Histoire de la gendarmerie mobile

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La Gendarmerie mobile est une subdivision d'arme de la Gendarmerie nationale française spécialisée dans le maintien ou le rétablissement de l'ordre. Dans ses missions quotidiennes, elle participe à la sécurité publique générale aux côtés de la gendarmerie départementale.

La création en 1921, de pelotons mobiles de gendarmerie au sein de la gendarmerie départementale répond à la prise de conscience du besoin d’une force de gendarmerie spécialisée dans le maintien de l'ordre pour compléter l’action de la police et surtout pour éviter l’emploi de l’armée, avec tous les risques que celui-ci comporte (fraternisation ou violence excessive).

En 1926, les pelotons mobiles prennent l'appellation de garde républicaine mobile (GRM). La GRM devient une subdivision de la gendarmerie nationale en 1927.

Elle est dissoute après l'armistice de 1940 et remplacée en zone sud par la Garde, qui est séparée de la gendarmerie.

Réunie à la gendarmerie en 1944, elle prend l'appellation de garde républicaine qu'elle gardera jusqu'à ce que, par décret du 20 septembre 1954, elle change de nouveau de nom pour devenir la gendarmerie mobile.

Force de réserve gouvernementale, son cœur de métier reste le maintien de l'ordre même si la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI) du 29 août 2002 a encore renforcé son rôle et ses missions de sécurité générale.

Gendarmes mobiles lors d'une manifestation en 2013
Gendarmes mobiles lors d'une manifestation - années 1970

Chronologie[modifier | modifier le code]

Unités temporaires aux XVIIIe et XIXe siècles[modifier | modifier le code]

Le terme « mobile » a été utilisé à de nombreuses reprises au cours des XVIIIe siècle et XIXe siècle pour qualifier des unités de gendarmerie : colonnes mobiles, bataillons mobiles etc., mais ces unités ne s'étaient pas pérennisées.

Parmi ces unités temporaires, on peut citer[1] :

  • Des colonnes mobiles (1798-1814) constituées de gendarmes et de gardes nationaux auxquels s’ajouteront éventuellement des troupes de ligne. Les missions de ces colonnes incluent le contrôle de la conscription, le maintien de l’ordre, l’assistance aux brigades de gendarmerie et la surveillance des frontières.
  • Un bataillon de voltigeurs corses (1822-1850) puis un bataillon de gendarmerie mobile de Corse (1850-1851) dont les missions principales seront le maintien de l’ordre et la lutte contre le banditisme.
  • Trois bataillons mobiles de gendarmerie (1830-1831), unités créées pour lutter contre l’agitation légitimiste dans l’Ouest de la France et pour renforcer la gendarmerie départementale.
  • Deux régiments provisoires de gendarmerie à cheval (1831-1835). Créés respectivement dans l’ouest et dans le midi pour assurer le maintien de l’ordre et lutter contre l’agitation légitimiste.
  • Deux bataillons de gendarmerie mobile (1848-1852) créés à Versailles puis à Paris. Ils participent au coup d’état de décembre 1851 ainsi qu’à la répression de l’insurrection qui s’ensuit avant de s’intégrer en 1852 dans la gendarmerie d’élite impériale.
  • Une Légion puis un bataillon de gendarmerie mobile (1871-1885). Créée à Versailles, la légion comporte initialement un bataillon d’infanterie et un escadron de gendarmerie puis, après la dissolution de ce dernier en 1879, elle devient simplement bataillon de gendarmerie mobile. Ses missions principales sont la garde de l’Assemblée et du chef de l’État mais elle fournit également des renforts en métropole et outre-mer. Après sa dissolution, la plupart de ses hommes seront intégrés dans la garde républicaine.

Pelotons mobiles de gendarmerie (1921-1926)[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début des années 1920, à part à Paris, qui dispose d'une force de police importante, le maintien de l'ordre est principalement du ressort de la Gendarmerie et de l'Armée (de terre).

La Gendarmerie mobilise en cas de besoin des pelotons de « troupes supplétives » [2]. Ces pelotons sont constitués de gendarmes prélevés dans les brigades à raison d'un ou deux hommes par brigade, mais ils ne sont ni formés pour le maintien de l'ordre ni encadrés par leurs chefs habituels. De plus, leur absence - souvent prolongée - désorganise le service.

Le recours à l'armée reste donc fréquent pour contenir ou réprimer les mouvements sociaux, avec des conséquences souvent désastreuses : fraternisation entre les manifestants et les conscrits ou usage excessif de la violence avec ouverture du feu. D'où le besoin d'une force spécialisée dans le maintien de l'ordre, besoin qui ne fait toutefois pas l'unanimité car certains responsables politiques redoutent la création d'une nouvelle « garde prétorienne ».

La loi du 22 juillet 1921 permet la création de pelotons mobiles au sein de la gendarmerie départementale et, le 15 novembre 1921, une circulaire de la Direction de la gendarmerie planifie l’organisation de 24 pelotons en région parisienne (16 à cheval et 8 à pied) et 87 en province (52 à cheval et 35 à pied). Chaque peloton, à l’effectif de 60 en région parisienne et 40, en province, est commandé par un lieutenant ou un sous-lieutenant et doit être capable d’aligner un effectif de 30 hommes au maintien de l’ordre. Les déplacements des unités s’effectuent normalement en camionnettes ou en train. Pour ses missions militaires, un peloton dispose, en plus de son armement individuel, d’un lot de grenades, d’un mortier, de deux mitrailleuses et de deux fusils-mitrailleurs[3]. Dès 1923, les pelotons de gendarmerie mobile participent à l’occupation de la Ruhr.

Garde républicaine mobile (1926-1940)[modifier | modifier le code]

Cavaliers de la GRM et émeutiers - Place de la Concorde 7 février 1934

Par un décret du 10 septembre 1926, les pelotons prennent le nom de garde républicaine mobile ou GRM[4]. En 1927 (loi du 16 juillet et décret du 24 septembre 1927) la garde républicaine mobile est détachée de la gendarmerie départementale pour constituer une subdivision à part entière de la gendarmerie.

La garde républicaine mobile est organisée en légions, groupes et compagnies, chaque compagnie comptant généralement trois pelotons. De 1927 à 1940, elle monte constamment en puissance, passant de 7 légions, 26 groupes et 84 compagnies en 1932 à 14 légions, 54 groupes et 167 compagnies regroupant 285 pelotons à pied, 156 pelotons à cheval et 51 pelotons motocyclistes en 1939.

Sa mission principale est le maintien de l’ordre, pour laquelle l’autorité civile doit réquisitionner ses pelotons auprès du ministère de la guerre mais elle assure également des missions de formation interne, de renfort de la gendarmerie départementale ainsi que des missions militaires : préparation militaire, encadrement des formations mobilisées, instruction des cadres de réserve, des recrues et des réservistes ainsi que services de place (services de garnison, escortes, piquets d’honneur etc.).

En 1933 est créé à Versailles – Satory, un Groupe spécial autonome, composé d’un état major, de deux compagnies de chars Renault FT et d’une compagnie d’automitrailleuses Panhard Schneider P16 (Citroën-Kégresse). Cette unité constitue une réserve gouvernementale mais elle reçoit également une mission d'instruction. Ses compagnies participent également aux services ordinaires de maintien de l’ordre[5].

Le groupe spécial de Satory met également en œuvre à partir de 1935 un peloton de motocyclistes chargé d’assurer l’escorte du président de la République et des hautes personnalités françaises et étrangères. Cette unité est l’ancêtre de l’actuel escadron motocycliste de la garde républicaine[5].

Seule force spécialisée dans le maintien de l’ordre durant la période de l’avant-guerre, la garde républicaine mobile en développe et perfectionne les principes fondamentaux : canaliser les foules, retarder l’usage de la violence, toujours laisser une porte de sortie aux manifestants. Les gardes sont sensibilisés par de nombreuses présentations et conférences sur les thèmes de la psychologie des foules, la légitime défense et la maîtrise de soi[5].

Lors des émeutes sanglantes du 6 février 1934 (15 morts dont 14 manifestants), elle monopolise cependant le ressentiment d’une partie de la presse et de l’opinion publique et devient le symbole de la répression[6], alors que les responsabilités sont partagées entre les responsables de l'ordre[7],[8].

À la suite de ces événements, les modalités de la participation des forces armées – et donc de la gendarmerie – au maintien de l’ordre sont précisées par une circulaire du 12 octobre 1934[9]. Les forces armées sont classées en trois catégories au maintien de l'ordre :

  • 1° catégorie: les formations de la gendarmerie départementale et de la garde républicaine;
  • 2° catégorie: les formations de la garde républicaine mobile et – sous certaines conditions – de la garde républicaine de Paris;
  • 3° catégorie: les formations des forces terrestres, maritimes, aériennes et les services communs ainsi que les formations de la gendarmerie mises sur pied à la mobilisation ou sur décision ministérielle.

L’autorité civile continue d'utiliser une réquisition[10] écrite pour mettre en œuvre les forces de 2e et 3e catégorie. Ces dispositions resteront en vigueur pour la gendarmerie mobile jusqu’au rattachement de la gendarmerie au ministère de l’intérieur en 2009[11].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Tankiste du 45e BCCG - Salle de traditions de Satory

Lors de la mobilisation de 1939, près d’un tiers de ses officiers sont détachés comme cadres dans des unités de réserve de l’armée de terre, de même que quelque 6000 gradés et gardes. Elle mobilise également plusieurs compagnies en unités constituées ainsi que le 45e bataillon de chars de combat de la gendarmerie[12] (45e BCCG), unité constituée le 13 novembre 1939 à partir du Groupe spécial de Satory et qui, équipée de chars légers Hotchkiss H39, sera engagée dans les Ardennes au sein de la 3e division cuirassée à Sy, Stonne et Tannay, perdant 30 tués, 4 disparus et 59 blessés en 37 jours de combat. Au cours de la campagne, près de 400 officiers et gardes perdent la vie[13].

Les conditions de l'armistice du 22 juin 1940 limitent à 100 000 hommes l'armée que la France peut conserver sur son territoire. La garde républicaine mobile, qui atteignait un effectif de 21000 hommes en 1940, est dissoute par décret du 17 novembre 1940, une partie de ses effectifs étant transférée à la gendarmerie départementale et une autre partie - 6000 hommes - constituant une nouvelle organisation en zone libre : la Garde[14], qui comprend d'abord 3 légions. Dédoublées en 6 légions en novembre 1940, elles deviendront 6 régiments le 12 septembre 1942[15]. En Afrique du Nord, où existait déjà une légion de GRM, trois légions - puis régiments - de la Garde sont créés[16]. Détachée de la gendarmerie, elle passe sous la Direction de la Cavalerie, du Train et de la Garde dans l'armée d'armistice et ses compagnies deviennent des escadrons. Un régiment, commandé par un colonel, compte 2 groupes de 4 escadrons, chaque groupe est constitué d'un escadron monté, un escadron motocycliste et deux escadrons portés. Les six régiments forment deux brigades.

La Garde ne doit être confondue avec les nouvelles structures mises en place par le régime de Vichy et notamment les groupes mobiles de réserve ou GMR dépendant de la Police nationale (qui donneront naissance aux CRS à la fin de la guerre) ou avec la Garde personnelle du chef de l'État aussi appelée Garde du Maréchal (qui dépend de la gendarmerie). À noter également qu'à cette époque, la Garde républicaine de Paris fait toujours partie de la gendarmerie mais s'appelle simplement Garde de Paris.

Après l'invasion de la zone libre le 11 novembre 1942, l'armée d'armistice est dissoute et la Garde est rattachée au ministère de l'intérieur. Le 7 avril 1944, le général Perré en est nommé directeur général par décret n° 1033[17]. Il sera condamné par la cour de Justice de Poitiers en 1946[18].

Dès 1943, le lieutenant-colonel Robelin[19], sous-directeur technique de la Garde, prépare son ralliement à la Résistance[20]. Il est en contact avec Paul Paillole et le BCRA. Arrêté en juillet 1944 par la Gestapo, il sera torturé puis assassiné, on ne retrouvera jamais son corps[21].

L'après guerre: garde républicaine puis gendarmerie mobile[modifier | modifier le code]

Par décret du 23 août 1944, La Garde prend l'appellation de garde républicaine. Elle est rattachée à la gendarmerie à compter du 10 septembre, la fusion des personnels étant parachevée par un décret du 14 janvier 1945[22] Elle conservera l'appellation de garde républicaine jusqu'à ce que, par décret du 20 septembre 1954, elle change de nouveau de nom pour devenir la gendarmerie mobile[23].

Elle retrouve ses missions traditionnelles de maintien de l’ordre mais également de formation pour les jeunes gendarmes sortis d’école. De plus, pendant toute la période de la guerre froide, les missions de Défense Opérationnelle du Territoire (DOT) prennent également une grande importance. À cette fin, chaque escadron doit mettre en œuvre lors de la mobilisation un escadron dérivé de gendarmerie mobile (EDGM – 1962-1998) largement constitué de réservistes[24].

Guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Pendant la Guerre d'Indochine, elle met en œuvre trois légions de marche[25] pour assurer des missions de formation et d’encadrement de formations supplétives ou de forces de gendarmerie locales ainsi que des missions d’escorte, de garde de prisonniers et de relève de postes militaires. Leurs membres participent régulièrement aux combats contre les forces Viet-Minh. Les pertes pendant la guerre s'élèvent à 654 hommes[26].

En 1954, le premier hélicoptère de la gendarmerie, un Bell 47G, est affecté au groupe blindé de Satory. La section d’hélicoptères de la gendarmerie et l’atelier central hélicoptères de la gendarmerie seront créés respectivement en 1956 et 1957 et rattachés au 1er groupe blindé de gendarmerie mobile[27].

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Pendant la Guerre d’Algérie, la gendarmerie mobile est très lourdement engagée au côté des forces armées et des forces de police et de CRS. Les escadrons basés en Afrique du Nord (Algérie mais également Maroc et Tunisie), renforcés d’escadrons déplacés de France métropolitaine pour une durée de 6 mois[28] assurent des missions militaires au côté de l’armée de terre (surveillance, barrages, escortes de convois, etc.) ainsi que leurs missions classiques de maintien de l’ordre. Ces dernières donneront lieu, vers la fin du conflit, à des confrontations extrêmement violentes avec la population d’origine européenne et notamment, à partir de 1961, avec l'OAS (le 24 janvier 1960, pendant la Semaine des barricades, des tireurs ouvrent le feu sur une charge de gendarmes mobiles, causant la mort de 14 gendarmes[29]). Plus de 200 gendarmes mobiles perdent la vie pendant la Guerre d'Algérie[30].

Après la fin de la guerre d’Algérie, la gendarmerie mobile se verra confier davantage de missions de support de la gendarmerie départementale et fournira notamment des renforts saisonniers lors des périodes de congés estivaux.

Du milieu des années soixante à celui des années soixante-dix, elle contribue également à la sécurité routière par la mise en place au sein de chaque escadron d’une brigade routière de gendarmerie mobile (BRGM – 1964-1976)[31]. Entre les années 1990 et 2000, quelques escadrons (un par région) mettront en œuvre une brigade motorisée de gendarmerie mobile (BMO – GM).

De mai 68 à l'an 2000[modifier | modifier le code]

Pendant les événements de mai 68, elle est massivement engagée[32] au côté des forces de police locales (préfecture de police de Paris et polices urbaines) comme des CRS[33]. À la suite des événements, le nombre de ses escadrons, qui avait diminué après la fin de la Guerre d'Algérie, sera augmenté d'une quinzaine d'unités. De plus, les équipements et tactiques de maintien de l'ordre seront améliorés (voir Équipements et véhicules ci-dessous).

Au cours des années 1970, c'est au sein de la gendarmerie mobile que sont formées deux unités spécialisées (escadron parachutiste à Mont-de-Marsan en 1971, et équipe commando régionale d'intervention (ECRI) à Maisons-Alfort en 1973) en réponse aux problèmes de sécurité et notamment de terrorisme, qui donneront naissance au Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN)[34].

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Depuis le début des années 2000, l’ensemble des moyens blindés de la gendarmerie, dont une partie était auparavant attribuée à des escadrons dits mixtes basés en province, est placé sous la responsabilité du groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM) à Versailles-Satory. Un certain nombre de blindés est pré-positionné outre-mer.

Le GBGM comprend également une cellule nationale NRBC (Nucléaire, Radiologique, Bactériologique et Chimique) créée en 2001.

La gendarmerie mobile a également fourni les premiers personnels des antennes GIGN (initialement appelées pelotons d'intervention interrégionaux de Gendarmerie ou PI2G) créées à partir de 2004. Ces unités, comme le GIGN, effectuent des missions très différentes de celles de la gendarmerie mobile et leur recrutement est ouvert à l’ensemble des personnels de la gendarmerie mais leur personnel, comme celui du GIGN, fait partie de la gendarmerie mobile. Leur nombre a été porté de 3 à 6 en 2016. Elles sont implantées à Toulouse, Orange, Dijon, Nantes, Reims et Tours.

Par ailleurs, la gendarmerie mobile renforce de manière conséquente la gendarmerie d'outre-mer (une vingtaine d'escadrons sont déployés en permanence dans les DOM-COM) et elle participe très régulièrement aux opérations extérieures (OPEX) de l'armée française (Kosovo, Irak, Côte d'Ivoire, Afghanistan, Mali...).

La loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI) du 29 août 2002, infléchit sa doctrine d’emploi en mettant l’accent sur la déconcentration et notamment le renforcement des moyens gérés par les préfets de zone de défense (voir missions ci-dessous).

À la suite du rattachement de la gendarmerie au ministère de l’intérieur en 2009, le mode de mise en œuvre de la gendarmerie mobile en maintien de l’ordre est modifié : la procédure de réquisition est remplacée par celle de la mise à disposition (voir missions ci-dessous).

Les 46 escadrons de réserve de la gendarmerie mobile (ERGM 1998-2015) ont été dissous en 2015 dans le cadre de la réforme de la réserve opérationnelle de la Gendarmerie et les anciennes réserves des gendarmeries départementale et mobile ont été fusionnées pour constituer 367 compagnies de réserve territoriales ou CRT (dont 19 outre-mer)[35]. Les ERGM, qui avaient remplacé à partir de 1998 les escadrons dérivés de gendarmerie mobile (EDGM) qui avaient été créés lors de la guerre froide dans le cadre de la défense opérationnelle du territoire, étaient constituées de réservistes qui n'étaient pas autorisés à servir au maintien de l'ordre mais employés sur des missions de service d'ordre lors de grands événements ou en renfort d'unités de la Gendarmerie départementale.

Enfin, dans le cadre des mesures prises pour renforcer les forces de sécurité suite aux attentats de 2015, un peloton de marche supplémentaire est créé au sein de 22 escadrons en 2016[36], la réforme des régions françaises en 2016 ne se traduisant pas, quant à elle, par des changements significatifs (voir ci-dessous au paragraphe #Groupements).

Pour la première fois depuis 1998, un nouvel escadron est créé le 27 septembre 2016. A cette date, la gendarmerie mobile en compte 109 et dispose de 391 officiers, 11 006 sous-officiers et 141 militaires du corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie[37].

Structures et organisation[modifier | modifier le code]

Légions[modifier | modifier le code]

La circulaire du 24 mai 1945 organisant la garde républicaine au 1er juin 1945 mentionne neuf légions, regroupant quarante-trois escadrons à pied, quinze à cheval et dix à motocyclette. Les effectifs progressent régulièrement : sept mille hommes en 1946, dix mille en 1948, douze mille en 1951, treize mille en 1952, quatorze mille en 1955 et quinze mille en 1956 (avec treize légions). Ils diminueront après la guerre d'Algérie puis reprendront leur progression pour dépasser dix-huit mille hommes en 1990 avant de diminuer progressivement pour se stabiliser vers quatorze mille hommes à partir de 2011[38].

Initialement, la structure de commandement est entièrement séparée de celle de la gendarmerie départementale : chaque escadron appartient à une légion de gendarmerie mobile, qui est éventuellement subdivisée en groupe d'escadrons.

Groupements[modifier | modifier le code]

En 1967, les légions sont dissoutes et sont créés 23 groupements de gendarmerie mobile : un pour chacune des vingt régions économiques de province et trois pour la région parisienne. Le commandant de la circonscription régionale de gendarmerie[39] a sous ses ordres les forces de gendarmerie départementale et mobile de sa région économique.

Les groupements dépassant une certaine taille restent subdivisés en groupes d’escadrons, qui disparaîtront progressivement à partir des années 1970 (les deux derniers, au sein du groupement blindé de gendarmerie mobile seront dissous au début des années 2000).

En 1991, les légions sont recréées (une par zone de défense soit 9 initialement puis ce nombre est réduit à 7 en 2000) et les escadrons sont renumérotés en conséquence[40]. Chaque légion comporte un certain nombre de groupements pour un total de 25.

Finalement les légions de gendarmerie mobile sont dissoutes à nouveau en 2005 et chaque groupement est directement subordonné à l'une des sept régions dites zonales - c'est-à-dire au niveau de la zone de défense - où s'exerce le commandement unifié des deux subdivisions d'arme (départementale et mobile).

Entre 2007 et 2012, le nombre de groupements est réduit de 25 à 18.

Depuis 1991, chaque groupement est identifié par un numéro en chiffres romains (numéro du groupement au sein de la région zonale) suivi du numéro de la région en chiffres arabes à l'exception du Groupement blindé de gendarmerie mobile qui est identifié par ce titre. Exemple : groupement II/1 ou GGM II/1 = 2e groupement de la première région zonale de gendarmerie. Entre 1967 et 1991, les groupements étaient simplement identifiés par un nombre croissant et ce même groupement était simplement le 2e Groupement de gendarmerie mobile[41]

La réforme qui voit le nombre de régions françaises passer à 12 en 2016 (13 en comptant la Corse) se traduit par un seul changement : le groupement III/2 de Toulouse devient le GGM III/6 en changeant de zone de défense.

Escadrons[modifier | modifier le code]

Le nombre d’escadrons augmentera pendant la guerre d’Algérie, puis diminuera à la fin de celle-ci, ré-augmentera (une quinzaine d’unités) après les événements de mai 1968, pour diminuer à nouveau en 2010-2011 passant de 123 à 108[42] et atteindre le chiffre actuel (septembre 2016) de 109 escadrons de marche[43].

Depuis 1991, chaque escadron est identifié par un numéro ; exemples : escadron 15/3 à Vannes, escadron 15/6 à Nîmes ou escadron 25/6 à Digne-les-Bains.

  • 1er chiffre = numéro du groupement de gendarmerie mobile d'appartenance au sein de la région.
  • 2e chiffre = numéro de l'escadron dans le groupement[44].
  • 3e chiffre = numéro de la région zonale de gendarmerie (qui était également le numéro de la légion de gendarmerie mobile avant leur dissolution).

De 1967 (création des groupements) à 1991, le numéro d'identification comportait un premier chiffre arabe, celui de l'escadron au sein du groupement, suivi d'un second chiffre arabe, celui du groupement (il y en a eu jusqu'à 25).

Avant 1967, le même système était utilisé mais le second chiffre était le numéro de la Légion de gendarmerie mobile (ou Légion de garde républicaine avant 1954 !), qui était différent.

Ainsi, par exemple, l'escadron de Gendarmerie mobile de Vitré (35) était, avant 1967, l'escadron 1/3 (premier escadron de la 3e Légion de gendarmerie mobile). Le 1er juillet 1967, il devient l'escadron 2/8 (deuxième escadron du 8e groupement de gendarmerie mobile. En 1991, l'escadron - qui a déménagé à Rennes en 1974 - devient l'escadron 11/3 (1er escadron du 1er groupement de la 3e région) dans le système de numérotation actuel[45],[46]

Jusqu'en 2001, les escadrons sont constitués d’un peloton hors rang et de trois pelotons de marche. À partir de 1981, chaque escadron constitue une équipe légère d’intervention (ELI) à partir des personnels prélevés sur les pelotons de marche[47]. Ces ELI sont chargées de missions particulières de maintien de l’ordre (arrestations de meneurs, protection du personnel, pénétration dans des locaux barricadés etc.) ainsi que de missions de renfort au profit de la gendarmerie départementale (par exemple arrestations de personnes recherchées). À partir de 1997, certains escadrons remplacent leur ELI par un peloton léger d’intervention permanent (PLI). Puis à partir de 2001, c’est l’ensemble des escadrons qui adopte une structure quaternaire (quatre pelotons de marche dont un peloton d’intervention).

Depuis 1977, certains escadrons sont également dotés d’un Peloton spécial de sécurité de gendarmerie mobile (PSSGM) qui contribue notamment aux escortes d’armes nucléaires ou de composants destinés à la force de dissuasion. De plus, en 2016, 22 escadrons sont dotés d'un peloton de marche supplémentaire (voir ci-dessus).

L'entrainement au maintien de l'ordre[modifier | modifier le code]

Enfin, à la suite des événements de mai 1968, la gendarmerie crée en 1969 le Centre de perfectionnement de la gendarmerie mobile (CPGM) à Saint-Astier (Dordogne), qui est destiné à l’entraînement des escadrons au maintien de l’ordre. Les stages sont assez rapidement interrompus mais reprennent à partir de 1977. En 1984, le centre change de nom pour devenir la Division de perfectionnement de la gendarmerie mobile (DPGM) puis, à partir de 1999, le Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG).

Équipement et véhicules[modifier | modifier le code]

Véhicule PC et véhicules de groupe
Véhicules de groupe outre-mer
Véhicule blindé à roues de la gendarmerie VBRG
Le VBC-90, retiré du service en 2004, a été le dernier engin de combat doté d'un canon de gros calibre dans la gendarmerie

Équipement[modifier | modifier le code]

Les événements de mai 1968 entraîneront de nombreux changements dans l’équipement individuel des gendarmes mobiles. En effet, le garde mobile[48] de 1968 porte encore la tenure traditionnelle de la gendarmerie, qui n’est pas vraiment adaptée au maintien de l’ordre et comporte de nombreux points de prise pour un adversaire (vareuse boutonnée avec revers, chemise et cravate, ceinturon avec baudrier). Ses seuls équipements de protection sont un casque lourd (porté sur un casque léger) ainsi qu’une paire de lunettes et un masque à gaz. Il est doté d'un pistolet, d'un fusil MAS 36 ou, pour les gradés d'un pistolet mitrailleur MAT 49 (les escadrons sont également dotés de fusils mitrailleurs mais ces armements ne sont bien évidemment pas utilisés au maintien de l’ordre).

Après mai 68 apparaîtront progressivement des casques comportant une visière de protection et une protection de nuque, des bâtons de défense (selon le vocabulaire de la gendarmerie, qui n’emploie pas le terme de matraque), des boucliers ainsi qu’une tenue adaptée au maintien de l’ordre (la tenue 4S). Les équipements spécialisés pour le lancement de grenades apparaissent puis se perfectionnent. Le gendarme mobile des années 2000 est équipé de toute une panoplie de protections corporelles (jambières, cuirasse etc.) qui font qu’on lui donne parfois le surnom de « Robocop ».

Véhicules[modifier | modifier le code]

Jusqu’à la fin des années 1950, les escadrons utilisent des véhicules militaires pour leurs déplacements. Ils sont ensuite dotés de fourgons-cars dérivés de modèles d’autocars commerciaux et que la gendarmerie mobile utilisera jusqu’au début des années 2000 à hauteur d’un fourgon-car par peloton. L’équipement comprendra successivement des cars Berliet PLB 6, PHN8, Rallye, PR2 Cruisair, Renault PR10 S puis Lohr L96. À partir de 2005, les fourgons-cars sont remplacés par des véhicules de transport de groupe Irisbus (deux par peloton), d’abord pour le seul peloton d’intervention puis pour tous les pelotons. Lors des missions outre-mer, les gendarmes mobiles utilisent des véhicules de groupe tous chemins de type Renault B110 4x4 ou des fourgons Irisbus.

Les escadrons sont également dotés de véhicules PC radio : 404 break radio, Dodge Command car, puis Saviem TP3 4x4, puis Renault B90 ou B110.

Pendant toute la période de l'après-guerre jusqu’au début des années 2000, les escadrons disposent d’une double dotation en véhicules : véhicules bleu gendarmerie[49] et véhicules kaki pour les missions militaires et le maintien de l’ordre en milieu rural. Dans certains escadrons dits « mixtes » l'un des trois pelotons de marche est équipé de blindés : chars chars M24 ou automitrailleuses AMM8 puis blindés légers Panhard AML 60/90, M3 Scout Cars, half-tracks ou, à partir de 1974, véhicules blindés VBRG, les deux autres pelotons étant portés sur camionnette tactique (notamment type Renault 2087 4x4 « Sauterelle » puis Saviem TP3 et Renault TRM 2000) mais tous ces équipements ont été progressivement retirés ou – pour les VBRG - transférés au groupement blindé de Satory. Des rames de camionnettes tactiques sont conservées à l'échelon de chaque région de gendarmerie.

Le parc de véhicules utilitaires et logistiques (véhicules dits d'allègement) a également évolué, le transport des équipements nécessaires à la mobilité des escadrons, longtemps effectué par des véhicules militaires kaki (GMC, Simca Cargo et Citroën U55 puis Renault JP11), est maintenant dévolu à des camions de transport de type Renault Premium.

Les escadrons du groupement blindé de Satory ont été successivement équipés de chars (M4 Sherman puis AMX-13) et de véhicules blindés (AMX-13 VTT et AML 60/90) puis, après le retrait de ces équipements, de blindés avec canon de 90 de type VBC 90 et de VBRG mais tous ces véhicules ont été réformés (les derniers étant les VBC 90 au début des années 2000) et les escadrons du groupement sont maintenant tous équipés de VBRG[50].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historique de la Gendarmerie (guide de recherche) sur le site du Service Historique de la Défense. Voir ci-dessous Bibliographie et Liens externes. Voir également Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, (ISBN 2-912838-31-2)
  2. Le terme « troupe supplétive » est fréquemment employé dans les documents officiels de l'époque (voir Archives du Service Historique de la Défense - par exemple carton GR 9N272). Par la suite, on parlera plutôt de Pelotons de Gendarmerie de Réserve Ministérielle (PGRM).
  3. Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, (ISBN 2-912838-31-2)
  4. Selon Georges Carrot, c’est pour encourager la participation financière des assemblées départementales au financement des logements de fonction nécessaires à ces nouvelles unités que l’on adopta le nom de garde républicaine mobile, jouant ainsi sur l’identité des besoins entre les départements et la ville de Paris, qui contribuait déjà au financement de ceux de la garde républicaine de Paris. Georges Carrot, Le Maintien de l’Ordre en France au XXe siècle, Éditions Veyrier, 1990, 432 p.
  5. a b et c Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, op. cit.
  6. Yann Galera : La Garde Républicaine Mobile à l'Épreuve du 6 février 1934. Service historique de la Gendarmerie nationale 2003 : 2e partie : La garde républicaine mobile à l'épreuve de l'image.
  7. En effet, le nombre de manifestants a été sous-estimé et les forces de l'ordre, mélangées et en nombre trop faible, sont sous les ordres d'un préfet de Police tout juste nommé dont l'adjoint, plus expérimenté, est malade ce soir là. Harcelées et sans possibilité de recul, très probablement soumises à des tirs, elles ouvriront le feu trois fois dans la soirée. Voir notamment Georges Carrot, Le Maintien de l'ordre en France au XXe siècle, Éditions Veyrier, 1990, 432 p..
  8. Il apparaît de plus que l'ensemble des forces de l'ordre a ouvert le feu : l'inventaire des munitions dépensées établi à la fin de la manifestation fait état de 197 cartouches tirées pour la garde républicaine mobile, 53 pour la garde républicaine de Paris, 168 pour la gendarmerie départementale et 121 pour les gardiens de la paix. Yann Galera : La Garde Républicaine Mobile à l'Épreuve du 6 février 1934. Service historique de la Gendarmerie nationale 2003 pp 73-74
  9. Georges Carrot, Le Maintien de l’Ordre en France au XXe siècle, op. cit.
  10. Plusieurs types de réquisition sont définies (réquisition générale, réquisition particulière, réquisition complémentaire spéciale, cette dernière prévoyant l’usage des armes à feu).
  11. À la suite de ce rattachement, la réquisition n'est plus nécessaire pour les autorités dépendant du ministère de l'intérieur (préfets de zone de défense, de région ou de département) qui utilisent dorénavant la même procédure de mise à disposition que celle utilisée pour les forces de police et notamment les CRS. Une réquisition est toujours nécessaire pour les autorités ne dépendant pas du ministère de l'intérieur : par exemple pour les présidents de l'Assemblée Nationale ou du Sénat, ainsi que pour les présidents de cours et tribunaux.
  12. Également appelé 45e bataillon de chars légers de la gendarmerie (BCLG) ou, pour l'armée de terre, 45e bataillon de chars de combat (45e BCC). Voir également l'article détaillé : 45e bataillon de chars de combat de la gendarmerie pour d'autres appellations : (BC-G, BCCG etc.).
  13. Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, op. cit. Voir également Claude Cazals : La Garde sous Vichy, les éditions la Musse, 1997
  14. Claude Cazals : La Garde sous Vichy, les éditions la Musse, 1997
  15. Premier régiment à Lyon, deuxième régiment à Marseille, troisième régiment à Montpellier, quatrième régiment à Riom, cinquième régiment à Limoges, sixième régiment à Toulouse
  16. Septième régiment à Alger, huitième à Tunis et neuvième à Rabat soit environ 3000 hommes
  17. Claude Cazals : La Garde sous Vichy, op. cit. p 56
  18. Claude Cazals : La Garde sous Vichy, op. cit. pp 275-278
  19. Rémi Robelin — 4 octobre 1906, Dijon - 19 août 1944, Saint-Cyr. Promotion 1925-1927. Sa biographie, sur le site Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale.
  20. Pierre Accoce : Les gendarmes dans la Résistance - Presses de la Cité - 2001
  21. La promotion 1962-1963 de l'École des officiers de la gendarmerie nationale portera son nom
  22. Claude Cazals : La Garde sous Vichy, op. cit. p 271
  23. De ce fait, les sous-officiers subalternes de la Gendarmerie mobile ont le même képi que ceux de la Garde Républicaine de Paris (bande d'arme d'élite et parements rouges). C'est par le décret du 13 juillet 1972 que le képi devient doré pour tous les grades de sous officiers et que « la rouge » devient « la jaune ». Jargon de la Gendarmerie, consulté le 4 avril 2013.
  24. Les EDGM seront remplacés à partir de 1998 par des ERGM (escadrons dérivés de gendarmerie mobile) qui seront à leur tour dissous en 2015 lors de la fusion des réserves des gendarmerie départementale et mobile. À compter de 2015, la réserve opérationnelle de la Gendarmerie est donc entièrement constituée de compagnies de réserve territoriales ou CRT.
  25. Les appellations ont évolué : Légions de Garde Républicaine de marche (1946-1948) puis Légions de Marche de Garde Républicaine (1949-1953) puis Légions de Marche de Gendarmerie Mobile (1954-1955). Les personnels provenaient de toutes les subdivisions de la gendarmerie.
  26. Général Besson : Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale tome II p. 203 Éditions SPE Barthelemy Paris 2007. À noter toutefois une incertitude sur la signification de ce chiffre, mentionné par plusieurs sources mais qui indique peut-être la totalité des pertes de la gendarmerie (toutes subdivisions confondues) dans ce conflit.
  27. L’atelier changera d'affiliation en 1965 mais restera physiquement implanté à Satory.
  28. Durant le conflit entre trente cinq et quarante escadrons de métropole sont déplacés en permanence soit cinq à six déplacements en moyenne pour chaque escadron entre 1954 et 1962. Thierry Forest : La Gendarmerie Mobile à l'épreuve de mai 1968, Service Historique de la Défense 2007.
  29. Le bilan de cette seule journée est très lourd : 14 gendarmes et 8 manifestants sont tués et on dénombre environ 150 blessés dont 123 gendarmes.
  30. Selon un rapport du général Cherasse, commandant la gendarmerie en Algérie, la gendarmerie mobile compte 223 morts en service pendant le conflit. Rapport inclus dans le mémoire de maîtrise de M. Alexandre Delport : La gendarmerie comme force de maintien de l'ordre en Algérie entre 1954 et 1962 : rôle, poids, organisation cité par Thierry Forest dans : La Gendarmerie Mobile à l'épreuve de mai 1968, Op. cit.
  31. Voir l’article : "L’histoire de la gendarmerie" sur le site du Service Historique de la Défense (SHD).
  32. : Sur la seule région parisienne, plus de 400 gendarmes mobiles sont blessés entre le 6 mai et le 12 juin. Thierry Forest : La Gendarmerie Mobile à l'épreuve de mai 1968, Op. Cit.
  33. Les besoins sont tels qu'elle est renforcée ponctuellement par la garde républicaine (appelée à l'époque garde républicaine de Paris), puis par quelques escadrons de marche constitués à partir de pelotons de gendarmerie de réserve ministérielle (PGRM) de la gendarmerie départementale et par la gendarmerie des Forces Françaises en Allemagne (FFA). Thierry Forest : La Gendarmerie Mobile à l'épreuve de mai 1968, Service Historique de la Défense 2007
  34. Un premier GIGN est formé le 11 octobre 1973 au sein de l'escadron parachutiste de Mont-de-Marsan, avant de devenir le 16 avril 1974 le GIGN n°4 tandis que l'ECRI de Maisons-Alfort, créée le 1er décembre 1973, devient GIGN N°1 à la même date (à cette époque, la gendarmerie envisageait de créer un GIGN dans chaque région militaire). Puis le 31 mai 1976, les deux GIGN 1 et 4 sont dissous et fondus le 1er juin de la même année en une seule unité basée à Maisons-Alfort, dénommée GIGN, unité qui, après son déménagement à Satory en 1982, sera rejointe en 1983 au sein d'une nouvelle formation appelée GSIGN (Groupement de Sécurité et d'Intervention de la Gendarmerie Nationale) par l'escadron parachutiste, qui devient à cette occasion EPIGN (Escadron parachutiste d'intervention de la gendarmerie nationale) et par le GSPR (Groupe de Sécurité de la Présidence de la République). Finalement en 2007, le GSIGN sera réorganisé et rebaptisé GIGN, les anciens GIGN, EPIGN et GSPR, fournissant les principales composantes de la nouvelle organisation. Source : Collectif, Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, 3 volumes, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, (ISBN 2-912838-31-2)
  35. Source : site Resgend consulté le 13 avril 2015 http://www.resgend.fr/flash-nouvelle-reserve-territoriale/
  36. Il s'agit des escadrons 26/2 (Bouliac), 31/2 (Toulouse), 15/3 (Vannes), 22/3 (Le Havre), 26/3 (Dreux), 35/3 (Saint Nazaire), 11/5 (Sathonay-Camp), 21/5 (Chambéry), 22/5 (Annecy), 23/5 (Pontcharra), 24/5 (Grenoble), 26/5 (Belley), 11/6 (Marseille), 14/6 (Perpignan), 15/6 (Nîmes), 21/6 (Hyères), 24/6 (Antibes), 13/7 (Thionville), 23/7 (Sélestat), 13/9 (Calais), 14/9 (Valenciennes) et 19/9 (Noyon).
  37. Laurent Lagneau, « Pour la première fois depuis 1998, un escadron de gendarmerie mobile a été créé » (consulté le 29 septembre 2016).
  38. Collectif Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale tomes II et III Éditions SPE Barthelemy Paris 2007. Voir également Patrick Bruneteaux : Maintenir l'Ordre - Presses de Sciences Po, 1996
  39. Ces circonscriptions régionales seront rebaptisées légions en 1979.
  40. Le système de numérotation a changé deux fois depuis 1944. Une première fois lors de la création des groupements en 1967 et une seconde fois en 1991. Par exemple en 1967, l’escadron 1/3 (1er escadron de la 3e légion de gendarmerie mobile) de Vitré (Ille-et-Vilaine) devient l’escadron 2/8 (2e escadron du 8e groupement de gendarmerie mobile. En 1991, il devient l’escadron 11/3 (1er escadron du 1er groupement de la 3e légion de gendarmerie mobile).
  41. À noter que la réforme de 1991 à vu une diminution du nombre de groupements et donc qu'il n'y a pas de correspondance exacte entre les groupements avant et après cette réforme).
  42. « Projet de loi de finances pour 2012 : Sécurité : gendarmerie », sur Sénat (France), (consulté le 29 septembre 2016).
  43. Une partie de ces escadrons (8) a été supprimée dans le cadre du transfert de la surveillance des centres de rétention des étrangers en situation irrégulière à la police de l'air et des frontières. Une autre partie (7) a été supprimée pour permettre le redéploiement d'effectifs de gendarmes pour renforcer la gendarmerie départementale, notamment dans les zones les plus touchées par l'augmentation de la délinquance. Source : Avis n° 150 (2012-2013) du Sénat le 22 novembre 2012. À noter que des réductions d’effectif ont également affecté les CRS à la même époque mais que les projets de dissolution de deux compagnies ont été annulés à la suite d'une forte réaction syndicale. Voir par exemple : http://www.lepoint.fr/societe/mouvement-des-crs-en-colere-entament-une-greve-de-la-faim-30-01-2011-133518_23.php
  44. À noter que le dernier escadron créé en 2016 au sein du groupement II/1 est le 10e escadron de marche de ce groupement et a, en conséquence, pris la numérotation inhabituelle de 20/1.
  45. Raymond Tellier. L'escadron de Gendamerie Mobile de Vitré 1927-1974. Présence Graphique. 2009. (ISBN 978-2-7466-1130-6) consulté le 21 janvier 2018.
  46. Cet escadron a finalement été dissous en 2011- Arrêté du 26 octobre 2011 fixant la liste des unités de gendarmerie mobile dissoutes en 2011 et ouvrant droit à certaines indemnités de restructuration.
  47. Avant cette date, on parlait également d'« équipe commando ».
  48. cette appellation, qui remonte à la garde républicaine mobile d’avant-guerre est encore utilisée parfois, de même – mais beaucoup plus rarement - que celle de moblot (ou parfois mobleau).
  49. De couleur bleu-nuit jusqu'au début des années 1970, puis bleu gendarmerie.
  50. La gendarmerie a également acquis auprès de l’armée de terre certains équipement dont notamment 18 Véhicules de l’Avant Blindé (VAB) pour emploi en Afghanistan.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome III, Éditions SPE Barthelemy Paris 2006. (ISBN 2-912838-21-5)
  • Collectif, Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, 3 volumes, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, (ISBN 2-912838-31-2)
  • Collectif, Historique de la Gendarmerie (guide de recherche) sur le site du Service Historique de la Défense. Consultable en ligne (voir lien externe ci-dessous).
  • Besson (Général) et Collectif, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome II, Éditions SPE Barthelemy Paris 2005. (ISBN 2-912838-29-0)
  • Patrick Bruneteaux, Maintenir l'ordre, Presses de Sciences Po, Paris, 1996
  • Georges Carrot, Le Maintien de l'ordre en France au XXe siècle, Éditions Veyrier, 1990, 432 p., (ISBN 2-85199-535-9).
  • Claude Cazals : La Garde sous Vichy, Les éditions la Musse, Paris, 1997, 287 p, (ISBN 2-904016-01-5)
  • Pascal Denis et Jean-Yves Hardouin, Véhicules de la Gendarmerie, ETAI, Boulogne-Billancourt, 1997, 144 p. (ISBN 2-7268-8367-2)
  • Thierry Forest : La Gendarmerie Mobile à l'épreuve de mai 1968, Service Historique de la Défense 2007.
  • Yann Galera, La Garde républicaine mobile à l'épreuve du 6 février 1934, Maisons-Alfort, Service historique de la Gendarmerie nationale, coll. « Études », , 189 p. (ISBN 978-2-11-092357-8).
  • Jean-Yves Hardouin, Pascal Meunier et Laurent Jacquot, Un siècle de véhicules de la gendarmerie nationale, éditions E.T.A.I., 2005.
  • Emmanuel Jaulin, La Gendarmerie dans la guerre d'Algérie, Lavauzelle, Panazol, 2009, 494 p (ISBN 978-2-7025-1505-1)
  • G. Tavera & JP Montbazet, Les blindés de la gendarmerie, Éditions M.D.M., 1992 – (ISBN 2-90931304-2)
  • Raymond Tellier, L'escadron de gendarmerie mobile de Vitré 1927-1974, Présence Graphique, Monts, 2009, 229 p. (ISBN 978-2-7466-1130-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]