman pseudo-clémentin. Une tradition indépendante du Nouveau Testament ? in Frédéric Amsler, Gabriella Aragione, Eric Junod, Enrico Norelli, Le canon du Nouveau Testament: regards nouveaux sur l'histoire de sa formation, 2005, Éd. Labor & Fides, Genève, p. 149). On trouve ce même nom dans les Reconnaissances, dans les Actes du martyr de saint Clément et dans plusieurs traditions de l'église de Metz, dont un des oncles de Clément de Rome est censé avoir été le premier évêque. Ce nom de Faustinianus est abrévié en Faustus dans les Homélies (cf. Frédéric Amsler, ibidem, p. 149).
  93. (it) Chiesa dei Santi Nereo e Achilleo sur le site Romasegreta.it.
  94. a et b Boyle 1976, p. 6-9
  95. a et b Jacques de Voragine, La Légende dorée, Nérée et Achillée et Flavia Domitilla.
  96. Jean Éracle, Une grande dame de l'ancienne Rome: Flavia Domitilla, petite fille de Vespasien, p. 124-125.
  97. a et b Jean Éracle, Une grande dame de l'ancienne Rome: Flavia Domitilla, petite fille de Vespasien, p. 125.
  98. Jean Éracle, Une grande dame de l'ancienne Rome: Flavia Domitilla, petite fille de Vespasien, p. 118-119.
  99. a et b Jean Éracle, Une grande dame de l'ancienne Rome: Flavia Domitilla, petite fille de Vespasien, p. 117.
  100. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Jean Éracle, Une grande dame de l'ancienne Rome: Flavia Domitilla, petite fille de Vespasien, p. 112.
  101. a, b et c Jean Éracle, Une grande dame de l'ancienne Rome: Flavia Domitilla, petite fille de Vespasien, p. 131.
  102. Breviarium Romanum ex Decreto Sacrosancti Concilii Tridentini restitutum Apud Paulum Manutium, Roma 1568. Facsimile: Achille Maria Triacca, Breviarium Romanum. Editio princeps (1568), Libreria Editrice Vaticana, Città del Vaticano 1999, ISBN 978-88-209-2868-1
  103. Missale Romanum ex Decreto Sacrosancti Concilii Tridentini restitutum Pii V. Pont. Max. editum Apud haeredes Bartholomaei Faletti, Ioannem Varisei et socios, Roma 1570. Facsimile: Manlio Sodi, Antonio Maria Triacca, Missale Romanum. Editio princeps (1570), Libreria Editrice Vaticana, Città del Vaticano 1998, ISBN 88-209-2547-8.
  104. Missale Romanum ex Decreto Sacrosancti Concilij restitutum et Pii V. Pont. Max. iussu editum (Venetiis MDLXXIIII, Ex Bibliotheca Aldina)
  105. Missale Romanum ex decreto sacrosancti Concilii Tridentini restitutum Pii Quinti Pontificis Maximi iussu editum et Clementis VIII auctoritate recognitum (Romae Ex Typographia Vaticana 1604
  106. Acta Apostolicae Sedis 1960, pp. 686–698
  107. Missale Romanum : editio typica 1962, pp. XLV–LIII
  108. Calendarium Romanum (Libreria Editrice Vaticana), p. 123

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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