Histoire de la Gendarmerie nationale française

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"Chevalier" (en fait cavalier) de la Maréchaussée en 1786.
Gendarmes au début du XXIe siècle
Article principal : Gendarmerie nationale française.

La Gendarmerie nationale[1] est une des plus anciennes institutions françaises. En effet, elle est l'héritière de la Maréchaussée, corps de militaires qui, chargé de la police et de la justice aux armées depuis le Moyen Âge, devient progressivement une force de police compétente pour l'ensemble de la population sur la quasi-totalité du territoire français[2]. Elle conserve des attributions de justice extraordinaire (dite « prévôtale ») jusqu'à la Révolution.

En 1720, la Maréchaussée est symboliquement placée sous l'autorité administrative de la Gendarmerie de France, corps de cavalerie lourde assimilé à la maison militaire du roi, qui sera dissous le et en 1791, elle prend le nom de « Gendarmerie nationale ».

Force de police à statut militaire, chargée de la sécurité dans les zones rurales et les zones périurbaines, elle est déployée sur tous les territoires de métropole et d'outre mer. Au XXIe siècle, sa zone de responsabilité couvre 95% du territoire national et 55% de la population française. Elle est également engagée aux côtés des armées françaises depuis les guerres de la Révolution jusqu'aux crises du XXIe siècle.

Fortement implantée dans les territoires grâce à un maillage étroit, réalisé à partir de brigades identiques, elle évolue à partir du XXe siècle en se dotant d'unités spécialisées dans de nombreux domaines : maintien de l'ordre, police judiciaire, police scientifique, protection des mineurs, lutte contre les formes modernes de criminalité, sécurité-protection, intervention, aviation, police de la route et secours en montage ou en mer, tout en restant solidement implantée dans les territoires ruraux et péri-urbains. Elle se féminise à partir de 1972[3].

Depuis 2009, la Gendarmerie nationale est rattachée pour emploi au ministère de l'Intérieur aux côtés de la Police nationale, qui est chargée des zones urbaines . Elle passe sous l'autorité budgétaire et opérationnelle de ce ministère tout en conservant son statut militaire. La Gendarmerie, qui fait partie des forces armées françaises reste toutefois partiellement sous la tutelle du ministère de la Défense, notamment en ce qui concerne la formation initiale, la gestion des ressources humaines, la discipline, les gendarmeries[1] spécialisées, le département Gendarmerie du service historique de la Défense et la gestion des opérations extérieures (« Opex » dans le jargon militaire).

Le musée de la Gendarmerie nationale qui présente l'histoire de l'institution depuis l'époque de la Maréchaussée jusqu'à nos jours est situé à Melun (77).

La Maréchaussée[modifier | modifier le code]

Fin du Moyen âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge et dans une moindre mesure, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les fonctions de Police et de Justice sont étroitement liées[4]. Les rois, les seigneurs et les hauts dignitaires rendent la justice. Ainsi, la justice aux armées fait partie des attributions du connétable, qui a succédé au Sénéchal en 1191 comme chef des armées, et des maréchaux qui sont ses lieutenants. Connétable et maréchaux délèguent leurs pouvoir à leurs prévôts (du latin praepositus, « préposé »), d’où le nom de prévôté.

Leurs juridictions, d'abord ambulatoires, fusionneront sous François Ier et s'établiront à Paris sous le nom de tribunal de la Connétablie et Maréchaussée de France, avec son siège à la table de marbre du Palais de justice de Paris[5]. Les prévôts nommés par le connétable et les maréchaux rendent également la justice aux armées dans des tribunaux prévôtaux. Les corps d'exécution de ces différentes juridictions sont la compagnie de la Connétablie et les compagnies de la Maréchaussée, qui sont composées d'« archers » (ils étaient appelés « sergents » avant 1501).

Initialement chargée de réprimer les méfaits commis par les soldats et les déserteurs, mais également par les mercenaires qui, pendant et après la guerre de Cent Ans, forment des bandes de pillards (les Grandes compagnies), la Maréchaussée va progressivement se sédentariser. Ainsi, elle ne se contente plus de suivre les armées en campagne mais, après l'apparition des compagnies d'ordonnance, qui ont été créées à partir de 1445 et qui sont la première forme d'armée permanente soldée, elle commence à s'implanter durablement sur le territoire sous Louis XII[6].

Sous François Ier[modifier | modifier le code]

Par une décision royale de François Ier en 1536, les missions de la Maréchaussée sont étendues à la police des personnes ne relevant pas des juridictions locales ordinaires : vagabonds, étrangers non domiciliés, vols avec armes, vols sur les grands chemins[7].

À partir de cette époque, la Maréchaussée est chargée de constater et de poursuivre les cas prévôtaux (c'est-à-dire relevant de la justice prévôtale), mais elle intervient en fait dans de nombreuses affaires relevant des tribunaux ordinaires. Les prévôts ont désormais une résidence fixe.

Sous Louis XIII[modifier | modifier le code]

Après la suppression de la connétablie en 1626, la Connétablie et Maréchaussée est placée sous les ordres des maréchaux de France.

Sous Louis XIV[modifier | modifier le code]

Selon l'ordonnance criminelle dite de 1670, une partie des crimes, qualifiés de « cas royaux », sont recherchés par la Maréchaussée mais jugés par une chambre criminelle du Parlement, tandis que les autres, qualifiés de « cas prévôtaux », sont jugés en première et dernière instance par les cours prévôtales provinciales des maréchaux.

Organisation territoriale au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Cependant, la Maréchaussée souffre de nombreuses imperfections (implantation irrégulière, manque de contrôle, faiblesse des effectifs) aggravées par la vénalité[8] des charges et la faiblesse des gages qui justifient une série de réformes, conduites entre 1720 et 1778[9].

Ainsi, une série d'édits, d'ordonnances et de règlements — 1720, 1731, 1768, 1769, 1778 — vise à la rendre plus efficace et plus présente dans les campagnes, à une époque où le vagabondage fait l'objet d'une répression accrue, tout en renforçant son caractère militaire.

L'édit de mars 1720[10] réorganise profondément la Maréchaussée et accentue son caractère territorial. Il crée dans chacun des trente-six gouvernements ou provinces un tribunal prévôtal et une compagnie de maréchaussée. À la tête de ceux-ci, le secrétaire d'État à la Guerre place un prévôt général, résidant au chef-lieu de la province, et qui peut être mis à la disposition de l'intendant. Les prévôtés sont divisées en lieutenances — un lieutenant étant établi dans chaque ville dotée d'un présidial —, elles-mêmes divisées en brigades — de quatre à cinq hommes — réparties le long des grandes routes. Chaque brigade doit surveiller une dizaine de kilomètres de route de part et d'autre de son siège[11]. L'« arrondissement » ou « district » d'une brigade comprend également plusieurs dizaines de paroisses rurales plus ou moins éloignées. À partir de 1760, les « archers » des prévôts sont appelés « cavaliers ».

L'ordonnance du 25 février 1768 crée 200 brigades supplémentaires et réorganise leur implantation, afin de parvenir à un maillage du territoire plus fin et plus rationnel. Cependant, en 1779, la Maréchaussée ne compte pas plus de 3 300 hommes répartis en 34 compagnies — soit une par généralité, Corse comprise, plus une pour Paris et l' Île-de-France, et une autre assurant la sécurité du roi dans ses déplacements — et 800 brigades pour l'ensemble du Royaume.

Le service de la Maréchaussée à la fin de l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Les hommes de la Maréchaussée sont obligatoirement d'anciens militaires. L'ordonnance de 1778 les oblige à souscrire un engagement d’une durée de seize ans. Par ailleurs, ce texte assimile la hiérarchie de la Maréchaussée à celle de la cavalerie, qui se substitue à celle héritée du Moyen Âge : le maréchal des logis remplace l'exempt, et le cavalier l'archer. Une brigade, commandée par un maréchal des logis ou un brigadier, compte quatre hommes, le chef de brigade compris. Chaque brigade doit avoir des contacts hebdomadaires avec ses voisines en un lieu ou un autre, et des tournées de deux cavaliers doivent être effectuées chaque jour. La maréchaussée doit surveiller tout particulièrement les rassemblements : foires et marchés, fêtes locales, etc.

Prévôts des maréchaux célèbres[modifier | modifier le code]

  • Le Gallois de Fougières, prévôt des maréchaux, tué à la bataille d'Azincourt en 1415. Il est aujourd’hui honoré par la Gendarmerie nationale, comme étant le premier gendarme mort au combat.
  • Tristan Lhermitte, seigneur du Moulin et du Bouchet, grand prévôt des maréchaux du roi Louis XI.
  • Jean Dax, seigneur d'Axat, prévôt des maréchaux de France dans le royaume de Sicile.
  • Louis de Chandieu, grand prévôt des maréchaux de France du roi François Ier.
  • Nicolas Rapin, grand prévôt des maréchaux et poète, mort en 1609.
  • Jean de Lannion, lieutenant du prévôt des maréchaux de Bretagne, sauva la ville de Lannion de l'attaque de brigands en 1634.

La Gendarmerie nationale[modifier | modifier le code]

Au début de la Révolution française, par la loi du 16 février 1791 de l'assemblée constituante, la Maréchaussée prend le nom de « Gendarmerie nationale ».

La Révolution et l'Empire[modifier | modifier le code]

La loi du marque la véritable naissance de la Gendarmerie telle qu'elle fonctionne actuellement. La loi du 28 germinal an VI () précise que « le corps de la Gendarmerie nationale est une force instituée pour assurer dans l'intérieur de la République le maintien de l'ordre et l'exécution des lois ». L’Armée est organisée en 25 divisions, 50 escadrons, 100 compagnies et 2 000 brigades. Les missions de la Gendarmerie sont de deux ordres :

  • les missions de police administrative, destinées à prévenir les troubles (surveillance générale, lutte contre le vagabondage, missions d'assistance, escorte des convois, maintien de l'ordre lors des marchés, foires, fêtes et rassemblements divers) ;
  • les missions de police judiciaire, destinées à réprimer les faits n'ayant pu être empêchés (constatation des crimes et délits, établissement de procès-verbaux, réception des plaintes et des témoignages, arrestation des criminels).

La participation de la 32e division de gendarmerie à cheval à la bataille de Hondschoote le consacre la qualité de soldats de ses membres qui inscrivent cette première victoire au drapeau de la Gendarmerie[12].

Le Consulat et l'Empire voient la Gendarmerie se renforcer de façon significative. Celle-ci est, pour la première fois, placée sous l'autorité d'une inspection générale de la Gendarmerie, indépendante du ministère de la Guerre et dirigée par un premier inspecteur général en la personne du maréchal Bon Adrien Jeannot de Moncey, nommé en 1801. Ses effectifs sont augmentés. Son rôle est essentiel dans la lutte contre le brigandage et l'insoumission. Elle participe à de nombreuses batailles, notamment dans le cadre de la guerre d'Espagne. Ses actions d'éclat ont fait l'objet d'inscriptions sur ses emblèmes.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Durant tout le Premier Empire, la Gendarmerie, en manque d'effectifs et mal formée, impose difficilement son autorité[13]. Elle est notamment chargée de s'opposer à des coutumes (droit d'usage dans les forêts, droits de chasse réduits, restriction des charivaris), de mettre en œuvre la conscription, ce qui la rend particulièrement impopulaire en milieu rural et entraîne une « gendarmophobie des campagnes »[14] : 3 725 rébellions, qui se concentrent dans le Midi, l'Ouest, le Nord et l'Alsace, sont recensées entre 1800 et 1859[13].

Épurée sous la Restauration, la Gendarmerie est réorganisée par l'ordonnance du . La monarchie de Juillet lui confie de nombreuses missions politiques (comme l'arrestation de la duchesse de Berry en 1832) et s'attache à la revaloriser. La Gendarmerie se heurte néanmoins à deux critiques venant de camps distincts : les critiques libérales, qui dénoncent les abus de pouvoir, et les critiques venant des campagnes, qui défendent les traditions menacées (celles, par exemple, attaquées par le nouveau Code forestier de 1827, qui conduit, en Ariège, à la guerre des Demoiselles, de 1829 à 1832)[13].

À partir de 1835, ses effectifs augmentent ainsi que sa réputation[13]. La gendarmerie[1] d'Afrique, créée l'année précédente, accompagne la conquête de l'Algérie. La loi de 1850 fixe ensuite l'objectif d'une brigade par canton, entérinant une dynamique enclenchée depuis une décennie[13]. Ainsi, en 1851, on compte 16 500 gendarmes — dont 11 800 à cheval — répartis dans plus de 3 000 brigades [réf. nécessaire].

Dans Paris, le maintien de l'ordre était notamment assuré par la garde municipale de Paris à partir de 1802, puis la gendarmerie impériale de Paris, instituée en 1813 puis devenue gendarmerie royale de Paris. Son héritière, la garde municipale de Paris, fut transformée en Garde républicaine en 1849.

La Gendarmerie contribue à la réussite du coup d'État du 2 décembre 1851. Elle est ensuite réorganisée, par le décret du . À la fin du Second Empire, elle est constituée par la gendarmerie[1] départementale — soit 19 400 hommes répartis en 3 600 brigades et 25 légions [réf. nécessaire] —, la légion d'Afrique, la gendarmerie coloniale, l'escadron de gendarmerie d'élite, la garde de Paris et la compagnie des gendarmes vétérans. Au total, la Gendarmerie impériale compte 24 000 hommes [réf. nécessaire]. En outre, des unités prévôtales sont constituées pour exercer la police militaire au sein des armées, et des gendarmes participent à de nombreux combats, notamment pendant la guerre de Crimée. La présence de la Gendarmerie est renforcée dans les colonies, par exemple en Indochine.

Les débuts de la Troisième République sont surtout marqués par la question du maintien de l'ordre, la Gendarmerie étant fortement mobilisée lors des grèves et des inventaires des biens du clergé. Elle est de nouveau réorganisée par le décret du .

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Deux gendarmes encadrant la tueuse en série Jeanne Weber en 1908.

Lors de la Première Guerre mondiale, les gendarmes ne sont pas constitués en formations combattantes même si plusieurs centaines d'entre eux sont présents sur le front dans des unités d'infanterie. La gendarmerie prévôtale a en revanche un rôle essentiel dans le maintien de l'ordre au sein des armées et la poursuite des déserteurs.

L'entre-deux-guerres représente une période essentielle dans l'histoire de l'institution : création d'une École des officiers de la Gendarmerie nationale (1918) et d'une direction de la Gendarmerie (1920), naissance des pelotons mobiles de gendarmerie[1] spécifiquement destinés aux opérations de maintien de l'ordre (devenus la garde républicaine mobile en 1926, rebaptisée gendarmerie mobile en 1954), emploi accru des motocyclettes et des automobiles, développement de la police de la route.

Article détaillé : Histoire de la gendarmerie mobile.

L'obligation du port de la moustache en vigueur depuis 1841 est aboli en 1933[15]. Beaune-la-Rolande (camp de transit) Au moment de l'invasion de 1940, des gendarmes combattent sous les couleurs de l'arme. Le Régime de Vichy place la gendarmerie sous l'autorité du chef du gouvernement et lui impose de suivre la politique collaborationniste : arrestation des juifs, recherche des réfractaires au Service du travail obligatoire, garde des camps d'internement, opérations de police, lutte contre les résistants… Si la majorité des gendarmes obéissent (seulement 20 % des officiers seront sanctionnés et 15 % mis à la retraite d'office lors de l'épuration à la Libération en France), d'autres s'engagent dans la Résistance et participent à la Libération. Ainsi, de nombreux cas sont reconnus où des gendarmes, disciplinés dans le cadre de leur service, jouent double-jeu en prévenant ceux qu'ils doivent arrêter ou animant des réseaux de l'ombre (le réseau saint-Jacques, La Vérité française). Alors qu'en 1939, la gendarmerie compte 54 000 hommes, 12 000 entrent en résistance passive ou active. Entre 1 300 et 1 600 gendarmes sont tués pendant la Seconde Guerre mondiale : 500 pendant les combats (campagnes de 1939-1940 et 1944-1945), 3 à 400 tués par les Allemands dont la moitié fusillés et 250 déportés. Quatre gendarmes ont reçu la Croix de la Libération, 360 la médaille de la résistance et 9 ont été reconnus Justes parmi les Nations[16].

Un des véhicules de gendarmerie les plus connus des années 60 et 70 : l'Estafette

Après la guerre, La gendarmerie combat en Indochine et en Algérie puis s'engage dans la coopération avec les anciennes colonies. Par la suite, elle continue à intervenir aux côtés des forces armées françaises sur les théâtres d'opérations extérieurs, notamment en Afrique et au Proche-Orient.

La diversité croissante des missions qui lui sont confiées conduit à la naissance de gendarmeries spécialisées : la gendarmerie de l'air, la gendarmerie de l'armement, la gendarmerie des transports aériens et la gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires[17].

L'implantation territoriale, qui était essentiellement basée sur un maillage réalisé à partir de brigades identiques, évolue : les moyens sont modernisés et de nouvelles unités voient le jour dans de nombreux domaines (police judiciaire, lutte contre les formes modernes de délinquance, protection des mineurs, intervention, aviation, secours en montage et en mer, etc.).

Les évolutions de la société conduisent la Gendarmerie à parfaire la formation et à diversifier le recrutement de son personnel, qui se féminise à partir de 1972[18]. À partir de 1971[19], elle s'ouvre aux appelés du contingent puis, après la disparition du service militaire, aux gendarmes auxiliaires, maintenant désignés gendarmes adjoints volontaires (GAV).

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Personnel de l'École de gendarmerie de Châteaulin aux cérémonies du 14 juillet 2015 à Brest.
Logo jusqu’en 2015.

Lors de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2002, Jacques Chirac prévoit le rattachement des forces de gendarmerie au ministère de l'Intérieur pour leurs missions de sécurité intérieure. Les brigades sont réorganisées en communautés de brigades ou en brigades territoriales autonomes (BTA) au champ d'action plus large. La Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure attribue la définition des orientations nationales des politiques de sécurité au ministère de l'Intérieur et lui donne autorité sur la Gendarmerie pour la mise en œuvre de ces orientations. La même loi participe également à une nouvelle répartition des forces de gendarmerie et de police en France dans le cadre de la police d'agglomération. Toutefois, la direction générale de la Gendarmerie nationale reste au ministère de la Défense.

À partir de 2007, le nouveau président Nicolas Sarkozy décide d'amplifier le rapprochement. À partir du , les budgets de la gendarmerie (programme 152) et de la police (programme 167) sont gérés par le ministère de l'Intérieur. La loi du puis une série de décrets consacrent le nouveau rattachement de la Gendarmerie nationale tout en laissant subsister des liens avec le ministère de la Défense.

La direction générale de la Gendarmerie nationale est installée depuis à Issy-les-Moulineaux, au 4 rue Claude Bernard[20]. Son siège était auparavant situé rue Saint-Didier dans le 16e arrondissement de Paris. Cependant, l’expansion au fil des ans avait rendu nécessaire un déploiement sur d'autres sites répartis sur la capitale et la proche banlieue ; Malakoff, Issy-les-Moulineaux, Pontoise, Rosny-sous-Bois, Maisons-Alfort, Arcueil, Ivry-sur-Seine.

Le rapprochement avec le ministère de l'Intérieur, amorcé par la (Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure) de 2002, est entériné par une loi (du ) puis par une série de décrets. Cependant, des liens étroits - liés au statut militaire des gendarmes, à leur recrutement et à leur emploi dans le domaine militaire - sont conservés avec le ministère de la Défense.

Durant cette période les brigades de gendarmerie sont réorganisées en communautés de brigades ou en brigades territoriales autonomes (BTA) au champ d'action plus large.

Entre 2008 et 2012, sous le gouvernement Sarkozy (mai 2007 — mai 2012), les effectifs ont été diminués de 950 à 1300 personnes chaque année dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques[21]. Cette tendance a été inversée en 2015, avec l'annonce d'au moins 2200 recrutements en 2016[22]

Un nouveau logo « imaginé et réalisé en interne »[23] est adopté en 2015.

La Gendarmerie nationale est commandée par le général d'armée Richard Lizurey depuis le . Il est le sixième militaire à assurer cette fonction depuis 1947. Ses prédécesseurs - civils - étaient traditionnellement issus soit de la magistrature soit du corps préfectoral.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Le mot « gendarmerie », lorsqu'il désigne l'organisme d’État à caractère unique, e.g. dans les expressions « la Gendarmerie » ou « la Gendarmerie nationale », prend une majuscule comme cela est préconisé dans l'article sur les Wikipédia:Conventions typographiques, notamment au § Organismes uniques et au § Unités militaires ; dans les autres cas, il garde la minuscule, comme pour la « gendarmerie mobile » ou les « forces de gendarmerie ».
  2. À l'exception de certaines grandes villes, qui disposent de milices ou - dans le cas de Paris du Guet royal. Besson (Général) et Rosière, Pierre, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome I, Éditions SPE Barthelemy Paris 2004. Voir également Louis Larrieu, Histoire de la Maréchaussée et de la Gendarmerie - des origines à la quatrième république. Service historique de la Gendarmerie nationale - Phénix Editions.
  3. , initialement pour certains emplois administratifs seulement. L'accès aux carrières d'officiers et de sous-officiers est ouvert aux femmes en 1983.
  4. Les notions de police et de justice n'ont à cette époque pas la même signification que de nos jours. La police fait partie de la justice et en est le corps d'exécution. De la Maréchaussée à la Gendarmerie - Histoire et Patrimoine. Sous la direction de Pascal Brouillet. Service historique de la Gendarmerie nationale, 2003.
  5. Louis Larrieu, Histoire de la Maréchaussée et de la Gendarmerie - Des origines à la quatrième république.
  6. Voir notamment l'ordonnance du 20 janvier 1514 de la Ferté-sous-Joire.
  7. Jean-Noël Luc, Gendarmerie, État et société au XIXe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002.
  8. Les prévôts et les officiers achètent leur office. C'est une marque de dignité, mais aussi un investissement qu'il convient de rentabiliser. De plus les charges sont héréditaires.
  9. Colonel R. Coulin. Historique et traditions de la Gendarmerie Nationale, 1954.
  10. Édit du 9 mars 1720, préparé par le Secrétaire d’État à la Guerre Le Blanc.
  11. Georges Carrot, Histoire de la police française, J. Tallandier, , p. 55.
  12. Pascal Brouillet, De la maréchaussée à la Gendarmerie : histoire et patrimoine, Service historique de la Gendarmerie nationale, , p. 49.
  13. a, b, c, d et e Arnaud-Dominique Houte, La tactique du gendarme, La Vie des idées, . Recension de l'ouvrage d'Aurélien Lignereux, La France rébellionnaire. Les résistances à la Gendarmerie (1800-1859), Rennes, PUR, 2008.
  14. Jean-Noël Luc, Gendarmerie, État et société au XIXe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, p. 211.
  15. Edouard Ebel, « La moustache, c’était le tic du gendarme », Libération,‎ (lire en ligne)

    « Une décision ministérielle du 20 mars 1832 rend le port de la moustache obligatoire pour tous les militaires. Deux mois plus tard, une décision ministérielle précise que la moustache sera portée par l'ensemble des militaires, hormis ceux de la gendarmerie. Cette sentence très mal perçue par l'Arme, est vécue comme une humiliation et soulève un véritable tollé. Il faut attendre le ministère du maréchal Soult pour que ceux-ci retrouvent, par une décision du 28 janvier 1841, le droit et l'obligation de porter la moustache. Le port de la moustache demeure obligatoire jusqu'en 1933. Tout comme le bicorne, la moustache, à elle seule, a puissamment contribué à fixer l'image des gendarmes dans l'imaginaire collectif des français. »

    .
  16. Pierre Accoce, Les Gendarmes dans la résistance, Presses de la Cité, 2001.
  17. La Gendarmerie maritime, qui fait elle aussi partie de la gendarmerie, est aussi ancienne qu'elle puis qu'une gendarmerie de ports et arsenaux est intégrée à la Gendarmerie nationale dès 1791. Ses racines sont encore plus anciennes : on trouve un parchemin de 1648 autorisant la création de 43 postes d'Archers des prévôts de la marine. Le général Besson cite même la présence en 1340 d'un des premiers prévôts et archers de la marine à la bataille de l'Écluse. Besson (Général) et Collectif, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome II, Éditions SPE Barthelemy Paris 2005.
  18. , initialement pour certains emplois administratifs seulement. L'accès aux carrières d'officiers et de sous-officiers est ouvert en 1983.
  19. Loi du 9 juillet 1970. Les premiers appelés ont été incorporés en avril 1971. Encyclopédie de la Gendarmerie nationale, volume III.
  20. Le Moniteur.fr « Le siège de la direction générale de la Gendarmerie nationale à Issy‐les‐Moulineaux inauguré », .
  21. « Projet de loi de finances pour 2014 : Sécurités : gendarmerie nationale », sur Sénat français,‎
  22. D'après le magazine Gend'info de décembre 2015, aux 554 créations prévues dans le cadre de la loi de finance 2016 ont été ajoutés 1763 emplois de sous-officiers dans le cadre d'un train de mesures annoncé à la suite des attentats de novembre 2015 à Paris.
  23. La Gendarmerie nationale a un nouveau logo sur le blog opex360 http://www.opex360.com/2015/09/02/la-gendarmerie-nationale-nouveau-logo/#ycoc8ZVfKb1FTPlx.99

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie (ancien article Maréchaussée)[modifier | modifier le code]

  • André Corvisier : L'Armée française de la fin du XVIIe siècle au ministère de Choiseul, Publications de la faculté des Lettres et Sciences Humaines de Paris-Sorbonne, série Recherches, vol. 15, Tome 2, (ISSN 0078-9895)), Presses Universitaires de France, Paris 1964, p. 926–934.
  • (de) Liliane Funcken, Fred Funcken : Historische Uniformen. Tome 1 : 18. Jahrhundert. französische Garde und Infanterie, britische und preußische Infanterie. Mosaik-Verlag, München 1977, (ISBN 3-570-04361-4).

Bibliographie (article Gendarmerie Nationale française)[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Historique de la Gendarmerie (guide de recherche) sur le site du Service Historique de la Défense. Consultable en ligne (voir lien externe ci-dessous).
  • Besson (Général) et Rosière, Pierre, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome I, Éditions SPE Barthelemy Paris 2004. (ISBN 2-912838-28-2)
  • Besson (Général) et Collectif, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome II, Éditions SPE Barthelemy Paris 2005. (ISBN 2-912838-29-0)
  • Collectif, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome III, Éditions SPE Barthelemy Paris 2006. (ISBN 2-912838-21-5)
  • Collectif, Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, 3 volumes, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, (ISBN 2-912838-31-2)
  • Cabry, Lt-col Gérard, La Gendarmerie d'Outre-mer, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome VII, Éditions SPE Barthelemy Paris 2009. (ISBN 2-912838-39-8)
  • François Dieu, Sociologie de la Gendarmerie, L'Harmattan, 2008 (ISBN 2296057144 et 978-2296057142)
  • Jean-Yves Fontaine, Socioanthropologie du gendarme. Gendarmerie et démocratie, L'Harmattan, coll. « Logiques Sociales », (ISBN 2296031072)
  • Jean-Hugues Matelly, Une police judiciaire...militaire ? La Gendarmerie en question, L'Harmattan, coll. « Sécurité et société », (ISBN 2296013120)
  • Antoine Boulant, Gildas Lepetit, La Gendarmerie sous le Consulat et le Premier Empire, SPE/Barthelemy,
  • Richard Lizurey, Guy Parayre, Gendarmerie nationale : Les soldats de la loi, PUF, coll. « Questions judiciaires », (ISBN 2130550924)
  • Florence Samson, Jean-Yves Fontaine, Malaise dans la Gendarmerie, PUF, coll. « Sciences sociales et société », (ISBN 2130549047)
    Cet essai est le fruit du travail d'une femme de gendarme et d'un ancien officier de gendarmerie aujourd'hui sociologue. Il revient sur les causes du malaise au sein de la Gendarmerie, sur les mouvements de 1989 et 2001 ainsi que sur les événements de la grotte d'Ouvéa.
  • Christophe Dubois, Claude Dubois, Gendarmes, au cœur de l'action, ETAI, (ISBN 2726894011)
  • Richard Filmotte, Les insignes de la Gendarmerie nationale T 1, SHGN, 165p, 2004 (ISBN 2110951311)
  • Pascal Brouillet (sous la direction de), De la maréchaussée à la Gendarmerie. Histoire et patrimoine, Service historique de la Gendarmerie nationale,
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  • François Dieu, P. Mignon, Sécurité et proximité. La mission de surveillance générale de la Gendarmerie, L'Harmattan, coll. « Sécurité et Société », (ISBN 2747520293)
  • François Dieu, Gendarmerie et modernité, LGDJ & Montchrestien, (ISBN 2707605778)
  • Jean-Noël Luc et Frédéric Médard (dir.), Histoire et dictionnaire de la gendarmerie. De la Maréchaussée à nos jours, Jacob Duvernet, 2013 (ISBN 2847244964 et 978-2847244960)
  • Jean-Noël Luc (dir.), Soldats de la loi. La Gendarmerie au XXe siècle, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 2010
  • Hubert Lafont, Philippe Meyer, et Paul Virilio, Le Nouvel Ordre gendarmique, Seuil, coll. « L'histoire immédiate », (ISBN 2020054426)
  • Gilbert MAUREL - La Guerre d'un gendarme en Algérie - L'Harmattan 2013- (ISBN 978-2-336-00943-8)
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  • Benoît Haberbusch, Les Gendarmes face au Crime durant l'entre-deux-guerres, La Crèche, Geste édition, 2012, 298 p.
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  • Jean-Yves Hardouin, Pascal Meunier et Laurent Jacquot, Un siècle de véhicules de la gendarmerie nationale, éditions E.T.A.I., 2005.

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