Réserve opérationnelle de la Gendarmerie nationale

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En France, la réserve opérationnelle de la Gendarmerie nationale (ROGN), aussi abrégée en réserve opérationnelle de la Gendarmerie, désigne plusieurs compagnies de réservistes servant à renforcer les unités d'active de Gendarmerie au quotidien.

La réserve opérationnelle de premier niveau comprend environ 25 000 hommes, avec un objectif initialement fixé à 40 000 hommes à fin 2018. Ces personnes sont pour la plupart habilitées en tant qu'Agent de Police Judiciaire Adjoint (APJA).

Historique[modifier | modifier le code]

La réserve opérationnelle a considérablement évolué depuis la professionnalisation des armées. Comme les réserves des autres armes, elle est ainsi passée d’une réserve de volontaires sélectionnés, arrivant en masse sous l'effet de l'enrôlement généralisé des appelés du contingent, à une réserve de volontaires sélectionnés qu'il faut à présent recruter et convaincre. De tout temps, le rôle de la réserve militaire a consisté à permettre aux forces armées de disposer de moyens de renfort de leurs capacités.

Anciennement affectés dans des pelotons de réserve de gendarmerie départementale (PRGD) ou dans des escadrons de réserve de gendarmerie mobile (ERGM), les réservistes sont progressivement réaffectés au sein de compagnies de réserve territoriale (CRT) issues de la fusion de la réserve de la gendarmerie départementale et de la réserve de la gendarmerie mobile.

Cette mutation engagée en 2015 conduit à la création de 367 compagnies de réserve territoriale rattachées aux compagnies de gendarmerie départementale ; elle vise une plus grande réactivité et une plus grande efficacité dans la lutte contre la délinquance.

Au sein de ces compagnies de réserve, on trouve parfois des PRSIG (Peloton de Réserve de Surveillance et d'Intervention de la Gendarmerie), des PSI (Peloton de Surveillance et d'Intervention) et des DSI (Détachement de Surveillance et d'Intervention).

La réserve opérationnelle de premier niveau est composée d’anciens militaires, de citoyens désireux d’acquérir une autre expérience professionnelle rémunérée, ainsi que de spécialistes qui exercent des fonctions liées à leurs compétences. Chaque réserviste est issu de parcours professionnel différent.

La formation et l'engagement[modifier | modifier le code]

Pour devenir réserviste, il faut être âgé d'au moins dix-sept ans et postuler pour la formation opérationnelle du réserviste territoriale (ou "FORT", qui remplace à la fois les anciennes préparation militaire de la gendarmerie, ou PMG et la préparation militaire supérieure de la gendarmerie, ou PMSG). Après avoir obtenu le brevet "FORT", le breveté peut signer un engagement à servir dans la réserve (ESR). L'accès à la réserve de la Gendarmerie est également possible pour les civils ayant effectué leur service national, y compris dans une arme différente. Il est possible de signer un contrat après l'âge de quarante ans pour les anciens appelés du contingent[1].

La FORT est une formation militaire d'une durée d'un mois, organisée par les régions de gendarmerie. Elle forme des personnes qui deviennent des réservistes opérationnels. Un ou plusieurs stages FORT sont organisés chaque année, en fonction de la région. La formation est centrée sur l'apprentissage minimum pour l'exercice des missions, porte sur les règles de déontologie, de cohésion et d'éthique militaires.

Le programme est le suivant :

Formation militaire
Ordre serré
Intervention tactique
Déontologie et éthique militaires
Entraînement physique
Course d’orientation
Formation professionnelle
Intervention professionnelle
Maîtrise des armes (manipulations, tir, articles de loi relatifs à l'usage des armes)
Maîtrise sans armes de l'adversaire (MSAA)
Maîtrise avec armes de l'adversaire (MAAA)
Connaissances générales de la gendarmerie
Exécution du service en gendarmerie départementale
Exécution du service en gendarmerie mobile
Service de police de la route
Transmissions
Secourisme
Renseignement

La validation de la formation repose sur la base d'un contrôle continu : une moyenne supérieure ou égale à dix sur vingt aux examens écrits et aux pratiques, est requise ; la formation permet l'obtention de l'attestation de secourisme (PSC1), du certificat d'aptitude à la pratique du tir (CIAPT, portant sur l'usage du pistolet semi-automatique Sig Sauer Pro 2022 ou MAS G1 selon les régions), de la certification d'agent de police judiciaire adjoint (APJA) et du brevet d'aptitude à l’utilisation du bâton de protection télescopique (BPT), lesquels complètent la formation du réserviste.

Le stagiaire terminant le cursus de formation FORT avec succès est alors invité à signer un ESR (engagement à servir dans la réserve), d'une durée d'une à cinq années. L'ESR est renouvelé tous les ans si le réserviste satisfait aux obligations du contrat, s'il donne satisfaction durant son emploi et s'il ne présente aucun comportement contraire à la déontologie militaire.

En signant un ESR, le réserviste devient alors gendarme adjoint de réserve de 2e classe (GAR2), affecté dans le groupement de gendarmerie (1 / région) où il a été recruté. Ce contrat prévoit un minimum de service de cinq jours par an et un maximum de cent vingt jours par an. La moyenne nationale était de 23 jours par an et par réserviste, en 2015.

L'avancement[modifier | modifier le code]

Le Gendarme Adjoint de Réserve (GAR) effectuant au moins dix jours dans l'année est proposable à l'avancement. Il peut alors devenir brigadier de réserve puis brigadier-chef de réserve.

Une fois le grade de gendarme de réserve atteint, l'avancement prend une forme proche de celle de l'armée d'active. Avec sa notation annuelle, le réserviste prend connaissance de l'avis du bureau gérant la réserve quant à son avancement. Si l'avis est positif, le militaire est proposé au tableau d'avancement. La promotion au grade supérieur dépend non seulement de la notation de l’intéressé, mais également des besoins dans la pyramide des grades et de l'ancienneté des prétendants dans chaque grade.

Les missions[modifier | modifier le code]

Les réservistes accomplissent des missions de surveillance générale, de protection, de contrôle et d'intervention en renfort des unités de Gendarmerie. Au côté des gendarmes d'active, ils sont particulièrement sollicités durant les opérations anti-délinquance (OAD), durant les périodes de crise, lors des grands événements culturels et sportifs ainsi que durant les périodes estivales.

Certains d'entre eux sont également employés dans des missions de renforts administratifs, de soutien et d'instruction.

Le service[modifier | modifier le code]

L'organisation du service varie selon les régions. Il est soit centralisé pour tous les réservistes d'un département au sein d'un bureau gérant la réserve, soit décentralisé dans les compagnies de Gendarmerie, sous la responsabilité d'un officier de réserve.

Pour les services du quotidien, le réserviste exprime ses disponibilités à l'avance, afin de permettre au gestionnaire de planifier les missions.

Si le réserviste ne renseigne aucune disponibilité, il n'est affecté à aucune mission.

En cas d'événements graves, des dispositifs d'alertes permettent de mobiliser rapidement les réservistes.

La réserve opérationnelle est de plus en plus sollicitée chaque année[réf. nécessaire] ; le volume d'activité d'un réserviste disponible dépasse fréquemment trente jours d'emploi, au cours d'une année.

Grâce à la formation continue et aux missions de renfort aux côtés des gendarmes d'active, le réserviste de la Gendarmerie acquiert l'expérience indispensable à l'exercice de ses fonctions.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Intégrer la réserve des armées », sur www.defense.gouv.fr (consulté le 24 juillet 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]