Jeanne Weber

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Jeanne Weber

Jeanne Weber,
photographie reproduite sur la couverture de l'essai du docteur Eugène Louis Doyen et Fernand Hauser, L'Affaire Jeanne Weber, l'ogresse et les experts, Paris, Librairie universelle, 1908.
Information
Nom de naissance Jeanne Moulinet
Surnom L'Ogresse de la Goutte-d'Or
Naissance
Kérity (Côtes-d'Armor)
Décès (à 43 ans)
Fains-Véel (Meuse)
Cause du décès Crise de néphrite
Une du supplément illustré du Petit Journal, édition du 24 mai 1908, montrant la tueuse en série Jeanne Weber tuant un enfant.
Page couverture du Petit Journal, 12 mai 1907, montrant le portrait de Jeanne Weber.

Jeanne Weber, née Moulinet, le à Kérity (aujourd'hui intégrée à la commune de Paimpol dans les Côtes-d'Armor – morte le à Fains-Véel dans la Meuse) était une tueuse en série française. Surnommée « l'Ogresse de la Goutte-d'Or », du nom du quartier de Paris où elle commit ses forfaits, elle a étranglé dix enfants, dont les siens. Condamnée en 1910, elle fut internée et meurt d'une crise de néphrite dans sa cellule huit ans plus tard.

Histoire[modifier | modifier le code]

Jeanne est née en Bretagne dans un petit village de pêcheurs. Elle quitte la maison familiale pour Paris à l'âge de 14 ans. Comme travail, elle exerce divers petits boulots jusqu'à son mariage en 1893 avec Jean Weber, un camionneur réputé pour son alcoolisme. Deux de ses enfants sont retrouvés morts, sans explication apparente.

Le 2 mars 1905, Weber garde la progéniture de sa belle-sœur, lorsqu'une des deux enfants, âgée de 18 mois, tombe soudainement malade et meurt. D'étranges contusions sur le cou ne sont pas remarquées par le médecin. Jeanne continue de garder d'autres enfants qui meurent subitement de convulsions ou de morts subites inexpliquées.

Le 25 mars de la même année, elle garde Germaine, âgée de sept ans, qui est la fille de son frère. Celle-ci est alors victime d'une crise subite de « suffocation », accompagnée de marques rouges sur la gorge. L'enfant survit à cet épisode, jusqu'au lendemain, second jour de garde de Weber. La diphtérie aurait emporté l'enfant, mais les marques de strangulation sont une nouvelle fois passées sous silence.

Le 5 avril 1905, Weber invite deux de ses belles-sœurs à dîner. Elle reste à la maison avec son neveu Maurice âgé de dix ans, alors que les autres femmes sont parties faire des courses. À leur retour, elles trouvent Maurice haletant sur le lit, la gorge tachée d'ecchymoses, et Jeanne debout sur lui avec une expression folle sur son visage. Une plainte est déposée, et le procès de Weber s'ouvre le 29 janvier 1906. Weber est accusée de huit meurtres (dont ses trois enfants, Lucie Alexandre et Poyatos Marcel). Le médecin légiste du parquet de la Seine le Dr Socquet et le professeur de médecine légale de la faculté de Paris Léon Thoinot qui se penchent sur l’assassinat par étouffement, concluent à des morts naturelles. Bénéficiant de ce viatique et de la défense de son avocat maître Henri-Robert, Jeanne Weber est acquittée, acclamée, présentée par la presse comme une victime.

Relâchée, elle change de nom et se fait appeler Mme Glaise. Elle part s'installer dans l'Indre, où elle travaille dans un hôpital pour enfants à Fontgombault. Puis, rejoint l'Eure, où elle est employée à la maison d'enfants à Caillouet-Orgeville, dirigée par des amis qui ont cherché à « rattraper les torts que la justice a infligés à une femme innocente ». Travaillant sous le nom de « Marie Lemoine », elle continue à tuer des enfants.

De retour à Paris, Weber est arrêtée pour vagabondage et brièvement incarcérée à l'asile de Nanterre, mais les médecins la libèrent car « saine d'esprit ». Elle s'engage dans la prostitution, se trouve un nouveau conjoint et s'installe dans une auberge de Commercy en 1908. Un peu plus tard, Jeanne est surprise en train d'étrangler le fils de l'aubergiste, dix ans, Marcel Poirot, avec un mouchoir ensanglanté.

Arrêtée, Weber est déclarée folle le 25 octobre 1908 et expédiée à l'asile de Maréville, puis à celui de Fains-Véel (près de Bar-le-Duc). « Créditée » d'au moins dix meurtres, elle survit dix ans en captivité, avant de mourir d'une crise de folie le 5 juillet 1918[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Darmon, « L'ogresse de la Goutte d'Or », L'Histoire, no 119,‎ , p. 48-53.
  • Pierre Darmon, Médecins et assassins à la Belle époque : la médicalisation du crime, Paris, Seuil, , 329 p. (ISBN 2-02-010476-8).
  • Eugène Louis Doyen (docteur) et Fernand Hauser, L'Affaire Jeanne Weber, l'ogresse et les experts, Paris, Librairie universelle, , 287 p. (lire en ligne).
  • La femme Weber : l'ogresse de la Goutte d'or, Paris, Librairie du Livre national, coll. « Crimes et châtiments » (no 27), , 32 p. (lire en ligne).
  • Solange Fasquelle, L'Ogresse de la Goutte-d'Or, Paris, Presses de la Cité, coll. « N'avouez jamais », , 188 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Jeanne l'ogresse de la Goutte-d'Or (II) », sur Les Crimes du Lundi (consulté le 27 mai 2008)

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