Peloton d'intervention

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Peloton d'intervention
image illustrative de l’article Peloton d'intervention
Écusson du PI

Création 2001
Pays Drapeau de la France France
Branche Logo de la Gendarmerie nationale française 2015.png Gendarmerie nationale
Type Intervention
Fait partie de Gendarmerie mobile et Garde républicaine
Ancienne dénomination Équipe légère d’intervention
Surnom « PI » ou « peloton India[N 1] »

Dans la Gendarmerie française, chaque escadron de gendarmerie mobile et chaque compagnie de la Garde républicaine[N 2] comporte un peloton d'intervention ou « PI ». Le PI est un peloton organique[N 3] et à ce titre assure les mêmes missions que les autres pelotons de son escadron[N 4] mais il remplit également des missions plus spécialisées — au profit de son unité ou d'autres unités de la Gendarmerie — pour lesquelles ses personnels ont été sélectionnés, entraînés et équipés, en l'occurrence :

  • missions de maintien de l'ordre : interpellation de meneurs ou d'individus particulièrement violents, protection de personnes ou de biens, pénétration dans des lieux barricadés, etc. ;
  • missions au profit de la gendarmerie départementale : interpellations judiciaires, escortes et transfèrements de détenus, interventions en milieu périlleux à l'aide de moyens de franchissement (terrain accidenté, milieu aérien..) à des fins de secours à personne ou d'ordre public, etc.

Les « PI » sont également sollicités ponctuellement pour d'autres missions de sécurité : sécurisation de sites, protection de personnalités, etc..

Enfin, ils assurent, avec les PSIG Sabre et les brigades anti-criminalité (BAC) de la Police nationale, la première intervention (appelée primo-intervention) dans le cadre du Schéma national d'intervention des forces de sécurité élaboré en réponse aux attaques terroristes de novembre 2015[1].

Rôle et positionnement des pelotons d'intervention[modifier | modifier le code]

Peloton d'intervention de la Garde Républicaine - exercice d'interpellation domiciliaire

Le « PI » est une unité d'intervention et de franchissement opérationnel qui s'inscrit dans une gradation de moyens permettant de mettre en œuvre des personnels entraînés pour des situations de gravité croissante :

La Gendarmerie distingue trois niveaux d'intervention : l'« intervention professionnelle » (également appelée « intervention élémentaire »), qui concerne tous les gendarmes dans le traitement d'événements prévus ou imprévus; l'« intervention intermédiaire » qui correspond à un niveau de danger supérieur et l'« intervention spécialisée » qui concerne les situations les plus dangereuses. Un PI est compétent dans le domaine de l'intervention intermédiaire. Cependant, il n'existe pas de correspondance exacte entre les différents niveaux d'intervention et les types d'unités impliqués. Ainsi, par exemple, un PI peut être amené à effectuer une opération qui relève de l'intervention professionnelle parce que les circonstances, la topographie d'un site ou les moyens à mettre en œuvre justifient son emploi.

Le PI, commandé par un lieutenant ou un capitaine, est composé de deux groupes. Pour accomplir ses missions, il peut déployer jusqu'à 18 personnels[N 5].

Les pelotons d'intervention de la gendarmerie mobile[modifier | modifier le code]

Peloton d'intervention de la gendarmerie mobile. Exercice de maintien de l'ordre.

Jusqu'en 2001, les escadrons sont constitués d’un peloton hors rang et de trois pelotons de marche. À partir de 1981, chaque escadron constitue une équipe légère d’intervention (ELI) à partir des personnels prélevés ponctuellement sur les pelotons de marche[N 6]. Ces ELI sont chargées de missions particulières de maintien de l’ordre (arrestations de meneurs, protection du personnel, pénétration dans des locaux barricadés, etc.) ainsi que de missions de renfort au profit de la gendarmerie départementale (par exemple arrestations de personnes recherchées). À partir de 1997, certains escadrons remplacent leur ELI par un peloton léger d’intervention permanent (PLI). Puis à partir de 2001, c’est l’ensemble des escadrons qui adopte une structure quaternaire (un peloton hors rang et quatre pelotons de marche dont un peloton d’intervention).

Les pelotons d'intervention de la Garde républicaine[modifier | modifier le code]

PI de la Garde républicaine lors d'un entrainement - colonne d'assaut.

La Garde républicaine comporte également des pelotons d'intervention : chacune des sept compagnies de sécurité et d'honneur (CSH) de ses deux régiments d'infanterie[N 7] comporte trois sections de marche et un peloton d'intervention depuis septembre 2007[2]. Les missions sont comparables à celles des PI de la gendarmerie mobile pour l'assistance à la gendarmerie départementale mais l'emploi des PI de la Garde (ou « PIGR ») reflète la priorité de la Garde républicaine qui est la sécurité des organismes gouvernementaux ou parlementaires et les PIGR sont rarement employés au maintien de l'ordre. Par contre, ils remplissent plus souvent des missions spécifiques : ainsi ils peuvent être déployés sur des événements exceptionnels (par exemple lors du tremblement de terre d'Haïti en 2010) et participent régulièrement à l'opération Harpie de lutte contre l'orpaillage clandestin en Guyane. Chacun des sept PIGR est employé à tour de rôle pour une durée de trois mois dans un département ou territoire d'outre-mer et notamment en Guyane, en Guadeloupe ou à Saint-Martin[3].

Armement et équipement[modifier | modifier le code]

PI du Groupement blindé de la gendarmerie mobile. Exercice d'interpellation d'un émeutier.

Les gendarmes des PI disposent aussi d'armement non létal, tels que grenades lacrymogènes ou à effet de souffle (F4) et leurs lanceurs, lanceurs de balles de défense (LBD) et Pistolet à impulsion électrique (Taser).

La dotation des pelotons comprend également :

  • équipements de protection adaptés aux missions d'intervention : gilets et visières pare-balles, boucliers balistiques, etc.
  • équipements d'escalade et de franchissement (cordage)
  • dispositifs spécialisés d'ouverture (vérins hydrauliques, béliers, outils multifonctions, etc.).

Recrutement[modifier | modifier le code]

Peloton d'intervention de la gendarmerie mobile : exercice de maintien de l'ordre

Le recrutement des personnels se fait au sein de l'unité-mère (escadron ou compagnie). Pour certains gendarmes, la sélection au sein d'un PI est une première étape dans un parcours qui les amènera à postuler pour un poste au sein d'une unité spécialisée dans l'intervention : PSPG, antenne GIGN, GPI ou GIGN.

La sélection se fait sur la base de critères de différente nature :

  • motivation
  • connaissance des textes légaux et procédures associées
  • épreuves physiques et sportives
  • connaissances et aptitudes en intervention professionnelle (IP)
  • connaissance des armements, sécurité et épreuves de tir
  • test d'agressivité
  • franchissement opérationnel

Les emplois en peloton d'intervention sont ouverts aux femmes dans la Garde républicaine. Dans la gendarmerie mobile, jusqu'en 2015, seuls les postes d'officiers — et donc les commandements de pelotons d'intervention — étaient ouverts aux femmes mais les premiers postes de sous-officiers féminins sont en cours de proposition dans un nombre limité d'escadrons dans le cadre d'une première phase expérimentale qui doit s'achever en 2016[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. "I" pour intervention devient India, en Alphabet radio
  2. En 2016, la gendarmerie mobile comprend 109 escadrons de marche et la Garde républicaine 7 compagnies de sécurité et d'honneur (CSH).
  3. qui fait partie de l'organisation permanente de l'escadron. Il ne s'agit donc plus d'une formation temporaire, constituée en prélevant des personnels dans les différents pelotons de l'escadron, comme c'était le cas pour les équipes légères d'intervention ou ELI qui ont précédé les PI.
  4. Ou que les autres sections de sa compagnie dans la Garde républicaine.
  5. Cas du peloton employé au complet.
  6. Avant cette date, on parlait également d'« équipe commando ».
  7. Il y en a trois au 1er RI et quatre au 2e RI.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Présentation du schéma national d'intervention des forces de sécurité », sur le site du Ministère de l'Intérieur (consulté le 16 mai 2016).
  2. De juillet 2004 à septembre 2007, il existait deux PI régimentaires (un pour chaque régiment d'infanterie). Avant juillet 2004, il existait une ELI par compagnie (source : EM GR).
  3. Magazine Gend'info n° 384 (février 2016) et suivants.
  4. Dans son no 369 de septembre 2014, le magazine Gend'Info mentionne l'annonce par le directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN) le 9 juillet 2014 que la démarche de « préfiguration de la féminisation en gendarmerie mobile » serait lancée en avril 2015. Dans son no 375 de mars 2015, le magazine annonce l'intégration d'une trentaine de personnels féminins au sein des escadrons 11/1 (Satory), 21/2 (Mont-de-Marsan) et 11/5 (Sathonay-Camp) et avril et juin 2015 dans le cadre d'une première phase expérimentale devant s'achever à la fin du premier semestre 2016, et au terme de laquelle une évaluation sera conduite afin de « déterminer les modalités de sa généralisation ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome III, Éditions SPE Barthelemy Paris 2006. (ISBN 2-912838-21-5)
  • Collectif, Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, 3 volumes, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, (ISBN 2-912838-31-2)
  • Christophe Dubois, Gendarmes, t. 3, Antony, Éditions techniques pour l'automobile et l'industrie (ETAI), coll. « Au cœur de l'action », (ISBN 2726896316 et 978-2726896310).

Presse[modifier | modifier le code]

  • « Le peloton d'intervention de la garde républicaine », Raids, no 223, décembre 2004
  • « La réponse graduée de la Gendarmerie à la menace : PSIG et PI », Police Pro, no 18,‎
  • « Le peloton d'intervention de la garde républicainee », Police Pro, no 33,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]